الأنعام

Les Bestiaux

Sourate 6 · 165 versets · Revelation mecquoise

Verset 1

Dieu le Très Haut se loue d'être le créateur des cieux et de la terre, de faire de cette dernière un lieu de séjour pour ses sujets, de rendre les ténèbres et la lumière des moments utiles où les hommes peuvent en profiter. Il a créé les ténèbres au pluriel et la lumière au singulier à cause de son mérite et sa supériorité, comme Il a estimé Sa voie droite (au singulier) plus que les autres sentiers en disant: «Voici la voie droite. Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui s'enchevêtrent» [Coran VI, 153]. «Cependant, il y a des infidèles pour assimiler des égaux à leur Seigneur». C'est à dire malgré ces qualités divines il y a parmi Ses serviteurs des incrédules qui ne croient pas à Son unicité et ils Lui reconnaissent des égaux, un fils et une compagne, qu'il soit exalté.

Verset 2

«C'est Lui qui vous a créés de l'argile» il s'agit d'Adam le père de toute l'humanité, les hommes sont sortis de ses reins et ont rempli leur descendance, l'orient et l'occident. «et Il a arrêté le terme de votre vie» D'après les dires des exégètes tels qu'Ibn Abbas et Al-Hassan, on distingue deux termes de vie: le premier concernant la vie de chaque créature depuis sa naissance jusqu'à sa mort; et le deuxième qui se rapporte à la durée de la vie terrestre depuis sa création jusqu'au jour de la résurrection. Mais la plupart des gens restent dans le doute.

Verset 3

«Il règne dans les cieux et sur la terre. Il sait ce que vous cachez et ce que vous divulguez. Et Il sait tout ce que vous faites» Ce verset fut un sujet de controverse dans les opinions des exégètes, mais ils s'accordent sur le retranchement des êtres des «alamistes» qui ont prétendu que Dieu existe en tout lieu. La plus correcte de ces opinions consiste à affirmer que Dieu règne en tout lieu par Sa science, Sa vision et Son ouïe mais qu'Il est au-dessus des cieux et qu'Il est vraiment Très Haut et Glorifié. L'appelant Allah et l'invoquent par crainte et par désir. Sauf les incrédules parmi les humains et les génies. Ce verset est pareil à celui-ci: «Dieu est celui qui est Allah dans le ciel et qui est Allah sur la terre» [Coran XLIII, 84] qui signifie qu'il est le Dieu de ceux qui sont dans les cieux et de ceux qui sont sur la terre, ainsi sera interprétée la suite du verset: «Il sait ce que vous cachez et ce que vous divulguez». La deuxième opinion comporte le sens suivant: Il est le Dieu qui connaît ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre. Il connaît également le visible et l'invisible, ou ce qui est caché et ce qui est divulgué et ce que les hommes font. La troisième opinion consiste à considérer les dires de Dieu: «Il règne dans les cieux» comme une phrase indépendante, et la suite: «et sur la terre Il sait ce que vous cachez et ce que vous divulguez» en tant qu'une phrase déclarative, selon les dires d'Ibn Jarir.

Verset 4

Lorsqu'un signe parmi d'autres du Seigneur parvient aux polythéistes, châtiés, ou une punition qui déconcerte l'incrédule de Dieu, ils les traitent de mensonges et s'en détournent sans leur prêter aucune importance.

Verset 5

Dieu les menace en disant: «Ils comprendront plus tard le sens de ce qu'ils ont raillé»

Verset 6

Puis Dieu les exhorte et leur conseille d'éviter le châtiment qui attend les impies. Il leur mentionne le sort funeste qu'avaient subi ceux qui avaient mécru parmi les générations passées après s'être établies sur la terre et avoir reçu des biens, ou de possibilités dont ils ont joui. Il leur avait fait parvenir une pluie si abondante et créé les fleuves coulant à leurs pieds. Pour prix de leur impiété «Nous les avons fait périr en punition de leurs péchés» que leurs mains ont perpétrés. Après leur départ «nous avons appelé à la vie après elles une nouvelle génération» pour la mettre à l'épreuve, mais hélas elle n'a fait qu'imiter la génération précédente et elle a subi le même sort. Donc prenez garde ô hommes, vous n'êtes ni plus puissants qu'eux ni plus considérés qu'eux aux regards de Dieu, et sachez que votre Prophète est plus honoré que tous les leurs, évitez donc le châtiment qui pourrait vous toucher sans la clémence et la miséricorde de Dieu.

Verset 7

Les polythéistes mis toujours par leur impatience et leur obstination ont mécru à toutes les révélations. Dieu montre leur cas en disant que même si un Livre leur était descendu du ciel, écrit sur parchemin et qu'ils le touchent de leurs mains, cela ne les aurait plus détournés de leur égarement pour suivre la voie droite et ils auraient dit: «Cela est vraiment de la pure magie». Même les preuves concrètes et palpables ne pourraient les dissuader comme Dieu les avait décrits dans ces versets: «Nous aurions beau leur ouvrir les portes du ciel et leur en permettre l'ascension. Qu'ils diraient: Nos yeux ont été abusés, nous sommes ensorcelés» [Coran XV. 14-15] et: «S'ils voyaient un pan du ciel s'écrouler, ils diraient: «Ce sont des nuages ammoncelés» [Coran LII. 44]. Ce ne sont donc que des paroles qu'ils ont proférées rien que pour démontrer leur opiniâtreté.

Verset 8

«Ils disent: «Ne pourrait-on pas lui adjoindre un ange?» afin qu'il soit avec lui comme un avertisseur. Dieu leur répond: «Si nous le lui avions adjoint un ange ils auraient vécu leurs derniers jours, et il ne leur eût été accordé aucun répit» En d'autres termes: si on leur faisait descendre des anges alors qu'ils se trouvaient toujours dans leur état d'impiété, un châtiment venant de Dieu les aurait touchés, comme Dieu le confirme dans ces versets: «Le jour où les coupables verront les anges, ce ne sera pas, pour eux, une bonne nouvelle ce jour-là» [Coran XXV, 22] et: «Les anges ne descendent que si Allah le juge utile. Et alors le sort des infidèles est vite réglé» [Coran XV, 8].

Verset 9

Puis Dieu affirme Ses dires: «À supposer que nous leur ayons envoyé un ange, nous lui aurions donné la forme d'un homme et nous les aurions jetés dans la confusion qu'ils auraient voulu eux-mêmes créer» c'est à dire si Dieu avait envoyé un ange, Il lui aurait donné l'apparence humaine afin qu'ils puissent discuter avec lui et en profiter des enseignements, alors ils auraient été perplexes et il aurait déguisé pour eux de la façon dont les anges viennent aux Prophètes, et là ils auraient nié et rejeté le fait même qu'il soit un séraphin, c'est un séraphin qui l'y aurait envoyé comme Prophète [Coran XVII, 95]. Dieu, de par Sa miséricorde, a envoyé à chaque espèce de Ses créatures, un Prophète choisi parmi elles afin qu'elles puissent s'entretenir et tirer un bon parti de leur entretien comme il est affirmé dans ce verset: «Allah a marqué une extrême bienveillance aux fidèles en choisissant parmi eux un Prophète pour leur divulguer ses enseignements, les rendre meilleurs... jusqu'à la fin du verset» [Coran III, 164]. En commentant ce verset, Ad-Dhahak rapporte qu'Ibn Abbas a dit: «Si un ange était venu vers eux en d'autre forme qu'humaine, ils ne pourraient plus le regarder à cause de sa nature très lumineuse et ils auraient été jetés dans une confusion qu'ils auraient eux-mêmes cherchée».

Verset 10

«D'autres Prophètes avant toi ont été tournés en dérision. Ceux qui ont raillé leurs avertissements en ont éprouvé la pertinence». Dieu a voulu par ce verset réconforter son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- dont son peuple a moqué de lui comme les autres peuples avaient raillé leurs propres Prophètes. Il lui a promis ainsi qu'aux fidèles la victoire, le secours et la fin heureuse dans les deux mondes.

Verset 11

Dis-leur : « Parcourez la terre et voyez quelle fut la fin de ceux qui traitaient les messagers de menteurs », comment ils furent détruits par le châtiment ; peut-être prendront-ils garde.

Verset 12

Dis : « À qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre ? » Dis : « À Dieu », car même s'ils ne le disent pas, il n'y a pas d'autre réponse. Ceux qui ont causé la perte de leurs propres âmes - c'est le sujet - en les exposant au châtiment - ils ne croient pas, c'est le prédicat.

Verset 13

Et à Lui - qu'Il soit exalté - appartient tout ce qui habite, réside dans la nuit et le jour, c'est-à-dire toute chose - Il en est le Seigneur, le Créateur et le Possesseur ; et Il est Celui qui entend ce qui est dit, l'Omniscient.

Verset 14

Dis-leur : « Prendrai-je comme protecteur pour adorer autre que Dieu, le Créateur des cieux et de la terre, Celui qui les a créés sans aucun précédent, Lui qui nourrit, qui donne la subsistance et n'est pas nourri ? » Dis : « Il m'a été ordonné d'être le premier à me soumettre à Dieu parmi cette communauté et il m'a été dit : 'Ne sois pas parmi ceux qui Lui associent d'autres divinités'.»

Verset 15

Dis : « En vérité, je crains, si je me rebelle contre mon Seigneur en adorant autre que Lui, le châtiment d'un jour redoutable », à savoir le jour de la Résurrection.

Verset 16

Celui de qui il est détourné - lecture passive « yusraf », « il est détourné », à savoir « le châtiment » ; ou lecture active « yasrif », « Il détourne », à savoir « Dieu » comme sujet ; le nom référentiel a été omis ce jour-là.

Verset 17

Et si Dieu t'afflige d'une épreuve, d'un mal tel qu'une maladie ou l'appauvrissement, alors nul ne peut l'écarter, nul ne peut l'enlever excepté Lui ; et s'Il te touche d'un bien tel que la santé et l'aisance.

Verset 18

Il est le Dominateur, l'Omnipotent pour qui rien n'est impossible, Supérieur à Ses serviteurs, et Il est le Sage dans Sa création, le Connaisseur de leurs pensées intimes ainsi que de leurs actions extérieures.

Verset 19

Quand ils dirent au Prophète : « Apporte-nous quelqu'un pour témoigner de la vérité de ta prophétie car les Gens du Livre t'ont renié », ce qui suit fut révélé : Dis-leur : « Quelle chose est plus grande en témoignage ? » Dis : « Il n'est qu'un Dieu unique et je me désavoue de ce que vous Lui associez » comme idoles.

Verset 20

Ceux à qui Nous avons donné l'Écriture le reconnaissent, c'est-à-dire Muhammad, par les descriptions de lui dans leur Écriture comme ils reconnaissent leurs fils ; ceux d'entre eux qui ont causé la perte de leurs propres âmes.

Verset 21

Et qui fait plus de mal que celui qui invente un mensonge contre Dieu en Lui attribuant un associé ou dément Ses signes ? Il est certain que les malfaiteurs ne prospéreront pas.

Verset 22

Au jour de la résurrection où les polythéistes seront rassemblés, Dieu leur demandera au sujet des idoles et statues qu'ils adoraient en dehors de Lui en leur disant: «Où sont les associés que vous attribuiez à Allah?» comme il est cité dans un autre verset: «Dieu leur dira, le jour où Il les appellera: «Où sont mes prétendus associés?» [Coran XXVIII, 62]. Leur prétexte ne sera alors que dire: «Par Allah, notre Seigneur, nous n'avons jamais donné d'associé à Allah. Ibn Abi Hatem rapporte d'après Sa'id Ben Joubeir qu'un homme demanda à Ibn Abbas: «O Ibn Abbas, j'ai entendu ces dires de Dieu: «Par Allah, notre Seigneur, nous n'avons jamais donné d'associés à Allah», comment tu les interprètes?» Il lui répondit: «Lorsqu'ils se sont aperçus que nul n'entrera au Paradis s'il ne s'acquitte pas de la prière, ils ont dit les uns aux autres: «Renions tout et le renient. Dieu alors mettra un sceau sur leurs bouches, leurs mains et pieds parleront et ne laisseront aucun de leurs actes sans le révéler. Ont-ils accompli un acte pieux ou impie? Rien n'a été révélé dans le Coran sans qu'il ne soit pas une cause déterminée, mais vous ne connaissez pas son interprétation. C'est pourquoi Dieu a dit à l'égard de ces gens-là: «Vois comment ils se trompent et comment les abandonneront les dieux qui leur sont favorables. Ces dires de Dieu sont pareils à ceux-ci: «On leur dira: «Où sont ceux que vous avez associés à Dieu?». Ils répondront: «Ils se sont écartés de nous» [Coran XL, 73-74].

Verset 23

Alors leur dissension - lire à l'accusatif fitnatahum ou au nominatif fitnatuhum - leur excuse ne sera que de dire - en d'autres termes ne sera que leur parole - 'Par Dieu notre Seigneur - lire rabbinā - nous n'avons jamais été des associateurs'.

Verset 24

Dieu - qu'Il soit exalté - dit: Vois ô Muhammad comment ils mentent contre eux-mêmes en niant leur idolâtrie et comment ce qu'ils forgeaient contre Dieu en matière d'associés a failli - est absent d'eux.

Verset 25

«Parmi eux, il y en a qui t'écoutent mais nous avons mis comme un voile sur leur intelligence pour qu'ils ne comprennent pas et nous avons endurci leur oreille. Ils verraient n'importe quel signe, qu'ils n'y croiraient pas» certains de ces gens-là viennent vers toi pour t'écouter réciter du Coran, mais cela ne leur servit à rien car Dieu a placé un voile épais sur leurs cœurs de sorte qu'ils ne puissent pas comprendre, et Il a rendu leurs oreilles sourdes de sorte qu'elles n'entendent rien, ne comprennent rien de ce qui leur est récité, et ils sont pareils à ces incrédules cités dans ce verset: «Cela est pareil, les infidèles ressemblent à quelqu'un qui crie à un homme qui ne perçoit que des sons et des bruits [Coran II, 171]. Quoiqu'ils voient comme signes évidents irréfutables, ils n'y croient plus et n'y comprennent rien car «Si Allah leur avait reconnu quelque aptitude, Il ne serait assujetti à les convaincre [Coran VIII, 23]. Ces gens-là, lorsqu'ils viennent discuter avec toi, étant infidèles, disent: «ce ne sont là que de vieux contes et prétendront que tout ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- leur apporte est tiré des histoires racontées par les anciens.

Verset 26

«Ils détournent les autres du Coran et s'en éloignent eux-mêmes» On a donné à ce verset deux interprétations: La première: Ils interdisent aux hommes de suivre le chemin de la vérité, de croire au Prophète et de se soumettre aux prescriptions du Coran. Ils ne laissent pas les autres en profiter. Ibn Abbas a dit aussi: «Ils font écarter les gens de Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- pour ne pas croire en lui. Muhammad ben Al-Hanafiya a soutenu cette opinion, qu'il s'avère plus correcte, et a raconté que les polythéistes de Qoraïch empêchaient les hommes de se rendre chez l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. La deuxième: Ce verset fut révélé à propos d'Abou Talib, selon les dires d'Ibn Abbas rapportés par Soufian Al-Thawri, qui protégeait son neveu des méfaits des impies. Quant à Sa'ïd Ben Abî Hilal, il a dit: «Ce verset fut descendu au sujet des oncles paternels du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui étaient au nombre de dix et qui déclaraient être à ses côtés en public, mais au fond, ils lui couvaient la plus grande hostilité. «Ils se tuent sauf qu'eux-mêmes sans s'en douter» car leur agissement ne leur procure que la perdition sans en avoir connaissance.

Verset 27

Si tu te trouvais là le jour où ils seront sur le point d'entrer en enfer, tu les entendrais dire : «Plût à Allah que nous puissions revenir sur terre! Nous n'accuserions plus de mensonge les signes de notre Seigneur et nous serions croyants». Dieu décrit la situation des incrédules au jour de la résurrection où ils verront les chaînes, les carcans et la frayeur de ce jour solennel. Ils diront alors: «Plût à Allah que nous puissions revenir sur terre! Nous ne traiterions plus de mensonge les signes de notre Seigneur et nous serions croyants» Ils souhaiteraient revenir au bas monde pour faire les bonnes œuvres, croire aux signes du Seigneur et être croyants.

Verset 28

«Certes, ce qu'ils cachaient sera étalé au grand jour. S'ils y revenaient sur terre? Ils referaient ce qui leur a été défendu. En vérité, ce sont des menteurs.» voici ce qui apparaîtra le jour de la résurrection que ce qu'ils dissimulaient auparavant d'incrédulité, d'obstination et de mensonge, n'étant s'ils avaient renié tout cela dans le bas monde. Une autre interprétation est aussi probable et qui est la suivante: Ce verset concerne les hypocrites qui déclaraient aux gens leur fausse foi mais ils n'étaient qu'incrédules en couvrant leur impiété, et ce sera leur cas au jour du jugement dernier où tout sera étalé au grand jour. Même si cette sourate était révélée à La Mecque, cela ne contredit pas l'attitude de certains habitants de Médine et des bédouins qui étaient autour d'elle, à savoir que Dieu a parlé de l'hypocrisie dans la sourate de l'Araignée révélée à La Mecque quand il a dit: «Dieu connaît parfaitement les croyants ainsi que les hypocrites» [Coran XXIX, 11] et il s'agit alors des paroles de ces hypocrites lorsqu'ils verront le supplice et constateront que ce qu'ils dissimulaient d'impiété et d'hypocrisie leur sera étalé. Le souhait qu'ils formuleraient au jour de la résurrection d'être revenus sur terre, ne sera pas issu de leur désir d'être croyants et d'avoir la foi, ce sera plutôt à cause de leur grande frayeur du châtiment qu'ils voudraient éviter. C'est pourquoi Dieu a dit ensuite: «Ils referaient ce qui leur a été défendu. La vérité, ce sont des menteurs car Il connaît parfaitement le tréfonds de leurs cœurs.

Verset 29

«Ils disent: notre vie, ce n'est que celle de ce monde et nous ne serons pas ressuscités.» Ils nient qu'il y aura une résurrection et un compte à rendre.

Verset 30

«Si tu les voyais le jour où ils comparaîtront devant leur Seigneur! Eh bien, leur dira-t-Il, n'est-ce pas là ce que je vous avais annoncé?» C'est à dire: Est-il faux ce jour de la résurrection et du compte à rendre comme vous y pensiez? «Oui, par notre Seigneur» ils avoueraient sans pouvoir nier. On leur dira: «Goûtez le châtiment pour prix de votre impiété» et pour prix de votre incrédulité.

Verset 31

Seront perdus solennellement ceux qui traitent de mensonge la rencontre de Dieu lorsque l'heure viendra soudainement à eux et regretteront les mauvaises actions qu'ils avaient commises. «Ils diront: Malheureux que nous sommes d'avoir négligé cette fraternité! Leur dos pliera sous le poids de leurs péchés. Quel pitoyable fardeau! Ibn Abi Hatim rapporte que Abou Marzoug a dit: «Lors de sa résurrection de la tombe, le pervers ou l'infidèle rencontrera une personne la plus laide qu'il avait jamais vue dans son vivant et la plus puante. - Ne me reconnais-tu pas? répondra-t-elle. - Non par Dieu, répliquera l'infidèle, car Dieu a enlaidi ton visage et empuanti ton odeur. Et la personne de rétorquer: «Je suis tes mauvaises actions qui étaient les plus laides et les plus puantes. J'étais ta monture sur terre et tu étais ma monture, voici maintenant que je te monterai» C'est alors que s'appliquent les dires de Dieu: «Leur dos pliera sous le poids de leurs péchés».

Verset 32

La vie du bas monde, qu'ils avaient préférée à l'autre, n'est que jeu et divertissement. Quant à la vie de l'au-delà elle est de plus grand bien pour ceux qui craignent. N'allez-vous pas réfléchir?

Verset 33

Nous savons que leurs propos t'affligent. Ce n'est pas toi qu'ils traitent d'imposteur. Mais ces misérables suspectent les signes d'Allah. La méconnaissance et le salut font connaître et l'ont traité de menteur. Dieu veut le réconforter en lui faisant connaître qu'il est au courant de leurs méfaits et l'exhorte à ne plus se lamenter sur leur sort. Il lui dit dans d'autres versets : «Que tes fins ne se répandent pas en regrets sur eux» (Coran XXXV, 8) et «Il se peut que tu te consumes de chagrin parce qu'ils ne sont pas croyants» (Coran XXVI, 3) et «faut-il jusqu'à mourir de chagrin qu'ils refusent de croire» (Coran XVIII, 6). Pour rassurer son cœur en le consolant toujours Il lui dit «Ce n'est pas toi qu'ils traitent d'imposteur» en leur communiquant le message mais ces misérables suspectent les signes d'Allah» car ils y mécroient et les repoussent. A ce propos Al-Hakim rapporte qu'Abou Jahl aurait dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salut»: «Nous ne te traitons pas de menteur mais nous rejetons ce que tu nous apportes» Dieu à cette occasion fit révéler ce verset». Ibn Abi Hatim rapporte d'après Abou Yazid Al-Madani que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salut» rencontra un jour Abou Jahl et lui serra la main. Un homme dit à Abou Jahl: «Pourquoi serres-tu la main à cet homme?» Il lui répondit: «Par Dieu, je connais bien qu'il est un Prophète. Mais depuis quand étions-nous les suivants de Bani Abd Manâf?» Et Abou Yazid de réciter ce verset: «Ce n'est pas toi qu'ils traitent d'imposteur. Mais ces mécréants suspectent les signes d'Allah».

Verset 34

Des Prophètes ont été traités d'imposteurs avant toi. Ils supportèrent ces injures et furent même molestés jusqu'au jour où nous leur donnâmes assistance. Les principes d'Allah sont immuables. Tu connais maintenant la vie des Prophètes. C'est-à-dire: De même, ô Muhammad, que chaque Prophète -qu'Allah le bénisse et le salut- qui a subi les méfaits de son peuple, aie l'ordre d'être patient comme ont été patients ceux des Prophètes qui étaient doués d'une ferme résolution, une promesse du secours comme ils ont été secourus et la victoire comme elle leur a été accordée après qu'ils avaient enduré de leurs peuples, cette victoire promise dans les deux mondes. Voilà le sens des dires de Dieu: «Les paroles de Dieu sont immuables». -qu'Il soit béni et exalté- où Dieu l'affirme dans ces versets: «Notre Parole a déjà été adressée à nos serviteurs, les Prophètes. Ce sont eux qui seront secourus, et notre armée sera victorieuse» [Coran XXXVII, 171-173]. et: «Dieu a écrit: «Moi et mes Prophètes, nous vaincrons sûrement» Dieu est fort et puissant» [Coran LVIII, 21]. Dieu rappelle à Son Prophète: «Tu connais maintenant la vie des Prophètes comment ils ont été secourus et ont eu le dessus sur ceux qui les avaient traités de menteurs et, ô Prophète, tu auras la même chose.

Verset 35

Si le refus de croire de ces gens te peine, tu peux, si tu en as la force, creuser une galerie sous terre ou te bâtir une échelle au ciel pour leur apporter un miracle. Mais si Allah voulait, Il réunirait tous les hommes dans la bonne voie! Ne pense pas comme un ignorant. Même si leur opposition te pèse en s'éloignant de toi. «Et si ce ne dépendait que de toi, tu creuserais une galerie sous terre ou tu bâtirais une échelle au ciel» pour leur en rapporter un Signe meilleur de ce que tu leur as apporté, fais-le si tu en es capable. «Mais si Allah voulait, Il réunirait tous les hommes dans la bonne voie! Ne pense pas comme un ignorant» comme Dieu a dit dans un autre verset: «Si ton Maître l'avait voulu, l'humanité entière aurait embrassé sa foi» [Coran X, 99]. Ibn Abbas a dit: «L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- désirait ardemment que les gens croient en lui en suivant le chemin droit qu'il avait apporté. Il multiplia ses efforts pour les guider et obtenir d'eux qu'ils le suivent.

Verset 36

Seuls répondront à ton appel ceux qui t'écouteront. Les infidèles, Allah les ressuscitera et ils comparaîtront devant lui. Cela signifie que répondront à tes appels ceux qui t'écoutent qui comprennent ses paroles et qui sont avertis au moyen du Rappel qui est le Coran. Quant aux infidèles qui possèdent des cœurs morts «Allah les ressuscitera et ils comparaîtront devant Lui» les désignant ainsi en se moquant d'eux et les méprisant.

Verset 37

Ils disent: «Pourquoi son Seigneur ne lui permet-Il pas de faire un miracle! Réponds-leur: «Faire un miracle est dans le pouvoir d'Allah, mais la plupart ne le savent pas. Les polythéistes, mus toujours par leur obstination, disaient: «Pourquoi un signe qui soit un miracle de son Seigneur n'est-il pas descendu sur lui?» Ils demandaient ce miracle par défi et non pas comme preuve, comme quand ils lui ont dit: «Nous ne t'accorderons notre confiance que le jour où tu feras jaillir du sol une source» [Coran XVII, 90]. Il lui ordonne de leur répondre: «Faire un miracle est dans le pouvoir d'Allah, mais la plupart ne le savent pas» C'est à dire: Dieu à tout moment est capable de faire descendre un miracle mais sa sagesse le retarde au temps opportun. Car s'il l'avait descendu et que les gens n'y croyaient pas, Il aurait hâté leur châtiment comme Il l'avait infligé aux générations précédentes comme Il le montre dans ce verset: «Si nous ne faisons descendre des signes, c'est que les premiers les ont traités de mensonges. Il n'est que nous ayons envoyé aux Thamudites une véritable chamelle! Ils n'en persistèrent pas moins dans leurs erreurs. Nous n'envoyons des miracles que pour avertir» [Coran XVII, 59] et aussi dans ce verset: «Si nous le voulions, nous ferions descendre du ciel un signe sur eux; leurs nuques se courbaient alors devant lui» [Coran XXVI, 4].

Verset 38

Il n'y a pas de bêtes sur terre ou d'oiseaux volant de leurs ailes qui ne vivent en société comme vous. Nous n'avons rien omis dans le Livre de la création. Comme tous les autres êtres, ils retourneront à leur Seigneur. «Il n'y a de bêtes sur terre ni d'oiseaux volant de leurs ailes qui ne vivent en société comme vous» Ces sociétés, comme a dit Mujahid, sont des espèces classifiées dont chacune porte un nom particulier. Mais Qatada précise que hommes, bêtes, oiseaux et génies forment des communautés différentes. Enfin As-Souddy a dit que bêtes et oiseaux forment des sociétés communes aux humains. «Nous n'avons rien omis dans le Livre» Au Coran. C'est à dire que Dieu connaît parfaitement ce qu'il a créé sans en rien oublier, comme il pourvoit à leurs besoins soient-elles de bêtes terrestres ou aquatiques, comme il a dit: «Il n'y a pas de créature sur terre qui n'attende d'Allah sa nourriture, dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa mort». «Tout est écrit dans un livre authentique» [Coran XI, 6] C'est à dire Il connaît aussi bien leurs noms que leurs nombres et leurs mouvements sur terre. Il a dit aussi: «Combien d'animaux sont incapables d'assurer leur propre subsistance! C'est Allah qui pourvoit à leur nourriture et à la vôtre» [Coran XXIX, 60]. Toutes ces créatures retourneront à leur Seigneur même les animaux selon ce verset: «Lorsque les bêtes sauvages seront rassemblées» [Coran LXXXI, 5]. Abou Dharr raconte: «Etant assis auprès de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- deux chèvres se cognèrent à coups de cornes. Il nous dit: «Savez-vous pourquoi ces deux chèvres se cognent? - Non, répondîmes-nous. Il répliqua: «Dieu certes le connaît et Il jugera entre elles» Nous quittâmes l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- après qu'il nous ait parlé de chaque oiseau qui vole de ses ailes dans le ciel. (Rapporté par Ahmed, Ibn Jarir et Abdul Razzaq). En commentant ce verset- «Il n'y a pas de bêtes ou d'oiseaux...- jusqu'à Ils retourneront à leur Seigneur» Abdul Razzaq rapporte d'après Abou Houraïra que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Toutes les créatures seront rassemblées au jour de la résurrection: hommes, bêtes, animaux et oiseaux. Dieu les jugera équitablement au point où Il donnera à une bête non cornue ses droits d'une autre cornue. Puis on dira aux animaux: «Soyez de la terre» C'est pourquoi l'infidèle s'écriera alors: «Plût au ciel que j'eusse été seulement poussière» [Coran LXXVIII, 40]».

Verset 39

Ceux qui traitent nos signes de mensonge sont comme des sourds-muets flottant dans les ténèbres. Allah égare qui Il veut, comme Il met qui Il veut dans la voie droite. «Ceux qui traitent nos signes de mensonge sont comme des sourds-muets titubant dans les ténèbres». Les infidèles sont pareils, dans leur ignorance et leur égarement, à des gens sourds qui n'entendent rien, à des muets qui ne peuvent proférer aucune parole, qui vivent dans les ténèbres. Comment pourraient-ils en sortir pour trouver la voie droite? Dieu les a décrits aussi dans d'autres versets en disant: «Sourds, muets et aveugles, ils ne peuvent plus retrouver la bonne voie» [Coran II, 18] et: «Elles sont encore semblables à des ténèbres sur une mer profonde; une vague la recouvre, sur laquelle monte une autre vague; des nuages sont au-dessus. Ce sont des ténèbres amoncellées les unes sur les autres. Si quelqu'un étend sa main, il peut à peine la voir. Celui à qui Dieu ne donne pas de lumière, n'a pas de lumière» [Coran XXIV, 40] Tout dépend de la volonté de Dieu qui égare qui Il veut, comme il place qui Il veut sur un chemin droit.

Verset 40

Dis: Si une calamité vous frappait ou que la mort vous surprenne, invoqueriez-vous quelqu'un d'autre qu'Allah? A supposer que vous soyez sincères.

Verset 41

«A n'en pas douter, c'est Lui que vous invoqueriez. S'Il voulait, Il pourrait écarter les malheurs que vous craignez. Vous oublieriez alors tous les dieux que vous Lui associez.» c'est à dire en cas de nécessité vous n'invoquerez que Lui et non vous vous passerez des idoles et statues, comme Il le montre également dans ce verset: «Si un péril en mer vous menace, c'est en vain que vous invoquez d'autres divinités qu'Allah» [Coran XVII, 67].

Verset 42

«Nous avons envoyé des Prophètes aux générations qui l'ont précédé. Nous leur avons infligé des fléaux» tels que la gêne, la pauvreté et l'indigence «et des épidémies» les maladies diverses «pour qu'elles se soumettent» en invoquant Dieu, L'implorant et s'humiliant devant Lui.

Verset 43

«Que ne se sont-elles soumises quand nous leur avons montré notre force?» Si seulement, une fois ces générations affligées, implorant leur Seigneur «Au contraire, leurs cœurs se sont endurcis et Satan les abusa sur leurs actions en les faisant paraître plus belles» au comportement du polythéisme, de l'obstination et de mauvais actes.

Verset 44

Lorsque ces générations eurent oublié ce qui leur avait été rappelé «nous ouvrîmes toutes grandes devant elles les portes de la félicité» en leur accordant tout genre de bienfaits, les ménageant et leur donnant un répit. «Nous les laissâmes s'étourdir de plaisir» en jouissant des biens et des enfants «Puis les surprîmes à l'improviste» brusquement sans s'en apercevoir «les jetant dans la consternation» et elles se trouvèrent désespérées. Qatâda a commenté cela en disant: Lorsque l'ordre de Dieu surprend un peuple, il le prend lors de son ivresse et sa délectation. Donc il ne faut pas se croire qu'on est à l'abri du stratagème de Dieu, car seuls les pervers se font berner par ce stratagème.

Verset 45

«Ainsi a été anéantie chaque génération d'infidèles. Gloire à Allah, le maître de l'univers.» L'imam Ahmed a rapporté d'après 'Ouqba Ben Amer que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque tu vois Dieu accorder à l'infidèle de Ses bienfaits, Il ne fait que le ménager» Puis il récita ce verset: «Lorsqu'elles eurent oublié nos enseignements...jusqu'à la fin» (Rapporté par Ahmed, Ibn Jarir et Ibn Abi Hatim).

Verset 46

Dieu ordonne à Son Prophète de dire à ces menteurs rebelles «Que désireriez-vous si Allah vous privait de l'ouïe et de la vue» et il vous les a accordées lors de votre création, comme Il l'affirme dans ce verset: «C'est Lui qui vous a fait naître; Il vous a donné l'ouïe, la vue...» [Coran LXVII-23]. Ou bien selon une autre interprétation: Il ne les laisse pas profiter de ce qu'ils voient ou entendent. C'est pourquoi Il dit ensuite «et Il scellait votre sensibilité» en mettant un sceau sur leurs cœurs, comme Il a dit dans d'autres versets: «Dieu a placé un voile entre l'homme et son cœur» [Coran VIII, 24] et «Quel est le maître de l'ouïe et de la vue» [Coran X, 31]. «Dis: Croyez que Lui pourrait vous les rendre?» s'il voulait les enlever aux hommes? Et c'est d'autres divinités qui puissent les leur rendre? C'est pourquoi Il dit après: «Considérez la variété de formes que revêtent ses enseignements» c'est à dire comment Dieu utilise les signes clairs et évidents pour démontrer qu'il n'y a d'autres divinités hormis Lui et que les autres qu'adorent les infidèles sont erreur et futilité. Puis malgré cela ils s'en détournent, repoussent les gens et les empêchent de suivre la vérité.

Verset 47

«Que direz-vous si Allah vous frappait à l'improviste ou au grand jour?» en vous infligeant son châtiment sans que vous l'attendiez? «Que seuls les incroyants sont anéantis» car les impies sont pris par leur polythéisme tandis que Dieu sauve ceux qui n'adorent que Lui sans rien Lui associer, si bien qu'ils n'éprouvent ni crainte ni tristesse.

Verset 48

«Nos Prophètes n'ont d'autre mission que d'annoncer la bonne nouvelle et d'avertir» car la bonne nouvelle de la grâce de Dieu n'est adressée qu'aux croyants qui font le bien tandis que les avertissements de Dieu ne sont lancés qu'aux impies et ceux qui croient et s'amendent, ayant la foi ferme et ne pratiquant que les bonnes œuvres, ceux-là ne connaîtront ni crainte» de ce qui les attend dans l'au-delà «ni tristesse» de ce qu'ils ont laissé de délicieux du bas monde et de ses plaisirs. Dieu sera leur maître et leur donnera en échange.

Verset 49

«Ceux qui traitent nos signes de mensonges subissent un châtiment sévère» d'après leurs fautes ceux qui ont renié ce que leurs Prophètes leur ont apporté, en se rebellant contre Dieu, commettant les péchés et désobéissant à Ses ordres.

Verset 50

Dieu ordonne à Son Messager de dire aux infidèles «Je ne prétends pas posséder les trésors d'Allah» ni en disposer «ni connaître ses secrets» car Dieu seul connaît l'Invisible. «Je ne prétends pas non plus être un ange» je ne suis qu'un mortel et Il m'a distingué et honoré par les révélations qu'il m'accorde. «Je me borne à suivre ce qui m'a été révélé» sans m'en détourner. «Dis: L'homme qui voit et l'aveugle peuvent-ils être assimilés?» C'est à dire celui qui suit la vérité et se trouve dans le chemin droit n'est plus pareil à celui qui est égaré sans pouvoir retrouver ce chemin. «Finirez-vous par réfléchir?» tout comme lorsque Dieu dit: «Celui qui sait que la révélation que ton Seigneur a fait descendre sur toi est la vérité, serait-il égal à celui qui est aveugle?» [Coran XIII, 19].

Verset 51

Ensuite Dieu lui dit: «O Mohammed! Avertis par le Coran ceux qui redoutent de comparaître devant Allah» et qui suivent les enseignements de Lui seul sans avoir d'autre protecteur et intercesseur «car ceux-là qui sont pénétrés de la crainte de leur Seigneur, et qui craignent que leur compte ne soit très mauvais au jour de la résurrection où seul Dieu sera le juge qui sauvera ceux qui ont fait de bonnes œuvres dans le bas monde et multipliera leur récompense.

Verset 52

«Ne repousse pas ceux qui implorent leur Seigneur, matin et soir, souhaitant d'entrevoir Son Visage» Ces gens-là qui font de telles pratiques sont les plus dignes, ô Mohammed!, d'être tes amis et compagnons. On trouve la même recommandation dans un autre verset qui lui est pareil: «Mets-toi à ceux qui invoquent le Seigneur, matin et soir, pour atteindre Son Visage et que tes yeux ne se détournent d'eux vers ceux qui...» s'associent pas à ceux que nous avons rendus insouciants de notre souvenir, à ceux qui ne suivent que leurs penchants et dont toute la vie est une futilité» [Coran XVIII, 28]. L'invocation de Dieu signifie, d'après Sa'id Ben Al-Moussaib, Mujâhid, Al-Hassan et Qatâda, la prière prescrite. Dieu a dit aux hommes: «Invoquez-moi et Je vous exauce» [Coran XL, 60] qui signifie: J'accepte et J'agrée votre culte. «Souhaitant d'entrevoir Son visage» et recherchant sa satisfaction par leurs pratiques religieuses en Lui rendant un culte pur. «Ils n'ont pas de compte à te rendre, pas plus que tu en as à leur rendre» Ce verset est pareil à la réponse de Noé lorsque son peuple lui a dit: «Croyons-nous en toi alors que ce sont les hommes les plus misérables qui te suivent?» Il leur répondit: «J'ignore ce qu'ils faisaient; il n'appartient qu'à mon Seigneur de les juger. Si seulement vous en aviez conscience [Coran XXVI, 111-113] C'est Dieu qui règlera les comptes de tous les hommes au jour de la résurrection. Il ne faut pas repousser ces gens-là, autrement tu serais au nombre des injustes.

Verset 53

«C'est ainsi que nous avons éprouvé les hommes par le destin que nous réservons aux uns et aux autres»-C'est à dire: nous avons éprouvé les uns par les autres «Au point qu'ils disent: «Comment, c'est à ces gens-là parmi nous que Dieu a accordé Sa faveur?» D'autres ont dit que parmi les hommes, les femmes, les esclaves étaient les premiers à y répondre, et une petite minorité des notables avaient fait de même. «Allah ne connaît-Il pas mieux que quiconque ceux qui sont reconnaissants» Il connaît certes ceux qui Le soutiennent en actes, paroles, et intentions, Il les dirige vers la voie droite, le chemin du salut, les fait sortir des ténèbres vers la lumière avec Sa permission et les met sur la voie de la vérité, comme Il l'affirme dans ce verset: «Nous dirigerons sur nos chemins ceux qui auront combattu pour nous. Allah est avec ceux qui font le bien» [Coran XXIX, 69].

Verset 54

«Si ceux qui croient à nos signes viennent à toi, dis-leur: Soyez les bienvenus!» Il leur dit donc en répondant à leur salut et annonce-leur qu'ils jouiront de l'ample miséricorde de Dieu. C'est pourquoi Il a dit ensuite: «Votre Seigneur s'est prescrit à Lui-même la miséricorde» Il s'est prescrit à Lui-même la miséricorde de par Sa générosité et Sa bienveillance. Et la suite du verset n'est qu'une confirmation «Il s'avère qu'Il accorde son pardon à ceux d'entre vous qui pèchent par ignorance et ensuite, en guise de repentir, s'adonnent aux bonnes œuvres» en cessant de commettre les péchés et se décidant de ne plus y revenir, ils ne feront ensuite que les bonnes œuvres. Dieu est celui qui pardonne et Il est miséricordieux.

Verset 55

C'est ainsi que nous détaillons nos enseignements pour mettre en évidence les procédés du crime. Dieu a montré dans les versets précédents la voie droite pour que les hommes la suivent et a méprisé en même temps les discussions stériles qui n'aboutissent qu'à l'égarement. Tout est maintenant mis au clair afin que le chemin des coupables soit connu, ceux qui ont mérité la colère et l'égarement, et que soit connu aussi le chemin de ceux qui ont été guidés.

Verset 56

Dis: «Il m'a été interdit d'adorer ceux que vous implorez à la place d'Allah. Dis: Je ne suivrai pas vos entraînements. Sinon je me perdrais et je serais retranché du nombre de ceux qui sont dans la bonne voie.»

Verset 57

Dis: «Je me conforme à la vérité de mon Seigneur et vous avez traité cette vérité de mensonge. Je ne dispose pas des châtiments que vous réclamez avec impatience. Allah seul le peut. Il divulgue la vérité et il n'y a pas de meilleur arbitre.» Dieu ordonne de dire à ces gens-là: «Je m'en tiens à une preuve indubitable de mon Seigneur, mais vous ô infidèles, l'avez traitée de mensonge» «Je ne saurais réaliser vos revendications impatientes» et ce que vous cherchez avec ardeur qui est le châtiment, selon une interprétation, car tout dépend de Dieu qui peut le hâter comme Il peut le retarder, Il divulgue la vérité et il n'y a pas de meilleur arbitre. Le jugement Lui appartient, et Il est le meilleur arbitre qui tranche les différends entre Ses serviteurs.

Verset 58

«Si j'avais pu réaliser vos impatiences d'être châtiés, la chose eût vite été réglée entre vous et moi. Allah connaît mieux que quiconque les vrais coupables.» La réponse en est la suivante: Si le châtiment des impies était confié au Prophète, il n'aurait pas tardé à le leur infliger, étant donné qu'ils le lui avaient demandé en le défiant. Mais le Prophète de par sa clémence a imploré le Seigneur pour leur accorder un répit.

Verset 59

«Il détient les clefs de l'inconnu, qu'Il est le seul à connaître. Il sait ce que recèlent le sein de la terre et l'abîme des mers. Il n'est pas une feuille qui tombe, qu'Il ne le sache. Il n'est pas une molécule dans les entrailles de la terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénombrées dans le sommaire de la création.» Les clés du mystère sont au nombre de cinq et Dieu seul les connaît. «Il sait ce que recèlent le sein de la terre et l'abîme de la mer» une expression qui signifie que tout ce qui existe dans les mers, sur la terre et dans n'importe quel autre endroit, Dieu le connaît parfaitement et rien ne Lui est caché fût-ce une molécule. «Il n'est pas une feuille qui tombe, qu'Il ne le sache» c'est à dire qu'Il connaît même les mouvements des choses inanimées. Si c'est le cas, comment ne connaîtrait-Il pas les actions de Ses créatures humaines et génies comme Il le confirme dans ce verset: «Allah connaît la perfidie des yeux et ce que recèlent les poitrines» [Coran XL, 19].

Verset 60

Il communique avec vous pendant la nuit et connaît toutes vos actions de la journée. Le lendemain, Il vous rappelle encore dans la vie et ainsi de suite jusqu'à ce que vous touchiez au terme fatal. Vous retournerez à Lui et alors Il repassera avec vous toutes vos actions. Dieu rappelle Ses serviteurs durant la nuit, et on a donné à ce fait la qualité de mort comme Il le confirme dans ce verset: «Allah accueille les âmes au moment de leur mort. Il reçoit aussi celles qui dorment, sans être mortes» [Coran XXXIX, 42] en y mentionnant les deux morts pour les vivants ainsi que les âmes des dormeurs, et Il retient celles à qui Il a décrété la mort et renvoie les autres jusqu'au terme fixé. Il connaît parfaitement ce qu'ils accomplissent durant toute la journée comme il est cité également dans ce verset: «Égaux devant Lui celui qui, parmi vous, tient secrète sa parole et celui qui l'étage; celui qui se cache la nuit et qui se montre au grand jour» [Coran XIII, 10]. Comme Il rappelle les hommes durant la nuit Il connaît parfaitement ce qu'ils accomplissent le jour. Puis Il dit: «Le lendemain, Il vous ressuscite ensuite dans la vie». La vie de l'homme ainsi continue jusqu'à ce que vous touchiez au terme fatal pour que le temps fixé soit accompli. «Vous retournerez à Lui» au jour de la résurrection «et alors Il repassera avec vous toutes vos actions» et vous en serez rétribués.

Verset 61

Il est le souverain maître de Ses sujets. Il délègue auprès de vous des anges qui vous gardent jusqu'au jour de votre mort. Puis des messagers recueilleront votre âme sans que jamais ils manquent à leur tâche.

Verset 62

Puis, vous retournerez à Allah, votre Maître véritable. N'est-ce pas à Lui que toute décision appartient? N'est-Il pas le plus prompt à régler vos comptes? Il nous suffit pour commenter ce verset de citer ce hadith rapporté par Abou Houreira où le Prophète «qu'Allah le bénisse et le salue» a dit: «Les anges se présentent devant la mort. S'il est bon, les anges disent: «Ô âme bonne, sors de ce corps bon. Sors louée et réjouis-toi, tu traverses le repos et les parfums et tu rencontres un Seigneur satisfait de toi. Elle reçoit ainsi l'ordre» et on l'élève au ciel et on demande de lui ouvrir la porte. «Qui est-ce?» dira-t-on. On répondra: «Un tel» On lui ouvrira et dira: «Sois la bienvenue ô âme bonne qui vivait dans un corps bon». Et on dira au Seigneur qu'elle traverse le repos et les parfums et se rencontrera un Seigneur satisfait de toi. On ne cesse de lui répéter ces propos jusqu'à ce qu'elle arrive vers ce ciel où se trouve Dieu et Lui la puissance et la gloire. Si l'homme est mauvais, les anges disent: «Sors donc ô âme méchante qui vivait dans un corps mauvais. Sors méprisée et sache que tu goûteras une eau bouillante et une boisson fétide et d'autres tourments de même espèce. Elle ne cessera d'entendre ces propos jusqu'à ce qu'elle sorte du corps. Alors on l'élèvera au ciel et on demandera de lui ouvrir. «Qui est-ce?» dira-t-on? «Un tel, répondra-t-on». On répliquera: «Pas de bienvenue pour cette âme méchante qui vivait dans un corps mauvais. Retourne méprisée, car on ne t'ouvrira pas les portes du ciel pour ton arrivée». Le Prophète ajouta: «On la fera descendre du ciel pour demeurer dans la tombe».

Verset 63

Dis: Qui est-ce qui vous protège contre les périls de la terre et de la mer quand vous invoquez Allah ouvertement et secrètement L'implorez, disant: «Si Il nous sauve, nous te rendrons grâce?» Dieu rappelle à Ses serviteurs qu'Il est le seul capable de les délivrer des ténèbres de la terre et de la mer, quand ils se trouvent dans les déserts ne sachant où s'orienter ou bien dans la mer lorsqu'un vent impétueux se lève et les vagues surgissent de tous côtés. Alors les hommes n'ont qu'à invoquer le Seigneur seul pour les délivrer, comme Il a dit: «et si un péril sur vous survient, c'est en vain que vous invoquez d'autres divinités qu'Allah» [Coran XVII, 67] et aussi: «C'est alors qu'ils invoquent Allah, lui vouant un culte exclusif. Mais une fois qu'Il les sauve en les ramenant vers la terre ferme, voilà qu'ils Lui associent d'autres divinités» [Coran X, 22].

Verset 64

Réponds: C'est Allah qui vous sauve de ces périls et de tout autre danger. Ce qui ne vous empêche pas de Lui attribuer des associés.

Verset 65

Réponds: C'est Lui qui peut faire éclater une catastrophe au-dessus de vos têtes ou sous vos pas, troubler les peuples dans un chaos inextricable et les livrer au despotisme les uns des autres. Vois comme nous varions nos enseignements. Peut-être finiront-ils par comprendre? Dieu démontre par ces versets la nature des hommes et la méconnaissance d'une partie d'eux envers Lui, qui, ne pouvant trouver leur chemin sur la terre ou être délivrés des tempêtes et des ténèbres de la mer, ne Lui adressent leurs invocations qu'en état de détresse. Mais, une fois délivrés et revenus dans la sécurité et la prospérité, ils retournent de nouveau à leur polythéisme déclarant ainsi leur ingratitude envers celui qui est capable de leur envoyer un châtiment de tous les côtés. En voilà quelques hadiths se rapportant à ce verset: Jaber Ben Abdillah raconte: «Quand ce verset fut révélé: C'est Lui qui peut faire éclater une catastrophe au-dessus de vos têtes» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria: «Je me réfugie auprès de Ta Face», puis en continuant: «ou sous vos pas» Il s'écria de nouveau: «Je me réfugie auprès de Ta Face», enfin: «troubler les peuples dans un chaos inextricable et les livrer au despotisme les uns des autres» L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit: «C'est plus facile ou moins douloureux». Cette partie du verset: «troubler les peuples dans un chaos inextricable» signifie d'après Ibn Abbas qu'il y aura plusieurs sectes dont chacune contredira l'autre selon ses passions, et cette opinion est soutenue aussi par Moujahed. Il est cité dans un hadith prophétique: «Cette communauté sera divisée en 73 sectes qui seront précipitées dans l'Enfer à l'exception d'une seule qui entrera au Paradis». «Vois comment nous varions nos enseignements» en les utilisant comme signes «Peut-être finiront-ils par comprendre» en les appréhendant et en méditant sur les signes de Dieu et Ses preuves incontestables.

Verset 66

Ton peuple traite le Coran d'invention alors qu'il est la vérité. Dis: Je n'ai pas à répondre de vous. Les Coraïchites polythéistes ont renié le Coran que le Prophète leur a apporté comme une vérité et l'ont traité de mensonge sans y porter la moindre attention ni s'interroger à son sujet. Ils ne l'ont pas médité tout comme Il a dit dans un autre verset: «Je ne suis pas votre gardien» [Coran VI, 104]. Il a été ordonné de leur dire: «La vérité émane de votre Seigneur. Croira qui voudra et niera qui voudra» [Coran XVIII, 29]. Il n'avait pour mission que divulguer le message en laissant la liberté aux hommes d'y croire ou non. Celui qui l'aura suivi sera parmi les bienheureux dans les deux mondes. Quant à l'incrédule, il sera parmi les malheureux et les perdants.

Verset 67

Chaque avertissement sera réalisé. Vous saurez! C'est pourquoi Dieu a dit ensuite: «Chaque avertissement sera réalisé» qui est confirmé par ce verset: «Vous en aurez sûrement des nouvelles dans quelque temps» [Coran XXXVIII, 88] qui constitue une menace et une promesse certaine.

Verset 68

Lorsque tu verras ceux qui s'engagent dans des discussions sur nos versets par moquerie, détourne-toi d'eux jusqu'à ce qu'ils changent de conversation. Si Satan te fait oublier cette recommandation, ne reste pas avec les incrédules dès qu'elle te reviendra à l'esprit. «Lorsque tu rencontres ceux qui critiquent nos preuves, fuis-les à moins qu'ils ne changent de conversation» c'est à dire: écarte-toi de ces gens qui discutent au sujet de nos signes et de nos versets, railleurs et par incrédulité tant qu'ils ne parlent d'autre chose. Ceci est une exception à tous les versets qui conseillent de ne plus tenir compagnie aux mécréants qui altèrent le sens des paroles révélées. Si le démon te fait oublier cette prescription une fois que tu te trouves avec les séditieux, quitte-les dès qu'elle te reviendra à l'esprit. À cet égard, il est cité dans un hadith authentifié que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu m'a accordé qu'Il fera preuve de mansuétude à l'égard de ma communauté lorsqu'elle pèche par erreur, oubli, ou contrainte». Ce verset est relatif à celui-ci où Dieu dit: «Il ne vous incombe pas, selon le Livre, que vous devez éviter ceux qui traitent de mensonge les versets d'Allah et les tournent en raillerie à moins qu'ils ne changent de conversation. En les écoutant, vous devenez leurs complices» [Coran IV, 140]. Chaque croyant est donc tenu de ne plus rester avec ces gens qui se moquent du Coran tant qu'ils ne discourent pas sur un autre sujet. S'il ne les quitte pas il deviendra semblable à eux.

Verset 69

Ceux qui craignent Allah ne sont pas responsables de la conduite des séditieux. Mais c'est une leçon qu'ils leur donnent et qui peut les amener à se rallier à Allah. «Ceux qui craignent Allah ne sont pas responsables de la conduite des séditieux» à condition de ne pas leur tenir compagnie en cas où ils persistent à s'en moquer, et alors, en les évitant, ils auraient gardé leur foi et seraient déchargés de toute responsabilité vis-à-vis de leur conduite. Certains tels que Moujahed, As-Souddy, Ibn Jourayj et autres ont déclaré que ce verset est abrogé par le verset n° 140 de la sourate des femmes. Selon Ibn Jurayj quand il émettait cette opinion, on peut dire que le reste du verset «Mais c'est une leçon qu'ils leur donnent et qui peut les amener à se rallier à Allah» constitue un ordre aux croyants afin qu'en se détournant des infidèles simplement par leur enseignement, ils cesseraient leurs railleries et reviendraient à Dieu repentants.

Verset 70

Évite ceux qui pratiquent leur religion comme un jeu ou un divertissement et que la vie de ce siècle les a égarés. Avertis-les par le Coran qu'une âme peut être livrée en otage à ses fautes et ne trouve ni patron ni intercesseur auprès d'Allah. Si elle offrait tout ce qu'elle a pour se racheter, on refuserait son offre. Voilà dépeints ceux que leurs fautes ont irrévocablement perdus. Ils auront pour boisson de l'eau bouillante et ils pâtiront d'un châtiment exemplaire pour leur impiété. Dieu ordonne à Son Prophète de se détourner des gens qui considèrent leur religion comme un jeu et un divertissement, trompés par le clinquant de la vie présente, car un châtiment implacable les attend. Et voilà qu'aujourd'hui Nous les oublions comme ils ont oublié la rencontre de ce jour-là et qu'ils ont nié Nos versets - avertis-les de la vengeance de Dieu et Son supplice au jour de la résurrection, de peur qu'ils ne soient entraînés à leur perte à cause de leurs mauvaises actions. En ce jour-là aucune âme ne trouve plus de protecteur ni d'intercesseur auprès d'Allah et personne ne les défendra comme on le trouve dans ce verset: «Et les voilà avertis que les biens ne profiteront à aucune âme, ni intercession, et les infidèles feront figure de coupables» [Coran II, 254]. Si les injustes essayent de s'amender, et de se racheter, qu'ils sachent que quelles que soient les compensations qu'ils peuvent offrir elles seront rejetées comme Dieu le confirme également dans ce verset: «Ceux qui vivent et meurent infidèles, tout l'or de la terre ne suffirait pas à les racheter» [Coran III, 91]. Pour prix de leurs œuvres ils auront pour boisson de l'eau bouillante et ils pâtiront d'un châtiment exemplaire pour leur impiété.

Verset 71

As-Souddy rapporte: «Les polythéistes ont dit aux musulmans: «Suivez notre chemin et laissez la religion de Mouhammad». Dieu fit descendre alors ce verset »Dis: Invoquerons-nous, en plus d'Allah, ceux qui ne peuvent ni nous être utiles ni nous nuire? Retournerons-nous sur nos pas en revenant à l'idolâtrie après qu'Allah nous a mis sur la voie? Notre exemple sera alors pareil à celui que les démons ont rendu fou et qu'ils ont égaré sur la terre. En d'autres termes, si vous reniez votre foi, vous ressemblez à un homme qui se trouve sur un chemin avec d'autres. Perdant la bonne direction, les démons le rendent perplexe: suivra-t-il l'avis des démons ou rejoindre ses compagnons? Les démons ne cessent de lui dire: «Rejoins-nous et tu seras heureux». Ses compagnons, au contraire, s'adressent à lui pour l'appeler. Voilà la parabole de celui qui écoute les conseils des démons après avoir suivi Mouhammad qu'Allah le bénisse et le salue qui appelle à la voie droite qui est l'Islam» Telle fut l'interprétation d'Ibn Jarir. Quant à Ibn Abbas, il a dit: «C'est l'exemple d'un homme qui a perdu le chemin. Un homme l'appelle: «O un tel fils d'un tel, suis ce chemin», alors que ses compagnons le poussent à les rejoindre. S'il répond à l'appel du premier, il le conduira vers la perte. Mais s'il écoute les autres, il aura trouvé le chemin du salut. Ainsi celui qui adore des divinités en dehors de Dieu, la mort lui surviendra et le jettera dans la perdition et il regrettera. En commentant cette partie du verset: «pareil à celui que les démons ont fasciné et qui erre» Ibn Jarir a dit: «Les démons sont les ogres qui appellent cet homme par son nom et ceux de ses père et grand-père. Il croit qu'il a trouvé une issue mais, en les suivant, ils le jettent dans la perdition. En les favorisant, ils le mènent vers une terre aride où il meurt de soif. Tel est l'exemple et le sort de quiconque adore une divinité autre que Dieu». Ibn Jarir, d'autre part rapporte qu'Ibn Abbas a dit: Cet homme-là ne répond pas à Dieu, obéit au démon, commet de mauvaises actions sur terre et se détourne du chemin de la vérité. Il a des compagnons qui l'appellent à suivre un chemin prétendu être le chemin droit mais en vérité il ne l'est pas. Car Dieu dit aux croyants parmi les hommes: «La voie d'Allah, voilà la bonne voie» et ce à quoi appellent les démons est un égarement, comme Il a dit aussi: «Crois-tu être capable de lui mettre dans la voie droite? Mais sache que nul ne saurait guider ceux qu'Allah a voués à l'erreur. Ceux-là ne trouveront aucune assistance» [Coran XVI, 37]. «Nous avons reçu l'ordre de nous soumettre au maître de l'univers» en lui rendant un culte pur et n'adorant que Lui sans rien Lui associer.

Verset 72

«Nous avons reçu l'ordre d'être exacts dans nos prières et de craindre Allah» en toute circonstance car c'est à Lui que tout fera retour.

Verset 73

«C'est avec intention qu'Il a créé les cieux et la terre» Il est donc leur créateur, leur possesseur et leur organisateur qui les gère. Quant au jour de la résurrection Il lui dira: «Que cela soit! et ce sera» car l'ordre concernant ce jour-là sera dit en un clin d'œil ou plus bref encore. «Le jour où se sonnera la trompette» Ibn Jarir rapporte, d'après ceux qui ont transmis les propos de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qu'il a dit: «Israfil a mis la trompette sur ses lèvres en inclinant la tête et attendant l'ordre pour y souffler» (Rapporté par Mouslim) L'Imam Ahmad rapporte d'après Abdullah Ben Amr qu'un bédouin demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- «Qu'est-ce qu'une trompette?» - C'est un cor où on va souffler, répondit-il.

Verset 74

Ad-Dahak rapporte qu'Ibn Abbas a dit que le père d'Abraham ne s'appelait pas Azar, qu'il le haïssait, qu'il s'appelait Terah. Et Moujahid et As-Souddy d'ajouter: Azar était le nom d'une idole. L'auteur de cet ouvrage a dit: «Il se peut qu'on l'appelait ainsi parce qu'il était toujours au service de cette idole». Mais Ibn Jarir a précisé qu'Azar était bien le nom de son père car, comme de coutume, on donnait à la personne deux noms, ou un nom et un surnom. Cette opinion est très logique et c'est Dieu qui est le plus savant. Le verset montre qu'Abraham avait exhorté son père à ne plus adorer une divinité en dehors d'Allah et même il l'avait réprimandé, mais le père ne s'attendrit pas. «Abraham dit à son père Azar: «Pourquoi prends-tu les idoles pour dieux?» en les adorant en dehors d'Allah. «Vous êtes, toi et ton peuple, dans un égarement manifeste» c'est à dire plongés dans l'ignorance alors que tout est clair devant vous et vous ne suivez que le chemin de la perdition. En d'autres versets Dieu mentionne les propos qu'Abraham avait adressés à son père pour le dissuader: «Mentionne Abraham dans le Livre. Il était sincère et Prophète. Il dit à son père: O mon père, pourquoi adores-tu des divinités qui ne voient ni n'entendent et dont tu ne peux rien tirer? O mon père, j'ai des lumières que tu n'as pas. Suis-moi, je te guiderai sur le bon chemin» [Coran XIX, 41-43]. On a rapporté qu'Abraham implorait le pardon pour son père durant toute sa vie. Mais quand le père mourut en polythéiste, Abraham cessa ses implorations et désavoua la conduite de son père. Dieu a dit à cet égard: «Si Abraham implora le pardon d'Allah en faveur de son père, c'est qu'il le lui avait promis. Lorsqu'il se rendit compte que son père était l'ennemi d'Allah, il le désavoua. Et pourtant Abraham était compatissant et doux [Coran IX, 114]. Il est cité dans le Sahih qu'au jour de la résurrection, Abraham rencontrera son père qui lui dira: «O fils, aujourd'hui je ne te désobéirai pas» Abraham lui répondra: «O mon Seigneur! Tu m'avais promis de ne plus me couvrir de honte le jour où les hommes seront ressuscités? Quelle honte pourrait être plus grande pour moi que de voir mon père le plus éloigné (de Dieu)?» On lui dira: «O Abraham, regarde derrière toi». Abraham regardera et verra une hyène maculée de sang et d'excréments, on prendra cet animal et on le jettera dans le Feu» (Rapporté par Boukhari).

Verset 75

«C'est ainsi que nous montrâmes à Abraham le royaume des cieux et de la terre pour le persuader» c'est à dire, en montrant à Abraham le royaume des cieux et de la terre, nous lui donnâmes la preuve qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui puisse les créer et qu'il n'y a nul Seigneur en dehors de Lui. En commentant le verset précité ibn Abi Hatem rapporte qu'ibn Abbas a dit: «Dieu a révélé tout à Abraham. Ce qui est caché comme ce qui est visible et Abraham vit la terre et les cieux». Peut-être Dieu avait montré cela effectivement à Abraham et il les regarda de ses propres yeux, ou bien il a imprimé cela dans son esprit pour le constater et s'assurer de la sagesse divine et des preuves irréfutables. A ce propos l'imam Ahmed et Tirmidhi ont rapporté d'après Mou'az Ben Jabal que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je vis mon Seigneur sous la plus belle forme. Il me dit: -A quoi vient les anges se disputent? Je réponds: -Je ne sais pas ô Seigneur! Il mit Sa main entre mes épaules de sorte que je sentis sa fraîcheur entre mes seins et alors toute chose lui parvint au grand jour... jusqu'à la fin du hadith».

Verset 76

« A la tombée de la nuit» c'est à dire lorsque la nuit l'enveloppa «Abraham vit une étoile» qui était Vénus ou Jupiter selon les dires de Tabari, car son peuple adorait les astres «Il s'écria: Voilà mon Allah» Lorsque l'étoile disparut, il dit: «Je ne saurais m'attacher à une chose qui disparaît».

Verset 77

Lorsque la lune brilla, se dressa devant lui dans le ciel et déploya sa lumière, il s'écria: «Voilà mon Allah». A sa disparition il dit: Si mon Seigneur ne me dirige pas, je serai au nombre des égarés.

Verset 78

«Voyant le soleil se lever, il s'écria: «Voilà mon Allah; c'est le plus grand» qui lui paraît plus grand que tous les autres astres et dont la lumière est plus intense. «Lorsqu'il disparut, il dit: «O mon peuple, je désavoue les associés que tu prêtes à Allah».

Verset 79

Je ne tourne ma face que vers le créateur des cieux et de la terre sans les lui associer, et je ne suis pas au nombre de ceux qui Lui donnent des associés» c'est à dire je ne rends un culte pur et n'adore que celui qui a créé les cieux et la terre sans qu'il y ait un modèle à imiter, comme un vrai croyant et je ne suis pas au nombre des polythéistes.

Verset 80

Ces paroles d'Abraham émanaient-elles d'une simple réflexion et méditation, ou bien un sujet de polémique entre lui et son peuple? Ibn Jarir soutient l'opinion d'Ibn Abbas que c'était une simple méditation et la preuve en est cette partie du verset: «Si mon Allah ne me guide point, j'errerai au nombre des égarés». Il ne convient pas de proférer ces paroles lorsqu'il s'agit d'une polémique. Mais il s'avère qu'il s'agit d'une polémique entre Abraham et son peuple. Il leur montra la fausseté de leur culte qui consistait à adorer les astres. Abraham procéda par étapes: d'abord il leur enseigna au sujet des statues terrestres en leur donnant les figures des anges célestes afin que ces statues intercèdent en leur faveur auprès du Seigneur alors que ces gens-là sont les plus méprisés à Son regard, et ils L'implorent par l'adoration des anges afin qu'Il pourvoie à leurs besoins. Les astres qu'ils adoraient sont: la lune, Mercure, Vénus, le soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Les plus lumineuses pour eux, étaient le soleil, la lune, puis Vénus. Abraham, dans sa discussion, affirma que Vénus ne peut être considérée en tant que Dieu parce qu'elle est dirigée et suit un trajet qu'elle ne saurait changer. Elle n'est donc qu'un corps créé parmi d'autres et Dieu l'a rendue lumineuse pour un but qui émane de Sa sagesse. Elle se lève de l'orient, suit son orbite puis disparaît à l'occident. La nuit suivante elle effectue le même trajectoire sans s'en écarter. Donc elle n'est pas plus digne d'être prise en tant que divinité. Alors Abraham se désavoua de tout ce qu'ils adoraient en dehors d'Allah et déclara les associés qu'ils prêtent à Allah c'est à dire je ne les prends pas pour divinités et je ne les adore jamais car je ne tourne ma face que vers le créateur des cieux et de la terre. Je n'ai rien de commun avec ceux qui Lui donnent des associés. Je n'adore que le créateur de ces astres qui les dirige et les organise, qui tient en main le royaume des cieux et de la terre, le créateur et le Seigneur de toute chose, car: «Votre véritable Seigneur, c'est Allah qui a créé les cieux et la terre en six jours et proclamé Sa souveraineté du haut de Son Trône. C'est lui qui a engendré l'alternance rapide du jour et de la nuit. C'est Lui qui a soumis à Ses lois le soleil, la lune et les étoiles. N'est-ce pas à Lui seul qu'appartient le don de créer et de gouverner toutes choses? Béni soit Allah, le maître de l'univers» [Coran VII, 54]. Comment donc Abraham s'est contenté de contempler et méditer tout simplement du moment que Dieu a dit de lui: «Nous avions accordé auparavant Notre inspiration à Abraham» [Coran XXI, 51]. Il dit à son père et son peuple: «Que sont ces statues devant lesquelles vous vous tenez?» [Coran XXI, 51-52] et: «Abraham fut un patriarche dévoué à Allah, inaccessible à toute compromission avec les idolâtres. Il sut reconnaître les bienfaits d'Allah. Pour l'en récompenser, Celui-ci le prit sous sa protection et le dirigea dans la bonne voie» [Coran XVI, 120-121]. Il est cité dans les deux Sahihs d'après Abou Houraïra que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout enfant est né sur l'islamisme...». Iyad Ben Hammad rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Jésus a dit: «J'ai créé tous Mes serviteurs musulmans (soumis)» (Rapporté par Mouslim). Pour confirmer Son unicité et Sa déité, Dieu a dit: «Allah tira des fils d'Adam leurs descendants et reçut ainsi leur témoignage: Ne suis-je pas votre Seigneur? Si, répondirent-ils, nous l'attestons»» [Coran VII, 172]. Si ceci constitue un devoir qui incombe à tout humain, comment devrait donc être la situation d'Abraham vis-à-vis de Dieu qui a fait de lui tout un peuple docile envers Lui et un vrai croyant? Peut-on dire qu'Abraham s'est contenté de la contemplation et la méditation? Par ailleurs les versets qui s'ensuivent montrent sans aucun doute qu'Abraham menait une discussion avec son peuple. Lorsqu'on a discuté avec son peuple au sujet d'Allah et de Son unicité, ils lui avancèrent des arguments non-fondés, il s'écria alors: «Allez-vous discuter avec moi au sujet d'Allah, alors que lui-même m'inspire?» c'est à dire: disputez-vous avec moi alors que je m'en tiens à une preuve indubitable de Lui et qu'il n'y a d'autre divinité que Lui. Il m'a guidé vers la vérité et m'a mis sur la voie droite? Comment pourrai-je après tout cela m'en tenir à vos présomptions futiles? «Je ne redoute pas les divinités que vous Lui associez». «excepté ce que mon Seigneur veut». La preuve en est la fausseté de votre croyance et vos dires que ces divinités que vous adorez n'ont aucune influence dont je ne redoute plus. Si vous connaissez un stratagème utilisez-le contre moi et ne m'accordez aucun répit. «car sa science embrasse toute chose» rien ne lui est caché, Il connaît le visible comme Il connaît l'invisible «Parviendrai-je à vous persuader?» ne cesserez-vous d'adorer ces fausses divinités?

Verset 81

Comment aurais-je peur de ce que vous associez à Allah alors que cela ne peut ni profiter ni nuire, et vous ne craignez pas Allah en associant à Allah ce pour quoi Il n'a fait descendre aucune preuve ? Allah - qu'Il soit exalté - dit que l'argument d'Abraham était solide contre son peuple.

Verset 82

Ceux qui croient et n'ont pas mélangé leur foi avec l'injustice - c'est-à-dire l'idolâtrie, comme l'explique un hadith rapporté dans les deux Sahih de Bukhari et Muslim - ceux-là ont la sécurité et ils sont bien guidés. Ce verset fut révélé pour clarifier que l'injustice mentionnée ici désigne spécifiquement l'association à Allah.

Verset 83

Telle était Notre preuve que Nous donnâmes à Abraham contre son peuple, avec laquelle il déduisit l'Unicité d'Allah, comme dans le cas des astres qui se couchent et ce qui s'ensuivit. Nous élevons en degrés qui Nous voulons - qu'on lise cela comme une annexion génitive ou comme une nunation accusative - des degrés en science et en sagesse. Certes ton Seigneur est Sage dans Sa gestion et Savant de Ses créatures.

Verset 84

Et Nous lui donnâmes Isaac et Jacob comme petit-fils; chacun d'eux, Nous l'avons guidé. Et Noé, Nous l'avons guidé auparavant - c'est-à-dire avant Abraham - et parmi sa descendance David et Salomon, Job et Joseph fils de Jacob, Moïse et Aaron. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants.

Verset 85

Et Zacharie et Jean, Jésus et Élie - ceci montre que le terme 'descendance' peut inclure la descendance du côté maternel - et Élie, neveu paternel d'Aaron frère de Moïse. Tous étaient parmi les vertueux et les gens de bien dans leurs paroles et leurs actes.

Verset 86

Et Ismaël fils d'Abraham, Élisée - le lam est superflu - Jonas et Lot fils de Hârân frère d'Abraham. Tous, Nous les avons préférés aux mondes par la prophétie, leur accordant des degrés élevés et une position noble auprès d'Allah.

Verset 87

Et parmi leurs pères, leurs descendants et leurs frères - cette phrase est un complément soit au précédent 'tous' soit à 'Noé'; 'parmi' est partitif car certains d'entre eux n'étaient pas prophètes - Nous les avons choisis et guidés vers un chemin droit, la voie de l'Islam et de la soumission à Allah.

Verset 88

Telle est la guidance d'Allah par laquelle Il guide qui Il veut parmi Ses serviteurs. S'ils avaient été associateurs - hypothétiquement parlant - tout ce qu'ils faisaient aurait été vain, car l'association annule les bonnes œuvres comme Allah l'a établi dans Sa sagesse.

Verset 89

Ceux-là sont ceux à qui Nous avons donné le Livre - c'est-à-dire les Livres d'Allah - le jugement, la sagesse et la prophétie. Si ces gens de La Mecque n'y croient pas - c'est-à-dire à ces trois choses - alors certes Nous en avons confié la garde à un peuple qui n'y sera pas incrédule.

Verset 90

Ceux-là sont ceux qu'Allah a guidés; suis donc leur guidance - leur voie d'affirmation de l'Unicité d'Allah et d'exercice de la patience. Dis aux gens de La Mecque: 'Je ne vous demande aucun salaire pour cela - le Coran; ce n'est qu'un rappel et une exhortation pour tous les mondes' - les hommes et les djinns.

Verset 91

Ils n'estiment pas Allah à Sa juste puissance quand ils disent: «Allah n'a descendu aucune révélation à aucun humain». Dis-leur: Qui donc a fait descendre le Livre que Moïse a apporté aux hommes comme lumière et comme guide? Vous l'avez écrit sur des feuilles, vous en avez divulgué une partie mais vous en avez dissimulé la plus grande. Qui vous a enseigné ce que par vous-mêmes vous n'auriez jamais découvert, pas plus que vos pères? Réponds: Allah, abandonne-les à leurs intrigues et à leurs jeux. Ce verset, selon les dires d'Ibn Abbas, Moujahed et Ibn Jarîr, fut révélé au sujet des Qoraïchites qui n'ont pas apprécié Dieu à Sa juste mesure et traité Ses Prophètes de menteurs. On a dit aussi que ce fut à propos des juifs et précisément Malek Ben Saïf. Mais il s'avère que la première opinion est la plus correcte car ce verset fut révélé à propos des mécréants de la Mecque qui ont nié les versets de Dieu Très Haut. Mais les Qoraïchites, quant à eux, renièrent Mouhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- en tant que Messager prétendant qu'il était être humain comme Dieu le montre dans un autre verset: «Qu'y a-t-il d'étonnant à ce que nous ayons envoyé un homme d'entre vous d'avertir ses semblables» [Coran X, 2] et dans celui-ci: «C'est là ce qui a empêché les hommes de croire quand la bonne voie leur a été indiquée. Est-ce convenable, ont-ils dit, qu'Allah ait envoyé un homme pour le représenter?» [Coran XVII, 94]. Ces gens-là qui ont dit que Dieu n'a jamais rien fait descendre sur un mortel, Dieu dit à Son Prophète de leur répondre: «Qui donc a révélé le Livre que Moïse a apporté comme une lumière et une direction pour les gens?» dont chacun d'entre vous connaît que Dieu a révélé la Torah à Moïse Ben Imran comme une lumière et comme une Direction afin que les hommes s'en servent pour sortir des ténèbres de la suspicion. Ce même Livre «Vous l'avez écrit sur des feuilles. Vous en avez divulgué une partie mais vous en avez dissimulé la plus grande». C'est à dire vous transcrivez les différentes parties du Livre sur des parchemins, vous affichez ce qui vous plaît et vous dissimulez ce qui vous déplaît et tout ceci fait partie du Livre venant de Dieu du moment qu'il n'est pas ainsi, et en plus vous cachez une grande partie de son contenu. «Qui vous a enseigné ce que par vous-mêmes vous n'auriez jamais découvert, pas plus que vos pères?» En d'autres termes: qui a révélé le Coran qui vous relate l'histoire de ceux qui vous ont précédés, et les événements qui surviendront plus tard, ce dont vous ignorez vous et vos ancêtres? A cette question Dieu dit à Son Prophète: «Réponds-Allah» c'est bien lui qui a révélé le Livre, puis «abandonne-les à leurs intrigues et leurs jeux et laisse-les s'amuser à discuter, plonger dans leur égarement et erreur, jusqu'à ce que la certitude leur parvienne et alors ils sauront à qui est réservée la bonne fin à eux ou à ceux qui craignent Dieu?

Verset 92

Et voici un Livre béni qui confirme les précédentes Écritures, et que nous te révélons pour que tu avertisses la ville métropole et ses environs. Ceux qui croient au jour dernier croient à ce Livre et seront assidus à la prière. «Et voici un Livre» qui est le Coran «béni, qui confirme les précédentes Écritures, et que nous te révélons pour que tu avertisses la ville métropole» c'est-à-dire la Mecque, la mère des cités qui comprend les différentes nations et communautés issues des reins d'Adam, car Dieu a ordonné à Mohammed de dire à tous les hommes: «Je suis envoyé par Allah à vous tous» [Coran VII, 158], et de leur dire aussi: «O hommes! le Coran a été révélé pour que vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu'il touchera» [Coran VI,19]. Quiconque, parmi les hommes, est incrédule à son égard aura le feu comme lieu de rencontre. Dieu a dit aussi au sujet du Coran: «Béni est celui qui a révélé le Livre à Son serviteur afin qu'il devienne un avertisseur pour les mondes» [Coran XXV, 1]. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «On m'a accordé cinq faveurs qu'aucun Prophète n'avait reçues et parmi ces faveurs: «Dieu envoyait chaque Prophète à son peuple, tandis que moi, j'ai été envoyé au monde entier». (Rapporté par Boukhari et Mouslim) C'est pourquoi il a dit enfin: «Ceux qui croient au jour dernier croient à ce Livre et seront assidus à la prière» donc quiconque croit en Dieu et à la vie future, croit aussi au Coran qui a été révélé à Mohammed et s'acquitte des prières prescrites.

Verset 93

Qui est plus coupable que celui qui rapporte des mensonges sur Allah et qui dit: «Il m'a été révélé ceci» alors que rien ne lui a été révélé, ou bien qui dit: «Je peux envoyer des révélations semblables à celles qu'Allah envoie», ou qui dit: «Si je voulais, je composerais un livre identique au Coran»? Si tu pouvais voir, au moment où les injustes sont dans les affres de la mort et que les anges, tendant leurs mains vers eux, les pressent de rendre leurs âmes! Voici venu le jour, leur disent-ils, où vous allez subir un infâme supplice pour n'avoir pas dit la vérité sur Allah et avoir accueilli ses révélations avec dédain. Qui peut donc être plus inique que celui qui forge des mensonges sur Dieu en Lui associant d'autres divinités, ou en lui attribuant un enfant ou en prétendant qu'il a reçu une révélation alors que rien ne lui a été révélé. A ce propos, Ikrima et Qatada ont dit que ce verset fut descendu au sujet de Moussailama l'imposteur. «Ou bien qui dit: «Je peux envoyer des révélations semblables à celles qu'Allah envoie». C'est à dire celui qui prétend faire descendre des choses semblables à ce que Dieu a fait descendre alors qu'il est menteur. Ce verset est pareil à celui-ci: «Quand on leur récite nos versets, ils disent: «Nous les avons déjà entendus. Au reste, si nous le désirions, nous en ferions autant» [Coran VIII, 31]. Puis Dieu décrit la situation des injustes lors de la mort: «Ah! Si tu pouvais voir ces coupables quand ils entrent dans les affres de la mort» ou éprouvent des affres et des douleurs «et que les anges, tendant leurs mains vers eux» en les frappant comme Dieu le montre dans ce verset: «Ah! Si vous pouviez voir comment les anges ravissent la vie aux infidèles! Ils les frappent au visage et aux reins» [Coran VIII, 50] leur disent pour qu'ils se dépouillent d'eux-mêmes car, on a dit à cet égard que l'incrédule, lorsque la mort se présente à lui, les anges lui annoncent le châtiment, les carcans, les chaînes, l'abîme du feu, l'eau bouillante et la colère du Miséricordieux. Alors son âme se disperse dans les différentes parties de son corps et refuse de sortir d'où la violence de l'extraction. Les anges frappent les corps des impies jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme en état d'impureté. Les âmes des croyants sortent de leurs corps sans supplice pour s'envoler vers la vérité sur Allah. Aujourd'hui vous serez rétribués par le châtiment de l'humiliation pour avoir forgé des mensonges sur Dieu; pour vous être, par orgueil, détournés de ses signes et pour avoir refusé de suivre Ses Prophètes. D'après la tradition, plusieurs hadiths ont été rapportés au sujet de l'état d'agonie soit du croyant soit de l'impie dont nous allons en parler en commentant ce verset: «Allah soutient les croyants dans ce monde et dans l'autre par de fermes propos» [Coran XIV, 27].

Verset 94

Vous voilà revenus, chacun séparément tels que vous étiez au jour de votre naissance. Vous avez laissé sur terre tous les biens que vous aviez amassés. Vous n'êtes accompagnés d'aucun des intercesseurs que vous prétendiez avoir pour associés. Toutes vos attaches terrestres sont coupées et tout ce sur quoi vous faisiez fond vous abandonne. Au jour du rassemblement on vous dira: «Vous voilà revenus, chacun séparément, tels que vous étiez au jour de votre naissance.» Comme il a été dit précédemment, ils seront rassemblés pieds nus, nus et incirconcis sur un seul rang. «Vous voilà revenus devant Moi, tels que Je vous ai créés une première fois» [Coran XVIII, 48] C'est à dire comme nous vous avons créés une première fois, vous voilà venus à nous, vous reniez ce retour et n'y pensiez plus disant que c'est incroyable. «Vous avez laissé sur terre tous les biens que vous aviez amassés» dont Dieu vous a accordés dans le bas monde. Il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le serviteur dit: «Mes biens ! Mes biens!» Or ce qui revient de tes biens sont ces trois choses: ce que tu as mangé et consommé; ce que tu as porté et usé; et ce que tu as donné en aumône pour ta vie future. A part cela, tout ce que tu possèdes reviendra à tes successeurs après ta mort» (Rapporté par Mouslim). Al-Hassan Al-Basri a dit, «Au jour de la résurrection, on amènera le fils d'Adam qui sera pareil à une hampe d'une lance et le Seigneur s'adressera à lui: «Où sont tes biens que tu as amassés et tes enfants?» Il répondra: «Seigneur je les ai amassés et rendus plus grands qu'ils étaient». Il répliquera: «O fils d'Adam! Qu'est-ce que tu as devancé pour toi-même?» Et le fils d'Adam de regarder autour de lui sans en rien trouver. Puis il récita ce verset: «Vous voilà revenus, chacun séparément, tels que vous étiez au jour de votre naissance. Vous avez laissé sur terre tous les biens que vous aviez amassés». Et Dieu de poursuivre: «Vous n'êtes accompagnés d'aucun des intercesseurs que vous prétendiez avoir pour associés» en les réprimandant d'avoir adoré, dans le bas monde, des statues et des idoles en les associant à Dieu croyant qu'elles leur seront utiles dans la vie future. Une fois jugés, ils constatèrent qu'ils étaient dans un égarement et qu'ils avaient inventé ce qui les ont abandonnés. Le Seigneur à Lui la puissance et la gloire leur rappellera devant toutes les créatures: «Où sont mes prétendus associés?» [Coran XXVII, 74] et «Où sont donc ceux que vous adoriez en dehors d'Allah? Vous porteront-ils secours ou se portent-ils secours?» [Coran XXXVII, 92-93]. En ce jour-là «Toutes vos attaches terrestres» avec ceux que vous adoriez dans le bas monde «seront coupées, et tout ce que vous faisiez» vous abandonne et vous voilà n'espérant rien de leur part car ils ont disparu.

Verset 95

Dieu fend le grain et le noyau dans la terre. Différents arbres et plantations y poussent et donnent une variété de fruits d'espèces diverses tant aux couleurs et formes qu'aux saveurs. «Il tire la vie de la mort et la mort de la vie» à savoir qu'Il fait sortir l'animal vivant de l'œuf et des noyaux et graines considérés en tant que substances inertes, tout comme Il le montre dans ce verset: «Voici, pour eux, un signe: la terre morte que nous faisons revivre et dont nous faisons sortir des grains qu'ils mangent» [Coran XXXVI, 33]. Certains ont dit: Il fait naître la poule de l'œuf et vice versa. D'autres disent: Il fait naître l'enfant vertueux d'un père pervers et vice versa... etc. «Le voilà, Allah» l'auteur de toutes ces créations, l'Unique et qui n'a pas d'associés. «Pourquoi vous retirez-vous?» Comment, après tous ces signes, détournez-vous de la vérité vers l'erreur et adorez-vous une autre divinité que Lui?

Verset 96

Il fait luire les matins. Il a institué la nuit pour le repos. Il a créé aussi la clarté et l'obscurité, en dissipant l'obscurité de la nuit par la clarté du jour afin que les hommes vaquent à leurs occupations et à la nuit tombante, ils se reposent. On trouve dans le Coran plusieurs versets relatifs à ces phénomènes et même Dieu a juré par la clarté du jour et l'obscurité de la nuit. On a rapporté que la femme de Souhayb l'a blâmé à cause de ses veillées, il lui répondit: «Dieu a fait de la nuit un moment de repos sauf à Souhayb», car lorsque Souhayb évoque le Paradis son désir s'y porte avec ardeur, mais une fois évoqué l'Enfer, il n'éprouve que frissons. «Le soleil et la lune comme mesures de temps» ils font leurs trajets respectifs qui ne sauraient être ni changés, ni perturbés mais influencés par le changement des saisons qui font tantôt allonger la nuit tantôt la raccourcir, ainsi que le jour comme il le montre dans ce verset: «C'est Lui qui a créé le soleil qui brille et la lune qui éclaire. C'est Lui qui a assigné à celle-ci des stations afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul du temps» [Coran X, 5]. Il a dit aussi que le soleil et la lune sont soumis à Ses ordres «Tel est l'ordre conçu par le Tout-Puissant et le Docte» Cet ordre qui ne saurait être contrarié ni refusé, étant issu du Tout-Puissant. Il est l'Omniscient que rien ne lui est caché fût-ce une molécule se trouvant dans les cieux ou sur la terre. On remarque que, dans les versets où sont cités le jour et la nuit, ils sont terminés par la mention de Sa puissance et Sa connaissance, comme par exemple: «Voici pour eux un signe: la nuit dont nous dépouillons le jour; ils sont alors dans les ténèbres; le soleil qui chemine vers son lieu de séjour habituel. Tel est le décret du Tout-Puissant, de celui qui sait» [Coran XXXVI, 37-38].

Verset 97

Il a créé les étoiles pour vous guider dans les ténèbres du continent et des mers. Certains de nos ancêtres ont dit: «Quiconque croit que les étoiles ont d'autres fonctions que celles de guider et d'orner se trompe sur Dieu» Dieu a créé les étoiles comme ornements du ciel, de quoi lapider les démons et afin que les hommes se dirigent d'après elles dans les ténèbres de la terre et de la mer. «Ce sont là autant de signes» clairs et évidents «pour ceux qui comprennent» et qui savent pour suivre la vérité et éviter l'erreur.

Verset 98

Il vous a tirés d'un seul et même souffle de vie. Le germe se trouve dans l'homme et le don de féconder dans la femme. Ce sont là autant de signes pour ceux qui comprennent. Dieu a créé toute l'humanité d'un seul être qui est Adam comme il l'a confirmé dans ce verset: «O hommes, craignez Allah qui vous a créés d'un seul être, puis de cet être tira sa compagne et de ce couple tira l'humanité toute entière» [Coran IV, 1]. «Le germe se trouve dans l'homme et le don de féconder dans la femme» Ce verset fut le sujet de plusieurs interprétations: Selon les disciples d'Ibn 'Abbâs et selon Moujahed, le sens du verset est le suivant: l'homme qui furent aussi l'avis d'autres ulémas. D'après Ibn Mas'oud aussi: une durée dans le bas monde et un dépôt là où l'homme meurt. Selon les dires d'Ibn Joubaïr: un réceptacle dans les utérus et sur la terre et un dépôt où ils meurent. La première s'avère être la plus correcte. «Ce sont là autant de signes pour ceux qui comprennent» et saisissent les paroles divines et le but des signes exposés.

Verset 99

C'est Lui qui fait tomber la pluie des cieux. Avec elle, nous fécondons toutes les plantes, nous engendrons les cultures d'où sortent les grains sous forme d'épis. De la spathe des palmiers sortent des régimes. Nous cultivons les jardins de vignobles, d'oliviers et créons des champs de vigne, d'oliviers et de grenadiers de même espèce et d'espèce différente. Observez leurs fruits, comment ils germent et comment ils mûrissent. Ce sont là autant de signes pour ceux qui comprennent. «C'est Lui qui fait tomber la pluie des cieux» grâce à laquelle Il fait pousser des fruits pour la subsistance des hommes, et qui est une miséricorde. Avec cette eau, Il fait croître la végétation de toute plante, surgir la verdure d'où Il fait sortir les grains groupés en épis, et de la spathe du palmier, Il fait sortir des régimes de dattes à portée de la main. Il fait vivre par l'eau toute chose vivante. Dieu a mentionné dans ce verset en particulier, comme dans d'autres versets, les palmiers et la vigne car ils constituent pour les habitants du Hijaz les meilleurs arbres fruitiers. Ils extrayaient à partir de dattes et du raisin des boissons enivrantes, et ce fut avant l'interdiction du vin. Puis comme signes étonnants, Il a mentionné les oliviers et les grenadiers qui sont de différentes espèces quant à la couleur et au goût bien que les feuilles et la forme sont semblables. «Observez leurs fruits, comment ils poussent et comment ils mûrissent» C'est à dire, d'après Ibn Abbas, Ad-Dahâk et d'autres: considérez et contemplez le pouvoir du Créateur qui a fait de ces plantes des arbres fruitiers après qu'ils aient été comme du bois, en accordant à chacun d'eux une couleur, une forme, une odeur et un goût différents, comme Il le montre dans ce verset: «La même eau les arrose. Il y a des signes pour des hommes qui raisonnent» [Coran XIII, 4]. Voilà des signes pour des hommes qui croient en Dieu, à Son pouvoir et à Sa sagesse, et suivent les Prophètes.

Verset 100

Les polythéistes ne se contentaient pas d'adorer les idoles et les statues en dehors de Dieu, mais ils Lui ont attribué aussi les djinns comme associés alors qu'il est le créateur de ces djinns-mêmes. Peut-être on se demande: Comment ont-ils adoré les djinns, alors qu'ils n'adoraient que les idoles? La réponse en est la suivante: Ils n'ont adoré les idoles que selon l'ordre des djinns qui sont les démons. On constate ceci clairement dans ces versets: «A part Allah, ils n'adorent que des symboles femelles, ils n'adorent que Satan, le rebelle. Qui pour avoir été maudit par Allah a dit: «Je m'emparerai d'une partie de tes fidèles, et je les égarerai, je leur inspirerai de vains désirs, je leur ordonnerai de faire des entailles...» [Coran IV, 117-118]. Ou comme les dires d'Abraham à son père: «O mon père! N'adore pas le démon, le démon est rebelle envers le Miséricordieux» [Coran XIX, 44] et aussi ce verset: «O fils d'Adam! ne vous ai-je pas engagés à ne pas adorer le démon, il est votre ennemi déclaré» [Coran XXXVI, 60]. Le Seigneur se demande: Comment ces gens-là Lui attribuent-ils des démons comme associés et les adorent en dehors de Lui alors que c'est Lui, le seul créateur, qui a créé les hommes, les djinns et les démons? Et en plus, même dans leur ignorance, ils lui attribuent des garçons et des filles. Qu'il soit très élevé au-dessus de ce qu'ils imaginent. Il ne convient pas au seul créateur d'avoir des fils. S'il avait un fils ou comme disent les chrétiens que Jésus est son fils, ou encore comme disent les polythéistes arabes qui prétendaient que les anges sont les filles de Dieu, ils ignoraient tous la grandeur et la magnificence du Seigneur. Il ne convient pas à un tel créateur d'avoir des fils, garçons et compagne. Que Sa sainteté soit magnifiée.

Verset 101

Alors qu'Il a créé sans modèles les cieux et la terre, comment admettez-vous qu'Il a eu un fils, Lui qui n'a pas eu de compagne, Lui le créateur de l'Univers, Lui qui sait tout. On peut dire que ce verset est une réponse au verset précédent. Lui qui a créé les cieux et la terre sans qu'il y ait eu un modèle à imiter, et qui pourra encore créer des choses qu'on ne peut imaginer et ne viennent plus à l'esprit. On sait bien que toute créature est née de deux êtres semblables comme un enfant qui est né d'un mâle et d'une femelle. Comment le Seigneur peut-il avoir un fils ou une compagne alors que Sa création est celle d'un créateur tout-puissant? Comme Il a dit: «Ils ont dit: «Le Miséricordieux s'est donné un fils». Vous avez avancé là une chose abominable» [Coran XIX, 88-89] et ce verset: «Lui le créateur de l'Univers. Lui qui sait tout». Gloire à Dieu, le seul créateur, et qu'il soit très élevé au-dessus de ce que ces gens-là imaginent.

Verset 102

Le voilà votre Seigneur. Il n'y a d'Allah que Lui. Il a créé l'Univers. Adorez-Le. Il surveille la création toute entière.

Verset 103

Il échappe à la vue des hommes et leur vue ne Lui échappe pas. Il est subtil et sagace. Le Seigneur, étant le seul créateur qui n'a ni fils ni compagne, les hommes ne doivent adorer que Lui et ne donner à Son unicité. «Il surveille la création toute entière» Il organise et gère tout l'univers et pourvoit aux besoins de Ses créatures nuit et jour. «Il échappe à la vue des hommes» Ce verset fut le sujet de plusieurs commentaires: - Certains ont dit: Les regards des hommes ne L'atteignent pas dans le bas monde mais ils Le verront dans l'autre. À ce propos Masrouq rapporte que 'Aicha a dit: «Quiconque prétend que Muhammad a vu son Seigneur, aura menti sur Dieu, car Il a dit: «Il échappe à la vue des hommes et leur vue ne Lui échappe pas» Mais Ibn Abbas l'a contredit et déclara: Il l'a vu, par son cœur à deux reprises. Nous avons commenté ceci en interprétant la sourate de l'Étoile [Coran LIII]. - Les Mou'tazila quant à eux, d'après leur interprétation de ce verset, affirment que les hommes ne Le verront plus dans les deux mondes. Mais la majorité des ulémas dis «Sunnites» réfutent leurs dires et critiquent leur ignorance et leur présomption en se basant sur ce verset: «Ce jour-là, il y aura des visages brillants, qui tourneront leurs regards vers le Seigneur» [Coran LXXV, 22-23]. Il s'agit sans doute des hadiths authentiques qui relatent la vision du Seigneur au Paradis dont le Seigneur [Coran LXXXIII, 15]. De sa part, l'imam Chafi'i d'ajouter: Ceci dénote que les croyants verront le Seigneur à Lui la puissance et la gloire. Par ailleurs, d'après les différents hadiths de l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les croyants verront Dieu au jour de la résurrection au Paradis, la demeure de félicité. - D'autres ont dit: Il n'y a pas une incompatibilité entre l'affirmation de la vision et la dénégation de la perception car la perception est plus particulière que la vision mais la dénégation de cette particularité n'entraîne pas la dénégation de la généralité. Puis les opinions ont divergé sur la nature de cette perception négative? On a dit que c'est l'appréhension de la réalité qui demeure inconnue sauf de Dieu seul même si les croyants Le verront, tout sera incompréhensible pour eux. On peut résumer cela à propos de sa nature et sa composition. Donc il est tout à fait normal qu'on traite la vision en partant de ce principe. D'autres ont dit que la perception est la conviction de l'existence, et par la suite la dénégation de la vision ne doit pas impliquer le reniement de l'existence tout comme l'ignorance d'une science ne doit entraîner son inexistence. Ikrima, entendant Ibn Abbas dire: Muhammad a vu son Seigneur à Lui la puissance et la gloire, lui demanda: «Dieu n'a-t-il pas dit: «Il échappe à la vue des hommes et leur vue ne Lui échappe pas»? Il lui répondit: «Ouh! tu perdras la raison! Ce n'était que Sa lumière que, une fois cette lumière apparut, rien ne pourrait La percevoir». Il est cité dans les deux Sahihs un hadith que rapporte Abou Moussa Al-Ash'ari et le remonte au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, qui a dit: «Celui qui dort avant d'où Lui convient pas de dormir. Il s'abstient la balance et la relève. On lui remonte les actions (des hommes) accomplies le jour avant la tombée de la nuit, et les actions de la nuit avec la pointe du jour. Son voile est la lumière - ou le feu. S'Il l'ôte, la magnificence de Sa Face aurait brûlé tout ce qu'elle atteint de Ses créatures» (Rapporté par Bukhari et Muslim). Il est cité dans certains ouvrages que lorsque Moïse demanda au Seigneur de se montrer à lui pour qu'il Le voie, Il lui répondit: «Ô Moïse! Nul parmi les créatures vivantes ne Me voit sans qu'elle ne meure, ou inerte sans qu'elle ne bouge». Dieu a dit: «Lorsqu'Allah se montra à la montagne, elle disparut. Moïse tomba évanoui, la face contre terre. Lorsqu'il reprit ses sens, il dit: «Gloire à Toi! Je me repens vers Toi et je suis le premier des croyants» [Coran VII, 143]. Il est possible qu'exode ne se soit vrai au jour de la résurrection où Il se montrera à Ses serviteurs croyants comme Il lui plaira. Quant à Sa Majesté et Sa Magnificence, les regards ne L'atteignent pas, pour cela 'Aicha, la mère des croyants, affirma la vue du Seigneur au jour de la résurrection et l'excluait dans le bas monde en se basant sur ce verset: «Il échappe à la vue des hommes et leur vue ne Lui échappent point». Donc Sa perception matérielle n'est plus possible tant aux anges qu'aux humains.

Verset 104

Votre Seigneur vous a apporté l'évidence même. Qui ouvre les yeux, tant mieux pour lui, qui les ferme, tant pis pour lui. Je ne suis pas votre gardien. Les évidences et les preuves constituent les clairvoyances contenues dans ce Coran. Celles de l'Envoyé de Dieu apportent sa bienfaisante salutation: Les paroles divines «Qui ouvre les yeux, tant mieux pour lui» sont pareilles à celles-ci: «Qui suit le bon chemin le suit à son profit. Qui s'en écarte s'en écarte à son détriment» [Coran XVII, 15]. Donc qui est aveuglé et n'observe pas ces clairvoyances, qu'il ne blâme que soi-même, car Dieu a dit à cet égard: «Ce ne sont pas leurs yeux qui sont aveugles mais ce sont leurs cœurs qui sont aveugles dans leurs poitrines» [Coran XXII, 46]. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, après avoir communiqué le message et averti les hommes, n'est ni leur protecteur ni leur gardien si bien que chacun choisisse le chemin droit ou l'égarement.

Verset 105

C'est ainsi que nous varions nos signes pour qu'ils croient que tu as enseigné et que les explications n'ont pas manqué à ceux qui veulent s'instruire. Ceci dit, que nous varions nos signes au sujet une autre interprétation: nous avons expliqué les versets contenus dans cette sourate pour démontrer qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu afin qu'ils soient clairs aux yeux des ignorants et impies. Quant aux polythéistes et mécréants, qu'importe, qu'ils disent: «Ô Muhammad tu as étudié cela dans les Livres précédents et tu as tout appris d'eux». Tels furent les dires de Mujahid, Ibn Abbas, Sa'id Ben Jubayr et Ad-Dahhak à ce sujet. 'Amr Ben Kaysan rapporte qu'il a entendu Ibn Abbas dire en commentant ce verset: «Pour qu'ils reconnaissent que tu as enseigné» cela signifie, tu as discuté et tu t'es disputé. Car Dieu montre dans ce verset que Son Envoyé -qu'Allah le bénisse et le salue-, était connaissant: «Ce ne sont que vieux contes recueillis par lui, apprend-on, qu'on lui dicte matin et soir» [Coran XXV, 5]. D'autre part, Dieu montre l'attitude du chef de ces impies quand il dit: «Ah! il suppute et ourdit des complots. Eh ben, qu'il soit pris à ses propres pièges. Oui, qu'il soit pris à ses propres pièges» [Coran LXXIV, 18-20]. «Et que les explications n'ont pas manqué à ceux qui veulent s'instruire» car, une fois ces versets et signes exposés clairement, ceux qui savent suivent le chemin de la vérité et s'écartent de l'erreur. Dieu, quant à Lui, de par Sa sagesse, met sur la voie droite qui Il veut et égare qui Il veut. Dieu ordonne aux hommes de suivre la voie droite qu'Il trace et nombreux soit ceux qu'Il égare [Coran II, 26] et «Si Dieu laisse les murmures de Satan, c'est pour éprouver les cœurs incertains ou endurcis... jusqu'à: ...Dieu met sur la voie droite ceux qui croient à Lui» [Coran XLII, 53-54]. Par ailleurs, pour démontrer ce que le Coran contient comme versets et signes évidents, Dieu a dit: «Ce Coran apporte salut et bénédiction aux fidèles. Il ne fera qu'accroître la ruine des méchants» [Coran XVII, 82] et: «Réponds: Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la surdité et à l'aveuglement des incrédules» [Coran XLI, 44]. On trouve dans le Coran tant de versets se rapportant à ce sujet.

Verset 106

Tiens-t'en à ce que t'a révélé ton Seigneur. Il n'y a d'Allah que Lui. Évite ceux qui Lui donnent des associés. Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et à ceux qui le suivent de se conformer aux révélations et de les mettre en application, en lui disant qu'il n'y a de divinité que Lui et qu'il ne doute aucunement à croire qu'il n'y a d'autre divinité que Lui. Il lui ordonne également de s'éloigner des polythéistes, de leur pardonner leurs méfaits, d'endurer leur nuisance jusqu'à ce qu'Il lui accorde la victoire sur eux.

Verset 107

Si Allah souhaitait, ils ne pêcheraient pas qu'on Lui donne des associés. Nous ne t'avons pas commis pour être leur gardien ni pour être leur défenseur. Dieu a certes un but d'épargner les impies car s'Il le voulait, Il aurait montré la voie droite à tous les hommes et «Si Allah voulait, Il ne permettrait pas qu'on Lui donne des associés». De par Sa sagesse et Son vouloir Il dirige qui Il veut et égare qui Il veut, Il interrogera tous Ses serviteurs sans être interrogé. «Nous ne t'avons pas commis pour être leur gardien» de garder leurs actes et paroles «et pour être leur défenseur» chargé de leurs biens et leurs affaires. Tu n'as pour mission que leur communiquer les enseignements divins. Ce n'est pas ta responsabilité. Il lui dit cela en autre verset: «Fais donc les exhortations. Car tu n'es qu'un avertisseur. Tu es sans autorité sur les hommes» [Coran LXXXVIII, 21-22].

Verset 108

N'insultez pas ceux qui invoquent d'autres divinités qu'Allah. Ceux-ci, dans leur ignorance, pourraient insulter Allah par dépit. Nous avons décoré de laisser chaque peuple agir à sa guise. Ils retourneront tous à leur Seigneur qui leur redira ce qu'ils ont fait. Dieu interdit à Son Messager et aux croyants d'insulter les divinités des polythéistes même s'il y en a là un certain intérêt de le faire, car il pourrait y arriver une certaine cause de corruption et porter les polythéistes à insulter le Seigneur des croyants. À cet égard Ibn Abbas raconte que les idolâtres auraient dit au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- «Ô Muhammad, cesse d'insulter nos dieux sinon nous satirisons ton Seigneur». Dieu, dans ce verset, interdit d'insulter leurs idoles. Ibn Jarir rapporte qu'As-Suddi a dit: «Lorsque la mort se présenta à Abou Taleb, les Qoraïchites dirent les uns aux autres: «Allons rendre visite à cet homme et de lui demander d'ordonner à son neveu de ne plus nous attaquer, car nous aurons honte de le tuer après sa mort, et alors les Arabes diront: «Dans son vivant, il le défendait mais, une fois mort, ils l'ont tué». Abou Sufyan, Abou Jahl, An-Nadar Ben Al-Hareth, Umaya et Ubay les deux fils de Khalaf, 'Uqba Ben Abi Mu'it, 'Amr Ben Al-'As et Al-Aswad Ben Al-Bukhtari envoyèrent un homme appelé Al-Muttaleb pour leur demander l'autorisation d'entrer chez Abou Taleb. L'homme se rendit chez Abou Taleb et lui dit: «Les notables de Qoraïch demandent l'autorisation de te rendre visite». L'autorisation accordée, ils entrèrent chez lui et dirent: «Ô Abou Taleb, tu es notre chef et maître, Muhammad nous a nui et blasphémé nos divinités. Nous désirons que tu envoies le chercher et de l'interdire de dire du mal de nos divinités». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- arriva chez son oncle qui lui dit: «Ces hommes-là ne sont que tes concitoyens et tes cousins». «Que voulez-vous?» demanda le Prophète. Ils lui répondirent: «Nous désirons que tu nous laisses avec nos divinités pour qu'on te laisse avec ton Dieu». Il leur répliqua: «Que pensez-vous si je réponds à votre demande, pourrez-vous me donner une parole? Si vous l'agréez vous aurez dominé tous les non-Arabes et ils vous suivront payé la capitation?» Abou Jahl lui demanda: «Je jure par ton père nous te donnerons ta parole et dix fois autant. De quoi s'agit-il?» Il rétorqua: «Dites: Il n'y a d'autre divinité que Dieu». Mais ils refusèrent et manifestèrent leur répugnance. Abou Taleb dit alors: «Ô mon neveu, demande-leur autre chose car ils redoutent cette attestation». Et le Prophète de répliquer: «Ô mon oncle, je ne peux pas leur demander que cette chose-là, même s'ils mettent le soleil dans ma main je ne leur demanderai pas autre chose que cette attestation». Ils voulurent certes les désespérer. Ils refusèrent et lui dirent: «Cesse alors d'insulter nos divinités sinon nous t'insultons ainsi que celui qui t'ordonne». C'est pourquoi Dieu fit descendre ce verset: «Ceux-ci, dans leur ignorance, pourraient insulter Allah par dépit». Il est cité dans le Sahih que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Maudit est celui qui insulte ses parents». On lui demanda: «Ô Envoyé de Dieu, comment un homme peut insulter ses parents?». Il répondit: «L'homme insulte le père d'un autre, celui-ci insulte son père et sa mère» (Rapporté par Bukhari). «Nous avons décidé de laisser chaque peuple agir à sa guise», c'est-à-dire nous avons embelli aux yeux de chaque peuple ses propres actions en le laissant dans son égarement. «Ils retourneront tous à leur Seigneur qui leur redira ce qu'ils ont fait» pour qu'Il leur rétribue ce qu'ils méritent pour prix de leurs œuvres.

Verset 109

Ils sont prêts de toute la force de leur serment que si un miracle leur était envoyé ils croiraient. Réponds-leur: «Les miracles dépendent de la volonté d'Allah. Qui vous dit que si un miracle leur était envoyé, ils croiraient?» Dieu parle des polythéistes qui font des serments solennels que si un signe ou un miracle leur parvenait de Sa part, ils y croiraient. Il ordonne à Son Prophète de leur répondre: «Ô Muhammad, dis à ces gens-là qui ne te demandent un miracle que par obstination et opiniâtreté et jamais pour y croire et être dirigés, que ces miracles ne se trouvent qu'auprès de Dieu qui, s'Il veut, vous l'envoie, ou Il s'abstient». Ibn Jarir rapporte d'après Muhammad Ben Ka'b Al-Qoraïchi, que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'entretint avec les Qoraïchites, ils lui dirent: «Ô Muhammad, tu nous as raconté que Moïse avait un bâton par lequel il a frappé le rocher et douze sources ont jailli, et que Jésus ressuscitait les morts et guérissait l'aveugle-né. Tu racontes aussi que Dieu a envoyé une chamelle aux Thamoudites en tant que signe, apporte-nous donc un miracle pour te croire». Il leur répondit: «Si je vous présente un tel miracle, me croirez-vous?» - Oui, répliquèrent-ils, par Dieu si tu nous l'apportes nous te suivrons tous sans exceptions». Sur ce, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- invoqua Dieu, Gabriel -que Dieu le salue- vint vers lui et dit: «Tu seras ce que tu demandes. Si tu veux, le mont Safa sera transformé en une masse d'or. Mais si tu leur apportes un miracle et ils ne te croiront pas, Dieu les châtiera. Si tu veux, laisse-les afin que chacun d'entre eux recherche pour lui la guidée». L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- répondit: «Laisse-les, afin que chacun d'entre eux recherche soi-même la guidée». À ce sujet, Dieu a révélé ce verset: «Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Ils ont juré de toute la force de leur serment...» (Ibn Kathir a dit: Ce hadith n'a pas de chaînes mais d'autres hadiths le confirment). «Qui vous dit que si miracle leur était envoyé, ils croiraient?» Une question qu'on trouve sa réponse dans ce verset: «Si nous faisions plus de miracles, c'est que les générations passées n'y ont pas cru» [Coran XVII, 59]. Certains ont dit que ce verset est adressé aux polythéistes tandis que d'autres ont répondu qu'il s'agit des croyants en leur disant: Mais qui donc, ô croyants, vous fait ressentir qu'ils ne croiraient pas lorsqu'un miracle leur parviendrait?

Verset 110

S'il leur était envoyé, nous retournerions leurs raisons et leurs yeux pour n'avoir pas cru dès le début et nous les laisserions se débattre dans l'obscurité de leur esprit. «S'il leur était envoyé, nous retournerions leurs raisons et leurs yeux» c'est-à-dire: Si un tel miracle leur était envoyé, nous nous placerions entre eux et lui tout comme nous l'avons fait la première fois. Ibn Abi Talha rapporte qu'Ibn Abbas en commentant le verset précité a dit: «Dieu a fait connaître à Son Prophète ce que les hommes diront. Ils ont dit qu'ils croiront quand un miracle leur sera envoyé et l'accompliront. Car il a dit: «Tu ne saurais être mieux renseigné que par Celui qui sait tout» [Coran XXV, 14] qu'il soit exalté, et il a dit aussi: «Évitez d'exprimer ce regret: «Quel malheur d'avoir négligé la cause d'Allah et de m'être montré si frivole...jusqu'à: Ah! si je pouvais retourner sur terre, comme je m'y comporterais bien» [Coran XXXIX, 56-58]. Donc Dieu savait que s'ils étaient retournés sur terre, ils ne sauraient être sur la voie droite comme Il l'affirme dans ce verset: «S'ils y revenaient sur terre? Ils referaient ce qui leur a été défendu. En vérité, ce sont des menteurs» [Coran VI, 28]. Dieu les abandonne «à se débattre dans l'obscurité de leur esprit» c'est-à-dire leur incrédulité.

Verset 111

Si Dieu répondait à ceux qui ont fait des serments solennels que si un miracle leur parvenait ils y croiraient comme par exemple de leur envoyer les anges pour leur communiquer le message et affirmer la mission des Prophètes, tout comme ils avaient demandé auparavant à l'Envoyé de Dieu comme que les anges descendent à ses côtés [Coran XVII, 92] et «Nous ne croirons qu'autant qu'il nous viendra un signe semblable au Prophète, la plus grande preuve» [Coran XVII, 94] et ainsi que «Ceux qui désespèrent de la vie future disent: «Que ne nous envoie-t-Il pas des anges ou ne voyons-nous pas notre Seigneur?» [Coran XXV, 21]. Quand bien même les anges descendraient et que les morts parleraient et affirmeraient les enseignements des Prophètes. «Quand bien même nous ferions défiler devant eux toute la création» c'est à dire, d'après Moujahed, nous rassemblerions devant eux une génération après une autre pour approuver les enseignements des Prophètes: «Ils ne croiraient pas, si telle est la volonté d'Allah» car c'est bien Lui qui dirige qui Il veut et égare qui Il veut. Tout dépend de Sa volonté. Tout cela est confirmé par ces versets: «Ceux qui ont mérité le courroux de ton Seigneur ne croiront pas. Quels que soient les signes qui leur parviennent, [ils ne croiront pas] car, lorsqu'ils s'évanouiront, les terreurs de leur châtiment [les saisiront]» [Coran X, 96-97]

Verset 112

C'est ainsi que nous avons suscité à chaque Prophète pour ennemis des démons pris parmi les hommes ou parmi les djinns. Ils s'influencent les uns les autres en embellissant leurs discours et ne savent que d'artifices. Si Allah le voulait, ils ne le feraient pas. Laisse-les donc avec leurs mensonges (112). Dieu dit à Son Prophète: «Ô Mohammed, comme nous t'avons suscité des ennemis pour te combattre, être hostiles envers toi et s'opposer à toi, ainsi nous avons fait de même pour chaque Prophète avant toi, ne t'attriste donc pas, car: «Des Prophètes ont été traités d'imposteurs avant toi» [Coran VI, 34]. Et s'ils t'ont menti et t'ont été insoumis [Coran VI, 34]. En plus «Il ne t'arrivera que ce qui s'est déjà arrivé aux Prophètes venus avant toi» [Coran XLI, 43]. Après la révélation de ce verset: «C'est ainsi que nous avons suscité à chaque Prophète pour ennemi des démons parmi les hommes», Waraqa Ben Nawfal dit à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Aucun des hommes n'a apporté ce que tu apportes sans qu'ils ne le prennent en ennemi» (Une partie d'un long hadith rapporté par Boukhari). Qatâda raconte: «On m'a fait savoir qu'un jour Abou Dzarr priait quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui dit: «Ô Abou Dzarr, demande à Dieu de te protéger contre les démons parmi les hommes et les djinns» Il lui demanda: «Y a-t-il des démons parmi les hommes?» Et l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre: «Certes, oui!». En commentant ce verset: «Ils s'influencent les uns les autres en embellissant leurs discours et ne savent que d'artifices», Moujahed a dit: «Les démons d'entre les djinns séduisent les hommes et s'arrangent les uns avec les autres par des paroles trompeuses.» Quant à Ibn Abbas, il a dit: Les djinns ont des démons qui les égarent tout comme les démons qui égarent les hommes. En se rencontrant l'un dit à l'autre: «Va tenter et égarer un tel par de tels propos.» En mettant Abdullah Ben Omar au courant que Al-Moukhtar (Ibn Abi-Obaïd) prétend recevoir des révélations, il répondit: Il dit vrai car Dieu a dit: «Les mauvais conseillers incitent leurs créatures [Coran VI, 121]. «Si Allah le voulait, ils n'agiraient pas de la sorte» car tout ce qu'ils peuvent faire est soumis à la volonté de Dieu et Sa prédestination. «Laisse-les donc avec leurs mensonges» ne prête pas attention à leur méchanceté et confie tout à Dieu.

Verset 113

Laisse se griser de ces discours ceux qui ne croient pas au jugement dernier. Laisse-les s'y complaire. Laisse-les s'endurcir dans leurs viles pratiques.(113). «Laisse se griser de ce discours ceux qui ne croient pas au jugement dernier» les incrédules qui renient le compte final «Laisse-les s'y complaire» et être attirés vers tout cela, ceux qui ne croient pas à la vie future, comme Dieu a dit: «Vous et vos idoles, rapportez-vous à votre cause, que les démons vous attirent, par l'ordre» [Coran XXXVII, 161-163]. Après cet avertissement, «Laisse-les s'endurcir dans leurs viles pratiques» pour qu'ils supportent les conséquences de leurs œuvres.

Verset 114

Souhaiterais-je un autre juge qu'Allah, Lui qui vous a révélé un Livre d'une si belle ordonnance? Ceux à qui nous avons donné les Écritures savent que ce Livre émane véritablement de ton Seigneur. Ne sois pas parmi ceux qui doutent. (114). Dieu demande à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire aux polythéistes qui adorent les idoles: «Souhaiterais-je un autre qu'Allah» pour trancher entre nous «Lui qui vous a révélé un Livre d'une si belle ordonnance?» et exposé intelligiblement. «Ceux à qui nous avons donné les Écritures» à savoir les gens de l'Écriture qui ont reçu la science «savent que ce Livre émane véritablement de ton Seigneur» en toute vérité en se basant sur des nouvelles reçues de leurs Prophètes. «Ne sois pas parmi ceux qui doutent» comme Il lui dit dans un autre verset: «Si tu as quelque doute sur ce que nous t'avons révélé, interroge ceux qui ont lu le Livre avant toi. C'est la vérité que t'a révélée ton Seigneur. Ne te laisse pas gagner par ceux qui doutent» [Coran X, 94]. On trouve là une condition dont on n'attend pas d'être réalisée, car on a rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- disait: «Je n'en doute pas et je n'interroge pas».

Verset 115

Les paroles de ton Seigneur s'identifient avec la vérité et la justice. Elles sont immuables: Il entend et sait tout. (115). «Les paroles de ton Seigneur s'identifient avec la vérité et la justice» c'est à dire, comme a dit Qatâda, Il ne dit que la vérité et ne juge que par équité. Tout ce qu'Il a révélé et raconté est la vérité même sans aucun doute, tout ce qu'Il ordonne est la justice même, et tout ce qu'Il interdit est l'injustice. Pour cela Il a dit: «Elles sont immuables» Il le dit dans ce verset: «[Ceux] qui commandent le bien et interdisent le mal» [Coran VII, 157]. «Elles sont immuables» car nul ne pourrait s'opposer à Ses décisions et jugements ni dans le bas monde ni dans l'autre. «Il entend» toutes les paroles de Ses serviteurs «et sait tout» ce qu'ils font pour les rétribuer.

Verset 116

Si tu obéis à la plupart des hommes, ils te détourneront de la voie d'Allah, car ils n'écoutent que leurs impulsions. Ils ne font que conjecturer. (116). Dieu veut montrer par ce verset que la plupart des habitants de la terre sont dans l'erreur comme Il l'a confirmé dans un autre: «La plupart des anciens furent, avant eux, dans l'erreur» [Coran XXXVII, 71] et dans celui-ci: «Quoi que tu fasses, peu d'hommes se convertiront» [Coran XII, 103]. C'est pourquoi, si les croyants obéissaient aux incrédules, ils ne seraient pas certains de leur situation dogmatique plutôt ils seraient plongés dans le doute sans pouvoir retrouver le chemin du salut, car «ils n'écoutent que leurs impulsions. Ils ne font que conjecturer» ne suivant que des suppositions et se contentent des suppositions.

Verset 117

Ton Seigneur connaît mieux que quiconque ceux qui s'écartent de Sa voie et ceux qui s'y maintiennent. (117). Mais tout cela dépend de la volonté du Seigneur qui connaît parfaitement ceux qui sont dans l'erreur et ceux qui sont sur la voie droite. Toute chose a été rendue facile en vue du but pour lequel elle a été créée.

Verset 118

Nourrissez-vous des aliments sur lesquels le nom d'Allah a été prononcé, si vous croyez à Ses signes. (118). Dieu autorise à Ses serviteurs croyants de manger les bêtes égorgées sur lesquelles on a prononcé Son nom, autrement elles seront interdites pour les empêcher de suivre les polythéistes qui mangeaient la viande des bêtes mortes et celles immolées sur les pierres dressées et les animaux égorgés au nom d'autres divinités qu'Allah.

Verset 119

Pourquoi ne mangeriez-vous pas les aliments sur lesquels le nom d'Allah a été prononcé maintenant qu'Il vous a énuméré les nourritures qui vous sont interdites, sauf le cas de force majeure? La plupart des hommes suivent aveuglément leurs penchants. Ton Seigneur connaît mieux que quiconque ceux qui transgressent les lois. (119). Il indique ensuite qu'Il vous a énuméré les nourritures qui vous sont interdites, sauf les cas de force majeure où les hommes y sont contraints. Puis Il mentionne l'ignorance des polythéistes et leurs habitudes erronées en se permettant les bêtes mortes et sur quoi Son nom n'a pas été prononcé. Il a dit d'eux: «La plupart des hommes suivent aveuglément leurs penchants. Ton Seigneur connaît mieux que quiconque ceux qui transgressent les lois» comme Il connaît leur mauvaise intention et leurs actes abominables.

Verset 120

Évitez le mal apparent ou caché. Ceux qui commettent le mal recevront la rétribution qui s'attache à leurs méfaits (120). Selon les dires des oulémas, il s'agit des péchés intérieurs et extérieurs, et d'autres ont précisé que ce verset se rapporte à la fornication: comme extérieur, la fornication avec les femmes prostituées qui avaient un domicile spécial où l'on pouvait reconnaître leur demeure, et intérieure: la fornication avec les esclaves et les courtisanes. D'ailleurs Dieu a interdit tout cela en disant: «Dis: Mon Seigneur interdit de commettre les mauvaises actions apparentes et cachées» [Coran VII, 33]. Il met les hommes en garde contre toutes ces turpitudes en les menaçant: «Ceux qui commettent le mal recevront la rétribution qui s'attache à leurs méfaits» que ces turpitudes soient cachées ou apparentes. À ce propos An-Nawas Ben Sam'an rapporte: «J'ai demandé à l'Envoyé de Dieu au sujet de la piété et du péché. Il me répondit: «Le péché est ce qui trouble ton for intérieur et dont tu redoutes que les gens l'apprennent» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).

Verset 121

Ne mangez pas des aliments sur lesquels le nom d'Allah n'a pas été prononcé. C'est une désobéissance. Les mauvais conseillers inciteront leurs créatures à vous entraîner dans cette espèce de discussion. Si vous les suivez, vous deviendrez idolâtres. Certains ont pris comme argument ce verset pour empêcher la consommation de la bête immolée sur laquelle on n'a pas invoqué le nom de Dieu même si celui qui l'a immolée est un musulman. Mais ce sujet a suscité une divergence dans les opinions. Une partie des savants ont interdit une telle bête soit que l'on oublie la prononciation du nom de Dieu ou l'on fait de propos délibéré, comme ont déclaré l'imam Ahmad et Abu Hanifa tandis que d'autres ont autorisé si l'omission de cette pratique a été par oubli, comme l'ont dit Malik et Ash-Shafi'i. Ce verset: «Mangez donc de ce que ces carnassiers vous rapportent en invoquant le nom de Dieu» [Coran V, 4] Et Dieu a affirmé que l'autre acte n'est plus licite car: «C'est une désobéissance». Plusieurs hadiths ont été rapportés au sujet de l'invocation du nom de Dieu sur les gibiers et les bêtes immolées. Il est cité dans les deux Sahihs d'après Ady ben Hatem que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si tu lances ton chien dressé pour chasser, prononce le nom de Dieu et mange de ce gibier» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dans les deux Sahihs également d'après Rafi' Ben Khadij il est rapporté que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Mangez de toute bête dont le sang a coulé et sur laquelle on a invoqué le nom de Dieu» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Aïcha -que Dieu l'agrée- a rapporté que des gens ont demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O Envoyé de Dieu, des gens nous apportent de la viande et nous ne savons pas s'ils ont prononcé le nom de Dieu (en égorgeant ces animaux) ou non?» Il leur répondit: «Prononcez le nom de Dieu et mangez-en» Et Aïcha d'ajouter: «Ils étaient des gens récemment convertis» (Rapporté par Boukhari). D'autres ont déclaré que la prononciation du nom de Dieu n'est pas obligatoire, plutôt recommandée et il n'y a aucun mal à manger de cette viande soit par oubli soit volontairement. Telle fut l'opinion de Shafi'i et ses adeptes. Quant à leur interprétation de ce verset: «Ne mangez pas des aliments sur lesquels le nom d'Allah n'a pas été prononcé. C'est une désobéissance», ils ont précisé qu'il s'agit des bêtes immolées par les associateurs comme le montre ce verset: «Ne laissez que c'est aux enfants de manger des aliments consacrés à une autre divinité qu'Allah» [Coran VI, 145]. Ce qui appuie l'opinion de Shafi'i est ce hadith rapporté par Abou Daoud où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui égorge une bête sans y invoquer le nom de Dieu, qu'il en mange car dans le terme «musulman» il y a un des épithètes de Dieu». Enfin, Al-Bayhaqi a tiré argument du hadith cité auparavant d'après Aicha -qu'Allah l'agrée- qui a dit: «Si la prononciation du nom de Dieu était obligatoire, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- n'aurait pas toléré la consommation d'aucune viande». En voilà une troisième opinion dite à ce sujet: Celle de Malik, Ahmad, Abou Hanifa et d'autres. Ils ont déclaré que si l'on oublie de prononcer le nom de Dieu, il n'y a aucun mal à manger de ces bêtes, mais si cela a été fait de propos délibéré, cette bête devient illicite. Et Ibn Jarir de conclure: «Celui qui juge illicite une bête égorgée sans y invoquer le nom de Dieu par oubli aura manqué tout argument et contredit l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-». Donc l'oubli constitue pour certains une répugnance et une interdiction pour d'autres à savoir que les ancêtres considéraient que tout ce qui est répugnant est interdit, et c'est Dieu qui est le plus informé. Notons enfin que cette opinion est appuyée également par le hadith rapporté par Ibn Maja où l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le musulman est celui sur qui on compte et ce qu'elle commet comme péché par oubli, erreur ou contrainte». Au sujet de ce verset: «Les mauvais conseillers inciteront leurs créatures à vous entraîner dans toute espèce de discussion» Ibn Abi Hatem rapporte que Abou Zamil a dit: «J'étais assis chez Ibn Abbas quand un homme vint lui dire: «O Ibn Abbas, Abou Ishaq prétend qu'il a reçu cette nuit une vision», il l'a questionnée et a dit, répondit Ibn Abbas. Comme je manifestai mon dégoût de la réponse d'Ibn Abbas, il me dit: «Elles sont deux révélations: les premières ont dit: «Quelle était la dernière». Que les révélations sont consacrées à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- et celle est accordée à Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue-» et celle du démon à ses supposés Puis ils récita: «Les mauvais conseillers incitent leurs créatures». Quant à cette espèce de discussion, Sa'id Ben Jubayr rapporte: «Les juifs se disputaient avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et ils dirent: «Nous mangeons ce que nous tuons et nous ne mangeons pas ce que Dieu a tué!» Dieu fit descendre ce verset: «Ne mangez pas des aliments sur lesquels le nom d'Allah n'a pas été prononcé. C'est une désobéissance». En commentant le verset précité As-Suddy a dit: «Les polythéistes disaient aux musulmans: «Comment prétendez-vous rechercher la satisfaction de Dieu et vous ne mangez pas de ce que Dieu a tué tandis que vous mangez ce que vous tuez vous-mêmes?». Dieu alors fit cette révélation: «Si vous les suivez en mangeant de la bête morte, vous deviendrez idolâtres». Ainsi était le commentaire de Mujahid, Ad-Dahhak et Qatada. Les polythéistes suivant les conseils du diable, appliquaient leurs coutumes et les préféraient aux lois divines, vous deviendrez alors des polythéistes tout comme Dieu le montre dans ce verset lorsqu'on suit un autre que Lui: «Ils ont délaissé Allah pour obéir à leurs docteurs et leurs moines...» [Coran IX, 31]. At-Tirmidhi de sa part, et au sujet du verset sus-mentionné, rapporte qu'Ady Ben Hatem a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «En fait ils ne les ont pas adorés (c'est à dire les moines et les docteurs)?» Il répondit: «Certes oui, car ils leur ont rendu licite ce qui est illicite et leur ont interdit le licite. Ils les ont suivis et ce fut leur mode d'adoration».

Verset 122

Le mort que nous appelons à la vie et auquel nous donnons une lumière pour se guider parmi les hommes, comment peut-on le comparer à celui qui est plongé sans issue dans les ténèbres? C'est ainsi que les infidèles se figurent que leurs actions sont belles. C'est un exemple que présente Dieu du croyant qui était mort c'est à dire plongé dans les ténèbres de l'égarement et la perplexité qui entraîneraient sûrement sa perte, Il le ressuscite en remplissant son cœur de la foi et le dirige en le faisant suivre Ses Prophètes. En plus «auquel nous donnons une lumière pour se guider parmi les hommes» afin de se comporter convenablement et d'être sur la voie droite, cette lumière qu'est le Coran d'après Ibn Abbas, ou l'Islam selon les dires d'As-Suddy. Cet homme-là est-il comparable «à celui qui est plongé sans issue dans les ténèbres» c'est à dire l'ignorance, l'égarement et les passions? Ahmad rapporte dans son Musnad que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu crée toutes ses créatures dans l'obscurité puis Il les asperge de Sa lumière. Celui dont cette lumière l'a atteint aura trouvé la bonne direction, quant à celui qu'elle l'a manqué sera égaré». D'ailleurs plusieurs versets du Coran montrent le cas du croyant dirigé et celui de l'impie égaré, et nous nous limitons à citer ces quelques-uns: - «Allah est le patron du croyant, qu'Il tire des ténèbres vers la lumière. Les infidèles ont pour patron Taghut, qui les arrache de la lumière pour les jeter dans les ténèbres. Ils auront l'enfer pour demeure éternelle» [Coran II, 257]. - «Incrédules et croyants sont comparables à l'aveugle et au sourd et à celui qui voit et entend. Ces deux sortes de personnes peuvent-elles être confondues? Finirez-vous par comprendre?» [Coran XI, 24]. - «L'aveugle ne saurait être assimilé à celui qui voit, pas plus que les ténèbres à la lumière, pas plus que l'ombre à la chaleur. Les vivants ne sauraient être assimilés aux morts. Dieu se fait entendre de qui Il veut; toi, tu ne saurais te faire entendre des gens qui dorment au fond des tombeaux. Tu n'as mission que d'avertir» [Coran XXXV, 19-23]. Les ulémas dans leur majorité ont déclaré que ce verset s'applique en général à tout croyant et à tout incrédule sans distinction. Omar Ben Al-Khattab quant à lui, précise qu'il s'agit de deux hommes: le premier est Ammar Ben Yasser qui était croyant, et le deuxième Abou Jahl (Amr Ben Hisham). Mais il s'avère que la première opinion est plus correcte. «C'est ainsi que les infidèles se figurent que leurs actions sont belles» et revêtent d'apparences trompeuses. Tout ceci dépend de la volonté de Dieu qui agit de par Sa sagesse dont Il est seul détenteur et nul ne s'oppose à Ses décrets.

Verset 123

C'est ainsi que nous laissons subsister dans chaque cité les pires criminels pour qu'ils y bâtissent leurs intrigues. Mais, sans en douter, ils ne font du mal qu'à eux-mêmes. Dieu rassure Son Prophète en lui disant: «O Mohammed, comme nous avons placé dans la cité -La Mecque- les grands pécheurs, les chefs incrédules pour tenter et égarer les croyants du droit chemin de Dieu, en te montrant leur hostilité et s'opposant à ton message, ainsi les Prophètes qui t'ont précédé éprouvaient les mêmes méfaits mais la bonne fin leur était toujours réservée». En commentant le terme: «les pires criminels» Ibn Abbas a dit: «Nous donnons le pouvoir aux pires des méchants pour qu'ils se rebellent et alors nous les faisons périr par un châtiment exemplaire». Quant à Mujahid et Qatada, ils ont dit qu'il s'agit de leurs chefs, maîtres et notables. L'auteur de cet ouvrage a dit: «Qu'ils soient les uns ou les autres, Dieu les a décrits dans ces versets et montré leur sort: «Nous n'avons pas envoyé de Prophète à une cité que les riches ne l'aient repoussé par moquerie. Nous ne croyons pas à ta mission» [Coran XXXIV, 34]. et: «Il en a toujours été ainsi. Chaque fois que nous avons envoyé un Prophète dans une cité, les notables l'ont accueilli par ces mots: «Nous avons trouvé nos pères attachés à ce culte et nous marchons sur leurs traces» [Coran XLIII, 23]. Le mal cité dans le verset précité désigne l'appel des gens à l'égarement en leur embellissant les actes et les paroles.

Verset 124

Lorsqu'un signe leur apparaît, ils disent: «Nous ne croirons qu'autant qu'il nous viendra des signes semblables à celui que reçoivent les Prophètes». Allah sait mieux que quiconque à qui il convient de donner la mission de Prophète. Allah humiuiera les rebelles et leurs infligera un châtiment exemplaire pour les punir de leurs méfaits. Ils demandent donc qu'un signe clair ou une preuve évidente leur parvienne, ou bien que les anges leur communiquent un message semblable à celui reçu par les Prophètes précédents pour devenir des croyants tout comme ils ont dit: «Que Dieu ne nous envoie-t-Il des anges ou ne le voyons-nous?» [Coran XXV, 21]. «Allah sait mieux que quiconque à qui il convient de donner la mission de Prophète». Dieu certes connaît où placer Son message et l'homme digne de le porter et le communiquer. Car les idolâtres avaient dit: «Que ce Coran n'a-t-il été révélé à quelque personnage important des deux villes?» «Prétendent-ils distribuer les grâces de ton Seigneur?» [Coran XLIII, 31-32] c'est à dire une personnalité remarquable choisie parmi les habitants des deux villes La Mecque et Taïf, car ils méprisaient l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- poussés par leur jalousie et leur orgueil, comme Dieu le montre dans ce verset: «Lorsque les infidèles disent: Ce n'est pas là une révélation de Dieu...» pour nier la vérité et discréditer ses réalités. «La seule invocation du Miséricordieux les jette hors d'eux» [Coran XXI, 42] et celui-ci: «Quand ils te voient, ils te tournent en dérision: «Est-ce là, disent-ils, celui que Dieu a envoyé comme Prophète?» [Coran XXV, 41]. Mais Dieu pour le rassurer, lui dit: «D'autres Prophètes avant toi ont été tournés en dérision. Ceux qui ont raillé leurs avertissements ont éprouvé les conséquences» [Coran VI, 10]. Mais malgré leur raillerie et leur mépris, ils reconnaissent ses fastes, son honneur, sa lignée, sa bonne éducation et sa souche au point qu'ils l'ont surnommé «le fidèle». Même Abou Sufian le chef des incrédules n'a pu dire que la vérité quand Héraclius lui a demandé au sujet du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: - Quel rang occupe sa famille parmi vous? - Elle jouit d'une grande considération, répondit Abou Sufian. - L'accusez-vous de menteur avant qu'il ait transmis ses nouveaux discours? - Non. Ce paragraphe fait partie d'un long hadith rapporté par Boukhari, et Héraclius, le roi des Byzantins, a pu déduire de son dialogue avec Abou Sufian la sincérité et les bonnes qualités du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. L'imam Ahmad rapporte d'après Wathila Ben Al-Asqa' que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a choisi de préférence Ismaël parmi les fils d'Abraham, Bani Kinana de la descendance d'Ismaël, la tribu Quraish de Bani Kinana, Bani Hashim de Quraish et m'a choisi enfin de Bani Hashim» (Rapporté par Mouslim et Ahmad). L'Imam Ahmad rapporte qu'Al-Abbas a dit: «On a transmis à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les propos des gens qui touchaient à sa personne. Il monta sur la chaire et dit: «Qui suis-je?» Et les hommes de répondre: «Tu es l'Envoyé de Dieu». Il répliqua: «Je suis Mohammed Ben Abdullah Ben Abdul-Muttaleb. Lorsque Dieu créa les créatures, Il me plaça parmi les meilleurs d'entre elles. Il les a séparées en deux groupes et m'a mis parmi les meilleurs. Il créa les tribus et m'a fait naître d'entre la meilleure. Il les divisa en familles et je fus un membre d'entre la meilleure. Donc ma famille est la meilleure et je suis le meilleur d'entre eux». Aicha -que Dieu l'agrée- rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Gabriel m'a dit: «J'ai remué la terre de l'Est à l'Ouest et je n'ai trouvé un homme meilleur que Mohammed. J'ai remué la terre de l'Est à l'Ouest et je n'ai pas trouvé un endroit meilleur que Banu Hashim» (Rapporté par Al-Hakim et Tabarani). Moussa rapporte que Abdullah Ben Mas'ud a dit: «Dieu a regardé dans les cœurs de Ses serviteurs et trouvé que celui de Mohammed est le meilleur. Il l'a donc choisi pour Lui-même et l'a revêtu de la prophétie pour Lui-même et l'a chargé du Message. Puis Il a regardé dans les cœurs de Ses serviteurs et constaté que ceux de ses compagnons étaient les meilleurs. Il les a placés derrière leur Prophète pour défendre sa religion. Ce que les musulmans trouvent comme bon, Il le trouve aussi en tant que tel au regard de Dieu, et ce qu'ils jugent comme mal, Il sera aussi en tant que tel au regard de Dieu». «Allah humiliera les rebelles et leur infligera un châtiment exemplaire pour les punir de leurs méfaits». Ceci constitue une menace pour ceux qui s'enorgueillirent et ne crurent pas aux Prophètes et à ce qu'ils ont apporté comme messages. Au jour de la résurrection, ces rebelles enflés d'orgueil éprouveront une humiliation et le terrible châtiment comme Dieu l'affirme dans ce verset: «Ceux qui refusent de me servir par orgueil entreront humiliés en enfer» [Coran XL, 60]. Ces infidèles qui ont usé de stratagèmes et à cause de leurs méfaits, subiront le châtiment implacable au jour du jugement dernier. En ce jour-là, Dieu n'opprimera personne et tous les secrets seront dévoilés. A cet égard il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dit: «Au jour de la résurrection, on lèvera un étendard derrière chaque perfide et on dira: «C'est la perfidie d'un tel fils d'un tel» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)». Comme la trahison des gens se fait en cachette dans le bas monde, Dieu l'étalera en public au jour de la résurrection afin que les autres le sachent. Voilà la sagesse qui découle de cet acte.

Verset 125

Allah dirige le cœur de celui qu'Il veut élever à sa cause. Celui qu'Il veut égarer, Il l'enserre et l'oppresse comme quelqu'un qui tente une ascension. C'est ainsi qu'Allah fait s'abattre l'ignominie sur les incrédules. Quiconque Dieu veut diriger, il lui ouvre la poitrine à la soumission, et ceci constitue un signe du bien comme il le montre dans ce verset: «Y a-t-il plus grand bien que d'avoir le cœur ouvert à la foi et d'être guidé par la lumière de son Seigneur?» [Coran XXXIX, 22] et dans celui-ci: «Mais Dieu vous a fait aimer la foi, qu'il a embellie dans vos cœurs» [Coran XLIX, 7]. A cet égard on a rapporté qu'on a demandé à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quel est le plus sagace parmi les croyants?» Il répondit: «Il est celui qui évoque souvent la mort et se prépare pour la vie future». On demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- le sens de ce verset: «Allah dilate le cœur de celui qu'Il veut gagner à sa cause» comment Dieu peut-Il lui dilater le cœur à l'Envoyé de Dieu?» Il répondit: «C'est une lumière qu'Il lui jette dans le cœur en l'ouvrant (pour recevoir la foi)». On demanda: «Y a-t-il un signe qui indique cette dilatation?» Il répondit: «Se détourner (de ce qui égare) en recherchant la vie future, se détacher de la demeure temporaire (le bas monde), et de s'apprêter à la mort avant sa survenance» (Rapporté par Abdul-Razzaq, Ibn Jarir et Ibn Abi Hatem). «Celui qu'Il veut égarer, Il l'enserre et l'oppresse» en lui resserrant le cœur afin qu'il ne contienne ni la bonne direction ni la foi. Omar Ibn Al-Khattab avait l'habitude de dire: «Le cœur de l'incroyant qui ne croit pas est comme le Haraj (un arbre délaissé dans un bois)?» Il lui répondit: «C'est un arbre qui existe parmi d'autres auquel ne parvient ni un animal du troupeau, ni une bête fauve ni rien». Et Omar de répliquer: «Ainsi le cœur de l'hypocrite où aucun bien n'y parvient». Ibn Abbas a commenté le verset précité et dit: «Dieu lui rend le cœur trop étroit pour pouvoir recevoir l'Islam (ou la soumission) alors que cette religion est trop vaste. Tel est le sens de ce verset: «Sa religion ne comporte aucune obligation pénible» [Coran XXII, 78] qui signifie que Dieu n'a imposé aucune gêne dans la religion». «...comme quelqu'un qui ferait une ascension» tel est l'exemple de quelqu'un qui fait un grand effort pour monter jusqu'au ciel. Et Ibn Abbas de commenter: «Plus le cœur se durcit et se ferme à la foi, ainsi l'amitié de Dieu et la foi n'entrent plus dans son cœur à moins que Dieu ne le veuille». Quant à Ibn Jarir, il a dit: «C'est une parabole que Dieu présente pour montrer l'étroitesse du cœur de l'incrédule où la foi ne pourrait y entrer. Son refus d'accepter la foi est pareil à l'impossibilité et l'incapacité de monter jusqu'au ciel». «C'est ainsi qu'Allah fait s'abattre l'ignominie sur les incrédules». C'est à dire: Quiconque Dieu veut égarer en lui resserrant le cœur, il donne le pouvoir du démon sur lui et ses semblables parmi ceux qui refusent de croire en Lui et en Son Prophète, en s'éloignant de Son chemin.

Verset 126

Le voilà dans toute sa droiture le chemin de ton Seigneur. Nous avons assez varié nos leçons pour ceux que leur salut préoccupe. Après avoir montré le chemin des égarés qui éloignent les autres de Son chemin, Dieu attire l'attention sur l'honneur du message qu'Il a confié à Son Prophète qui comporte la bonne direction et la religion de la vérité en disant: «Le voilà dans toute sa droiture le chemin de ton Seigneur». «Nous avons assez varié nos leçons» en exposant les signes d'une façon très claire «pour ceux que leur salut préoccupe» et qui ont bien conçu les enseignements rapportés par le Prophète.

Verset 127

Un paisible séjour est assuré auprès de leur Seigneur. Il deviendra leur maître en récompense de leur attitude. «Un paisible séjour leur est assuré» qui est le Paradis «auprès de leur Seigneur» au jour de la résurrection. Dieu, dans ce verset, a donné le nom «le paisible séjour» car les élus y trouveront le salut et la paix qu'ils recherchaient en se tenant sur le chemin droit et suivant les Prophètes. «Il deviendra leur maître» leur protecteur, secoureur et partisan «en récompense de leur attitude» en rétribution de leurs bonnes actions de par Sa générosité et Sa grâce.

Verset 128

Le jour où nous rassemblerons le monde, nous interpellerons ainsi les génies: «O race de génies, vous avez abusé des hommes». «Seigneur, nous a-t-on dit, leurs adeptes, nous nous sommes rendu la vie douce mutuellement et maintenant nous voilà parvenus au terme que Tu nous as fixé». Il répliquera: «L'enfer sera votre séjour éternel à moins qu'Allah en décide autrement». Allah est sage et savant. O Muhammad, lui dit Dieu, avertis ces gens-là par les enseignements qu'ils seront rassemblés: les génies et ceux parmi les humains qui les adoraient dans le bas monde et leur obéissaient en suggérant les uns aux autres le clinquant des paroles trompeuses: «O race des génies, vous avez abusé des hommes» en les trompant et les égarant, comme Dieu le montre dans ce verset: «Ne vous ai-je pas recommandé, O descendants d'Adam, de ne pas servir le diable car il était votre ennemi déclaré? Ne vous ai-je pas dit de m'adorer, que c'était le chemin du salut» [Coran XXXVI, 60-61]. Les suppôts parmi les hommes répondront: «nous nous sommes rendu la vie douce mutuellement». Cet adoucissement mutuel signifie, d'après Al-Hassan Al-Basri, que les génies ordonnaient et les hommes exécutaient. Ibn Ja'far rapporte: «Du temps de l'ignorance, quand l'homme descendait dans une vallée, il disait: «Je me réfugie auprès du maître de cette vallée contre la folie de son peuple». Au lieu de rechercher le service mutuellement, il sera leur excuse au jour de la résurrection. Quant à l'abus des génies des hommes, on a dit qu'il réside dans le secours que ces derniers demandaient aux premiers croyant qu'ils étaient les seuls à leur venir en aide, et les génies s'enorgueillissaient avec: «Nous avons eu le pouvoir sur les génies et les hommes et maintenant nous voilà parvenus au terme que Tu nous as fixé» c'est-à-dire la mort. Alors Dieu leur répondra: «L'enfer sera votre séjour éternel pour vous tous éternellement à moins qu'Allah en décide autrement» il s'agit de l'exception habituelle: mais Lui seul sait ce qui est excepté et c'est Dieu le plus savant pour répondre aux différents dires. «Il ne convient à personne d'anticiper le jugement de Dieu concernant Ses créatures ni de leur promettre le Paradis ou l'Enfer». «Allah est sage et savant» dans Ses actions et connaisseur de Ses créatures.

Verset 129

C'est ainsi que nous donnons aux méchants des chefs qui s'opposent les uns aux autres en punition de leurs œuvres. Qatada a interprété ce verset de la façon suivante: «Dieu confie les affaires des hommes les uns aux autres. Le croyant est le protecteur du croyant où qu'il soit, l'incrédule est le protecteur de l'incrédule où qu'il soit. On n'acquiert la foi ni par le souhait ni par la parure». Malik Ben Dinar, quant à lui, rapporte: «J'ai lu dans les Psaumes ce passage: «Je me venge des hypocrites par les hypocrites, puis Je me venge de tous les hypocrites». On trouve cela dans le Livre de Dieu où Il dit: «C'est ainsi que nous donnons aux méchants des chefs qui s'opposent les uns aux autres». Ibn Aslam a dit: «Il s'agit des injustes parmi les génies et les hommes» puis récita: «Celui qui reste sourd aux appels du Miséricordieux, nous lui imposons comme compagnon un démon» [Coran XLIII, 36] c'est à dire Dieu donne le pouvoir aux injustes parmi les génies sur ceux des hommes. Ibn Mas'ud rapporte ce hadith qu'il remonte à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quiconque aide un injuste, Dieu donne le pouvoir à ce dernier sur le premier» (Rapporté par Ibn Asakir). Le sens du verset sus-mentionné est le suivant: «Comme nous avons donné l'autorité à ce groupe des génies sur les perdants parmi les hommes en les trompant, ainsi nous ferons des injustes en accordant l'autorité à une partie sur une autre, puis nous les ferons périr tous et nous nous vengerons de certains d'entre eux en punition de leur oppression».

Verset 130

«O race des génies et des hommes, ne vous est-il pas venu des apôtres pris d'entre vous qui vous récitaient mes versets et vous avertissaient de ce jour où vous comparaîtrez devant moi?». Ils répondront: «Nous témoignons contre nous-mêmes». La vie d'ici-bas les avait trompés et ils témoigneront contre eux-mêmes qu'ils étaient incrédules. C'est ainsi par ces propos que Dieu réprimandera les impies parmi les génies et les hommes au jour de la résurrection leur demandant, bien qu'Il le sache: «Mes Prophètes vous ont-ils communiqué Mes messages pour vous mettre en garde contre ce châtiment qui vous frappe? Ou bien, ne vous a-t-on pas envoyé des Prophètes parmi vous-mêmes?» à savoir que les Prophètes ne sont pas que parmi les hommes, comme l'ont affirmé un groupe des ulémas. Mais Ad-Dahhak prétend qu'il y a aussi des Prophètes pris parmi les génies en se basant sur ce verset: «O race des génies et des hommes, ne vous est-il pas venu des apôtres pris d'entre vous» [Coran VI, 130]. Il a ajouté: «Il se peut que Dieu soit le plus savant, car Il a dit: «Il a fait couler l'eau douce et l'eau salée généralement confondues. Il a établi entre elles une barrière qui les sépare» jusqu'à... «On tire de l'une et de l'autre des perles et du corail» [Coran LV, 19-22] à savoir qu'on ne tire ces deux pierres précieuses que de l'eau salée, et ce n'est qu'une assimilation afin de mieux comprendre les paroles de Dieu». Ibn Jarir soutient l'opinion qui précise que les Prophètes ne sont pris que parmi les hommes en prenant comme citation ces deux versets: «Nous t'avons envoyé des révélations, comme nous en avons envoyé à Noé et aux Prophètes venus après lui» [Coran IV, 163] et: «Nous établîmes dans sa descendance (c.à.d d'Abraham) la prophétie et le Livre» [Coran XXIX, 27] Donc la prophétie a été exclusivement limitée dans la descendance, et nul n'a dit qu'elle a été donnée aux génies avant Abraham. Par ailleurs, Dieu confirme cela en disant: «Tous les Prophètes qui t'ont précédé se nourrissaient des mêmes aliments que les autres hommes et, comme eux, s'approvisionnaient sur les marchés» [Coran XXV, 20] et «Avant toi, nous n'avons toujours envoyé que des hommes, choisis parmi les habitants des villes» [Coran XII, 109] comme il est connu que les génies suivent les hommes, Il a dit d'eux: «Nous dirigeâmes vers toi un groupe de génies pour qu'ils écoutent le Coran. Quand ils furent en Sa présence, ils dirent: «Écoutez». A la fin de la lecture, ils s'en retournèrent auprès des leurs pour les convertir. «O notre peuple, dirent-ils, nous avons entendu un Livre révélé depuis Moïse et qui confirme les Écritures passées. Il enseigne la vérité et montre le droit chemin» [Coran XLVI, 29-30]. Dans le verset: «O race des génies et des hommes...» hommes et génies sont sujets à la loi, mais seuls les hommes ont reçu les enseignements par l'intermédiaire des Prophètes qui les ont avertis de la rencontre du Seigneur en ce jour redoutable. Quant aux génies ils ont été séduits et ils se sont mal comportés dans le bas monde en traitant les Prophètes de menteurs et en reniant tous les signes. Ils étaient épris par le clinquant de la vie mondaine et soumis à leurs penchants et passions. En ce jour-là ils témoigneront contre eux-mêmes qu'ils étaient des infidèles.

Verset 131

Il ne convient pas que le Seigneur châtie ou applique une punition à des peuples tant qu'il ne leur aura pas envoyé un Prophète pour leur communiquer Ses enseignements. Plusieurs versets qui confirment cette réalité sont cités dans le Coran, on donne à titre d'exemple ces quelques-uns: «Il n'y a pas de peuple qui n'ait eu son Prophète» [Coran XXXV, 24]. «Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète» [Coran XVII, 15]. «Chaque fois qu'une nouvelle fournée de damnés y pénètre, les gardiens les interrogent: «N'avez-vous pas été avertis? Ils répondent: «Oui, nous avons eu un Prophète, mais nous l'avons traité d'imposteur» [Coran LXVII, 8-9]. Ibn Jarir a dit: «Ce verset comporte deux interprétations: La première: Les habitants d'une certaine cité étant prévaricateurs, incorrigibles et infidèles, il ne convient pas que Dieu châtie cette cité en y envoyant un Prophète qui leur communique les enseignements de Dieu; les avertit de la rencontre du Seigneur au jour de la résurrection en les menaçant de Son supplice afin qu'ils ne disent: «Nous n'avons reçu aucun Prophète». La deuxième: Dieu n'opprime pas un peuple en lui envoyant les Prophètes, les enseignements et les signes, car Il ne traite jamais ses sujets avec injustice. Mais il s'avère que la première l'emporte sur la deuxième.

Verset 132

Chez ceux dans selon ses enseignements le jugement dernier, chacun acquerra le degré en rapport avec ses œuvres s'il s'était comporté dans le bas monde en se soumettant à Dieu et faisant de bonnes actions, ou en rebelle. L'auteur de cet ouvrage dit: «Chacun sera classé selon ses œuvres» ce verset concerne les incrédules parmi les génies et les hommes qui occuperont les différents degrés en enfer comme Dieu le montre dans ce verset: «Nous leur infligerons supplice sur supplice et punition de leurs crimes» [Coran XVI, 88] et celui-ci: «Le supplice sera doublé pour eux» [Coran VII, 38]. En commentant la suite du verset: «Ton Seigneur sait attentivement les actes de chaque homme» Ibn Jarir a dit: «Leur rétribution, ô Muhammad, dépendra de leurs œuvres qu'ont dénombrées et inscrites auprès de ton Seigneur».

Verset 133

Ton Seigneur est toute puissance et toute miséricorde. S'Il le voulait, Il vous anéantirait et vous remplacerait par tel peuple qu'Il lui plairait, de même façon qu'Il vous a tirés des générations passées. Dieu se suffit à Lui-même tandis que les hommes sont pauvres devant Lui et ont besoin de Lui en toute circonstance. Malgré cela Il est miséricordieux envers toutes Ses créatures comme Il l'affirme dans ce verset: «Dieu est plein de bonté et de pitié pour les hommes» [Coran XXII, 65]. O hommes, si vous enfreignez Ses ordres et prescriptions, s'Il le voulait: «Il vous anéantirait et vous remplacerait par telles autres créatures qu'Il voudrait». Vous êtes égaux devant Lui de la même façon qu'Il avait créé des générations passées. Donc la substitution d'une génération ou d'un peuple par un autre est une chose qui Lui est très facile comme Il le montre dans ce verset: «Il ne tient qu'à Allah, s'Il le veut, de vous anéantir et de vous remplacer par d'autres gens. Il est assez puissant pour le faire» [Coran IV, 133] et cet autre: «S'Il le voulait, Il pourrait vous faire disparaître et créer un nouveau monde. Cela ne lui serait nullement difficile» [Coran XXXV, 16-17].

Verset 134

Les prédictions d'Allah s'accompliront. Vous serez impuissants à en arrêter le cours. Il s'agit du jour de rassemblement qui aura lieu sans aucun doute, et les hommes ne pourront en aucun cas rendre Dieu à l'impuissance. Même s'ils sont, après leur mort, réduits en poussière et ossements, ils seront ressuscités et leur création de nouveau est une chose très facile à Dieu. À ce propos, Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «O fils d'Adam, si vous étiez soucis, comptez-vous parmi les morts. Par celui qui tient mon âme dans Sa main, ce qui vous a été promis viendra sûrement, vous ne réduirez pas Dieu à l'impuissance».

Verset 135

Dis: O mon peuple, agis à ta guise et moi j'agirai à la mienne. Tu sauras au jour qui aura un meilleur sort dans l'autre monde. Les injustes ne triompheront pas. Ce verset renferme une menace et un avertissement aux hommes. Qu'ils persévèrent dans leur égarement selon leur situation s'ils se croient être sur la voie droite, et le Prophète agira à sa guise en suivant le chemin qui lui est tracé, comme le montre ce verset: «Dis à ceux qui ne croient pas: «Continuez à agir suivant votre science. Nous, nous agissons suivant la nôtre. Et l'un et l'autre attendons la fin» [Coran XI, 121-122]. Quant à la bonne fin «Tu sauras, au jour, qui aura un meilleur sort dans l'autre monde, les injustes ne triompheront jamais». D'après Ibn Abbas, Dieu a tenu Sa promesse à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en le rendant puissant et maître de son peuple et d'autres, lui accordant la conquête de La Mecque, lui donnant l'autorité sur ceux qui lui ont montré leur hostilité et l'ont traité d'imposteur.

Verset 136

Sur les produits de la terre et du bétail ils réservent une part à Allah en disant: «Ceci est à Allah», mais sans conviction, et ceci est à nos idoles», à leurs dieux qu'ils adorent. C'est la raison pour laquelle Dieu dit: «et ce qui est destiné à leurs dieux n'atteint jamais Allah, et ce que la part réservée à Allah est attribuée quelquefois aux idoles. Quelle erreur de jugement!». On trouve dans ce verset une remontrance et une réprimande aux polythéistes qui pratiquaient une innovation éhontée en reconnaissant des égaux à Dieu, Lui, le créateur de toute chose, qu'Il soit exalté. Ils assignaient une part de leurs récoltes et de leurs animaux à Dieu et ils disaient: «Ceci est à Allah». Mais en fait ce qui est destiné à leurs dieux ne parvient pas à Dieu, tandis que ce qui est destiné à Dieu parvient à leurs dieux. Quelle prétention! Ibn Abbas a dit à ce propos: «Les ennemis de Dieu, une fois qu'ils récoltaient leurs fruits, réservaient une part à Dieu et une autre à leurs idoles. Ce qui revenait à ces derniers, ils le gardaient et le complétaient. Tout ce qui tombait comme fruit réservé en principe à Dieu, ils le donnaient aux idoles. Si ce fruit, réservé à Dieu, tombait et se mélangeait aux fruits réservés aux idoles, ils le donnaient à ces derniers disant: Celles-là sont pauvres».

Verset 137

De même, sur la foi de leurs dieux, un grand nombre d'idolâtres croient méritoire d'immoler leurs enfants. Loin de là, ils ne font que s'abîmer dans l'erreur et détruire la véritable religion. Si Allah le voulait, ils n'agiraient pas de la sorte. Laisse-les se livrer à leurs détestables fantaisies. Comme les idolâtres polythéistes, dans le verset précédent, leur ont fait croire qu'il était bon de réserver une part de la récolte et du bétail à Dieu, ils leur font croire qu'il est méritoire d'immoler leurs enfants par peur de la pauvreté et par crainte de la honte que leurs filles leur apporteraient une fois restées vivantes. As-Souddy a dit: «Leurs dieux leur ont ordonné de tuer leurs filles; ou de les faire périr eux-mêmes, ou de détruire à leurs yeux leur religion». Quant à Aslam et Qatada, ils ont dit: «Ceci est pareil aux dires de Dieu: «Annonce-t-on à quelqu'un la naissance d'une fille? son visage s'assombrit et il suffoque de colère» [Coran XVI, 58] et: «Qu'on demandera à la fille enterrée vivante, pour quel crime elle a été mise à mort!» [Coran LXXXI, 8-9]. Mais tout dépend de la volonté de Dieu «S'Il le veut, ils n'agiraient pas de la sorte. Laisse-les se livrer à leurs détestables fantaisies» et c'est Dieu qui tranchera entre vous.

Verset 138

Ils disent: Ce bétail et ces récoltes sont réservés. Ne pourront s'en nourrir que ceux que nous aurons désignés. Ce bétail est exempté de porter des fardeaux. Ce bétail-là, il est interdit de prononcer sur lui le nom d'Allah. Tout cela n'est qu'imposture. Allah récompensera comme il convient le prix de leurs mensonges. L'exégèse de ce verset dit que les récoltes qu'ils ont déclarées sacrées et dont ils se sont interdits, étaient une invention des polythéistes et Dieu n'a jamais imposé une telle réservation. Leurs dires: «Ne pourront s'en nourrir que ceux que nous aurons désignés» sont pareils à ceux-ci: «Dis: Des biens qu'Allah vous prodigue, vous déclarez les uns illicites et les autres licites». Dis: Est-ce Allah qui vous a autorisés à faire cette distinction? Ou bien la lui attribuez-vous mensongèrement?» [Coran X, 59] et à ceux-ci: «Ce n'est pas Allah qui a institué la Bahira, la Saiba, la Ouacila et le Hami» [Coran V, 103]. Ces animaux qui sont cités dans ce dernier verset, selon l'opinion de la plupart des exégètes, sont des animaux dont on ne doit pas se nourrir comme bêtes de somme. Mujahid, quant à lui, dit: Il y avait parmi leurs chameaux une espèce sur laquelle ils n'invoquaient pas le nom de Dieu: Soit en la trayant, la chargeant de fardeaux ou la faisant s'accoupler, soit en la laissant faire n'importe quoi. Tout cela ne sont qu'inventions en mentant sur Dieu disant qu'ils agissaient de la sorte selon Ses lois, alors que Dieu ne l'a ni autorisé, ni agréé.

Verset 139

Ils disent: La portée de ces animaux est réservée à nos enfants mâles et interdite à nos femmes. Si ces animaux avortent, ils partagent le foetus entre les enfants et les femmes. Allah récompensera comme Il convient cette distinction. Il est savant et sage. En commentant ce verset Ibn Abbas a dit: Le lait trait de ces animaux, les polythéistes le donnaient à boire à leurs enfants mâles et l'interdisaient aux femelles. La femelle de ces animaux si elle mettait bas un mâle, ils l'égorgeaient et le donnaient à manger à leurs mâles et l'interdisaient aux femelles. Mais si le petit était une femelle ils la laissaient vivre. Au cas où c'était un avorton, ils le distribuaient à tous sans distinction. Dieu a interdit cet agissement. Ach-Cha'bi, quant à lui, a dit: Seuls les mâles étaient autorisés à prendre le lait de la Bahira, mais hommes et femmes mangeaient du foetus mort. Ibn Kathir précise que leurs distinctions et agissements prétendant que ce sont les ordres de Dieu comme il le montre dans ce verset: «Ne dites pas arbitrairement: Ceci est licite ou illicite en tenant compte seulement de vos goûts. Vous imputeriez ainsi un mensonge à Allah» [Coran XVI, 116]. Dieu est juste dans Ses actes, paroles et lois, et sait ce que les hommes font.

Verset 140

Ils sont perdus ceux qui tuent leurs enfants par sottise et par ignorance, ceux qui, en interprétant mal la volonté d'Allah, condamnent des choses qu'Il leur a Lui-même dispensées. Insensés, ils ne sont pas dans la bonne voie. Ces gens-là sont les perdants dans les deux mondes: Dans le bas monde, ils ont tué leurs enfants, les ont privés de tant de choses licites en inventant des restrictions d'eux-mêmes. Dans l'au-delà, ils occuperont le pire séjour en punition de leurs mensonges sur Dieu. Le Seigneur le leur rendra en châtiment exemplaire. Leurs faux enseignements attribués à Allah seront réprouvés. Également sera leur résultat en ce monde: Finalement, ils nous feront retour. Puis nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour les punir de leur impiété. [Coran X, 69-70] À propos de ce verset: «Ils sont perdus ceux...» Ibn Abbas a dit: «Si tu veux avoir une idée de l'ignorance des Arabes, lis les versets qui suivent le 140 de la sourate du Bétail».

Verset 141

C'est Allah qui a créé les jardins grimpants et ceux qui ne le sont pas, les palmiers et les céréales de saveur si variée, les oliviers et les grenades de même espèce et d'espèces différentes. Nourrissez-vous de leurs fruits. Acquittez la dîme le jour de la récolte. Pas de gaspillage. Allah n'aime pas ceux qui gaspillent ! Dieu fait connaître qu'il est le créateur des fruits, céréales et troupeaux dont les polythéistes en disposent à leur guise, et les répartit en licite et illicite. Il a créé les plantes grimpantes telles que les vignes ou non comme les plantes qui poussent dans les terres riches, les arbres fruitiers comme les dattiers et les oliviers qui portent des fruits d'aspect mais dissemblables par la saveur. Une fois ces fruits devenus mûrs, mangez-y et acquittez la dîme le jour de la récolte c'est à dire la zakat prescrite le jour où ces fruits seront récoltés et pesés, selon les dires d'Ibn Abbas qui a ajouté : Le jour où l'homme récoltait ce qui était semé, il ne prélevait rien sur sa récolte pour le donner en aumône. Dieu ordonne dans ce verset d'en payer les droits le jour de la récolte où celui-ci sera connu en poids et espèce. Ces droits sont fixés au dixième. À cet égard Jaber rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Il incombe à chaque personne qui récoltait dix awieqs de dattes d'apporter un régime et le suspendre dans la mosquée afin que les pauvres en prennent ». « Pas de gaspillage ». Allah n'aime pas ceux qui gaspillent : C'est à dire ne commettez pas d'excès en donnant plus qu'il ne faut. Dieu a méprisé ceux qui gaspillent et font des excès dans leurs dépenses car ils dilapident leurs biens.

Verset 142

C'est Allah qui a créé les animaux de trait et ceux de boucherie. Nourrissez-vous de ce qu'Allah a produit pour vous. Ne suivez pas les traces de Satan. C'est votre ennemi manifeste. On doit s'arrêter avec les différentes interprétations présentées par les exégètes concernant les deux mots arabes cités dans le verset : حمولة (hamoula) et فرش (farsh) : - D'après Ibn Abbas, appuyé par Ibn Jarir : il s'agit des bêtes de somme ou montures telles que : les chameaux, les chevaux, les mulets et les ânes (hamouda) et les moutons (farsh). - As-Souddy a dit : les premiers sont les chameaux et les autres sont les chameaux, les veaux et les moutons. Ibn Aslam a donné une explication qui s'adapte être la plus correcte. Il a dit : la première catégorie renferme toutes les bêtes de somme et de labour, la seconde renferme les animaux de boucherie et de trait, comme par exemple une brebis ne peut être montée mais on s'en sert pour boire de son lait et fabriquer de sa laine des matelas et couvertures. Puis Dieu ordonne à Ses serviteurs de se nourrir de tout ce qu'Il a créé à leur intention : fruits, grains et bétail « Nourrissez-vous de ce qu'Allah a produit pour vous. Ne suivez pas les traces de Satan » comme ont fait les polythéistes en s'interdisant des choses licites. « C'est votre ennemi manifeste » comme Il le confirme dans plusieurs versets.

Verset 143

Il s'agit des têtes de bétail accomptées par sexes : deux de l'espèce ovine et deux de l'espèce caprine. Demandez-leur : Allah a-t-Il interdit les mâles ou bien les femelles ou bien ce que portent les matrices des femelles ? Répondez-moi sérieusement si vous êtes sincères. En voilà une autre preuve de l'ignorance des Arabes du temps de la Jahiliya en répartissant les animaux du troupeau en des catégories licites et d'autres illicites sans se référer à une révélation. Ils avaient créé des jardins en treille ou non en treille, les animaux pour la nourriture et pour porter les fardeaux, puis les espèces de bétail sans interdire aucune ni même ce que portent les femelles. Tout cela est créé pour les hommes pour s'en servir. Lorsque les polythéistes ont dit : « La portée de tels animaux est réservée à nos enfants mâles et interdite à nos femmes. » Il leur demande : « Les bêtes que portent les matrices des femelles » faites-le-moi savoir exactement si vous êtes véridiques ? Sur quoi vous vous êtes appuyés pour imposer une telle interdiction alors que Je vous ai rendu tout cela licite.

Verset 144

Deux de l'espèce cameline et deux de l'espèce bovine. Dis : Allah a-t-Il interdit les mâles ou bien les femelles ou bien ce que portent les matrices des femelles ? Étiez-vous présents au moment où Allah vous a recommandé cela. Qui est plus inique que celui qui profère des mensonges à Allah pour égarer les ignorants. Allah ne dirige pas les méchants. Dieu leur demande aussi : « Étiez-vous présents au moment où Allah vous a recommandé cela ? » Il les raille en leur posant une telle question car ils ne peuvent répondre que par la négative. Ceci prouve que celui qui a émis cette interdiction, doit être plus injuste que celui qui profère des mensonges à Allah sinon pour égarer les hommes par ignorance. On a dit qu'Amr Ben Lahy Ben Qam'a rentre dans cette catégorie des injustes car il a été le premier qui a changé la religion de Dieu et interdit les bêtes : Saïba, Ouassila et autres.

Verset 145

Dis : Je ne trouve dans ce qui m'a été révélé aucune interdiction de manger de ces aliments excepté que ce soient la chair des animaux morts, le sang liquide et la viande de porc. S'en nourrir est une turpitude. De même que c'est une infamie de manger des animaux consacrés à une autre divinité qu'Allah, à moins qu'on soit dans une nécessité absolue et à condition que ce ne soit pas par esprit d'insoumission. Ton Seigneur est plein de miséricorde et de clémence. Dieu charge Son Prophète de répondre à ceux qui ont créé ces interdictions : « Je ne trouve pas d'illicite au sujet de la nourriture dans les révélations que j'ai reçues sauf « les animaux morts, le sang liquide et la viande de porc » Ikrima de commenter cela a dit : Si le sang liquide n'était pas interdit les hommes auraient recherché tout ce qui coule dans les veines comme faisaient les juifs. « À moins d'une nécessité absolue et à condition que ce ne soit par esprit d'insoumission » C'est à dire : celui qui est contraint d'en user par nécessité « Ton Seigneur est plein de miséricorde et de clémence » On peut conclure qu'on ne doit s'interdire que tout ce que Dieu a rendu illicite. Les ulémas y ont ajouté ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a déclaré comme tel, en particulier la viande des ânes domestiques, les bêtes fauves (surtout les carnassiers) et les oiseaux munis de serres.

Verset 146

Aux Juifs, nous avons interdit tous les animaux qui ont des griffes. Nous leur avons aussi interdit la graisse des bœufs et des moutons, excepté celle du dos et des boyaux et celle qui entoure les os. Ceci pour les châtier de leur insoumission. Nous sommes justes. Dieu a interdit à ceux qui se sont judaïsés toute bête à ongles à moins qu'elle n'ait les pattes fendues tels que : les chameaux, les autruches, les dindes et les canards. Moujahad a dit : « Les animaux à ongles sont le chameau et l'autruche dont les pattes ne sont pas fendues ». Les Juifs mangent les animaux et les oiseaux dont les pattes peuvent s'espacer et s'interdisent des autres tels que : le chameau, l'oie et l'autruche ainsi que l'onagre. « Excepté celle du dos et des boyaux et celle qui entoure les os ». On a dit qu'An-Nadr Ben Al-Hareth avait dit aux interpolateurs : « Dieu leur a interdit ce genre de graisse pour prix de leur rébellion en leur défendant ces nourritures, comme il le montre dans ce verset : « C'est pour les punir de leur rébellion que nous avons interdit l'usage d'aliments autrefois autorisés » [Coran IV, 160] Dieu est certes juste en appliquant les peines sans faire du mal à une seule personne.

Verset 147

S'ils t'accusent de mensonge, dis : votre Seigneur est toute miséricorde. Mais nul ne saurait arracher les coupables à son châtiment. O Mohammed, lui dit Dieu, réponds aux polythéistes, juifs et autres impies que le Seigneur détient une miséricorde incommensurable. Et ceci pour les inciter à suivre le Prophète et espérer la clémence et la mansuétude divines. Mais celui qui accomplit les interdits et ne lui fait connaître que mal ne saurait arracher les coupables à son châtiment s'ils persévèrent dans l'impiété et la rébellion. On trouve dans le Coran plusieurs versets qui renferment une clémence et une menace jointe l'une à l'autre, en voilà quelques-uns : - « Votre Seigneur est rapide dans la répression mais Il est bon et miséricordieux » [Coran VI, 165]. - « Mais sois certain qu'Allah est un Allah de miséricorde, malgré la perversité des hommes. Il est également terrible dans la répression » [Coran XIII, 6]. - « Qui absout les péchés, accepte le repentir et réprime sans faiblesse » [Coran XL, 3].

Verset 148

Les idolâtres diront : « Si Allah avait voulu, ni nous, ni nos ancêtres n'aurions été idolâtres, ni ne nous serions soumis à des interdictions profanes. » C'est là l'excuse mensongère déjà invoquée par leurs prédécesseurs et qui leur a fait encourir notre courroux. Dis : Avez-vous un argument ? Produisez-le-nous. Vous ne suivez que de vaines conjectures et vous ne faites que mentir. C'est un genre de polémique que Dieu mentionne dans ces versets et ceux qui les ont précédés, et une présomption à laquelle s'obstinent les idolâtres en s'interdisant des choses licites. Dieu les blâme sans doute comme il blâme leur jugement débridé. Il est tout-puissant, quand il le veut d'inspirer la foi aux hommes et de les éloigner de l'incrédulité. Mais il n'a pas voulu se comporter ainsi avec ces polythéistes pour montrer Sa puissance, Sa volonté et Son vouloir. Mais il a voulu montrer le faux argument de ces polythéistes qui s'attachaient fortement aux coutumes de leurs ancêtres, car si vraiment cet argument s'avérait valable et cette excuse acceptable, il ne les aurait pas anéantis après leur avoir envoyé Ses Prophètes pour les diriger. Il leur demande : « Avez-vous un argument ? » que Dieu puisse l'agréer. S'il en est ainsi : « Produisez-le » montrez-le si vous en êtes capables. Mais sachez que : « Vous ne vous aidez que de suppositions » en forgeant les mensonges.

Verset 149

Dis : Le dernier mot est à Allah. S'Il avait voulu, Il vous aurait tous mis dans la bonne voie. Ô Mohammed, dis à ces idolâtres que l'argument décisif appartient à Dieu qui dirige qui Il veut et égare qui Il veut selon Sa sagesse et Son équité. S'Il avait voulu les guider, Il l'aurait fait malgré les incrédules. S'Il l'avait voulu : « Il aurait guidé chacun parmi vous » [Coran X, 99] ou « Il aurait fait de vous un seul peuple » [Coran XVI, 93].

Verset 150

Dis : Produisez les témoins qui attestent qu'Allah a prononcé ces interdictions ! Au cas où ils l'attesteraient, ne te joins pas à eux et ne te laisse pas entraîner par ceux qui traitent nos signes de mensonge, qui ne croient pas au jour dernier et qui reconnaissent des égaux à leur Seigneur ! Puis Il demande à son Prophète de demander à ses adversaires, s'il y en a qui puissent attester : « Qu'Allah a prononcé ces interdictions » Puis Il s'adresse à Son Prophète : « Au cas où ils l'attesteront, ne te joins pas à eux car ils ne présenteraient que de mensonges » et ne te laisse pas entraîner par ceux qui traitent nos signes de mensonges » Car ceux-là ne croient pas à la vie future et en plus ils reconnaissent des égaux à leur Seigneur.

Verset 151

Dis: Venez que je vous énumère ce qui est sacré pour Allah: ne Lui associez aucun être; traitez vos parents avec déférence; ne tuez pas vos enfants par peur de la misère car nous vous donnerons de quoi vous nourrir, et eux aussi; n'approchez pas des turpitudes apparentes et cachées; ne tuez pas votre prochain, comme Allah vous l'a défendu, sauf si la justice l'exige. Voilà ce qu'Allah vous recommande. Puissiez-vous le comprendre (151). Au sujet de ces versets, et de ceux qui s'ensuivent, Ibn Mas'oud a dit: «Quiconque veut observer les recommandations de l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- pour s'assurer une fin heureuse, qu'il lise ces versets» (du n° 151 jusqu'à 153 de cette sourate). Oubada Ben As-Samit rapporte que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue a dit: «Qui d'entre vous me prête serment d'allégeance de s'abstenir de ces trois choses?» Puis il récita: «Dis Venez que je vous énumère ce qui est sacré pour Allah: que vous ne Lui associez rien; Dieu le récompensera, quant à celui qui sera coupable d'une d'elles et Dieu le châtie en punition de ce qu'il a transgressé, alors ceci sera une expiation dans ce bas monde. Quiconque dont sa punition sera retardée jusqu'au jour dernier, son cas dépendra de Dieu, Il pourra le châtier comme Il pourra lui pardonner» (Rapporté par Al-Hakem). Dieu dit à Son Prophète qu'Allah le bénisse et le salue: «O Mohammed, dis à ces idolâtres qui ont adoré un autre que Dieu, se sont interdit ce que Dieu leur a accordé et ont tué leurs enfants en obéissant aux démons: Venez que je vous énumère ce qui est sacré pour Allah» c'est-à-dire ce qu'il a interdit, sans présomption ni supposition, plutôt d'après une révélation venant de Lui et ne Lui associez aucun être... jusqu'à la fin du verset. Il est cité dans les deux Sahihs qu'Abou Dzarr a rapporté que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Gabriel vint me trouver et m'annonça la bonne nouvelle que quiconque de ma communauté meurt sans rien associer à Dieu, entrera au paradis». Je lui demandai: «Même s'il avait commis l'adultère et le vol?» «Même s'il avait commis l'adultère et le vol» répondit-il, et il répéta ma question trois fois. «Même s'il avait volé, forniqué et bu du vin?» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Suivant une variante Abou Dzarr aurait ajouté: «Le Prophète qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: Malgré Abou Dzarr». D'après les Sunans et autres ouvrages de Traditions, il est cité qu'Abou Dzarr rapporte que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut dit: O fils d'Adam! Tant que tu M'invoqueras et espéreras en Moi, Je te pardonnerai tes péchés et ne M'en soucierai pas. Si tu viens à Moi avec des péchés autant que la terre puisse contenir et si tes péchés atteignent les nuées par leur gravité sans rien M'associer, et que tu Me demandes le pardon, Je te pardonnerai». Ce dernier hadith est confirmé par ce verset: «Allah ne pardonne point qu'on Lui associe d'autres divinités. Hormis cela, Il pardonne à qui Il veut» [Coran IV, 48]. «Traitez vos parents avec déférence» C'est d'être bon et bienveillant à l'égard des père et mère, bref il s'agit de la piété filiale comme Dieu le recommande dans ce verset: «Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Tout revient à Moi» [Coran XXXI, 14]. Cette piété filiale est obligatoire même si les père et mère sont polythéistes. Il est cité dans les deux Sahihs qu'Ibn Massoud a rapporté: «J'ai demandé à l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue-: Quelle est l'œuvre la plus méritoire?» Il me répondit: «La prière à son moment fixe». Et après, redemandai-je. La piété filiale, répliqua-t-il. - Et après? - Le combat dans la voie de Dieu. Et Ibn Massoud d'ajouter: «L'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- m'a dit cela, et si je lui avais demandé de m'en dire davantage, il l'aurait fait» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «Ne tuez pas vos enfants par peur de la misère car nous vous donnons de quoi nourrir vous et eux» Après que Dieu ait recommandé la piété filiale, Il parle de la bonté et de la bienveillance à l'égard des enfants et des petits-enfants. Car du temps de l'ignorance les hommes tuaient leurs enfants chaque fois qu'ils étaient dans la misère ou les filles par peur de la honte. A cet égard, il est cité dans les deux Sahihs qu'Abdullah Ben Massoud a demandé à l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue-: «Quel est le péché le plus grave?» Il répondit: «De reconnaître un égal à Dieu sachant que c'est Lui qui t'a créé». Je lui dis: «Et ensuite?» - De tuer ton enfant, répliqua-t-il, de peur qu'il mange avec toi.- Et ensuite? - De forniquer avec la femme de ton voisin» Puis l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- récita: «Ceux qui n'invoquent pas d'autre divinité qu'Allah, ceux qui ne tuent pas leur prochain, qu'Allah a rendu sacré...» [Coran XXV, 68] (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dieu, en interdisant aux hommes de tuer leurs enfants par crainte de la pauvreté, les rassure qu'il lui incombe de les nourrir et de leur accorder leur subsistance. «Évitez les turpitudes apparentes et cachées» ce verset est pareil à celui-ci: «Évitez le mal apparent ou caché» que nous avons commenté (voir le verset n°120 de cette sourate). Il est rapporté dans les deux Sahihs qu'Ibn Mas'oud a raconté que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n'est nul plus jaloux que Dieu, et c'est pour cela qu'Il a interdit les turpitudes qu'elles soient manifestées ou dissimulées» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Sa'd Ben Oubada disait: «Si je trouvais un homme avec ma femme, je le frapperais avec le fil de mon sabre et non avec le plat de la lame». Quand cela fut rapporté à l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- il dit: «Vous vous étonnez de la jalousie de Sa'd? Par Dieu je suis plus jaloux que lui et Dieu est plus jaloux que moi. C'est pour cela que Dieu a interdit les turpitudes apparentes ou cachées» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). «Ne tuez pas votre prochain, comme Allah l'a défendu» Ce crime abominable fait partie des turpitudes. A ce propos, il est cité dans les deux Sahihs, d'après Ibn Mas'oud que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n'est pas permis de tuer un musulman qui atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que je suis l'Envoyé de Dieu que dans trois cas: le marié fornicateur, pour un meurtre injuste, et l'apostat qui quitte sa foi et se sépare de la communauté (musulmane). (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Suivant une autre version rapportée par Aicha: «L'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: Il n'est pas permis de tuer un musulman sauf dans ces trois cas: une personne mariée qui fornique, un homme qui tue un autre volontairement et un homme qui apostasie en reniant sa foi et déclare la guerre contre Dieu et son Messager: ce dernier sera tué ou crucifié ou expulsé du pays»(Rapporté par Abou Daoud et Nassaï). Le prince des croyants Othman Ben Affan -que Dieu l'agrée- a dit lors de son assiègement: «J'ai entendu l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- dire: Il n'est pas permis de tuer un musulman sauf dans trois cas: un homme qui renie l'Islam après y avoir cru, un homme qui apostasie après son islamisation et un homme qui tue un autre injustement». Par Dieu, je n'ai forniqué ni du temps de l'ignorance ni de l'Islam, je n'ai jamais souhaité substituer ma religion par une autre et je n'ai tué personne. Pourquoi donc vous voulez me tuer?». Parmi ceux que Dieu a interdits de tuer figure un homme qui est lié par un pacte et vivant dans un pays sous la protection des musulmans. Al-Boukhari rapporte d'après Abdallah Ben Amr ce hadith qu'il remonte au Prophète qu'Allah le bénisse et le salue- dans lequel il dit: «Celui qui tue un homme protégé ne sentira jamais l'odeur du Paradis bien que cette odeur se fasse sentir à la distance de quarante années de marche». Abou Houraira rapporte que le Prophète qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui tue un homme qui jouit de la protection de Dieu et de Son Messager trahit cette protection et ne sentira pas l'odeur du Paradis bien que son odeur se fasse sentir à la distance de soixante-dix années de marche (Rapporté par Ibn Maja et Tirmidzi). «Puissiez-vous le comprendre?» ces recommandations en s'y conformant.

Verset 152

Ne touchez pas aux biens de l'orphelin qu'autant qu'ils lui seront profitables et seulement jusqu'à ce qu'il devienne capable de les gérer lui-même. Donnez à chacun une juste mesure et un juste poids. Nous n'imposons à chaque âme que les charges qu'elle peut supporter. Soyez équitables en parole, même s'il s'agit de vos proches. Soyez fidèles à Allah. Voilà ce qu'Il vous recommande, si vous voulez vous améliorer. Ibn Abbas rapporte: «Après la révélation de ces deux versets: Ne touchez pas aux biens de l'orphelin qu'autant qu'ils lui seront profitables et «Ceux qui gaspillent injustement les biens des orphelins...» [Coran IV, 10], les gens s'effrayèrent et s'abstinrent de s'occuper des orphelins et de séparer leur nourriture et sa boisson de celles de cet orphelin en lui réservant les siennes sans les toucher jusqu'à ce que l'orphelin les consomme ou qu'elles pourrissent. Comme cet agissement leur causa de la peine, ils s'adressèrent à l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Ils t'interrogent sur les orphelins. Dis-leur: Gérer au mieux leurs intérêts. Si vous arrivez à devenir leurs associés, traitez-les en frères» [Coran II, 220]. Alors ils retournèrent chez eux et mélangèrent leur nourriture et leur boisson à celles des orphelins. «Jusqu'à ce qu'il devienne capable de les gérer lui-même» c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il devienne pubère selon les dires de Malek et Ach-Cha'bi, ou jusqu'à trente ans selon As-Souddy ou quarante selon les dires des autres. «Donnez à chacun une juste mesure et un juste poids» Dieu ordonne de donner, ou de prendre, le poids et la mesure exacte comme il mesure ou pèse les autres pour eux. Telle est l'interprétation de Moudjahid. Ensuite, «Malheur à ceux qui, lorsqu'ils reçoivent, exigent pleine mesure, et, qui, lorsqu'ils mesurent ou pèsent pour les autres, les font perdre» [Coran LXXXIII, 1-3]. Dieu avait anéanti tout un peuple qui fraudait la mesure et le poids (le peuple de Chou'ayb d'après le Coran). Dans son ouvrage «Al-Jâmi'» Abou Issa At-Tirmidzi rapporte d'après Ibn Abbas que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à ceux qui mesurent et pèsent: «Vous êtes chargés d'une affaire qui a causé la perte des générations qui vous ont précédés (en fraudant)». «Nous n'imposons à chaque âme que les charges qu'elle peut supporter» en s'acquittant de ce qu'elle doit et réclamant ses droits ainsi qu'en accomplissant ses obligations cultuelles dans la mesure de sa capacité. Il n'y a aucun mal si, une fois les efforts déployés, on n'arrive pas à s'en acquitter totalement. «Soyez équitables dans vos propos, même s'ils doivent déplaire à vos proches» ce verset est pareil à celui-ci: «O croyants, soyez respectueux de l'équité, témoins de Dieu, dussiez-vous témoigner contre vos propres personnes, vos père et mère et vos proches parents. Que l'accusé soit riche ou pauvre, Dieu a priorité sur eux. Ne suivez donc pas les passions, de crainte de dévier. Si vous portez un faux témoignage ou si vous vous y refusez, sachez que Dieu est parfaitement informé de ce que vous faites» [Coran IV, 135]. Ce verset ordonne d'être équitable et juste en actes, propos et témoignage même si l'affaire concerne un proche parent, à tout moment et en tout lieu. «Soyez fidèles à Allah» C'est-à-dire, d'après Ibn Jarir, observez le pacte que vous avez conclu avec Dieu, en se conformant à Ses ordres et les appliquant avec sincérité, en s'abstenant de tout ce qu'Il a interdit et en suivant les prescriptions du Livre de Dieu et de la sunna du Prophète. «Voilà ce qu'Il vous recommande» tels sont les ordres de Dieu qu'on doit observer et respecter «si vous voulez vous améliorer», en tirant le parti de ces recommandations.

Verset 153

Voilà la voie droite. Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui vous éloigneraient d'elle. Voilà ce qu'Il vous ordonne. Peut-être Le craindrez-vous. En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit: Dieu ordonne aux croyants d'observer Sa voie, en évitant la discorde et l'inimitié, car plusieurs générations passées ont trouvé leur perte en se disputant au sujet de la religion de Dieu. L'imam Ahmed rapporte d'après Abdullah Ben Massoud que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- traça avec sa main une ligne et dit: «Tel est en toute droiture le chemin de Dieu» Puis Il traça une ligne à droite et une autre à gauche et poursuivit: «Sur chacune de ces deux lignes se trouve un démon qui appelle les gens à le suivre». Il récita ensuite: «Voilà la voie droite. Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui vous éloigneraient d'elle» (Rapporté par Ahmed, Ibn Hakem et Nassaï). Ibn Jarir rapporte d'après Aban Ben Othman qu'un homme demanda à Ibn Mas'oud: «Quelle est la voie droite?» Il lui répondit: «Elle est celle où Mohammed qu'Allah le bénisse et le salue- nous a laissés dans sa partie inférieure et sa partie supérieure se trouve au Paradis. A gauche de cette voie il y a un chemin et un autre à droite et des gens qui y appellent. Celui qui prend les chemins de gauche montera le cheval de l'orgueil et ira en enfer. Celui qui prend celui de droite arrivera au Paradis. Puis il récita: voilà la voie droite. Suivez-la». An-Nawas Ben Sem'an rapporte que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a dressé un chemin droit et l'a clôturé de deux murs munis de plusieurs portes ouvertes mais couvertes par des rideaux abaissés. Sur ce chemin un homme appelle: O hommes! Venez tous emprunter ce chemin droit et ne vous en écartez pas, et un autre crieur qui se trouve au-dessus du chemin. Chaque fois qu'un homme veut ouvrir l'une des portes on s'écrie: Malheur à toi, ne l'ouvre pas, car, une fois ouverte tu y entreras». Ce chemin droit est l'Islam, les deux murs sont les lois de Dieu et les portes ouvertes sont Ses interdictions. Le crieur qui se trouve au début du chemin est le Livre de Dieu et l'autre d'au-dessus est le prédicateur qui se trouve dans le cœur de chaque musulman» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et Nassaï). «Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui l'avoisinent» car la voie de Dieu est unique qui est la vérité même et la lumière dont ce verset le confirme «Allah est le patron des croyants, qu'Il tire des ténèbres vers la lumière. Les infidèles ont pour patron Taghoût, qui les arrache de la lumière pour les jeter dans les ténèbres. Ils auront l'enfer pour demeure éternelle» [Coran II, 257].

Verset 154

Ensuite, nous avons donné le Livre à Moïse pour récompenser sa conduite exemplaire. Ce Livre pourvoit à tout, il est à la fois un guide et une bénédiction. Peut-être persévèreront-ils dans la justice et compareront-ils devant leur Seigneur. (154) Et ce Livre-ci que nous révélons est béni. Suivez-le. Craignez Allah. Peut-être obtiendrez-vous Sa bénédiction. (155). Ce passage joint le Coran à plusieurs versets d'un rang semblable à l'Ancien Testament (la Torah) au Coran pour mettre en valeur les deux comme il a dit: «Avant ce Livre, celui de Moïse était à la fois un guide et une bénédiction. Ce Coran confirme en langue Arabe le Livre de Moïse [Coran XLVI, 12]». Pour montrer l'obstination des idolâtres Dieu a dit: «Lorsque nous leur révélâmes la vérité, ils dirent: Pourquoi ce Prophète n'est-il pas pourvu des mêmes preuves que Moïse?» [Coran XXVIII, 48]. Et en parlant des génies, il a dit: «O notre peuple, répondez-lui, nous avons entendu un Livre révélé après Moïse et qui confirme les Ecritures passées. Il enseigne la vérité» [Coran XLVI, 30]. «Pour récompenser sa conduite exemplaire. Ce Livre pourvoit à tout» ou suivant une autre interprétation: «Nous avons ensuite donné le Livre à Moïse, il est parfait pour celui qui l'observe de son mieux; c'est une explication de toute chose» c'est-à-dire que ce Livre explique toutes les choses nécessaires au salut. Dieu a dit en parlant de Moïse dans ce verset: «Nous avons écrit à son intention, sur les tables, des avertissements et des enseignements détaillés» [Coran VII, 145] pour le récompenser de sa conduite exemplaire en observant les ordres de Dieu et se soumettant à Lui; car: «La récompense du bien saurait-elle être autre chose que le bien?» [Coran LV, 60]. Ainsi les croyants seront récompensés s'ils suivent le chemin droit et observent les enseignements de Dieu. «Et ce Livre-ci que nous vous avons révélé est béni. Suivez-le. Craignez Allah. Peut-être obtiendrez-vous Sa bénédiction.» c'est une incitation à se conduire selon les préceptes du Coran car c'est un livre béni, et se conformer à ses enseignements. Il l'a considéré en tant qu'une bénédiction car quiconque l'aura suivi bénéficiera de la miséricorde de Dieu dans les deux mondes.

Verset 155

Et ce Livre-ci que nous révélons est béni. Suivez-le. Craignez Allah. Peut-être obtiendrez-vous sa bénédiction. (155). C'est une incitation à se conduire selon les préceptes du Coran car c'est un livre béni, et se conformer à ses enseignements. Il l'a considéré en tant qu'une bénédiction car quiconque l'aura suivi bénéficiera de la miséricorde de Dieu dans les deux mondes.

Verset 156

Nous vous le révélons pour que vous ne disiez pas: «Il n'a été envoyé de Livre qu'aux deux peuples qui nous ont précédés et nous n'avons jamais entrepris l'étude»(156) Pour que vous ne disiez plus: «Si un Livre nous avait été révélé, nous en aurions mieux profité qu'eux». Maintenant voici que votre Seigneur vous envoie une preuve, une direction et une bénédiction, qui donc sera plus injuste que celui qui traite de mensonge les signes d'Allah et s'en détourne? Nous châtierons ceux qui s'écartent de nos signes du châtiment sévère. (157). Ibn Jarir a dit: Cela signifie: voici un Livre que nous avons fait descendre pour que vous ne disiez plus: «Il n'a été envoyé de Livre qu'aux deux peuples qui nous ont précédés» en prétendant une excuse sans valeur. Ces paroles divines sont pareilles à celles-ci: «Le malheur les atteint de ce qu'ils ont fait de leurs propres mains. Ils diront: Seigneur, si Tu nous avais envoyé un Prophète, nous aurions suivi Tes avertissements et nous serions convertis» [Coran XXVIII, 47]. Les deux peuples désignés dans le verset sont les chrétiens et les juifs, d'après Ibn Abbas. «Et nous n'en avons jamais entrepris l'étude» c'est-à-dire: Les révélations précédentes furent en d'autre langue que la nôtre que nous ignorons et en plus nous étions trop éloignés et préoccupés par d'autres affaires. «Pour que vous ne disiez plus: Si un Livre nous avait été révélé, nous en aurions mieux profité qu'eux» C'est une réponse à leur excuse afin de ne leur laisser aucun prétexte de dire, si un Livre nous a été envoyé nous aurions été mieux dirigés que les deux peuples qui nous ont précédés, comme ils avaient prétendu auparavant et affirmé de toute la force de leurs convictions que, si un Prophète leur venait, ils demanderaient le plus grand nombre de miracles et le croiraient. Maintenant que vous avez reçu de votre Seigneur une preuve, une direction et une bénédiction par la bouche de Mohammed qu'Allah le bénisse et le salue- le Prophète Arabe qui vous récite le Noble Coran dans lequel vous trouvez le licite et l'illicite et la voie droite qui est une miséricorde du Seigneur envers Ses serviteurs qui le suivent et se conforment à ses prescriptions. «Qui est plus coupable que celui qui traite les signes d'Allah de mensonge et s'en écarte» qui ne tire aucun parti de ce livre, ne suit pas le Prophète et n'abandonne pas les idoles. Plutôt il s'en détourne et en écarte les autres. Cet homme injuste et ses pareils subiront le châtiment le plus ignominieux et le plus dur comme Dieu l'affirme dans ce verset: «Ceux qui s'écartent de nos signes et en détournent les autres de la foi, nous leur infligerons supplice sur supplice en punition de leurs crimes» [Coran XVI, 88]. Ibn Abbas, Moudjahid et Qatada ont donné une autre interprétation à ce verset en disant: Il s'agit de celui qui n'a pas cru aux signes d'Allah et Ses enseignements et ne les a pas mis en pratique.

Verset 157

Pour que vous ne disiez plus: «Si un Livre nous avait été révélé, nous en aurions mieux profité qu'eux». Maintenant voici que votre Seigneur vous envoie une preuve, une direction et une bénédiction, qui donc sera plus injuste que celui qui traite de mensonge les signes d'Allah et s'en détourne? Nous châtierons ceux qui s'écartent de nos signes du châtiment sévère. C'est une réponse à leur excuse afin de ne leur laisser aucun prétexte de dire, si un Livre nous a été envoyé nous aurions été mieux dirigés que les deux peuples qui nous ont précédés, comme ils avaient prétendu auparavant et affirmé de toute la force de leurs convictions que, si un Prophète leur venait, ils demanderaient le plus grand nombre de miracles et le croiraient. Maintenant que vous avez reçu de votre Seigneur une preuve, une direction et une bénédiction par la bouche de Mohammed qu'Allah le bénisse et le salue- le Prophète Arabe qui vous récite le Noble Coran dans lequel vous trouvez le licite et l'illicite et la voie droite qui est une miséricorde du Seigneur envers Ses serviteurs qui le suivent et se conforment à ses prescriptions. «Qui est plus coupable que celui qui traite les signes d'Allah de mensonge et s'en écarte» qui ne tire aucun parti de ce livre, ne suit pas le Prophète et n'abandonne pas les idoles. Plutôt il s'en détourne et en écarte les autres. Cet homme injuste et ses pareils subiront le châtiment le plus ignominieux et le plus dur comme Dieu l'affirme dans ce verset: «Ceux qui s'écartent de nos signes et en détournent les autres de la foi, nous leur infligerons supplice sur supplice en punition de leurs crimes» [Coran XVI, 88].

Verset 158

Qu'attendent-ils? que des anges se manifestent à eux, ou bien ton Seigneur, ou bien un signe de ton Seigneur. Le jour où un signe de ton Seigneur se manifestera, la foi d'aucune âme ne sera acceptée à moins qu'elle n'ait cru avant ou qu'en sa foi elle n'ait accompli quelque bonnes œuvres. Dis: Vous attendez! nous aussi nous attendons. Dieu menace les incrédules, ceux qui se rebellent contre Ses Prophètes, qui traitent Ses signes de mensonge et écartent les hommes de Sa voie, en disant: «Qu'attendent-ils? que des anges se manifestent à eux, ou bien ton Seigneur, ou bien un signe de ton Seigneur?» C'est-à-dire ou bien un signe de ton Seigneur. Le jour où un signe de ton Seigneur se manifestera» avant le jour de la résurrection où les signes de l'Heure Suprême se manifesteront. A cet égard Boukhari rapporte d'après Abou Houraira que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'Heure ne se dressera avant que le soleil ne se lève de son coucher, alors tous ceux qui seront en vie deviendront des croyants!» Voilà le sens de ce verset. Suivant un autre hadith rapporté par Abou Houraira, l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque ces trois signes apparaîtront, alors la profession de foi ne sera d'aucune utilité à qui ne l'aura pas cru avant cela: le lever du soleil de son coucher, l'Antéchrist et la bête de la terre» (Rapporté par Boukhari). Abou Dzarr Al-Ghifari rapporte que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- lui demanda: «Sais-tu où va le soleil quand il se couche?» - Non, répondis-je. - Il s'en va, répliqua-t-il, pour se prosterner au-dessous du Trône. En se relevant, il s'en faut qu'on lui dise: Retourne d'où tu es venu et ne te lève plus. Et c'est le moment où la foi ne sera d'aucune utilité à quelqu'un qu'elle n'ait cru avant» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Houdzaïfa Ben Oussayed Al-Ghifari raconte: «L'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- vint auprès de nous alors que nous évoquions l'Heure Suprême. Il nous dit: L'Heure ne se dressera avant l'apparition de dix signes: la fumée, l'Antéchrist, la bête de la terre, le lever du soleil de son coucher, la sortie de Gog et Magog (Yajouj et Majouj), la descente de Jésus fils de Marie, trois éclipses: la première à l'Orient, la deuxième à l'Occident et la troisième à la presqu'île arabique, un feu qui jaillira du Yémen qui conduira les gens à leur Rassemblement et passera la nuit avec eux là où ils la passeront et fera la sieste là où ils la feront» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunans). L'imam Ahmed rapporte d'après Abdullah Ben Amr Ben Al-'As, Abdul Rahman Ben Aouf et Mou'awiya Ben Abou Soufyan qu'Ibn Abbas a dit: «L'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: L'hégire (l'émigration) ne cesse tant que l'ennemi combattra. Mou'awiya, Abdul Rahman et Abdullah répliquèrent: L'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: L'hégire comporte deux sortes: la première consiste à s'interdire de commettre les mauvaises actions, et la deuxième à émigrer vers Dieu et son Messager, et cette dernière ne cesse tant qu'il y aura un repentir. Et le repentir ne cessera tant que le soleil ne se lèvera de son coucher. Lorsqu'il se lèvera de l'occident un sceau sera mis sur le cœur de chacun pour garder ce qu'il contient et les gens cesseront alors d'œuvrer» (Rapporté par Ahmed). «La foi d'aucune âme ne sera acceptée à moins qu'elle n'ait cru avant» cela signifie: A ce moment si l'individu désire être croyant sa foi ne sera plus acceptée car il fait partie de ceux qui ont cru sous la contrainte étant dans la détresse. Si ses œuvres étaient bonnes, une grande récompense l'attendra, mais si elles étaient autrement et il revient à Dieu repentant, son repentir ne sera plus accepté comme le montrent les hadiths précités. «Dis: Vous attendez! nous aussi nous attendons» c'est une grande menace adressée à l'impie qui refuse sa foi et son repentir jusqu'au moment où tout cela ne lui sera plus d'aucune utilité par l'effet de l'apparition du soleil de son coucher qui est un des prodomes de l'Heure Suprême. Dieu en parle dans un autre verset et dit: «Qu'attendent-ils? que l'Heure fatale les surprenne à l'improviste! Ses signes ne se sont-ils déjà manifestés? Mais une fois que l'Heure sera venue comment pourront-ils se convertir» [Coran XLVII, 18]. Il a dit également: «A l'approche de notre châtiment ils s'écrieront: Nous croyons en Dieu seul et désavouons les idoles que nous lui avons associées. Mais leur foi en présence du châtiment ne leur profite pas»

Verset 159

Ceux qui ont divisé leur religion en sectes et sont devenus des partis, tu n'as rien à démêler avec eux. Leur cas ne regarde qu'Allah. Il leur fera connaître un jour ce qu'ils faisaient. Ce verset fut révélé au sujet des chrétiens et des juifs. A ce propos Ibn Abbas a dit qu'ils s'étaient disputés entre eux avant la venue de Mohammed qu'Allah le bénisse et le salue- et se dispersèrent. Lorsque Dieu envoya Son Prophète, Il lui fit cette révélation. Ces sectes désignent, d'après les dires de certains ulémas, les Khawarij et pour d'autres, ils sont ceux qui introduisent dans la religion des choses qui lui sont étrangères et qu'on appelle des innovations. Mais l'opinion la plus correcte dénote que ce terme concerne celui qui néglige la religion de Dieu et s'en éloigne en la contredisant. Car Dieu a envoyé Son Prophète avec la Direction, la religion vraie pour la placer au-dessus de toute autre religion, dont les lois sont uniques où on n'y trouve aucune contradiction. Il a dissipé également la dissidence de ces sectes. La religion de Dieu, certes, est une depuis Adam et Noé comme Dieu l'affirme dans ce verset: «Il vous a donné la même religion que celle qu'Il avait déjà recommandée à Noé...» [Coran XLI, 13] Dans un hadith, l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- aurait dit: «Nous autres Prophètes sommes de plusieurs mères mais notre religion est la même». Telle est la voie droite que les Prophètes avaient apportée et qui consiste à n'adorer que Dieu seul sans rien Lui associer, et surtout à s'attacher à celui du dernier des Prophètes. Toute autre qui la contredit n'est qu'erreur, égarement et passions que les Prophètes désavouent. Au jour de la résurrection Dieu distinguera entre les uns et les autres.

Verset 160

Celui qui se présentera à Allah avec une bonne action sera récompensé au décuple; celui qui se présentera avec une mauvaise action ne sera puni que pour une mauvaise action. Ils ne subiront aucune injustice. (160). Pour interpréter ce verset, nous nous limitons à citer ces quelques hadiths qui l'expliquent clairement: L'Imam Ahmed rapporte d'après Ibn Abbas que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- inspiré par le Seigneur qu'il soit Béni et Exalté a dit: «Mon Seigneur -à Lui la puissance et la gloire- est très miséricordieux. Quiconque se propose de faire une bonne action et ne l'accomplit pas, on lui inscrit une bonne action, mais s'il l'accomplit, on inscrira à son actif dix bonnes actions qui peuvent aller jusqu'à sept cent multiples et même plus. Quiconque a dessein de faire une mauvaise action et ne l'exécute pas, on lui inscrit une bonne action, mais s'il l'exécute, on l'inscrira à son actif comme telle ou Dieu -à Lui la puissance et la gloire- la lui efface. Ne sera perdant que celui que Dieu veut qu'il le soit» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Nassaï). L'Imam Ahmed rapporte d'après Abou Dzarr -que Dieu l'agrée- que l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu -à Lui la puissance et la gloire- dit: Celui qui fait une bonne action elle lui sera récompensée au décuple et même plus. Celui qui fait une mauvaise action elle lui sera inscrite comme telle, ou Je lui pardonnerai. Quiconque s'est approché de Moi d'un empan, Je m'approcherai de lui d'une coudée; celui qui s'est approché de Moi d'une coudée, Je m'approcherai de lui d'une brasse. Celui qui vient à moi à pied, J'irai à lui à pas accélérés (Rapporté par Mouslim et Ibn Maja)». Ceux qui n'accomplissent pas la mauvaise action méditée sont de trois catégories: Ceux qui la laissent pour l'amour de Dieu, leur acte comporte une intention et un acte, et c'est pourquoi on la leur substituera par une bonne action qui passera à leur actif, comme il est cité dans une autre version du hadith précédent, «et l'a laissée à cause de Moi». Puis ceux qui ne l'exécutent pas par oubli ou distraction: ceux-là rien ne leur sera écrit car dans leur cas il n'y avait ni acte ni intention. Enfin ceux qui ne l'accomplissent pas par paresse et impuissance après qu'ils aient eu l'intention mais les moyens leur manquèrent. Leur cas est pareil à celui de deux hommes mentionnés dans ce hadith authentifié où l'Envoyé de Dieu qu'Allah le bénisse et le salue- dit: «Si un homme sort de sa maison en tant que combattant dans la voie de Dieu, le meurtrier, le tueur et la victime iront à l'Enfer» On lui demanda: «C'est bien le sort du meurtrier, mais pourquoi la victime?» Il répondit: «L'homme victime cherchait aussi à tuer l'autre» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Khouraim Ben Fatak Al-Assadi rapporte que le Prophète qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les hommes sont divisés en quatre parties et les actes en six. Parmi les hommes il y a: L'heureux dans le bas monde et l'autre, l'heureux dans le bas monde mais il sera malheureux dans l'au-delà, l'indigent dans la vie présente mais sera aisé dans l'autre, enfin le misérable dans les deux demeures. Parmi les actes: deux qui constituent une cause de salut, deux qui rapportent leur équivalence, et deux qui valent jusqu'à sept cents multiples. Les deux premiers émanent de ce principe: Quiconque meurt en musulman croyant sans rien associer à Dieu, le Paradis lui sera dû... Quiconque meurt en impie, ira à l'Enfer. Ceux qui rapportent leur équivalence, sont: Celui qui se propose de faire une bonne action sans l'accomplir mais Dieu sait qu'il a eu l'intention et le désir de la faire, une bonne action passera à son actif. Celui qui a désiré faire une mauvaise action elle ne lui sera pas inscrite, mais s'il l'accomplit, elle lui sera inscrite comme telle. Les deux derniers sont: Celui qui fait une bonne action elle lui sera décuplée. Enfin celui qui dépense dans la voie de Dieu -à Lui la puissance et la gloire- elle lui sera comptée à sept cent multiples. (Rapporté par Ahmad, Tirmidzi et Nassaï). Ibn Abi Hatem rapporte d'après son grand-père que le Prophète qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois genres d'hommes qui viennent à la mosquée pour accomplir la prière du vendredi: Le premier y assiste en prononçant des futilités qui seraient sa part de cette prière. Le deuxième y assiste pour invoquer Dieu qui pourrait l'exaucer ou non. Le troisième qui vient y participer avec attention et silence sans gêner les gens, ne parlant à personne et ne brisant pas la prière d'autrui. Cette prière lui servira d'expiation pour les péchés qu'il aurait commis jusqu'au vendredi suivant et trois jours en plus, car Dieu -à Lui la puissance et la gloire- dit: Celui qui se présentera à Allah avec une bonne action sera récompensé au décuple» (Rapporté par Ibn Abi Hatem).

Verset 161

Dis: Mon Seigneur m'a mis dans la voie droite, m'a mis dans la vraie religion, la croyance d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est point compromis avec les idolâtres. (161) Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- le maître des Envoyés, de reconnaître qu'Il lui a accordé comme héritage un chemin droit où il n'y a ni courbure ni déviation, plutôt une voie droite en toute droiture «la croyance d'Abraham, modèle de droiture, et qui ne s'est jamais compromis avec les idolâtres». La religion d'Abraham était la religion immuable dont Dieu en a fait mention dans plusieurs versets, on cite à titre d'exemple ces deux: «Et qui peut se désintéresser de la religion d'Abraham sinon celui qui s'est abaissé de sentiment et de dignité» [Coran II, 130]. «Abraham fut un patriarche dévoué à Allah, inaccessible à toute compromission avec les idolâtres. Il sut reconnaître les bienfaits d'Allah. Pour l'en récompenser, celui-ci le prit sous Sa protection et le dirigea dans la bonne voie» [Coran XVI, 120-121]. Si le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- était ordonné de suivre le culte d'Abraham cela ne veut pas dire que la religion d'Abraham était plus parfaite que la sienne, l'inverse s'avère plus convenable et plus logique car Dieu l'a favorisé en rendant sa religion parfaite en parachevant Sa grâce sur lui, être le dernier des Prophètes et Messagers, être le maître absolu des fils d'Adam (tous les mortels), et le renvoyer - au jour de la résurrection - au poste le plus glorieux dont tous les Prophètes le souhaitèrent y compris Abraham le confident de Dieu. On a rapporté que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- disait le matin: «Nous suivons la religion de l'Islam, le dogme de la religion de notre Prophète Mohammed, le culte de notre père Abraham, un vrai croyant, il n'était pas au nombre des polythéistes». L'imam Ahmed rapporte d'après Ibn Abbas qu'on demanda à l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: Quelle est la religion que Dieu aime le plus? Il répondit: «La religion droite (Hanîfîa) et simple» (Rapporté par l'imam Ahmed dans son Mousnad).

Verset 162

Dis: Ma prière, mes sacrifices, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, maître de l'univers. (162) Voilà ce que Dieu a ordonné à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de répondre aux incrédules qui adorent un autre que Lui, et se sacrifient pour un autre que Lui. Donc ses prières et ses sacrifices -ou ses pratiques cultuelles- appartiennent à Dieu seul qui n'a pas d'associé. Il lui a ordonné en disant: «Prie ton Seigneur et fais-Lui un sacrifice» [Coran CVIII, 2] qui signifie: consacre tes prières et sacrifices à Dieu. Ces sacrifices, selon les exégètes, sont les offrandes immolées le jour du Sacrifice. À cet égard Jaber Ben Abdullah raconte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- immola deux moutons le jour du sacrifice. En les immolant il dit: «J'oriente ma face vers Celui qui a créé les cieux et la terre. Je ne suis pas au nombre des idolâtres. Mes prières, mes sacrifices, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu le Seigneur des mondes. Il n'a pas d'associé. Voilà ce qui m'a été ordonné, je suis le premier à me soumettre».

Verset 163

Allah n'a point d'associé. C'est le précepte qui m'a été imposé. Je suis le premier à m'y soumettre. (163) Je suis le premier à m'y soumettre: ceci signifie, d'après Qatâda, le premier de cette communauté, comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait déclaré que tous les Prophètes et Messagers, avant lui, prêchaient l'islam -ou la soumission à Dieu- qui consiste à adorer Dieu seul sans Lui reconnaître des égaux. Dieu raconte, dans le Coran, que Noé aurait dit à son peuple: «Si vous me dédaignez, je ne vous en demanderai pas compte. Mon compte, c'est Allah qui me le règlera. J'ai reçu l'ordre d'être parmi les soumis» [Coran X, 72]. Et il a dit par la bouche d'Abraham et Jacob en recommandant à leurs enfants: «O mes enfants, Allah vous a choisi une religion. Ne mourez pas que vous n'y soyez soumis» [Coran II, 132]. Et enfin, Il a rapporté les paroles de Youssef dans ces mots: «Seigneur, Tu m'as donné la puissance et Tu m'as appris à interpréter les événements. Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon souverain dans ce monde et dans l'autre. Fais que je meure en état de grâce et que je rejoigne les bienheureux» [Coran XII, 101]. L'état de grâce signifie la soumission. Enfin Moïse a dit à son peuple: «Si vous croyez en Allah, mettez votre confiance en Lui, comme il sied à des gens soumis» [Coran X, 84]. Plusieurs versets du Coran révèlent que Dieu a envoyé vers l'humanité des Prophètes et Messagers pour appeler les hommes à embrasser l'islam qui signifie la soumission à Dieu, malgré que la façon de la pratiquer diffère d'une religion à une autre et dont chacune a ses propres prescriptions. Ainsi l'islam est la religion que Dieu a agréée. À Mohammed -qu'Allah le bénisse et le salue- l'islam lui fut imposé comme étant la religion dernière que Dieu a agréée pour toute l'humanité. Il ne sera donc ni abrogé ni modifié car notre Prophète est le dernier Envoyé vers les hommes. L'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, comme on a cité auparavant, a dit: «Nous les Prophètes issus de plusieurs mères, mais notre religion est la même». L'imam Ahmed rapporte d'après Ali que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, après le premier tekbir pour entamer la prière formulait cette invocation: «Je tourne mon visage, comme un vrai croyant, vers celui qui a créé les cieux et la terre. Je ne suis pas au nombre des idolâtres. Ma prière, mes sacrifices, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu le Seigneur de l'univers qui n'a point d'associé. Voilà ce que l'on m'a ordonné et je suis le premier des soumis. Seigneur! Tu es le Souverain, il n'y a de Dieu que Toi. Tu es mon Seigneur et je suis ton serviteur. Je me suis fait tort à moi-même, j'avoue mes péchés, pardonne-moi tous mes péchés car nul autre que Toi n'absout les péchés. Dirige-moi vers la meilleure morale car nul autre que Toi n'y dirige. Écarte-moi des mauvais caractères car nul autre que Toi ne les écarte. Que Tu sois béni et élevé. J'implore Ton pardon et reviens à Toi» (Rapporté par Mouslim).

Verset 164

Dis: Voudrais-je pour maître un autre qu'Allah, le maître de l'univers? Toute âme n'est responsable que d'elle-même. Aucune ne supportera les péchés d'une autre. Vous retournerez à votre Seigneur qui expliquera ce sur quoi vous étiez divisés. (164) Pour répondre toujours aux polythéistes, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- fut ordonné de leur déclarer qu'il n'adore que Dieu seul sans rien Lui associer, de Lui vouer un culte pur, de se fier à Lui et de ne demander secours que de Lui. La foi et la confiance en Dieu sont souvent jointes l'une à l'autre dans plusieurs versets du Coran. On cite ces quelques-uns à titre d'exemple: - «C'est Toi que nous adorons, c'est Toi dont nous implorons secours» [Coran I, 5]. - «Adore-Le, mets ta confiance en Lui» [Coran XI, 123]. - Dis: «Il est miséricordieux, nous croyons en Lui et nous nous fions à Lui» [Coran LXVII, 29]. - «Il est le maître de l'Orient et de l'occident. Il n'y a d'autre Allah que Lui. Prends-Le pour Souverain» [Coran LXXIII, 9]. Le jour de la résurrection où tout compte sera rendu «Toute âme n'est responsable que d'elle-même. Aucune ne supportera les péchés d'une autre» chacun sera récompensé ou châtié, sera mis au Paradis ou en Enfer, rétribué selon ses œuvres bonnes ou mauvaises. Nul ne portera le fardeau d'un autre et la justice sera établie. «Si une âme demande à une autre, fût-elle une de ses proches, de la soulager de son fardeau, ce sera en vain» [Coran XXXV, 18]. En ce jour-là les hommes ne subiront à craindre ni injustice ni arbitraire» [Coran XX, 112]. Toute âme sera responsable de même de ses œuvres à l'exception des hommes de la droite dont la bénédiction de leurs bonnes œuvres pourrait être, si Dieu le veut, répartie sur leurs descendants et proches, ce qui est confirmé par ce verset: «Nous réserverons le même sort qu'aux croyants, à leurs descendants qui auront suivi leur foi. Nous ne leur ferons rien perdre du mérite de leurs actions» [Coran LII, 21]. Cela signifie que les descendants seront avec leurs aînés en Paradis grâce à leur foi même si leurs œuvres ne leur rapporteraient pas ce grand mérite. Tout cela sera réalisé grâce à la miséricorde et la générosité du Seigneur. «Vous retournerez à votre Seigneur qui expliquera ce sur quoi vous étiez divisés» cela signifie, sous-entendant: Agissez selon votre condition, quant à moi j'agirai selon la mienne. Au jour de la résurrection, vous comparaîtrez devant Lui et Il nous montrera alors ce sur quoi nous n'étions pas d'accord dans le bas monde. Tout cela, nous le trouvons bien exposé dans ce verset: «Dis: «Vous n'aurez pas à répondre de nos actes, ni nous des vôtres. Dis: Notre Maître nous rassemblera et se prononcera entre nous en toute justice. Il est le Juge par excellence et le savant» [Coran XXXIV, 25-26].

Verset 165

C'est Lui qui vous a appelés à prendre sur terre la place des générations passées et qui a établi entre vous des hiérarchies pour vous éprouver dans vos tâches respectives. Votre Seigneur est rapide dans la répression mais Il est bon et miséricordieux (165). Dieu, certes, est celui qui a peuplé la terre par des générations qui se succédèrent les unes aux autres, siècle après siècle, depuis le jour où Il créa Adam et le fit descendre sur terre en disant aux anges qu'il voulait avoir sur terre un représentant, puis des peuples pour voir comment ils s'y comportent. «Et qui a établi entre vous des hiérarchies» ou suivant une autre interprétation: Il a élevé certains d'entre vous de plusieurs degrés au-dessus des autres. Cette distinction pourrait être: soit dans les biens, soit dans les caractères, soit dans les couleurs etc... mais elle émane toujours de Sa sagesse. Dieu a dit à cet égard: «C'est nous qui distribuons entre eux leur subsistance en ce monde, et nous élevons les uns au-dessus des autres pour qu'ils se prennent mutuellement les uns et les autres pour serviteurs» [Coran XLIII, 32]. Comme il a dit aussi: «Considère comment nous avantageons les uns par rapport aux autres. Il y aura des différences plus marquées encore dans la vie future» [Coran XVII, 21]. Quel est ce but? si ce n'est que: «pour vous éprouver dans vos situations». Il éprouve les aisés pour voir s'ils témoignent reconnaissance et les pauvres s'ils endureront leur indigence et se montreront patients. Mouslim rapporte dans son Sahîh que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le bas monde est verdoyant et désirable. Dieu vous y a faits des successeurs pour voir comment vous œuvrez. Redoutez le bas monde et les femmes qui étaient la première tentation qui anéantit aussi les fils d'Israël». «Votre Seigneur est rapide dans la vengeance mais Il est bon et miséricordieux» Ce verset contient la crainte du châtiment céleste et l'inclination à espérer la clémence de Dieu. Mais en fin de compte tout dépendra du comportement de l'individu. Dieu a souvent joint dans le Livre la rigueur à la miséricorde. Tantôt Il incite Ses serviteurs à L'adorer en leur rappelant le Paradis grâce à leurs bonnes actions, et tantôt Il leur montre ce qu'il y aura comme supplice dans l'Enfer en leur décrivant le sort du jour du Jugement. L'Imam Ahmed rapporte d'après Abou Houraira que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si le croyant savait ce que Dieu a réservé comme châtiment, personne n'aurait ambitionné Son Paradis. Par contre, si l'incrédule savait ce que Dieu a réservé comme miséricorde, personne n'aurait désespéré de Son Paradis. Dieu a fait de la miséricorde cent parties. Il en a fait descendre sur terre une seule grâce à laquelle les créatures se montrent clémentes les unes envers les autres, et Il en réserve auprès de Lui quatre-vingt-dix-neuf parties». Pour résumer tout cela, il suffit de citer ce verset exhaustif: «Avertis les hommes que Je suis indulgent et miséricordieux, et que Mon châtiment est impitoyable» [Coran XV, 49-50].

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