Hud
Sourate 11 · 123 versets · Revelation mecquoise
Verset 1
Alif-Lam-Ra. Voici un livre conçu en versets fondamentaux et d'autres qui constituent des développements de la part du Sage et de l'Instruit. Le Coran est un Livre céleste révélé par un Sage et un Informé, dont les versets sont renforcés et expliqués où on ne trouve aucune ambiguïté, qui appelle les hommes à n'adorer qu'un Dieu seul sans Lui reconnaître des associés.
Verset 2
N'adorez qu'Allah. Je suis chargé de Lui de vous avertir et de vous annoncer une bonne nouvelle. Si vous désobéissez à Dieu vous encourrez Sa colère et subirez Son châtiment, et par contre, si vous Lui obéissez vous serez récompensés. Dans un hadith authentifié on rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - monta un jour sur le mont As-Safa et appela les phraties des tribus Qoraïchites une par une, les plus proches puis les moins proches. Une fois les hommes réunis, il leur dit : «Ô Qoraïchites ! Si je vous dis que l'ennemi va vous attaquer de jour, me croirez-vous ?» Ils lui répondirent : «Certes oui car tu n'as jamais raconté de mensonges». Il répliqua : «Alors je suis pour vous un avertisseur qui vous met en garde contre un châtiment atroce et proche» (Rapporté par Boukhari).
Verset 3
Implorez le pardon de votre Maître. Soumettez-vous à Lui. Il vous assurera une vie paisible jusqu'au terme fixé. Il reconnaîtra à chacun ses mérites. Si vous restez rebelle, je crains pour vous un châtiment qui fasse date. Demandez pardon à votre Seigneur pour absoudre vos péchés précédents et revenez vers Lui en vous soumettant à Lui pour être sauvés de ce qui vous attend, persévérez-y et alors : «Il vous assurera une vie paisible» dans ce bas monde «jusqu'au terme fixé. Il reconnaîtra à chacun ses mérites» dans la vie future. Ce verset, comme a dit Qatada, est pareil à celui-ci : «Quiconque, mâle ou femelle, fait le bien tandis qu'il est croyant, sûrement nous lui ferons vivre une excellente vie» [Coran XVI, 97]. Dans un hadith authentifié l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à Sa'd : «Tu ne fais une dépense en vue de Dieu sans que tu ne sois récompensé, même pour la nourriture que tu mets dans la bouche de ta femme». Quant aux dires de Dieu : «Il reconnaîtra à chacun ses mérites» Ibn Mass'oud a dit : «Quiconque commet une mauvaise action on la lui inscrit comme telle. Celui qui fait une bonne action, elle lui sera décuplée. S'il a été puni dans le bas monde pour une mauvaise action, les dix bonnes actions resteront dans son actif. Mais s'il n'en a pas été puni, une seule bonne action sera soustraite et il lui restera neuf». Puis il poursuivit : «Sera-t-il péri et perdu quiconque ses «unités» l'emporteront sur ses «dizaines». «Si vous restez rebelle, je crains pour vous un châtiment qui fasse date» c'est une menace lancée à quiconque se détourne des enseignements de Dieu, traite Ses Prophètes de menteurs, car un châtiment inéluctable l'attend au jour de la résurrection.
Verset 4
C'est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-Puissant. Tous les hommes sans exception retourneront vers Dieu. Comme Il est puissant sur toute chose, Il rétribuera ses saints serviteurs par la plus belle récompense, se vengera de Ses ennemis. Il y a là donc une exhortation et un avertissement.
Verset 5
En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit que les hommes, dans le temps, avaient honte de s'exposer au ciel entièrement nus quand ils commerçaient avec leurs femmes. Dans une autre interprétation, toujours d'après Ibn Abbas, il a dit : En commettant les mauvaises actions, ou en disant quelque chose, ils se couvraient de leurs vêtements pour se cacher de Dieu ou ils se repliaient sur eux-mêmes. Dieu leur fait connaître qu'à l'instant même où ils s'habillent, Allah sait ce qu'ils pensent et ce qu'ils expriment c'est à dire même à l'instant où ils se couvrent de leurs vêtements dans les ténèbres de la nuit, Il connaît ce qu'ils expriment et font, soit en secret, soit ouvertement car «Allah voit dans le tréfonds des cœurs». Abdullah Ben Chadad rapporte que lorsque quelqu'un passa par l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - il se repliait sur lui-même et cachait sa tête. Dieu fit cette révélation.
Verset 6
Il incombe à Dieu de pourvoir aux besoins de Ses créatures et de leur assurer la subsistance. Que cette créature (litt. bête) soit petite ou grande, Il connaît son gîte et son repaire. Suivant une interprétation de Ibn Abbas : Il connaît son gîte et son dépôt c'est à dire le lieu de sa mort. Pour Moujahed : Il s'agit de demeure qui est l'utérus et du dépôt qui sont les reins. Tout cela est consigné dans un livre évident auprès de Dieu, comme Il a dit : «Nous n'avons rien omis dans le livre de la création. Comme tous les autres êtres, ils retourneront à leur Seigneur» [Coran VI, 38]. Il l'affirme également dans ce verset : «Il sait ce que recèlent le sein de la terre et ce qu'elle fait pousser. Il n'est pas une goutte qui tombe, qui ne le sache. Il n'est pas une molécule dans les entrailles de la terre».
Verset 7
C'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours. Son Trône était sur les flots. Il avait pour but de faire apparaître quels étaient les meilleurs d'entre vous. Et quand tu leur dis qu'ils ressusciteront après leur mort, les infidèles ne manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie. Dieu est certes capable de toute chose. Il a créé les cieux et la terre en six jours, Son Trône était sur l'eau. L'imam Ahmed rapporte d'après Imran Ben Houssayn que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : «O Bani Tamim, ayez cette bonne nouvelle !» Ils lui répondirent : «Tu nous l'as déjà annoncée, donne-nous donc». Il leur dit : «O habitants du Yémen, acceptez cette bonne nouvelle !» Ils lui dirent : «Nous l'avons acceptée. Raconte-nous donc au sujet de la création de cet univers». Il répliqua : «Dieu existait avant tout. Son Trône était sur l'eau. Il a écrit sur la Tablette Gardée tout ce qui existera». À ce moment, reprit Imran, un homme vint me dire que ma chamelle s'est détachée de son licol. Je partis à sa recherche et j'ignore ce que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit après ma sortie. Abdullah Ben Amr Ben Al-'As rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : «Dieu a prédestiné à toutes les créatures leurs termes et leurs biens avant la création des cieux et de la terre de cinquante mille ans. Son Trône était sur l'eau» (Rapporté par Mouslim). Dieu créa les cieux et la terre afin que les hommes en profitent et L'adorent sans rien Lui associer. Aucune chose soit-elle dans les cieux ou sur la terre n'a été créée vainement et sans un but déterminé. Lorsque Dieu a mentionné les œuvres, Il n'a pas exigé la quantité mais la qualité et ceci pour éprouver Ses serviteurs et pour savoir qui d'entre eux accomplissent les meilleures actions. «Et quand tu leur dis qu'ils ressusciteront après leur mort» Si, ô Mouhammad, tu avertis les idolâtres qu'ils seront ressuscités après la mort, et comme ils ont été créés ils seront ramenés à la vie, ils nieront la résurrection et le rassemblement attribuant à Dieu son incapacité de faire une chose pareille, alors que ce sera pour Lui une affaire plus facile que la première création. Obstinés et rebelles «les infidèles ne manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie» En plus ils prétendent que ceux qui croient à un tel phénomène ne sont que ceux qui sont ensorcelés par les propos du Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue -.
Verset 8
Si nous reculons leur châtiment à une date ultérieure, les voilà qui disent : «Qu'est-ce qui empêche ce châtiment ?» Qu'ils le sachent, le jour où il se produira, rien ne pourra les en sauver. Ce qu'ils traitent avec raillerie les accablera. En d'autres termes, si nous écartons d'eux le châtiment jusqu'à une date déterminée, où ils seront jugés en leur accordant un répit, ils répondent avec impertinence : «Qu'est-ce qui empêche ce châtiment ?» parce qu'ils sont enclins au doute et au mensonge, et ils ne trouvent aucun autre prétexte.
Verset 9
Si nous accordons à l'homme notre bénédiction et que nous la lui retirons, le voilà en proie au désespoir et au ressentiment le plus vif. L'homme de par sa nature possède des caractères répugnants, à l'exception de ceux qui jouissent de la miséricorde de Dieu. Une fois infligé par un malheur quelconque après une période d'aisance, le voilà désespéré et pessimiste ne voyant devant lui qu'un futur sombre et, d'autre part, il manifeste son ingratitude c'est comme s'il n'a jamais connu une période prospère et aisée.
Verset 10
Le faisons-nous bénéficier d'un bienfait après une période d'adversité, il s'écrie : «Enfin, c'en est fini de mes malheurs» Car, il est inconséquent et prompt à s'enorgueillir. Ainsi est son cas quand il goûte un bienfait divin après que le malheur l'a touché, il s'écrie : «Les malheurs se sont éloignés de moi» convaincu qu'il n'en sera plus infligé. Alors il se montre joyeux et fier : joyeux à cause de ce qu'il dispose comme bienfaits, et fier en s'enorgueillissant sur les autres. Mais il en est des hommes qui sont à l'inverse de la catégorie précédente. Ils sont «ceux qui sont constants» en endurant les malheurs sans se plaindre «et pratiquent les bonnes œuvres» en état d'aisance et de bonne santé. «Ceux-là sont pardonnés» à cause de leurs malheurs qu'ils ont supporté «et recevront une belle récompense» pour prix de leurs bonnes actions qu'ils ont accomplies pendant la période d'aisance.
Verset 11
Ceux qui sont constants et pratiquent les bonnes œuvres ceux-là sont pardonnés et reçoivent une belle récompense. L'homme de par sa nature possède des caractères répugnants, à l'exception de ceux qui jouissent de la miséricorde de Dieu. Une fois infligé par un malheur quelconque après une période d'aisance, le voilà désespéré et pessimiste ne voyant devant lui qu'un futur sombre et, d'autre part, il manifeste son ingratitude c'est comme s'il n'a jamais connu une période prospère et aisée. Ainsi est son cas quand il goûte un bienfait divin après que le malheur l'a touché, il s'écrie: «Les malheurs se sont éloignés de moi» convaincu qu'il n'en sera plus infligé. Alors il se montre joyeux et fier: joyeux à cause de ce qu'il dispose comme bienfaits, et fier en s'enorgueillissant sur les autres. Mais il en est des hommes qui sont à l'inverse de la catégorie précédente. Ils sont «ceux qui sont constants» en endurant les malheurs sans se plaindre «et pratiquent les bonnes œuvres» en état d'aisance et de bonne santé. «Ceux-là sont pardonnés» à cause de leurs malheurs qu'ils ont supportés «et recevront une belle récompense» pour prix de leurs bonnes actions qu'ils ont accomplies pendant la période d'aisance.
Verset 12
Dieu, par ces versets, réconforte Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - pour le laisser oublier ce que les idolâtres lui attribuent, par exemple quand «les méchants ajoutent: «Vous ne suivez qu'un homme possédé» [Coran XXV, 8]. Il lui ordonne de ne plus ressentir de l'angoisse à entendre des propos pareils et de persévérer dans l'appel à Dieu de jour et de nuit sans se lasser, comme Il a dit: «Nous savons que leurs propos oppriment ton cœur» [Coran XV, 97]. «Vas-tu délaisser une partie de ce qui t'a été révélé, laisseras-tu faiblir ton courage quand tu les entendras dire...» Sache que tu n'es qu'un avertisseur comme les autres prophètes qui t'ont précédé, qui ont été traités d'imposteurs et même on leur a nui, ils ont tout enduré jusqu'au moment où ils ont été secourus par Dieu à Lui la puissance et la gloire.
Verset 13
Puis Dieu montre le caractère inimitable du Coran et que nul ne pourra produire un livre pareil, ou dix sourates qui lui soient semblables ou même une seule sourate. Car les paroles divines ne sont nullement pareilles à celles de Ses créatures, tout comme Ses qualités diffèrent totalement des leurs; ainsi que Sa nature. Qu'Il soit élevé et exalté.
Verset 14
«S'ils s'avèrent incapables» si donc ils ne vous répondent pas, sachez qu'ils ne pourraient plus le faire car le Coran est descendu avec la science de Dieu, renfermant Ses ordres et Ses interdictions. Soumettez-vous donc à Lui et sachez qu'il n'y a d'autre Dieu que Lui.
Verset 15
Ibn Abbas a commenté: On rétribue les bonnes œuvres des hypocrites dans le bas monde et ils ne sont pas lésés d'une pellicule de datte. Dieu veut dire par ce verset: Quiconque accomplit une bonne œuvre, s'agit-il d'un jeûne ou d'une prière, rien que pour acquérir les biens de ce monde, Je les lui accorde, mais, dans la vie future, ses œuvres seront vaines et il sera perdant. Anas et Al-Hassan ont précisé que ce verset fut descendu au sujet des gens d'Écriture: les juifs et les chrétiens; tandis que Moujâhed a trouvé qu'il concerne tous les hypocrites. Qatâda a commenté: «Quiconque dont le bas monde est son but et sa préoccupation, Dieu rétribue ses bonnes œuvres dans le bas monde mais dans l'autre il ne trouvera dans son actif aucune bonne action pour en être rétribué. Quant au croyant il récoltera une double récompense: une dans la vie d'ici-bas et une dans l'au-delà.»
Verset 16
Ceux-là seront au jour du compte final les plus grands perdants où ils goûteront le feu ardent qui ne s'éteindra pas. Ils y invoqueront en vain les idoles et les statues qu'ils adoraient en dehors de Dieu, mais au contraire, ces divinités ne feront qu'à leur nuire davantage, tout comme lorsque Abraham a dit à son peuple: «Au jour de la résurrection, vous vous renierez et vous vous maudirez les uns les autres. L'enfer sera votre demeure vous n'aurez aucun soutien» [Coran XXIX, 25]. Les coupables seront les grands perdants au jour de la résurrection parce que, dans le bas monde, ils avaient préféré, à cause de leurs péchés, l'eau bouillante aux délices du Paradis, la nourriture des damnés aux houris aux grands yeux, et l'abîme aux palais. Sans doute ils sont les perdants.
Verset 17
Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révélations de leur Seigneur et au Livre de Moïse, guide et bénédiction du ciel, et qui calquent leur conduite sur leurs croyances? Les voilà, les vrais croyants. Tel est le cas des croyants ils sont conformes à la nature que Dieu a donnée aux hommes, c'est à dire soumis, ou selon une interprétation née sur l'islamisme. «Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révélations de leur Seigneur». Cette partie du verset, qui ne donne pas exactement le sens du texte arabe est interprétée de la façon suivante: «Que dire alors de celui qui est basé sur une preuve venant de son Seigneur et qu'un témoin de Sa part récite». Ce témoin de la part du Seigneur n'est autre que le Coran transmis par Gabriel au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et divulgué par celui-ci à sa communauté d'abord mais, en fait, à tous les hommes. «et au Livre de Moïse» qui est le Pentateuque (ou la Torah) «guide et bénédiction du ciel» que Dieu le fit descendre comme un guide au peuple de Moïse et une miséricorde.
Verset 18
Les injustes et ceux qui auront forgé des mensonges contre Dieu seront dénoncés devant tout le monde au jour de la résurrection. À ce propos l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu rapprochera de Lui le croyant (au jour de la résurrection), Il le prendra à Ses côtés, le dissimulera (des regards des autres) et lui dira: «Reconnais-tu tel péché? Reconnais-tu tel péché?» Il Lui répondra: «Certes oui, Seigneur» Une fois qu'il a reconnu tous ses péchés, et que le croyant aura le sentiment d'être perdu, Dieu lui dira: «Je les ai dissimulés pour toi dans le bas monde et aujourd'hui Je te les pardonne». Puis on lui donnera le livre de ses bonnes actions. Quant aux incrédules et hypocrites, leurs témoins diront: «Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Seigneur. Malédiction d'Allah sur les coupables» (Rapporté par Boukhâri, Mouslim et Ahmed d'après Ibn Omar).
Verset 19
«Les coupables, je veux dire ceux qui détournent leurs prochains de la voie d'Allah, qui cherchent à rendre celle-ci tortueuse» Ceux qui repoussent les autres à suivre la voie de la vérité et les empêchent d'emprunter le chemin qui les mène à Dieu à Lui la puissance et la gloire, en leur rendant cette voie tortueuse. Ceux-là ne croient pas à la vie future.
Verset 20
«Ceux-là, qu'ils le sachent ne sauraient tenir Allah en échec sur terre ni trouver aucun protecteur» ils ne pourraient plus réduire Dieu à l'impuissance et ils sont toujours sous Son pouvoir et Il est capable de se venger d'eux à tout moment. Mais Il leur a accordé un délai jusqu'au jour où leurs yeux se fixeront d'horreur. À cet égard l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l'injuste, mais quand Il le saisira, Il ne le lâchera plus». Ceux-là, le châtiment sera doublé pour eux, car Dieu leur avait donné des oreilles, des yeux et des cœurs; mais ni leurs oreilles, ni leurs yeux, ni leurs cœurs ne leur ont servi à quoi que ce soit. Ils étaient comme des sourds qui n'ont pas entendu la voix de la vérité et aveugles n'ayant pas vu son chemin.
Verset 21
Ceux-là se seront perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités qu'ils ont inventées. Ceux-là seront au jour du compte final les plus grands perdants où ils goûteront le feu ardent qui ne s'éteindra pas. Ils y invoqueront en vain les idoles et les statues qu'ils adoraient en dehors de Dieu, mais au contraire, ces divinités ne feront qu'à leur nuire davantage, tout comme lorsque Abraham a dit à son peuple : « Au jour de la résurrection, vous vous renierez et vous vous maudirez les uns les autres. L'enfer sera votre demeure vous n'aurez aucun soutien » [Coran XXIX, 25].
Verset 22
Les coupables seront les grands perdants au jour de la résurrection parce que, dans le bas monde, ils avaient préféré, à cause de leurs péchés, l'eau bouillante aux délices du Paradis, la nourriture des damnés aux houris aux grands yeux, et l'abîme aux palais. Sans doute ils sont les perdants.
Verset 23
Après avoir montré le cas et le sort des réprouvés, Dieu parle des bienheureux ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, et qui auront le Paradis comme récompense. Ils y trouveront les demeures élevées, les fruits à portée de leurs mains, les vierges bonnes et belles, les différents fruits. Ils auront l'occasion de regarder leur Seigneur, le créateur des cieux et de la terre. Ils y demeureront pour l'éternité, resteront toujours jeunes, n'éprouveront aucune maladie, ne cracheront pas et ne moucheront pas. Tous ces déchets ne sortiront que comme un rot et leur sueur sera comme du musc.
Verset 24
Faisant la comparaison entre les deux catégories, Dieu démontre que les damnés et les croyants ressemblent à un aveugle et un sourd et à celui qui voit et entend. L'incrédule est pareil à un aveugle qui ne voit ni connaît le chemin du bien, sourd qui n'entend pas les arguments et les exhortations pour en tirer profit. Car si Dieu avait reconnu quelque bien en eux Il aurait fait en sorte qu'ils entendent. Quant au croyant, il est intelligent et perspicace, capable de distinguer entre la vérité et l'erreur, et par la suite, il suit la première et délaisse l'autre. Il entend l'argument et les preuves pour en profiter. « Finirez-vous par comprendre ? » que ces deux sortes de personnes ne sont pas semblables comme l'affirme ce verset : « Les élus du Paradis ne sauraient être comparés aux damnés de l'Enfer. Bienheureux les élus du Paradis » [Coran XLIX, 20] et celui-ci n'est qu'une autre affirmation : « L'aveugle ne saurait être assimilé à celui qui voit, pas plus que les ténèbres à la lumière, pas plus que l'ombre à la chaleur. Les vivants ne sauraient être assimilés aux morts » [Coran XXXV, 19-22].
Verset 25
Noé - que Dieu le salue - fut le premier Prophète envoyé vers les polythéistes, les adorateurs des idoles. Il leur dit : « Je suis chargé de vous avertir solennellement » de n'adorer que Dieu seul sinon vous subirez Son châtiment terrible.
Verset 26
Si vous persévérez dans votre idolâtrie, je crains pour vous le châtiment d'un jour douloureux.
Verset 27
« Les puissants de son peuple » qui sont les chefs et les élites parmi les mécréants lui répondirent : « Tu ne nous parais pas fait autrement que nous ». Tu n'es ni ange ni un autre être mais un mortel comme nous, comment pourrait-il que tu reçoives une révélation en dehors de nous ? Bien plus, nous ne te voyons, à première vue suivi que par les plus méprisables d'entre nous, tels que les marchands, les tisserands et leurs similaires, sans qu'il y ait parmi eux ni chef ni distingué. D'autant plus, ceux qui t'ont suivi, ils ont agi à l'aveuglette. « Aucune grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous » Donc ni création ni rang ne vous donnent sur nous aucune supériorité en suivant cette nouvelle religion. « Bien plus, nous vous prenons pour des imposteurs » en nous appelant à la piété, l'adoration d'un Dieu unique et au bonheur.
Verset 28
Et Noé de leur répondre : « Qu'y puis-je ? Délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur ? » Voyez-vous si je m'appuie sur une preuve irréfutable envoyée par mon Seigneur et que je suis un Prophète sincère, et si cela vous reste incompris ou caché sans pouvoir le saisir « vais-je vous contraindre à y croire » et vous l'imposer alors que vous y répugnez ?
Verset 29
Noé répliqua toujours aux incrédules : « Je ne vous demande aucun salaire contre les conseils que je vous prodigue, mon salaire n'incombe qu'à Dieu à Lui la puissance et la gloire. « Je ne saurais repousser ceux qui croient » à savoir qu'ils lui avaient demandé de congédier ceux qui avaient cru en lui par pruderie de s'asseoir avec eux, tout comme les polythéistes de La Mecque avaient demandé à Mouhammad - qu'Allah le bénisse et le salue - de repousser les pauvres et les faibles qui lui tenaient compagnie pour qu'ils ne soient avec eux dans la même assemblée. Dieu à ce moment lui fit cette révélation : « Ne repousse pas ceux qui implorent leur Seigneur, matin et soir » [Coran VI, 52]. Mais je vois que vous êtes des gens ignorants.
Verset 30
Noé n'est qu'un Prophète chargé d'appeler les hommes à adorer Dieu seul, sans leur demander aucune récompense. Pour cela il doit appeler le noble et le pauvre, quiconque aura répondu à son appel aura trouvé son salut. D'autre part il ne peut pas disposer des trésors de Dieu, ni connaître le mystère incommunicable sauf ce que Dieu a voulu qu'il le sache. Il n'est pas un ange mais un mortel comme les autres et chargé d'une mission et appuyé par des miracles et signes. Quant à ceux que vous méprisez, je ne vous dis pas qu'ils n'auront pas leur récompense auprès de Dieu car « Allah seul sait ce que recèlent leurs cœurs » Si vraiment ils sont des croyants sincères, alors Dieu ne les lésera pas de leurs récompenses. Ne réfléchirez-vous donc point ?
Verset 31
Et je ne vous dis pas: «Les trésors de Dieu sont en ma possession», ni «Je connais l'Invisible», ni «Je suis un ange». Je ne suis qu'un mortel comme vous. Noé n'est qu'un Prophète chargé d'appeler les hommes à adorer Dieu seul, sans leur demander aucune récompense. Pour cela il doit appeler le noble et le pauvre, quiconque aura répondu à son appel aura trouvé son salut. D'autre part il ne peut pas disposer des trésors de Dieu, ni connaître le mystère incommunicable sauf ce que Dieu a voulu qu'il le sache. Il n'est plus un ange mais un mortel comme les autres et chargé d'une mission et appuyé par des miracles et signes. Quant à ceux que vous méprisez, je ne vous dis pas qu'ils n'auront pas leur récompense auprès de Dieu car «Allah seul sait ce que recèlent leurs cœurs». Si vraiment ils sont des croyants sincères, alors Dieu ne les lésera pas de leurs récompenses.
Verset 32
Ils dirent: «Ô Noé, assez discuté. Nous n'avons que trop discuté jusqu'ici. Provoque le malheur dont tu nous menaces, si tu es sincère». Le peuple de Noé demanda de hâter le châtiment et la vengeance de Dieu, il lui dit: «Nous n'avons que trop discuté jusqu'ici» nos discussions sont devenues stériles. Invoque ton Seigneur d'abattre sur nous Son supplice comme bon vous semble. «Provoque le malheur dont tu nous menaces».
Verset 33
Allah vous l'enverra, s'Il le veut. Et vous ne saurez l'en empêcher. Et Noé de répondre: «Allah vous l'enverra, s'Il le veut. Et vous ne saurez l'en empêcher». Dieu, qui est capable sur toute chose, vous l'apportera quand Il veut, ceci dépend de Sa volonté.
Verset 34
Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de rien s'il est dans les desseins d'Allah de vous perdre. C'est votre Maître. C'est à Lui que vous ferez retour. «Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de rien s'il est dans les desseins d'Allah de vous perdre». Mon conseil ne vous profiterait pas si je vous le donnais et que mon Seigneur veuille vous dérouter et vous égarer. Il est votre Seigneur et vers Lui vous serez ramenés.
Verset 35
Ils s'obstinent à dire que le Coran est une invention. Réponds: «Si c'est une invention, j'en supporterai la responsabilité mais je vous laisse à celle de vos péchés». Ce verset est une involution au milieu de l'histoire de Noé et son peuple. Dieu ordonne à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de répondre à ces impies et ingrats qui l'accusent d'avoir forgé ce Livre: «Si c'est une invention, j'en supporterai la responsabilité» et mon crime retombe sur moi, «mais je vous laisse celle de vos péchés» je suis innocent de ce que vous commettez. Je connais très bien le châtiment qui attend quiconque aura forgé des mensonges contre Dieu.
Verset 36
Pour en finir avec les incrédules et leur obstination, Noé invoqua Dieu par ces mots: «Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle» [Coran LXXI, 26] et: «Je suis à bout, viens à mon secours» [Coran LIV, 10]. Le Seigneur lui révéla alors: «Désormais il n'y aurait plus de nouvelles conversions». Nul de ton peuple vraiment ne croira que celui qui a déjà cru. Donc ne t'attriste pas de ce qu'ils font et que leur sort ne te préoccupe pas.
Verset 37
«Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos plans». Construis l'arche sous nos yeux et notre révélation «et cesse de m'apitoyer sur les incrédules. Ils périront noyés». Qatada commenta: «L'arche avait une longueur de trois cents coudées et une largeur de cinquante. D'autres ont précisé: six cents en long, trois cents en largeur et trente en hauteur dont trois étages et chacun avait dix coudées de hauteur: l'inférieur était réservé aux bêtes fauves et domestiques, le moyen aux humains et le supérieur aux oiseaux. Sa porte était de côté au milieu de sa largeur et un couvercle fermait hermétiquement l'arche.
Verset 38
Le voyant construire cette arche, les chefs et les notables parmi son peuple se moquaient de lui et niaient le supplice dont il les menaçait. Et lui de répondre: «Vous vous raillez aujourd'hui, mais nous ne tarderons pas à vous railler à notre tour». Un verset qui renferme à la fois un avertissement et une menace sûre.
Verset 39
«Vous saurez bientôt pour qui se prépare un châtiment dans ce monde et à qui un supplice éternel est réservé dans l'autre» donc un châtiment humiliant dans le bas monde - la noyade - et un autre sans fin dans l'autre.
Verset 40
Cette situation dura jusqu'au jour où notre décret arriva à exécution et où l'eau se mit à bouillonner dans sa source. Nous dîmes alors à Noé: «Embarque dans l'arche un couple de chaque espèce ainsi que les tiens, excepté ceux dont le sort est déjà réglé. Embarque aussi ceux qui croient: «Hélas! ceux-ci n'étaient pas nombreux». Ce fut une promesse de Dieu à Noé quand viendra Son ordre, d'envoyer une pluie torrentielle et incessante comme il est cité dans ce verset: «Nous ouvrîmes les portes du ciel. L'eau tomba à torrents. Nous fîmes jaillir des sources de toute la terre. Eau de pluie et de source se confondirent en exécution du décret d'Allah» [Coran LIV, 11-17]. Ibn Abbas commente ce fait: L'eau jaillit partout même des fours. À ce moment Dieu ordonna à Noé «Embarque dans l'arche un couple de chaque espèce» de toutes les créatures vivantes et plantations. Quant à l'expression: «ainsi que les tiens, excepté ceux dont le sort est déjà réglé» il s'agit de sa famille et ses proches sauf ceux qui ne partageaient pas la foi de Noé, qui étaient son fils Yam et la femme de Noé qui était incrédule. Ceux qui avaient cru étaient peu nombreux malgré cette longue période qu'avait passée parmi son peuple et évaluée à neuf cent cinquante ans. Ibn Abbas a précisé qu'il y avait sur l'arche quatre-vingts personnes, hommes et femmes, mais Ka'b Al-Ahbar a limité le nombre à soixante-douze et d'autres à dix. Dieu seul est le plus savant.
Verset 41
Verset 42
Verset 43
Verset 44
Verset 45
Verset 46
Verset 47
Verset 48
Verset 49
Verset 50
Verset 51
Houd, le Prophète, fut envoyé au peuple de Ad pour leur ordonner de n'adorer que Dieu seul sans rien Lui associer et leur interdire l'adoration des statues qu'ils ont inventées en leur donnant des noms. Contre ces exhortations, il ne leur demanda aucun salaire car il n'espéra la récompense que de Dieu qui l'a créé. «Finirez-vous par comprendre?» et concevoir ce qui amende votre situation dans les deux mondes.
Verset 52
Puis il leur ordonna d'implorer le pardon de Dieu pour leur absoudre les péchés qu'ils avaient commis et de revenir à Dieu repentants pour assurer leur salut dans la vie future. Quiconque aura suivi ces conseils, Dieu lui facilite l'acquisition des biens et le sauve. L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit à ce propos: «Celui qui ne cesse d'implorer le pardon de Dieu, Il lui accorde un réconfort de toute angoisse, une issue de toute gêne et le pourvoire par des moyens sur lesquels il ne comptait pas!».
Verset 53
Le peuple de Houd lui répondit: «Tu n'es pas venu à nous avec une preuve décisive pour affirmer ce que tu prétends, et nous n'en sommes pas à abandonner nos divinités sur ta parole.
Verset 54
«À n'en pas douter, une de nos divinités t'a troublé l'esprit». Que disons-nous, sinon qu'un de nos dieux t'a puni en te causant une certaine folie parce que tu viens nous empêcher de l'adorer». Mais Houd répliqua: «Je prends Allah à témoin et témoignez vous-mêmes que je ne crois pas aux divinités que vous associez à Allah».
Verset 55
Je désavoue tout ce que vous adorez en dehors de Dieu. Usez tous des stratagèmes contre moi sans me faire attendre si vous pouvez le faire, et même pas pour un clin d'œil.
Verset 56
«Je me confie à Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n'est pas une seule créature qui ne soit à la merci d'Allah» Il n'y a pas une seule créature qu'Il ne la tienne par le toupet. Une expression qui signifie que toutes les créatures sont sous le pouvoir de Dieu et sa dominance. Il est le juge équitable qui ne lèse personne. Il est sur la voie droite.
Verset 57
«Qu'importe que vous vous détourniez de moi! J'ai accompli ma mission. Mon Seigneur appellera un autre peuple à vous succéder. Votre disparition ne diminuera en rien Sa puissance. Mon Seigneur veille sur tout l'univers». Houd, ayant averti son peuple de n'adorer que Dieu seul, dit à son peuple: Si vous vous détournez, je vous ai transmis le message dont j'étais chargé de vous le communiquer. Ceci est un argument qui sera contre vous si vous ne vous en conformerez pas: «Mon Seigneur appellera un autre peuple à vous succéder» qui L'adorera sans Lui reconnaître des associés. Et alors Dieu se souciera peu de vous et vous ne saurez Lui nuire par votre incrédulité. De toute façon vous en supporterez les conséquences. «Mon Seigneur veille sur tout l'univers». Il est le Gardien vigilant et voit les œuvres de Ses serviteurs.
Verset 58
Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes Houd et ceux qui croyaient avec lui par un effet de notre miséricorde et nous les arrachâmes à un châtiment effroyable. «Lorsque notre décret arriva à exécution» il s'agit du vent dévastateur qui avait anéanti le peuple de Ad et les avait réduits en cendres du premier au dernier, en sauvant Houd et ses adeptes de ce châtiment, par Sa clémence.
Verset 59
Telle est l'histoire du peuple de Ad qui a nié les signes du Seigneur, qui a désobéi à ses Prophètes et qui a obéi, au contraire, aux rebelles et aux oppresseurs. «Telle est l'histoire du peuple de Ad qui a nié les signes du Seigneur» et a désobéi à Ses Prophètes, car quiconque désobéit à l'un d'eux aura désobéi à tous les Prophètes. Ce peuple «qui a obéi, au contraire, aux rebelles et aux oppresseurs» les tyrans opiniâtres.
Verset 60
La malédiction les a suivis dans ce monde et dans l'autre. Ad n'a-t-il pas, en effet, renié son Seigneur? Loin d'ici, Ad, le peuple de Houd. Pour cela une malédiction les poursuivra en ce monde toutes les fois qu'on les mentionnera, et dans l'autre on les appellera devant toutes les créatures. «Loin d'ici, Ad, le peuple de Houd» As-Souddy de commenter: «Tout Prophète qui sera envoyé après Houd, appellera à son tour la malédiction sur Ad».
Verset 61
Nous envoyâmes au peuple de Thamoud leur frère Salih. Il leur dit: «Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre Allah que Lui. C'est Lui qui vous a tirés de la terre et qui vous y a installés. Implorez-Le et soumettez-vous à Lui. Mon Allah est proche et exauce les prières» (61). Les Thamoudites habitaient les cités du Hijr entre Tabouk et Médine et existaient après le peuple de Aad. Dieu leur envoya son Prophète Salih pour les appeler à adorer Dieu seul. Il leur rappela: «C'est Lui qui vous a tirés de la terre» tout comme Il a créé Adam «et qui vous y a installés» pour y vivre et exploiter ses biens. Demandez-Lui de vous pardonner vos péchés commis et revenez repentants vers Lui. «Mon Allah est proche et exauce les prières» Car Il est proche et exauce comme le montre aussi ce verset: «Si mes serviteurs te questionnent sur moi, dis-leur que je suis près d'eux. Je réponds à l'appel de ceux qui m'implorent» [Coran II, 186].
Verset 62
«Ô Salih, répondirent-ils, jusqu'ici nous avions confiance en toi. Mais vas-tu maintenant nous interdire d'adorer ce qu'adoraient nos pères? En vérité, nous avons des doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes» (62). Dieu raconte la polémique qui eut lieu entre Salih et son peuple qui était égaré et obstiné. Ils lui dirent: «jusqu'ici nous avions confiance en toi» et, avant cela, tu étais un espoir pour nous. «Vas-tu maintenant nous interdire d'adorer ce qu'adoraient nos pères? En vérité, nous avons des doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes». Cependant, nous voilà dans une profonde incertitude au sujet de vers quoi tu nous appelles.
Verset 63
Il répondit: «Ô mon peuple, qu'y puis-je si je suis délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur et, pourvu de Sa grâce, qui me protégerait contre Lui si je Lui désobéissais? Vraiment, vous ne voulez que ma perte» (63). «Ô mon peuple» leur répondit Salih «qu'y puis-je si je suis délégué vers vous avec des preuves de mon Seigneur?» Que pensez-vous si je m'appuie sur une preuve évidente de la part de mon Seigneur qui m'a accordé Sa miséricorde? «Qui me protégerait contre Lui si je Lui désobéissais» en manquant à ma mission de vous appeler à suivre la vérité et à adorer Dieu seul? Si je la délaissais vous ne me seriez d'aucune utilité et vous ne feriez qu'ajouter à ma perte.
Verset 64
«Ô mon peuple, cette chamelle est pour vous un signe de la part d'Allah. Laissez-la paître en paix et ne lui faites aucun mal. Sinon, votre châtiment ne se fera pas attendre» (64).
Verset 65
Ils l'égorgèrent. «Continuez, leur dit-il, à vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours. Mon avertissement ne sera pas démenti» (65).
Verset 66
Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes, par l'effet de notre miséricorde, Salih et ceux qui croyaient avec lui. Nous leur évitâmes l'opprobre du châtiment. Ton Seigneur est puissant et vénérable (66).
Verset 67
Un cataclysme anéantit les injustes. On trouva leurs demeures jonchées de cadavres (67).
Verset 68
Comme si leur existence n'avait jamais égayé ces lieux. Oui, le peuple de Thamoud a renié son Seigneur. Loin d'ici le peuple de Thamoud (68). Nous avons déjà détaillé l'histoire de Salih avec son peuple dans la sourate Al-A'raf (voir Coran VII, versets 73-79).
Verset 69
Nos émissaires allèrent trouver Abraham pour lui annoncer la bonne nouvelle. «Salut», lui dirent-ils. Il les salua aussi. Et il leur offrit aussitôt un veau rôti (69). La bonne nouvelle qu'apportaient les émissaires de Dieu à Abraham fut interprétée de deux façons: La première concerne la naissance d'Isaac, et la deuxième l'anéantissement du peuple de Loth. Mais il s'avère que la première l'emporte en nous référant à ce verset: «Lorsque la crainte d'Abraham cessa...» (verset n° 74). Les émissaires (les anges) saluèrent Abraham et il leur rendit le salut. Abraham s'empressa de leur apporter de quoi manger «et il leur offrit aussitôt un veau rôti» sur des pierres chaudes. Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Il se dirigea du côté des siens et rapporta un veau gras. Il le présenta à ses hôtes en leur disant: N'en mangerez-vous pas?» [Coran LI, 26-27]. Ce geste accompli d'Abraham démontre les règles de l'hospitalité.
Verset 70
Lorsqu'il les vit s'abstenir de toucher au plat, il fut troublé et en conçut une vive frayeur. «Ne crains rien, lui dirent-ils, nous sommes envoyés par Allah au peuple de Loth» (70). «Lorsqu'il les vit s'abstenir de toucher au plat, il fut troublé et en conçut une vive frayeur» étant donné que les anges ne sentent plus l'appétit et ne mangent pas. Voyant que leurs mains n'en approchaient pas, il les trouva insolites et ressentit de la peur vis-à-vis d'eux. As-Souddy de commenter: Lorsque Dieu envoya les anges, ceux-ci, en forme humaine, se rendirent chez Abraham et lui demandèrent l'hospitalité. En les voyant en tant qu'hommes vénérables, il eut peur d'eux. Il alla discrètement trouver les siens, égorgea un veau gras qu'il rôtit sur les pierres chaudes, le présenta à ses hôtes et s'assit avec eux. Sarah, la femme d'Abraham, les servait. Il leur présenta le veau rôti, mais apercevant que leurs mains n'en approchaient pas, il s'écria: «N'en mangerez-vous pas?» Ils lui répondirent: «Nous ne mangeons que contre un prix.» Il répliqua: «Ceci a donc un prix!» Ils lui demandèrent: «Quel est son prix?» et Abraham de rétorquer: «Avant de commencer à manger vous invoquez le nom de Dieu et, en terminant vous le louez». Gabriel regarda alors Michel et lui dit: «Il est de droit de cet homme que Dieu le prenne pour ami». Les voyant s'abstenir de toucher au plat, Sarah s'écria «Comme c'est étonnant! Nous servons nous-mêmes nos hôtes et ils ne daignent pas prendre de notre nourriture». Les anges dirent: «Ne crains rien. Nous sommes des anges envoyés au peuple de Loth pour les anéantir.»
Verset 71
L'épouse d'Abraham, qui était à ses côtés, se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à Isaac et qu'Isaac aurait lui-même un fils, Jacob. La bonne nouvelle qu'apportaient les émissaires de Dieu à Abraham fut interprétée de deux façons: La première concerne la naissance d'Isaac, et la deuxième l'anéantissement du peuple de Loth. Mais il s'avère que la première l'emporte en nous référant à ce verset: «Lorsque la crainte d'Abraham cessa...» (verset n° 74). Sarah se réjouit alors de l'anéantissement du peuple de Loth à cause de leur perversité, leur obstination et leur incrédulité. Sarah «se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu'elle donnerait le jour à Isaac et qu'Isaac aurait lui-même un fils, Jacob». On peut déduire de ce verset que le fils d'Abraham qu'il devait immoler était Ismaël car la bonne nouvelle fut adressée à Sarah qu'elle aura un enfant qui, à son tour, aura un fils. La question qui se pose: Combien peut-on ordonner à Abraham de sacrifier son fils (si c'était Isaac) alors qu'il n'était encore qu'un nourrisson? et que son propre fils promis Jacob n'était pas encore né? Dans cet état Abraham n'était pas ordonné de sacrifier Isaac. Il devait donc être Ismaël. Ceci constitue une déduction irréfutable et logique.
Verset 72
O stupeur! s'exclama-t-elle, comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari lui-même est un vieillard! C'est là une chose vraiment étrange! Elle s'exclama: «Comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari lui-même est un vieillard?» Dans un autre verset on trouve ceci: «Sa femme survint, toute bouleversée, et se frappant le visage: «Est-ce possible, une femme vieille et stérile comme moi? s'exclama-t-elle» [Coran LI, 29] tout comme les femmes d'autrefois agissaient.
Verset 73
Et les anges de répliquer: «Comment peux-tu t'étonner d'une décision d'Allah? Que la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous, ô habitants de cette maison. À Allah doivent aller les louanges et la glorification». Les anges lui répondirent: «Comment peux-tu t'étonner d'une décision d'Allah?» Lui qui, s'Il veut réaliser une chose, lui dit: «Sois» et elle est. Même si tu es vieille et stérile et ton mari un vieillard, Dieu est capable de tout faire. «Que la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous, ô habitants de cette maison. À Allah doivent aller les louanges et la glorification». Il est loué dans Ses actes et paroles et glorifié pour Ses qualités et Sa nature.
Verset 74
Une fois Abraham rassuré, ayant reçu une certaine crainte de ses hôtes qui ne mangeaient pas, et recevant la bonne nouvelle qu'il aura un enfant, entendant les anges parler de l'anéantissement du peuple de Loth, il s'écria: «Allez-vous ruiner une cité où vivent trois cents croyants? - Non, répondirent-ils. Il répliqua: «Et s'il y en a là deux cents?» Comme la réponse fut négative, Abraham diminua le nombre jusqu'au cinq et eux de le rassurer que certainement pas. À la dernière question: «Que pensez-vous si vous ne trouveriez qu'un seul croyant et soumis et que cet homme serait Loth?» Les anges rassurèrent de nouveau.
Verset 75
Il leur dit: «Loth est parmi eux. Ils lui répondirent: «Nous savons mieux que personne ceux qui renferme la ville. Nous le sauverons lui et les siens, à l'exception de sa femme qui sera parmi les victimes» [Coran XXIX, 32]. Alors Abraham garda le silence et son âme fut apaisée. «Abraham était d'un naturel doux, compatissant et dévot» Dieu en a fait l'éloge d'Abraham qui jouissait de ces qualités.
Verset 76
«Ô Abraham, n'insiste pas. La décision de ton Seigneur est prise» Nul ne s'oppose à un décret pris par Dieu qui sera réalisé, le châtiment du Seigneur ne saurait être écarté d'un peuple incrédule et pervers.
Verset 77
Lorsque nos envoyés se présentèrent à Loth, il en éprouva une grande gêne. Il ne sut où donner de la tête. «Quelles pénibles circonstances» murmura-t-il. Ayant quitté Abraham, les anges se rendirent chez Loth en jeunes hommes très beaux en apparence pour éprouver son peuple. À leur vue, Loth s'en affligea de peur que son peuple n'ose leur nuire. «Quelles pénibles circonstances» murmura-t-il». Car il savait qu'il devait les défendre alors que son bras était trop faible. Qatada a raconté: «Les anges trouvèrent Loth travaillant dans son terrain. En lui demandant de leur accorder l'hospitalité, il eut honte de ne pas répondre et leur demanda de le suivre en se mettant devant eux. Chemin faisant il les informa par de propos clairs qu'il n'y a plus sur terre un peuple qui soit plus pervers et corrompu que le sien dans le but de les porter à quitter la ville sans y rester fut-ce pour un instant. Il le leur répéta plusieurs fois. Et Qatada de poursuivre: «Les anges étaient ordonnés de faire périr le peuple de Loth au vu et au su de ce dernier. As-Souddy, quant à lui, relata les faits suivants: «Après leur départ de chez Abraham, les anges se dirigèrent vers la ville de Loth et arrivèrent à midi à Sadoum. Ils y trouvèrent la fille de Loth qui puisait de l'eau. Ils lui demandèrent: «Jeune fille, où peut-on avoir de l'hospitalité?» Elle leur répondit: «Restez ici jusqu'à mon retour». Elle eut peur que ses concitoyens ne viennent leur causer de gêne. Elle vint trouver son père et lui dit: «Père, dépêche-toi et va recevoir de jeunes hommes qui sont les plus beaux que j'ai vus avant que ton peuple ne leur nuise». À savoir que le peuple de Loth lui avait interdit de donner hospitalité à quiconque. Sa femme sortit pour mettre les gens au courant de l'arrivée de ces beaux jeunes hommes.
Verset 78
Il fut assailli, au même moment par des gens de son peuple, qui sortaient à peine de leurs scènes de débauche... «Ô mon peuple, leur dit-il, voici mes filles. Il serait plus naturel que vous en usiez. Craignez Allah et ne m'offensez pas dans la personne de mes hôtes. N'y a-t-il pas parmi vous un homme sensé?» «Il fut assailli, au même moment par des gens de son peuple, qui sortaient à peine de leurs scènes de débauche» Ils furent très réjouis de voir de telles personnes. Pour éviter tout méfait, Loth leur dit: «Ô mon peuple, voici mes filles. Il serait plus naturel que vous en usiez» Il leur rappela que les femmes sont plus pures pour eux; car en tant que Prophète, Loth devait leur montrer la voie droite qui leur procurera le bien. Dans d'autres versets, il leur dit: «Si c'est pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth, voici mes filles» [Coran XV, 71] et: «pourquoi assouvir vos désirs sur les hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir d'épouses? Vous êtes vraiment un peuple pervers» [Coran XXVI, 165 - 166]. Moujahed a commenté: Il ne s'agit pas bien sûr des propres filles de Loth car tout Prophète est considéré comme le père de son peuple dont les filles sont comme les siennes. «Craignez Allah et ne m'offensez pas dans la personne de mes hôtes» Faites comme je vous ordonne et contentez-vous de vos femmes «N'y a-t-il pas parmi vous un homme sensé?» qui obtempèrera à mes ordres?.
Verset 79
Tu sais bien, répondirent-ils, que nous n'avons que faire de tes filles. Et tu n'es pas sans connaître ce que nous désirons» Mais ils ne tardèrent à lui répondre: «Tu sais bien que nous n'avons que faire de tes filles!» En d'autres termes: tu sais bien que nous n'avons aucun droit sur tes filles et n'avons aucun désir d'avoir de rapports avec elles «et tu n'es pas sans connaître ce que nous désirons» nous n'assouvissons nos désirs que sur les hommes.
Verset 80
Loth menaça son peuple en leur disant: Si seulement je suis assez fort pour m'opposer à vous, j'aurais agi moi-même contre vous. À cet égard, l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que Dieu fasse miséricorde à Loth, il ne trouvait comme appui solide que Dieu à Lui la puissance et la gloire. Après lui, Dieu n'a envoyé un Prophète sans être secouru par les siens». À ce moment les anges lui firent savoir qu'ils ont les messagers de Dieu et que son peuple ne parviendrait jamais jusqu'à lui.
Verset 81
À ce moment les anges lui firent savoir qu'ils sont les messagers de Dieu et que son peuple ne parviendrait jamais jusqu'à lui. Ils lui ordonnèrent de partir à la fin de la nuit avec sa famille et : « Qu'aucun de vous ne tourne la tête en route ». C'est-à-dire : même si vous entendrez leurs cris et leurs gémissements nul d'entre vous ne regarde en arrière. « Quant à ta femme, elle sera atteinte par le même fléau qui s'abattra sur les méchants » À ce propos, on a raconté qu'elle sortit avec eux mais, en entendant le grand bruit qui se produisait derrière elle, elle regarda et s'écria : « Ô mes concitoyens ! » Alors une pierre s'abattit sur elle, provenant du ciel, et la tua. Puis les anges annoncèrent à Loth la mort imminente de son peuple qui eut lieu à la première heure du matin. « C'est le matin que la catastrophe se produira, et le matin n'est pas loin ».
Verset 82
Lorsque vint l'ordre de Dieu, et c'était juste au lever du soleil, la cité - Sodome - fut renversée de fond en comble et une pluie de pierres brûlante s'abattit sur elle » Et les exégètes de commenter : Elles étaient des pierres en terre cuite et endurcie dont les unes furent lancées à la suite des autres, et d'ajouter : chaque pierre portait le nom de la victime sur laquelle elle devait s'abattre. À la suite de ce châtiment céleste nul ne survécut.
Verset 83
Moujahed a raconté : « Gabriel arracha le peuple de Loth à leurs demeures avec leurs effets et troupeaux, les porta tous sur son aile et les souleva dans le ciel de sorte que les habitants des cieux entendirent l'aboiement de leurs chiens, puis les renversa. Qatada a relaté un récit pareil en ajoutant qu'ils étaient au nombre de quatre millions. Voilà le sens des dires de Dieu : « La ville se trouva bouleversée sens dessus dessous et une pluie de pierres brûlantes s'abattit sur elle » pour exterminer les survivants. Ce châtiment s'abat sur tous les injustes qui leur sont pareils.
Verset 84
Médian est une région située entre le Hijaz et le Châm près de Ma'an, qu'habitaient des arabes. Dieu leur envoya le Prophète Choaïb issu d'une de leurs nobles tribus, pour les appeler à l'adoration de Dieu seul sans rien Lui associer et de ne plus fausser ni la mesure ni le poids. Il les avertit : « Je vois que vous vivez dans l'aisance et je crains pour vous d'en être privés et de subir un châtiment de Dieu si vous enfreignez Ses lois, dans la vie future ».
Verset 85
Ô mon peuple, donnez juste mesure et juste poids. Ne diminuez pas la valeur du bien d'autrui. Et ne faites pas du mal sur la terre. Choaïb leur interdit d'abord de fausser la mesure et le poids puis de commettre les crimes sur la terre en détroussant les voyageurs.
Verset 86
Ce qui reste par devers Dieu, leur dit-il, est meilleur pour vous. Et Ibn Jarir de commenter : ce qui vous reste comme profit après les justes mesures et poids est meilleur pour vous que la fraude en lésant les autres de leur droit. Cette interprétation est pareille aux dires de Dieu : « Dis-leur : « Ne confondez pas le bon et le mauvais et ne vous laissez séduire par l'exubérance du mauvais » [Coran V, 100]. Et enfin, il les mit en garde en disant : « Je ne suis pas responsable de vos actes » en d'autres termes : Je ne suis pas un gardien pour vous. Donc faites tout cela en vue de Dieu, si vous êtes des croyants, et non pas pour être vus des hommes.
Verset 87
Ils lui répondirent avec ironie : Est-ce ta religion qui te demande d'abandonner les idoles et les statues qu'adoraient nos ancêtres et de disposer de nos richesses comme bon nous semble, ou bien tu nous l'ordonnes parce que tu es patient et droit ?.
Verset 88
Il leur répliqua : Que pensez-vous si je me tiens sur une preuve évidente de mon Seigneur et je vous exhorte en toute clairvoyance, et si Dieu « m'a réellement gratifié d'une grâce insigne » qui signifie la prophétie, d'après les uns, ou les biens licites selon d'autres. « Loin de moi l'intention de faire ce que je vous défends » C'est-à-dire : je n'ai du tout l'intention de vous interdire de faire une chose alors que moi-même je la fais en cachette. « Je ne cherche qu'à vous rendre meilleurs dans la mesure où je le peux ». Je ne veux que vous réformer autant que je le puis. Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie à Lui en toutes mes affaires et je reviens vers Lui repentant.
Verset 89
Choaïb exhorta son peuple en leur disant : « Que votre aversion et votre mépris vis-à-vis de moi et notre séparation ne vous portent à persister dans votre impiété et votre perversité et vous occasionnent des châtiments à ceux qui atteignirent les peuples de Noé, Houd, Saleh et Loth. On a rapporté que lorsque 'Othman Ben Affan fut assailli par ses ennemis en leur observant de sa demeure, il leur récita : « Ô mon peuple, que votre passion à me contredire ne vous entraîne pas à encourir les mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Saleh ». Ô hommes ! Ne me tuez pas ! Si vous me tuez vous serez comme ça » et il entrecroise ses doigts (Voulant dire que vous serez pareils à ces peuples).
Verset 90
« L'exemple du peuple de Loth n'est pas si loin » cela signifie que le peuple de Loth fut châtié il y a un peu de temps. Demandez à Dieu de vous pardonner les péchés que vous avez commis, puis revenez à Lui repentants, Il est miséricordieux et aimant.
Verset 91
Ils lui répondirent : « Ô Chuayb ! nous ne comprenons pas grand-chose à tes paroles. Nous te considérons comme un homme faible parmi nous. Si ce n'était par égard pour ta famille, nous t'aurions lapidé, car pour nous, tu n'as aucune puissance pour t'opposer à nous. » L'expression « ... de ta faiblesse parmi nous » a eu plusieurs interprétations : Les uns dirent qu'il était aveugle comme ont précisé Al-Thawri et Saïd Ben Jubayr, d'autres ont dit parce qu'il était le seul croyant d'après As-Suddy, enfin d'autres ont déclaré qu'il était faible parmi sa tribu car nul ne suivait sa religion. Mais malgré cette faiblesse, ils le redoutèrent de peur que sa tribu ne vienne le secourir. « Si ce n'était par égard pour ta famille, nous t'aurions lapidé » Pour nous, tu n'as aucune puissance pour nous t'opposer.
Verset 92
Chuayb leur répliqua : « Ô mon peuple ! mon clan est-il plus vénérable à vos yeux qu'Allah ? Vous me laissez à cause de mon clan et non pour considération de Sa majesté le Seigneur qu'Il soit béni et Très-Haut qui vous empêche de me nuire en vous éloignant de Lui et Lui tournant le dos ? Et vous n'avez à Son égard ni vénération ni soumission ? Sachez donc que mon Seigneur est au courant de tout ce que vous œuvrez. » Désespérant de leur conversion, Chuayb dit à son peuple : « Mon Seigneur embrasse en Sa science tout ce que vous faites. »
Verset 93
« Ô mon peuple ! continuez à agir selon votre pouvoir, vos circonstances ! Moi j'agirai de même. Vous saurez bientôt qui sera frappé par un châtiment ignominieux et qui est menteur. Et guettez ! Moi aussi je guetterai avec vous. » Une réponse qui renferme à la fois un avertissement et une menace. « J'agirai de même comme je l'entends » et vous saurez bientôt qui sera frappé par un châtiment ignominieux et qui est menteur.
Verset 94
Lorsque Notre ordre fut lancé, ainsi pour montrer le sort des deux parties, Nous sauvâmes Chuayb et ceux qui partageaient sa foi par un effet de Notre miséricorde. Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva étendus morts dans leurs maisons.
Verset 95
comme s'ils n'y avaient jamais habité. À mort les Madianites ! comme moururent les Thamudites, à savoir que les deux peuples étaient voisins et impies.
Verset 96
Dieu parle ensuite de Moïse qu'Il envoya à Pharaon le roi des Coptes et à sa cour, avec Ses signes et une autorité manifeste.
Verset 97
Sa cour qui comprenait les siens, les conseillers et sa cohorte, qui suivaient Pharaon, appliquaient ses ordres et lui obéissaient dans son égarement, malgré que le commandement de Pharaon n'était pas bien dirigé.
Verset 98
Comme il dirigeait son peuple vers l'aberration et l'impiété dans ce monde, ainsi dans l'autre il marchera en tête les menant à l'enfer. « Funeste destin » car c'est le sort des suivants qui suivaient leur chef sans perspicacité ni raison comme un pâtre qui conduit son troupeau vers l'abreuvoir.
Verset 99
Même ceux-ci subiront un châtiment double, ils auront le Feu comme supplice et une malédiction de Dieu les suivra comme le confirme ce verset : « Nous les avons frappés de malédiction dans ce monde et ils seront réprouvés dans l'autre » [Coran XXVIII, 42].
Verset 100
C'est l'histoire des cités que nous te faisons revivre. Il en est qui sont encore debout, d'autres ont été complètement rasées. Tels sont les récits que Dieu a voulu raconter à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - concernant les cités et les peuples passés. Certaines de ces cités sont encore debout et d'autres ont été rasées ou moissonnées.
Verset 101
Tels sont les récits que Dieu a voulu raconter à Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - concernant les cités et les peuples passés. Certaines de ces cités sont encore debout et d'autres ont été rasées ou moissonnées. Dieu n'a jamais été injuste envers elles, mais les peuples se sont fait tort à eux-mêmes à cause de leur incrédulité et leur obstination. Les divinités qu'ils adoraient en dehors de Dieu ne leur ont servi de rien. Bien au contraire elles n'ont fait qu'accroître leur désarroi et leur perte.
Verset 102
Tel est le châtiment du Seigneur quand Il frappe les cités prévaricatrices qui reniaient Ses signes et traitaient leurs Prophètes de menteurs. Son châtiment est terrible et violent. Abou Moussa rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l'injuste, mais quand Il le saisit Il ne le lâchera pas» Puis il récita: «Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues...» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 103
Voilà bien là un signe, vraiment pour celui qui craint le châtiment de la vie de l'au-delà. Il faut donc en profiter et en tirer une leçon.
Verset 104
«Un jour qui sera solennel» où tous les hommes seront rassemblés «Nous rassemblerons les hommes sans en omettre un seul» [Coran XVIII, 47]. Ce jour-là les anges seront présents, les Prophètes et les hommes seront réunis, humains, génies et même les bêtes et les oiseaux, bref toutes les créatures sans exception. Le Seigneur, le Juge équitable ne lésera personne fût-ce le poids d'un atome. «Ce jour est retardé jusqu'à une date fixée» La résurrection n'est retardée que parce qu'une parole de Dieu était intervenue auparavant qu'il y aurait une postérité d'Adam à venir. Une fois le nombre des créatures complété comme Dieu a décidé, alors l'Heure Suprême se dressera. Donc la vie de chacun est bien déterminée et limitée, il n'y aura ni un retardement ni une avance.
Verset 105
«Aucune âme ne pourra parler sans la permission d'Allah» un verset qui est pareil à celui-ci: «Nul ne pourra dire un mot s'il n'est autorisé par le Miséricordieux et s'il n'est sincère» [Coran LXXVIII, 38]. Dans les deux Sahihs, il est cité dans le hadith concernant l'intercession, que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ce jour-là les Prophètes prendront la parole et leur invocation sera: «Grand Dieu! La délivrance! La délivrance»» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Parmi les hommes, après leur jugement, il y aura les bienheureux destinés au Paradis, et les damnés destinés à l'Enfer.
Verset 106
Dieu montre le sort des damnés et des bienheureux. Les premiers seront dans le Feu où on entendra leurs sanglots et leurs gémissements, ils y demeureront aussi longtemps que dureront les cieux et la terre. À savoir que, lorsque les arabes voulaient donner la qualité durable d'une chose, ils la comparaient à la durée des cieux et de la terre, ou bien ils disaient: autant qu'il y aura une succession des nuits et des jours. Dieu a voulu dans ce verset utiliser leur propre expression.
Verset 107
L'auteur de cet ouvrage de commenter: Il est probable que cette expression des cieux et la terre comme «substance» car dans la vie future il y aura aussi des cieux et une terre mais différents de ceux du bas monde en se référant à ce verset: «Le jour où la terre sera remplacée par une autre terre, où les cieux seront remplacés par d'autres cieux» [Coran XIV, 48]. Al-Hassan Al-Basri a dit à cet égard: Ils seront des cieux et une terre différents des cieux et de la terre de ce bas monde. Et Ibn Abbas de dire également: chaque paradis a un ciel et une terre. «À moins que ton Seigneur en décide autrement. Car ton Seigneur est tout-puissant» et fait ce qu'Il veut. Ce verset est pareil à celui-ci: «L'enfer sera votre séjour éternel à moins qu'Allah en décide autrement. Allah est sage et savant» [Coran VI, 128]. Les exégètes se sont divisés sur le sens de cette exception, dont l'interprétation la plus logique était celle d'Ibn Jarir qui a dit qu'il s'agit de rebelles parmi les monothéistes qui seront sortis du Feu grâce aux intercessions des autres; puis la miséricorde de Dieu interviendra et en délivrera ceux qui, dans la vie mondaine, n'ont fait aucun acte de bien mais ont témoigné de l'unicité de Dieu. Il ne restera dans l'enfer pour l'éternité que ceux qui l'ont mérité.
Verset 108
Les bienheureux qui auront suivi les Prophètes, seront au Paradis où ils demeureront immortels, autant qu'auront duré les cieux et la terre. Donc cela dépendra de la volonté de Dieu qui dit à la fin du verset: «C'est là une récompense immuable» afin que quelques-uns ne doutent de l'interruption de la grâce de Dieu. Il est cité dans les deux Sahihs que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «On amènera la mort sous la forme d'un bélier bigarré et on l'égorgera entre le Paradis et l'Enfer. On dira: Ô êtres du Paradis, vous y demeurerez éternellement sans mourir. Ô damnés de l'Enfer, vous y demeurerez éternellement sans mourir» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). On y trouve également ce hadith: «Un crieur criera: «Ô élus du Paradis vous resterez sains sans tomber malades, vous survivrez sans mourir, vous demeurerez toujours jeunes sans vieillir et vous goûterez les délices sans connaître l'indigence»» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 109
N'aie aucune illusion sur ce qu'adorent ces gens. Ils adorent ce qu'adoraient leurs pères avant eux. Nous règlerons leurs comptes sans rien omettre.
Verset 110
Nous donnâmes le Livre à Moïse et immédiatement il suscita des controverses. Si Allah n'en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces gens auraient été jugés. Car eux aussi ont douté de la parole de leur maître.
Verset 111
Chacun d'eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient. Ne sois donc pas en doute de ce que ces idolâtres adorent car ils ne sont que dans l'erreur et l'égarement et ne font qu'imiter leurs ancêtres sans avoir aucune excuse, Dieu, de Sa part, les rétribuera de leurs mauvaises actions « Nous règlerons leurs comptes sans rien omettre ». Puis Dieu parle du Livre qu'Il a donné à Moïse et qui a été le sujet de leurs discussions. Il y a eu ceux qui en ont cru et ceux qui en ont mécru. Donc, ô Mohammed, considère cet exemple des Prophètes qui t'ont précédé et que le reniement des idolâtres ne te gêne pas en traitant ton message de mensonge. « Si Allah n'en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces gens auraient été jugés » Et Ibn Jarir de commenter : Si Dieu n'avait pas décidé de retarder leur châtiment jusqu'à une date bien déterminée, Il aurait tranché leurs différends. Il se peut aussi que cette décision concernant le châtiment ne soit prise avant le jugement et la confrontation par les évidences qui affirment la culpabilité, et d'autre part, avant l'envoi des Prophètes comme Dieu l'indique dans ce verset : « Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète » [Coran XVII, 15]. Ensuite Dieu fait connaître qu'Il rassemblera les premiers et les derniers pour les rétribuer de leurs actions selon Ses dires : « Chacun d'eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient » Il connaît les œuvres de tous les hommes, les apparentes et les cachées, les grandes et les petites.
Verset 112
Agis avec rectitude, comme il t'a été prescrit ainsi qu'à ceux qui se sont convertis avec toi. Évitez les excès. Car Allah est témoin de tous vos actes.
Verset 113
Ne pactisez pas avec les injustes. Sinon vous serez la proie du feu vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d'Allah. Dieu interdit aux croyants de s'appuyer sur les incrédules et les idolâtres, et ne demandez jamais l'aide des injustes car si vous le faites, on dirait que vous agréez leurs actes, et alors : « vous serez la proie du feu. Vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d'Allah ». Dieu aussi recommande aux croyants d'être droits et d'agir avec rectitude, cela leur sera un grand secours contre les ennemis. Il interdit en outre l'injustice qui causera la perte même si elle est exercée sur un polythéiste. Qu'on sache toujours que Dieu connaît parfaitement ce que font les hommes et rien ne Lui sera caché de leurs œuvres.
Verset 114
Les exégètes s'étaient divisés au sujet de ces prières. On a dit qu'il s'agit de la prière du matin et celle du coucher du soleil. Pour Al-Hassan : elles sont celles du matin et de l'asr. Quant à Moujahed, il a précisé : elles sont celle du matin et celles du midi et de l'asr. Quant à la prière qui devait être accomplie en une partie de la nuit, elle est celle du soir (Icha') selon Ibn Abbas, ou elle renferme celles du coucher du soleil et du soir. Il est très probable que ce verset fut descendu avant la prescription des cinq prières quotidiennes la nuit du voyage nocturne et l'ascension au ciel. Les prières étaient au nombre de deux obligatoires et une surerogatoire : les deux prescrites sont celles qui devaient être accomplies avant le lever du soleil et avant son coucher. Quant à la prière nocturne, elle était d'abord d'obligation pour le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et la communauté, mais cette dernière en fut exemptée de cette prière et resta obligatoire pour lui, puis elle devint surérogatoire pour tout le monde.
Verset 115
« Les bonnes actions chassent les mauvaises » C'est à dire que tout acte de bien efface les péchés commis. À ce propos il a été rapporté par l'imam Ahmed et les auteurs des Sunans que le prince des croyants Ali Ben Abi Taleb a dit : « Toutes les fois que j'entendais un hadith de la bouche de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - qui me procurait du bien de la part de Dieu, j'en tirais un profit. En l'entendant d'un autre que lui, je faisais jurer son rapporteur afin d'en être assuré et s'il jurait, je tenais le hadith pour véridique. Une fois j'ai entendu Abou Bakr As-Siddiq relater ces propos de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - : « Tout musulman qui commet une mauvaise action, fait ses ablutions et prie deux rak'ats (surérogatoires) Dieu lui pardonne ce qu'il a commis ». Dans les deux Sahihs il est cité que le prince des croyants Othman Ben Affan a dit : « Quiconque fait des ablutions comme celles de l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - (et il montra comment il les faisait) et fait deux rak'ats sans penser qu'à la prière, ses fautes passées lui seront effacées ». Abou Houraira rapporte que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - dit : « Les cinq prières quotidiennes, la prière du vendredi jusqu'au vendredi prochain, le jeûne de Ramadan jusqu'au Ramadan prochain, expient les fautes commises entre ces intervalles tant qu'on évite les péchés capitaux » (Rapporté par Mouslim).
Verset 116
Que ne s'est-il trouvé parmi les générations qui vous ont précédées des gens pour combattre le mal sur la terre. À l'exception du petit nombre que nous avons sauvés, les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se comportèrent en indignes. Dieu se demande : Pourquoi donc, parmi les générations passées n'y eut-il pas des hommes de piété qui, sur terre, interdisent la corruption, le désordre et tout ce qui est défendu ? « À l'exception du petit nombre que nous avons sauvés » car la majorité qui avait encouru la colère de Dieu fut anéantie. Pour cela Dieu ordonne à la communauté musulmane. « Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui commande que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là un peuple de bienheureux » [Coran III, 102]. Il est cité dans un hadith prophétique : « Lorsque les hommes voient se produire les actes répréhensibles et ne les changent pas, peu s'en faut que Dieu ne les frappe d'un châtiment ». « Les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se comportèrent en indignes » Ceux qui étaient plongés dans la corruption se persévérèrent dans leur impiété sans tenir compte des exhortations faites par le petit nombre qui désavouèrent leurs actions, jusqu'à ce qu'à la fin le châtiment leur survint.
Verset 117
Il n'est pas dans le caractère de ton Seigneur de détruire les cités dont les habitants sont justes. Puis Dieu fait connaître aux hommes qu'il ne Lui convient pas de détruire sans raisons les cités alors que leurs habitants se réforment. Car « ton Seigneur n'opprime pas les hommes » [Coran X, 48].
Verset 118
Si ton Seigneur l'avait voulu, Il n'aurait fait des hommes qu'un seul peuple. Mais ils ne cesseront d'être différents. Dieu est capable de faire de tous les hommes un seul peuple de croyants ou d'infidèles, comme Il l'indique dans ce verset : « Si ton Maître l'avait voulu, l'univers entier aurait embrassé sa foi » [Coran X, 99]. Mais les hommes ne cessent d'être en désaccord entre eux à cause de leurs dogmes, leurs sectes, leurs opinions etc... à l'exception de ceux que Dieu a fait miséricorde, ceux qui ont suivi les Prophètes, se sont attachés aux enseignements de Dieu et se sont persévérés dans leurs bonnes pratiques, jusqu'à l'avènement du dernier des Prophètes, alors ils l'ont suivi, cru en son message et l'ont secouru.
Verset 119
À l'exception de ceux qu'Il aura touchés de Sa grâce. Il les a créés pour être différents. Et qu'on sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole : « Je remplirai l'enfer de génies et d'hommes ». Ces gens-là formeront la troupe sauvée et auront acquis le bonheur dans les deux mondes. « Il les a créés pour être différents » C'est à dire qu'il y aura parmi eux l'heureux et le malheureux, l'infidèle et le croyant, ceux qui seront destinés au Paradis et ceux qui seront voués au Feu. À ce propos Ibn Wahb rapporte : « J'ai demandé à Malek au sujet de ce verset : « Mais ils ne cesseront d'être différents, à l'exception de ceux qu'Il aura touchés de Sa grâce. Il les a créés pour être différents » Il me répondit : « Une partie d'entre eux sera au Paradis, et une autre dans le Brasier ». « Et qu'on sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole : « Je remplirai l'enfer de génies et d'hommes » C'est à dire que Dieu par Sa connaissance parfaite des choses, par Sa sagesse, avait prédestiné de créer pour le Paradis ceux qui en seront dignes et pour l'Enfer ceux qui le mériteront.
Verset 120
Tous les récits concernant les anciens Prophètes que Dieu a rapportés à Son Messager ne sont destinés qu'à affermir son cœur. Car ces Prophètes ont été traités d'imposteurs, ont eu des polémiques et discussions avec leurs peuples, mais Dieu à la fin les a secourus. Ceci sert comme un exemple au Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - et un réconfort. Dans cette sourate qui a renfermé les histoires des Prophètes avec leurs peuples et comment Il les a sauvés, il y a une exhortation, un Rappel aux croyants, et un avertissement pour les infidèles qui devait leur servir comme une leçon afin de changer leur conduite.
Verset 121
C'est une menace que Dieu chargea Son Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - de lancer contre les infidèles en les défiant : «Continuez à agir suivant votre conscience» votre situation et votre façon de conduite, et «nous à agir suivant la nôtre». Attendez, nous aussi, nous attendons». En d'autres termes et comme il est montré dans ce verset : «O mon peuple, agis à ta guise et moi j'agirai à la mienne. Tu sauras, un jour, qui aura un meilleur sort dans l'autre monde. Les injustes ne triomphent jamais» [Coran VI, 135]. Dieu a réalisé pour Son Prophète Sa promesse. Il l'a secouru et l'a fait triompher sur ses ennemis. Il a élevé Sa Parole et abaissé celle des incrédules.
Verset 122
Attendez, nous aussi, nous attendons la conséquence de vos affaires et le résultat de vos actions.
Verset 123
C'est à Dieu qu'appartient le mystère des cieux et de la terre. Tout commandement est ramené vers Lui. Tout homme sera rétribué selon ses œuvres. Il nous ordonne de L'adorer seul en nous fiant à Lui. Il suffit à quiconque de mettre sa confiance en Lui et revenir repentant. Que ces hommes qui te traitent d'imposteur, ô Muhammad, sachent que Dieu n'est pas indifférent à ce qu'ils font et Il les jugera. Quant à toi, tu auras le dessus dans les deux mondes.