الكهف

La Caverne

Sourate 18 · 110 versets · Revelation mecquoise

Verset 1

Dieu loue Sa personne dans les débuts de quelques sourates du Coran ainsi que dans toutes les affaires en les terminant également par Ses louanges. À lui la louange en ce monde et dans la vie future. Il s'est loué dans cette sourate pour avoir descendu Son Livre glorieux sur Son honorable Prophète Muhammad -qu'Allah le bénisse et le salue- comme étant un des plus précieux des bienfaits divins pour faire sortir les hommes des ténèbres vers la lumière.

Verset 2

Un livre sincère où on n'y trouve ni aberration, ni tortuosité mais une voie droite dont les versets sont clairs et évidents pour servir comme un avertissement aux incrédules et une annonce aux croyants.

Verset 3

Quant à ceux qui y ont cru auront la plus belle récompense auprès de Dieu, dans le Paradis, où ils demeureront éternellement.

Verset 4

Son but est de mettre en garde ceux qui donnent un fils à Allah. Car, d'après Ibn Ishaq, les polythéistes arabes disaient: Nous adorons les anges qui sont les filles de Dieu.

Verset 5

Ni ceux-là, ni leurs pères n'en savent rien, plutôt ils ne font que forger des mensonges qui constituent une énormité, ce ne sont que des propos qui sortent de leurs bouches non fondés, et ils n'ont aucune indication sur ce point.

Verset 6

Dieu soulage Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et le conseille de ne plus s'attrister sur les mécréants qui refusent de suivre la voie droite et ne croient point au Livre révélé. Sa mission se borne à la transmission du Message sans se consumer de chagrin sur les incrédules car quiconque est bien dirigé, n'est dirigé que pour lui-même. Quiconque est égaré, n'est égaré qu'à son propre détriment. Que son âme ne se répande pas en regrets sur les impies.

Verset 7

Puis Il lui explique que ce bas monde avec toutes ses richesses et jouissances n'est qu'un séjour éphémère et n'est créé que pour éprouver les hommes, tandis que l'autre est la demeure éternelle. À ce propos Abou Sa'îd Al-Khudrî rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le bas monde est joli et verdoyant. Dieu vous y a faits des successeurs et vous observe comment vous œuvrez. Redoutez ce bas monde et redoutez les femmes car elles étaient la première tentation dont subissaient les fils d'Israël» (Rapporté par Tirmidhi).

Verset 8

«Toutes ces richesses, nous les réduirons en poussière» ou suivant une autre traduction qui donne un sens plus exact: «Puis nous transformerons la surface de la terre en un sol aride». Que ce soit l'un ou l'autre, les richesses disparaîtront, il n'y aura ni verdure ni moisson ni récolte, mais plutôt un sol aride où rien n'y poussera.

Verset 9

L'histoire des hommes de la caverne ne doit pas tellement étonner car, si elle constitue un des Signes de Dieu, il y a tant d'autres qui sont plus grandioses qui se sont émanés du pouvoir divin tels que la création des cieux, de la terre, le soleil, la lune etc... À savoir également, selon les dires d'Ibn Abbas, ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a reçu de la part de son Seigneur comme science, sunna, Livre etc... fut beaucoup plus important et étonnant que cette histoire. Les opinions furent controversées au sujet du terme: «Er Raqîm» cité dans le verset: Ibn Abbas a dit que c'est le nom d'une vallée qui se trouve auprès de Ayla. Ad-Dahak a déclaré que c'est le nom de la vallée où se trouve la caverne. Sa'îd Ben Joubaïr, quant à lui, a pris le sens étymologique et précise qu'il s'agit d'un tableau en pierre où fut gravée l'histoire des gens de la caverne et placé à son entrée. Et l'auteur de conclure: la dernière interprétation s'avère être la plus correcte.

Verset 10

Les hommes de la caverne avaient fui leur peuple afin que les gens ne les détournassent de leur foi. Ils avaient choisi cette grotte pour s'y abriter se sauvant ainsi que leur religion des méfaits des autres. En y entrant ils implorèrent Dieu par ces mots: «Seigneur, assiste-nous de ta grâce» accorde-nous une miséricorde qui nous suffit des autres «et fais que nous puissions nous tirer d'affaire dans toute circonstance» qui signifie en d'autres termes: Fais que notre sort soit enfin conforme à la voie droite et arrange-nous une bonne conduite de notre affaire. Le sort étant la fin ultime qui détermine le bonheur ou le malheur de l'homme, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ne cessait d'implorer son Seigneur par ces mots: «Mon Dieu, fais que notre sort soit le meilleur dans toutes nos affaires et préserve-nous de l'opprobre en ce bas monde et dans l'autre».

Verset 11

«Nous les endormîmes plusieurs années durant» ou suivant le texte arabe: Nous avons assourdi leurs oreilles pendant de nombreuses années qu'ils ont passées endormis. Puis «nous les réveillâmes...» pour que l'un d'eux aille en ville acheter de provisions comme nous allons en parler plus loin.

Verset 12

Après l'écoulement de trois-cent neuf années Dieu les a éveillés en parfaite forme sans rien perdre de leurs facultés. Une fois ressuscités, l'un d'entre eux s'exclama: «Combien de temps sommes-nous restés ici?» et les autres de répondre: «Peut-être un jour même moins» Car leur entrée dans la caverne eut lieu au début de la journée et leur éveil à sa fin.

Verset 13

Nous te racontons là leur histoire authentique. C'étaient des jeunes gens pleins de foi dans leur Seigneur et que nous avions mis dans la voie droite. Dieu commence à raconter l'histoire de ces jeunes hommes qui ont été plus enclins à la voie droite et à la vraie religion que les vieillards qui se sont adonnés à leurs passions. On remarque, d'après ce verset, que les jeunes furent les premiers à répondre à l'appel du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Donc ces jeunes hommes de la caverne étaient des croyants qui témoignaient de l'unicité de Dieu, le seul Seigneur, sans Lui reconnaître des égaux. Et Dieu avait augmenté leur foi et l'avait raffermie.

Verset 14

«Nous avions affermi leurs cœurs. Un jour, ils se levèrent et dirent: Notre Maître est le Maître des cieux et de la terre; nous n'implorerons que Lui, sans quoi nous commettrions un crime.» Dieu a fortifié leurs cœurs afin qu'ils puissent affronter leurs concitoyens et suivre une conduite différente de la leur, car ces derniers vivaient dans l'aisance et menaient une vie prospère. Comme le culte de ces gens-là déplut à ces jeunes hommes qui croyaient en un Dieu unique, le Créateur des cieux et de la terre, chacun d'eux put s'isoler et ils se rencontrèrent dans un endroit privé qu'ils prirent comme oratoire pour exercer un culte voué à Lui seul. Ils lui avouèrent tout et qu'ils exerçaient le monothéisme ne reconnaissant qu'un seul Seigneur, et en lui racontant tout sans rien cacher, car s'ils avaient dissimulé quoi que ce soit de leur culte ils auraient dit alors des abominations.

Verset 15

«Hélas! notre peuple adore d'autres divinités qu'Allah. Si seulement il pouvait justifier son culte par une preuve quelconque! Quel mensonge est plus abominable que celui proféré contre Allah!» Le roi alors les menaça et les appela à se détourner de leur culte et de suivre celui de leurs pères. Il ordonna de les dévêtir et leur accorda un délai afin qu'ils reviennent sur leur culte. Malgré l'oppression du roi, ils purent s'enfuir pour sauver leur religion.

Verset 16

«Maintenant que nous avons désapprouvé nos concitoyens et renié leurs divinités, retirons-nous dans une caverne. Allah nous prendra sous sa protection et pourvoira à nos besoins.» Une fois ces jeunes hommes s'étant décidés à fuir leur peuple pour s'isoler et adorer Dieu seul, le Seigneur leur inspira de se retirer dans une caverne, et là Il répandra Sa miséricorde sur eux en les protégeant de leurs concitoyens, et Il réglera leur sort dans les meilleures conditions. Ils se réfugièrent dans la caverne et les hommes, selon les ordres du roi, les recherchèrent en vain et ne purent les retrouver.

Verset 17

Le matin, le soleil se levait à la droite de la caverne. Le soir, il se couchait à sa gauche. Eux, étant installés dans la partie la plus spacieuse de la caverne. N'est-ce pas là une preuve de la puissance d'Allah? Seul, celui dirigé par Allah peut prétendre être dans la bonne voie. Celui qu'Il égare ne saurait plus trouver ni conseil ni protection. Dieu décrit la situation de la grotte par rapport au soleil et dit que, quand il se lève, il s'écarte vers la droite et à son coucher, il passe à sa gauche. Selon les dires de Dieu «eux, étaient installés dans la partie la plus spacieuse de la caverne» de sorte de ne plus être touchés par les rayons solaires, autrement ils les auraient brûlés. Tels sont des signes de Dieu qui a guidé ces jeunes hommes à cette caverne, selon le commentaire d'Ibn Abbas, en les laissant vivre grâce au vent et au soleil qui les ont gardés en état de salubrité.

Verset 18

À les voir, on aurait cru qu'ils étaient éveillés et cependant ils dormaient. Nous les tournions tantôt sur un côté, tantôt sur l'autre. Leur chien était couché sur ses pattes à l'entrée de la caverne. Si tu les avais vus dans cette position, tu te serais écarté brusquement et tu aurais fui, épouvanté. Dieu a frappé de surdité leurs oreilles et par la suite leurs yeux ne purent se fermer autrement leurs corps purent être assujettis au périssementtotal. Par ailleurs, Dieu les retournait tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, et ce fut deux fois l'an comme ont précisé les ulémas. Quant à leur chien, il se tenait à l'entrée de la caverne montant la garde et il ne convenait plus d'être avec eux à l'intérieur, car il est dit dans un hadith prophétique que les anges n'entrent plus dans une maison où il y a un chien. «Si tu les avais vus dans cette position, tu te serais écarté brusquement et aurais fui, épouvanté» Car Dieu leur avait donné une apparence effrayante de sorte que si un homme les avait aperçus, il aurait été paniqué, afin que personne ne les approchât ni les touchât jusqu'à l'expiration du délai prescrit par Dieu.

Verset 19

Nous les avons ensuite éveillés. Ils se firent aussitôt part de leurs impressions. L'un d'eux interrogea: «Combien de temps sommes-nous restés ici?» «Peut-être un jour, même moins», répondirent d'autres. «Allah seul le sait» conclut le reste. Envoyons l'un d'entre nous à la ville avec cet argent pour qu'il tâche de trouver de bons aliments. Qu'il se montre circonspect et évite de faire découvrir notre retraite! Certains parmi eux de conclure pour mettre fin à leur interrogation: «Allah seul le sait» Et ce fut normal après leur éveil de sentir leur besoin pour la nourriture et la boisson. Ils demandèrent à certains d'entre eux de se diriger vers la ville pour leur procurer de quoi manger, à savoir qu'au début de leur retraite ils avaient gardé quelques pièces d'argent après en avoir dépensé une partie en aumône. Celui qui fut chargé de cette mission devait acheter de bons aliments et licites et de se comporter avec douceur avec les habitants de la ville. Il devait aussi se cacher autant qu'il pouvait pour ne donner l'éveil à personne sur leur situation.

Verset 20

Si les habitants la découvraient, ils nous lapideraient ou nous feraient embrasser par force leur culte. Nous serions à jamais perdus. Car si les hommes de Doqianos s'aperçurent de l'endroit de leur retraite, ils pourront les faire subir tant de supplices en les lapidant et les contraignant à embrasser leur religion et de revenir sur la leur. Ainsi ils ne seraient plus heureux après avoir été dans le chemin droit.

Verset 21

Effectivement nous décelâmes leur retraite pour bien montrer que les promesses d'Allah s'accomplissent toujours et que la résurrection est une chose certaine. L'incident fut commenté par les gens de la ville. «Élevons un sanctuaire à l'endroit de la caverne, dirent quelques-uns. Allah seul connaît leur secret». L'avis qui triompha fut qu'on élèverait une chapelle. À cette époque, d'après les commentaires des exégètes, les hommes reniaient la résurrection, Dieu, pour montrer la fausseté de leur croyance et mettre fin à leur doute, leur fit connaître la présence de ces jeunes hommes afin qu'ils sachent que Sa promesse est vraie. On a raconté que celui d'entre eux qui fut chargé d'aller en ville pour procurer la nourriture et la boisson, se déguisa pour ne plus être reconnu; il traversa une rue après l'autre pour y arriver. Il fut étonné de voir tout changé: hommes, constructions et autres choses, après tant de siècles et de générations, croyant que son absence de la ville n'était pas tellement longue, il s'agit de quelques heures seulement. Puis il s'aperçut que sa sortie de cette ville devait être exécutée le plus vite possible. Il se dirigea chez un homme qui vendait de la nourriture, lui présenta quelques pièces d'argent qu'il possédait en lui demandant de lui vendre de quoi manger. À la vue de ces pièces monétaires, le vendeur s'étonna et les présenta à son voisin puis à un troisième et ainsi de suite, qu'à la fin on l'interrogea: «Qui es-tu? d'où as-tu trouvé cet argent? s'agit-il d'un trésor?» Et lui de répondre catégoriquement: «Je suis un de vos concitoyens, j'ai quitté la ville il n'y a pas longtemps. Il y avait le roi Doqianos et autres». On l'accusa de folie et le traduisit devant leur chef. Après un long interrogatoire, il les amena à la caverne et avant d'y pénétrer, il leur demanda de les devancer afin qu'il mette ses compagnons au courant. Là les opinions se divergèrent: Les uns parmi les exégètes ont avancé qu'après l'entrée de ce jeune homme dans la caverne, ils le suivirent mais le perdirent de vue et ne purent plus découvrir le lieu de leur retraite et Dieu leur cacha tout. Les autres ont précisé que les hommes pénétrèrent dans la caverne devancés par leur roi appelé Yandousis, ils les saluèrent et eurent avec eux une douce conversation, à savoir que le peuple à cette époque avait embrassé la religion de Dieu. Lorsque le roi et sa compagnie quittèrent ces jeunes hommes, Dieu rappela à Lui ces derniers. Cet incident fut une des preuves dont Dieu a fait connaître aux gens qu'il y aura une résurrection après la mort comme Il a promis et Dieu tient toujours Sa promesse. Et ceci est un argument en dépit de ceux qui renient le jour dernier et la résurrection. Certains proposèrent: «Bouchez l'entrée de la caverne et laissez ces jeunes hommes à l'intérieur et construisez un édifice au-dessus d'eux «Les autres objectèrent: «Plutôt élevons un sanctuaire au-dessus d'eux.» Ibn Jarir commente cette discussion en disant: «Les premiers étaient les musulmans-soumis à Dieu, et les autres des idolâtres».

Verset 22

On discute sur leur nombre. «Ils étaient trois et le chien était le quatrième» disent les uns. «Ils étaient cinq et le sixième était leur chien» soutiennent les autres. Conjectures que tout cela. «Ils étaient sept et leur chien était le huitième» assurent d'autres. Réponds: «Allah sait mieux que personne combien ils étaient». Peu nombreux sont ceux qui ont connu leur nombre. Ne discute pas à fond sur cette histoire. Et n'interroge personne. Les gens discutèrent sur le nombre des jeunes hommes qui étaient dans la caverne: Étaient-ils trois ou cinq ou sept en dehors de leur chien? Ils ne firent que conjectures et nul ne connaissait leur nombre, et Dieu de dire à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ne discute pas à fond sur cette histoire. Et n'interroge personne» Il lui indiqua la réponse en rendant cette question au savoir du Seigneur: «Allah sait mieux que personne combien ils étaient». Selon le commentaire d'Ibn Abbas, il a dit: «Il en est peu qui sachent leur nombre et moi je suis l'un d'eux: Ils étaient sept et je l'affirme». Et d'après Ibn Jarir, ils étaient sept qui ne cessaient d'adorer Dieu, L'implorer et de demander son secours. Si vraiment la connaissance de leur nombre était une chose importante, Dieu l'aurait révélée et Il exhorta Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à ne plus discuter âprement à leur sujet avec quiconque et à ne plus demander l'avis de personne.

Verset 23

Et ne dis jamais à propos d'une chose: «Je ferai cela demain». C'est une exhortation à suivre les règles de politesse vis-à-vis de Dieu en rendant une chose qu'il entame faire à la volonté de Dieu qui connaît tout, l'omniscient. À ce propos Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Souleiman fils de Daoud -que Dieu les salue- a dit: «Cette nuit j'aurai de rapports avec soixante-dix de mes femmes -ou cent suivant une autre version- de sorte que chacune engendrera un garçon qui combattra dans le sentier de Dieu». On lui dit -ou suivante une variante l'ange lui dit: «Dis si Dieu le veut», mais Souleiman ne l'a pas dit. En effet il commença avec ses femmes dont une seule lui engendra un garçon incomplet. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Par celui qui détient mon âme, si Souleiman avait proféré cette invocation, il aurait eu les garçons qui seraient tous des cavaliers qui combattraient pour la cause de Dieu» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). On a déjà montré au début de cette sourate qu'on demanda au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de raconter l'histoire des hommes de la caverne et il a répondu: «Demain je le ferai» et la révélation devait tarder quinze jours parce qu'il n'a pas dit: «Si Dieu le veut». Ce verset constitue une exhortation tant au Prophète qu'aux musulmans de rendre tout à la volonté de Dieu quand on veut faire une chose, et rien n'empêche de l'invoquer après si on oublie de le faire au début.

Verset 24

Si ce n'est si Allah le veut. Et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis: «Il se peut que mon Seigneur me guide vers ce qui est plus près de la vérité que cela». Ibn Abbas, à propos d'un homme qui fait un serment, a dit qu'il doit dire «S'il plaît à Dieu» même s'il aura compté à faire une chose après un an; et même s'il viole son serment. Mais Ibn Jarir a ajouté: À condition que cela ne soit pas un moyen pour violer un serment ou pour se passer de l'expiation. Ce qui est le plus logique. Quant à At-Tabarani, il a rapporté qu'Ibn Abbas a dit que cela concerne surtout le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et le commun du peuple n'a pas le droit de dire: «S'il plaît à Dieu qu'au cas où on respecte le serment et le tient». Il se peut aussi, conclut l'auteur, que cet enseignement est à l'intention de quiconque oublie de dire cette formule quand il veut faire une chose et qu'il le fasse quand il se le rappelle, étant donné que l'oubli provient du démon comme fut le cas du compagnon de Moïse quand il lui a dit: «Cette négligence ne peut m'avoir été inspirée que par Satan» comme nous allons le voir plus loin. «Dis: «Plaise à mon Seigneur de me suggérer une chose plus utile encore» en me dirigeant vers ce qui est plus proche que cela du chemin droit. En d'autres termes: Si on t'interroge sur une chose dont tu n'as pas connaissance, demande à Dieu de te guider et de te le montrer.

Verset 25

Et ils demeurèrent dans leur Caverne trois cents ans et ils en ajoutèrent neuf. Ce verset précise le temps que les gens de la caverne y sont restés. Ce fut trois cents ans auxquels on doit ajouter neuf. En d'autres termes il s'agit de trois cents années «solaires» qui correspondent à trois cent neuf années «lunaires».

Verset 26

Dis: Allah sait mieux que personne le temps qu'ils y vécurent. C'est à dire si l'on t'interroge sur la période qu'ils ont passée dans la caverne, réponds: Dieu seul sait parfaitement combien de temps ils sont restés, quant à toi tu n'en as aucune connaissance. Dieu ne l'a révélé à aucune de Ses créatures. Qatada a dit que la fixation de cette période à trois cent neuf ans était d'après les dires des gens du Livre, mais Ibn Jarir l'a contredit disant que cela émane des paroles divines. «Qui a meilleure vue et meilleure ouïe que Lui» Cela signifie que Dieu voit toute chose présente et fait entendre tout ce qui est perceptible et audible. Rien ne Lui est caché. Quant à Qatada, il l'a interprété en disant que nul n'entend ni voit mieux que Dieu. «Les hommes n'ont d'autre protecteur que Lui. Il n'associe personne à son autorité» Tout ce que Dieu a créé Lui appartient, Il exécute ce qu'Il a décrété et nul ne s'y oppose. Quant aux hommes, ils n'ont ni Maître, ni protecteur que Lui. Il n'a pas d'associé ni conseiller, qu'Il soit exalté et sanctifié.

Verset 27

Récite ce qui t'a été révélé du Livre de ton Seigneur. Ses paroles sont immuables. Tu ne saurais jamais trouver d'appui en dehors de Lui. Dieu ordonne à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de réciter ce qu'Il lui a révélé du Livre et de le communiquer aux hommes «Ses paroles sont immuables» c'est à dire il n'y a pas de changement dans Ses paroles, ni altération, ni modification. «Tu ne saurais jamais trouver d'appui en dehors de Lui» ni un refuge. Ibn Jarir l'a commenté en disant: «Ô Mouhammad, si tu ne récites pas ce qui t'a été révélé du Livre de ton Seigneur, tu ne trouveras pas un abri en dehors de lui» et il a mentionné à l'appui ce verset: «Ô Prophète, divulgue ce que ton Seigneur t'a révélé. Si tu y manques, tu ne seras pas acquitté de ta mission» [Coran V, 67].

Verset 28

Et fais preuve de patience en restant avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détournent point d'eux, en cherchant la parure de la vie présente. Et n'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui suit sa passion et dont le comportement est outrancier. Puis Dieu appelle Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- à rester en la compagnie de ceux qui L'invoquent, Le louent, Le glorifient, Lui demandent matin et soir, parmi les hommes qu'ils soient riches ou pauvres. D'autre part, on a dit que ce verset fut révélé au sujet des notables Qoraïchites qui demandèrent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de leur tenir compagnie et s'écarter des pauvres tels que Bilal, 'Ammar, Souhaib, Khabab et Ibn Mas'oud. Mais il ne tarda pas à recevoir l'ordre divin. «Ne repousse pas ceux qui implorent leur Seigneur, matin et soir...» [Coran VI, 52]. À ce propos Sa'd Ben Abi Waqas raconte: «Nous étions six personnes en compagnie du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand les polythéistes lui demandèrent: «Congédie ces hommes-là pour ne plus s'enhardir à nous» à savoir que j'étais avec Ibn Mas'oud, un homme de Houzaïl, Bilal et deux autres que j'ai oublié leurs noms. Une idée se présenta à l'esprit du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- ce que Dieu voulut. Il eut un certain pressentiment mais Dieu lui révéla: «Ne repousse pas ceux qui implorent». Anas Ben Malek rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Pas un groupe d'hommes ne se réunissent pour invoquer Dieu ne voulant que Sa satisfaction sans qu'une voix céleste ne les appelle: «Levez-vous, vous êtes absous, vos mauvaises actions sont substituées par des bonnes» (Rapporté par Ahmed)». At-Tabarani rapporte qu'Abdul Rahman Ben Sahl Ben Hounaïf a dit: «Après la révélation du verset: «Mêle-toi à ceux qui invoquent le Seigneur ...» Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- sortit de chez lui recherchant ces hommes concernés, il trouva des gens qui invoquaient Dieu le Très Haut. Il y avait parmi eux qui avaient la tête nue, les maigres et ceux qui ne portaient qu'un seul vêtement. En les voyant ainsi, il s'assit avec eux et dit: «Louange à Dieu qui a fait de ma communauté des hommes comme tels auxquels je me mêle». «Ne te sépare pas d'eux pour courir après les plaisirs du siècle» qui signifie d'après Ibn Abbas: ne cherche pas les autres parmi les riches et les influents pour leur tenir compagnie en te séparant des pauvres et humbles. «Ne t'associe pas à ceux que nous avons rendu insouciants de notre souvenir» ceux qui s'adonnent aux plaisirs du siècle en négligeant leurs obligations envers leur Seigneur, bref ceux qui se laissent conduire par leurs passions, dont leurs œuvres sont vaines et futilité. Et dans un autre verset Dieu exhorta Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en lui disant: «Ne porte pas tes yeux sur les biens matériels que nous avons accordés à certains, sur l'éclat des plaisirs du siècle. Nous n'accordons ces biens qu'à titre d'épreuve. Ce que réserve ton Seigneur a plus de prix et est plus durable» [Coran XX, 131].

Verset 29

Et dis: «La vérité émane de votre Seigneur!». Que celui qui le veut croie donc, et que celui qui le veut soit mécréant. Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s'ils implorent à boire, on les abreuvera d'une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quel mauvais repos! Dieu ordonne à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire aux hommes: Telle est la vérité dont j'ai été chargé de vous la communiquer sans aucun doute. Libre à vous! Que celui qui le veut croie donc, et que celui qui le veut soit incrédule. Il y a en là certes un avertissement et une grande menace car Dieu fait suivre cet ordre par le sort qui attend les mécréants «Nous avons préparé pour les infidèles un feu dont les flammes les encercleront de toutes parts» où ils ne trouveront aucune issue pour en sortir. Abou Sa'id Al-Khudri rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les flammes de l'Enfer forment quatre murailles dont chacune a une épaisseur de quarante ans de marche». Si les réprouvés de l'Enfer demandent de l'eau, on leur servira de l'eau brûlante pareille à un métal fondu qui brûlera leurs visages de sorte que, lorsque le damné de l'Enfer rapprochera le vase de son visage la peau tombera par l'effet de la chaleur. D'après d'autres versions ce liquide pourra être de l'huile portée à ébullition, ou de l'eau fétide qui fera tomber la peau du visage, et une fois avalée, fera déchirer les entrailles, à savoir que ces infidèles seront nourris par les fruits de l'arbre «Zaqoum» dont ils rempliront le ventre qui leur causera une grande soif, et en demandant à boire, on leur présentera de l'eau bouillante selon les dires de Dieu en parlant du mécréant: «... Sera éternellement abreuvé d'une eau bouillante qui lui dévorera les entrailles» [Coran XLVII, 15]. «Détestable boisson et dérisoire soulagement» et un abominable séjour où l'infidèle ne connaîtra aucun répit ni un moment qui pourrait le réconforter et le soulager.

Verset 30

Ceux qui croient et font de bonnes œuvres, Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien. À l'inverse des infidèles, ceux qui auront cru aux Prophètes et en ce qu'ils ont apporté, et qui auront fait des œuvres bonnes selon les enseignements de Dieu, qu'ils sachent que nous ne laissons pas sans récompense toute bonne action.

Verset 31

À l'inverse des infidèles, ceux qui auront cru aux Prophètes et en ce qu'ils ont apporté, et qui auront fait des œuvres bonnes selon les enseignements de Dieu, auront le jardin de l'Éden où coulent des ruisseaux au-dessous de leurs demeures et leurs appartements, seront vêtus d'habits verts de soie et de brocart, et seront accoudés sur des lits d'apparat. Quelle belle récompense et quel magnifique séjour où ils demeureront éternellement.

Verset 32

Cite-leur l'exemple de ces deux hommes : à l'un nous avons donné deux jardins plantés de vigne et entourés de palmiers. Un champ de blé les sépare. Dieu a mentionné auparavant les polythéistes orgueilleux qui se montraient très fiers, et qui possédaient des richesses et refusaient de fréquenter les pauvres faibles et humbles. Dans ce verset Il propose la parabole des deux hommes dont l'un d'eux possédait, par la grâce de Dieu, deux jardins de vignes entourés de palmiers et séparés par des champs cultivés.

Verset 33

Chacun des deux jardins a produit une récolte abondante. Rien n'est resté improductif. Nous avons fait surgir un ruisseau au milieu de ces jardins. Chaque arbre ainsi que les champs donnèrent des fruits et récoltes à profusion et des bonnes qualités, et aucun n'est resté improductif. En plus, un ruisseau jaillissait entre les deux jardins.

Verset 34

Leur propriétaire a récolté une ample moisson. Il dit à son voisin au cours d'une conversation : J'ai plus de biens que toi et ma famille est plus considérée. Le riche se disputa avec le pauvre, s'enorgueillit sur lui en lui disant : « J'ai plus de biens que toi et ma famille est plus considérée » C'est-à-dire je possède une grande richesse, j'ai tant d'épouses, d'enfants et de serviteurs. Telle est toujours, d'après Qatada, la source de la fierté et de la puissance.

Verset 35

Il entra dans son jardin, animé de sentiments aussi dangereux, et s'exclama : « Je ne pense pas que ce jardin puisse jamais dépérir. » « Il entra dans son jardin, animé de sentiments aussi dangereux » à cause de sa rébellion, de son incrédulité et du reniement du Jour Dernier, « et s'exclama : « Je ne pense pas que ce jardin puisse jamais dépérir » » Ceci est dû à la vue des jardins, des champs et des ruisseaux qui circulaient de toutes parts.

Verset 36

Je ne crois guère au jugement dernier. Toutefois, en admettant que je retourne à Allah, j'aurai un sort encore meilleur ! Puis il dit : « Je ne crois guère au jugement dernier » à cause de sa mécréance, et il se reprit : « Toutefois, en admettant que je retourne à Allah, j'aurai un sort encore meilleur ». Il espérait qu'une fois retourné à Dieu après la résurrection, il penserait qu'il aura encore quelque chose de meilleur que ce qui se trouve au bas monde en vertu de la grâce et de la considération qu'il aurait auprès de Dieu, comme on trouve ce souhait du mécréant dans ce verset : « Et à supposer que je retourne un jour à mon Seigneur, je trouverais auprès de Lui la félicité la plus entière » [Coran XLI, 50].

Verset 37

Le fidèle reprocha à son ex-associé d'avoir renié le Seigneur : « Renies-tu celui qui t'a créé d'un peu de terre... » Faisant allusion à Adam, le père de l'humanité, puis Dieu créa les autres d'une goutte d'un liquide vil -qui est le sperme- qui ne peut être transformé en une créature si Dieu ne l'a pas voulu, plutôt cette goutte est considérée comme une substance qui n'a pas une vie sans la volonté de Dieu qui rappelle aux hommes : « Comment pouvez-vous renier Allah, vous qu'Allah a tirés du néant » [Coran II, 28].

Verset 38

Et le fidèle de poursuivre : « Pour moi, Allah est mon Maître et je ne Lui reconnais aucun associé ». Je ne suis pas un ingrat comme toi, j'atteste qu'il est le Dieu unique.

Verset 39

Il continua à blâmer l'autre en lui disant : « Que n'as-tu dit plutôt en entrant dans ton jardin... » Ce jardin qui t'a tellement plu et qui est une des grâces de Dieu, pourquoi tu ne l'as pas loué de te l'avoir accordé ainsi que toute ta richesse et ta descendance. Si tu avais dit en entrant dans ton jardin : « Telle est la volonté de Dieu, il n'y a de puissance qu'en Lui... » Voilà ce que tu devais avouer et reconnaître... À ce propos Anas -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Tout ce que Dieu accorde à Son serviteur comme bienfaits soient-ils une épouse, une richesse ou des enfants et qu'il dit : « Telle est la volonté de Dieu, il n'y a de puissance qu'en Dieu », celui-là ne connaîtra aucune calamité si ce n'est la mort » (Rapporté par Al-Hafedh Abou Ya'la Moussali). Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- méditait souvent sur le sens de ce verset. Il a dit une fois à Abou Moussa : « Te montrerai-je un des trésors du Paradis ? Il consiste à dire : « Il n'y a ni force ni puissance qu'en Dieu » ».

Verset 40

Le fidèle continua : « Il est possible qu'Allah me donne quelque chose de plus beau que ton jardin » dans l'autre monde, et « il est possible aussi qu'Il lance un trait de feu sur ton jardin et le rase complètement » toi qui crois qu'il ne dépérira plus ; et ainsi il deviendra un sol dénudé où tu ne trouveras aucune plante, « ou qu'il en tarisse l'eau et que tu restes désemparé ». Cette eau qui arrose ton jardin puisse disparaître dans la terre et il te sera impossible de la retrouver.

Verset 41

Ou peut-être son eau s'enfoncera-t-elle profondément dans la terre de sorte qu'il ne pourra plus l'atteindre ni en tirer profit.

Verset 42

Et ses fruits furent cernés par la destruction mentionnée ci-dessus, ils furent détruits avec son jardin et furent ainsi ruinés. Il commença alors à se tordre les mains de regret et d'angoisse pour tout ce qu'il avait dépensé pour ce jardin qui était maintenant détruit.

Verset 43

Mais il n'y avait aucun groupe, aucune personne pour l'aider en dehors de Dieu au moment de sa destruction, et il ne pouvait pas non plus s'aider lui-même au moment de sa destruction.

Verset 44

Là, c'est-à-dire au jour de la résurrection, toute protection appartient à Dieu, le Vrai. Il est le meilleur pour récompenser que la récompense de toute autre personne que Lui, si une telle personne était en mesure de récompenser ; et le meilleur en conséquence. Il est le meilleur en termes de conséquences.

Verset 45

Et frappe pour eux la parabole de la vie de ce monde comme une eau que Nous faisons descendre du ciel, et la végétation de la terre se mélange avec elle, puis elle devient des débris secs que les vents dispersent. Et Dieu est Tout-Puissant sur toutes choses.

Verset 46

Les biens et les enfants sont un ornement de la vie de ce monde, un ornement dont on se pare ici-bas. Mais les œuvres durables et pieuses - et ce sont 'Gloire à Dieu', 'Louange à Dieu', 'Il n'y a de dieu que Dieu', 'Dieu est Grand' - sont meilleures auprès de ton Seigneur en récompense et meilleures en espoir.

Verset 47

Des grands événements et phénomènes se produiront au jour de la résurrection : Le ciel sera agité d'un tourbillonnement, les montagnes se mettront en marche et le Seigneur les réduira en poussière, Il en fera un bas-fond aplani où on ne verra ni ondulation, ni dépression.

Verset 48

« La terre sera nivelée sur toute son étendue » telle qu'une plaine très vaste où nul ne possédera ni repère ni abri, et on ne trouvera ni arbre, ni construction. Les hommes y seront rassemblés du premier au dernier sans en laisser un seul, et seront présentés en rangs devant leur Seigneur.

Verset 49

Puis Dieu réprimandera devant toutes les créatures ceux qui ont renié ce jour en leur disant : « Et pourtant vous aviez toujours pensé que nous ne nous retrouverions jamais en présence » et vous voilà réunis en ce jour solennel qu'il vous a été fixé. « Le compte de chacun sera apporté ». Le livre des œuvres de chacun sera posé où il pourra lire tout ce qu'il aura fait dans le bas monde, qui « énumérera tout, de la plus petite à la plus grande action » Les coupables seront anxieux en lisant le leur et saisis d'effroi, et s'écrieront : Malheur à nous, rien de ce que nous avons fait qu'il n'y soit inscrit. Dieu a dit ailleurs : « Un jour viendra où toute âme sera mise en présence du bien qu'elle aura fait » [Coran III, 30] et : « Ce jour-là, l'homme connaîtra ses engagements et ses dédains » [Coran LXXV, 13]. Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a dit : « Au jour de la résurrection, un étendard sera hissé derrière la perfidie de la grandeur de sa perfidie, et on s'écriera : Telle est la perfidie d'un tel ». « Ton Maître ne lèse personne ». Dieu jugera les hommes avec équité d'après leurs œuvres sans léser personne.

Verset 50

Dieu met Ses serviteurs en garde contre Iblis qui ne couve que l'animosité à l'égard des fils d'Adam à partir du jour où il fut ordonné de se prosterner devant Adam et il refusa. Dieu gronde ceux qui le suivent en se montrant rebelles contre son créateur. Nous avons déjà parlé de tout cela en interprétant la sourate de la vache (versets 33 et les suivants) et nous y avons signalé que cette prosternation était un acte de respect, d'honneur et de considération. Les anges se prosternèrent en obtempérant aux ordres divins à l'exception d'Iblis qui refusa par égard à sa nature qui est en feu alors qu'Adam est créé de terre. Dans son commentaire, Al-Hassan Al-Basri a avancé : Iblis n'a jamais fait partie des anges fût-ce un clin d'œil, plutôt il est le père des génies, comme Adam est le père des hommes. Puisque Iblis se révolta contre l'ordre de son Seigneur, comment vous, hommes, les prendrez-vous lui et sa descendance comme maîtres en dehors de Dieu ? « Quel détestable échange les méchants font là » et ils sauront bientôt qu'ils seront des perdants.

Verset 51

Je ne les ai pas pris pour témoins quand J'ai créé les cieux et la terre, pas plus que quand Je les ai créés eux-mêmes. Je n'ai jamais fait appel au concours des égarés. Les coupables qui ont pris Satan et ses suppôts comme maîtres en dehors de Dieu, qu'ils sachent qu'ils ne sont que des serviteurs comme eux qui n'ont aucun pouvoir. Et Dieu, quand Il a créé les cieux et la terre ne les a pas pris comme témoins et même ils n'ont pas été encore créés. Dieu n'a ni associé, ni conseiller, ni secoureur, ni égal, plutôt Il est le seul créateur qui dispose de tout. Même Il défie ces infidèles quand Il leur dit: «Appelez à votre aide ceux que vous priez en dehors d'Allah. Ils ne possèdent même pas le poids d'un atome dans les cieux et sur la terre. Ils n'ont participé en quoi que ce soit à leur création. Aucun d'eux n'est l'auxiliaire d'Allah» [Coran XXXIV, 22]. Dieu n'a pas pris comme aides, ceux qui égarent les hommes.

Verset 52

Au jour de la résurrection, Dieu interpellera les incrédules devant toutes les créatures, pour les réprimander et les gronder: «Appelez aujourd'hui ceux que vous considériez comme mes associés! Qu'ils vous sauvent et vous trouvent une issue à cette situation dont vous souffrez!» «Vous n'êtes accompagnés d'aucun des intercesseurs que vous prétendiez avoir pour associés. Toutes vos attaches sont coupées et tout ce sur quoi vous faisiez fond vous abandonne» [Coran VI, 94]. Dieu a dit ailleurs: «S'ils se donnent d'autres divinités qu'Allah, c'est dans l'espoir d'accroître leurs appuis. Quelle erreur! Ces divinités renieront leurs adorateurs et se retourneront même contre eux» [Coran XIX, 81-82]. Qui donc est plus égaré que celui qui appelle pour le soutenir un autre que Dieu, qui ne répondra plus à son appel? Dieu séparera les infidèles de leurs divinités par une vallée de perdition qui sera, d'après Anas Ben Malik, pleine de pus et de sang. Cela signifie que les idolâtres ne pourront plus rencontrer les divinités qu'ils adoraient en dehors de Dieu et nul d'entre eux ne pourrait secourir l'autre et lui venir en aide. Donc leur perte est inéluctable.

Verset 53

Au jour de la résurrection les infidèles coupables verront le Feu, ils penseront qu'ils y seront précipités, et ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper. Ce Feu qui sera amené et traîné par soixante-dix brides dont chacune sera tenue par soixante-dix anges (d'après un hadith prophétique). Abou Sa'id rapporte, à cet égard, que l'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque l'incrédule verra le Feu, il pensera donc y tomber, et ce à une distance de quatre cents ans de marche».

Verset 54

Dieu, dans le Coran, a tout montré et d'une façon détaillée, afin que les hommes ne s'égarent pas et ne se détournent pas du chemin droit, le chemin de la vérité. Mais hélas, l'homme ne cesse de discuter et disputer en préférant l'erreur à la vérité sauf ceux que Dieu a dirigés. Ali Ben Abi Talib raconte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- frappa à sa porte une nuit alors qu'il se trouvait avec Fatima, la fille du Prophète. Il leur demanda: «Vous ne faites pas une prière nocturne?». Ali répondit: «Ô Envoyé de Dieu, nos âmes sont dans la main de Dieu, s'Il veut, Il peut nous éveiller pour la faire». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous quitta sans mot dire, mais je l'entendis réciter en partant et frappant sur sa cuisse: «La controverse est la passion dominante de l'homme» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed).

Verset 55

Pourquoi les hommes sont-ils retenus de croire alors que la bonne voie leur a été montrée? Qu'est-ce qui les retient aussi d'implorer le pardon de leur Seigneur? Attendent-ils de subir le sort de leurs aînés ou de se trouver face à face avec leur châtiment? Les hommes se sont toujours montrés rebelles tant aux époques passées qu'à celle présente. Malgré les signes évidents de Dieu ils renient la vérité. Ce qui les empêchait de suivre le chemin, c'est qu'ils n'avaient pas vu de leurs propres yeux le châtiment promis, tout comme un certain peuple qui disait à son Prophète: «Fais tomber sur nous un pan de ciel, si tu dis la vérité» [Coran XXVI, 187] (dit des Chou'aïb et son peuple). Et les Qoraïchites disaient à leur tour: «Grand Allah, si la vérité qu'on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable» [Coran VIII, 32]. On trouve dans le Coran tant de versets relatifs à ce sujet.

Verset 56

Dieu répond à tous ceux-là: «La mission de nos Prophètes est d'annoncer la bonne nouvelle et d'avertir». La bonne nouvelle à ceux qui auront cru et l'avertissement aux mécréants qui ont traité les Prophètes de menteurs. Ceci donc émane de la volonté de Dieu et ses Prophètes ne sont pas autorisés à produire de tels phénomènes. «Ils tournent en dérision nos preuves et avertissements» ainsi que tous les signes et miracles que les Prophètes ont apportés. Ils n'ont fait que se moquer de tout cela et de ce dont ils ont été avertis.

Verset 57

Quel plus grand criminel que celui qui refuse d'entendre les enseignements de son Seigneur et qui a jusqu'à oublier ses propres péchés! Nous avons enveloppé leurs cœurs d'un voile épais au point qu'ils ont perdu toute sensibilité. Nous avons bouché leurs oreilles. Il est inutile de leur montrer la bonne voie. Ils ne la suivront plus jamais. Qui donc est plus inique que celui qui, en lui rappelant les signes et les versets de Dieu, s'en détourne sans leur prêter aucune importance, en oubliant que ce que ses mains ont perpétré de péchés et de mauvaises actions. C'est comme Dieu a placé sur les cœurs de ces gens-là un voile épais et a frappé leurs oreilles de surdité de sorte qu'ils ne saisissent rien des paroles et enseignements divins. «Il est inutile de leur montrer la bonne voie».

Verset 58

Ton Seigneur est toute indulgence et toute sollicitude. S'Il punissait les hommes suivant leurs œuvres, Il précipiterait leur châtiment. Que les hommes n'oublient donc pas qu'ils devront comparaître devant nous, et qu'ils ne pourront se soustraire à cette obligation. Si le Seigneur n'était pas toute sollicitude, Il aurait dépêché leur châtiment, comme Il a dit ailleurs: «Si Allah punissait les hommes suivant leurs œuvres, il n'y aurait plus sur terre âme qui vive» [Coran XXXV, 45] Dieu, par Sa générosité et Sa clémence, pardonne aux hommes, dissimule leurs mauvaises actions et accorde un répit pour le repentir. Peut-être aussi Il guide certains pécheurs et les met dans la voie droite après leur égarement. Quant à celui qui persévère dans son impiété, qu'il attende donc un jour très difficile où toute femme qui allaite oubliera son nourrisson, toute femme enceinte avortera et les enfants deviendront comme des vieillards. «Que les hommes n'oublient donc pas qu'ils devront comparaître devant nous et qu'ils ne pourront se soustraire à cette obligation».

Verset 59

Rappelez-vous ces cités que nous avons anéanties en punition de leur impiété! Nous avons fixé leur perte à l'avance. Que les hommes se rappellent aussi des cités que Dieu a détruites lorsqu'elles furent injustes après avoir fixé un moment de l'anéantissement de chacune d'elles. Et vous idolâtres, prenez garde qu'il ne vous atteigne un châtiment comme le leur en traitant votre Prophète, le plus honorable de tous les Messagers, de menteur. Vous n'êtes plus puissants que les générations passées.

Verset 60

Moïse dit un jour à son disciple: «Je marcherai jusqu'à ce que je rencontre le confluent des deux mers, dussé-je y mettre des années». On avait cité devant Moïse qu'un des serviteurs de Dieu qui vit au confluent des deux mers est tellement instruit et avisé qu'il le dépasse par son savoir. Moïse décida d'aller le rencontrer. Moïse dit alors à son compagnon Youcha' ben Noun qu'il n'aura de cesse qu'il n'ait atteint le confluent de ces deux mers qui sont, d'après Qatada et d'autres: La mer des Perses et celle des Romains, ou selon Mouhammad Ben Ka'b les deux mers qui se rencontrent tout près de Tanger du côté de l'occident (le côté nord ouest de l'Afrique), mais Dieu est le plus savant. Il fut ordonné de porter un poisson dans un panier et là où ils le perdront, sera le lieu indiqué.

Verset 61

Ils arrivèrent au confluent. Dans un moment d'inattention, le poisson qu'ils avaient avec eux sauta dans la mer et disparut. Alors que Youcha' Ben Noun dormait, le poisson sauta du panier et regagna l'eau et commença à y traverser son chemin. Youcha' se réveilla et vit le poisson ainsi qui fendit la mer et là où il passa il sillonna l'eau de sorte de la laisser comme un fossé et, comme a ajouté Qatada, la mer se transforma en terre derrière lui.

Verset 62

S'étant remis en route, Moïse dit à son compagnon : Déjeunons, car le voyage nous a fatigués. Ayant dépassé l'endroit désigné, Moïse dit à son compagnon : «Déjeunons, car le voyage nous a fatigués». Or Moïse ne sentit plus la fatigue qu'après avoir dépassé l'endroit que Dieu lui avait fixé.

Verset 63

Ce dernier répondit : «Tu te souviens que nous nous sommes arrêtés près d'un rocher. Je n'ai alors plus prêté d'attention au poisson. Cette négligence ne peut m'avoir été inspirée que par Satan. Le poisson a sûrement replongé dans la mer. C'est étrange». Son serviteur lui dit alors : «Tu te souviens que nous nous sommes arrêtés près d'un rocher. Je n'ai alors plus prêté d'attention au poisson. Cette négligence ne peut m'avoir été inspirée que par Satan. Le poisson a sûrement replongé dans la mer. C'est étrange.» Le poisson avait en effet trouvé une issue au grand étonnement de Moïse et de son serviteur.

Verset 64

«C'est ce que je désirais» répartit Moïse. Ils retournèrent alors sur leurs pas. Moïse s'écria alors : «C'est ce que je désirais». Ils revinrent exactement sur leurs pas et trouvèrent un personnage calfeutré de son vêtement.

Verset 65

Ils rencontrèrent un de nos serviteurs que nous avions touché de notre grâce et initié à notre science. Ce serviteur était, d'après les hadiths cités dans les Sahihs, Al-Khadir selon les dires du Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue. Moïse le salua. Al-Khadir (c'était le nom de ce personnage) lui répondit : «Comment la paix puisse exister sur la terre (- alors que les hommes s'entretuent). - Je suis Moïse, dit-il. Et l'autre de s'exclamer : «Le Moïse de Bani-Israël ? - Oui, répondit Moïse.

Verset 66

je suis venu afin que tu m'enseignes ce qu'on t'a appris concernant une voie droite. La demande de Moïse fut très polie qui n'était pas une exigence ou une contrainte. Ainsi doit se comporter tout individu qui cherche à apprendre vis-à-vis de son maître. «Puis-je te suivre à condition que tu m'apprennes de ce qu'on t'a appris en fait de bonne direction ?» avait dit Moïse au personnage, car chacun de nous est chargé de Dieu d'une partie des affaires bien déterminées.

Verset 67

«Tu ne pourras pas supporter ma compagnie», répliqua Al-Khadir.

Verset 68

O Moïse, je tiens de Dieu la connaissance des choses que tu ignores de même que toi, tu tiens de Dieu la connaissance des choses que j'ignore.

Verset 69

Moïse lui dit : «S'il plaît à Dieu, tu me trouveras toujours calme et empressé à tes ordres».

Verset 70

Al-Khadir de répliquer : «Si tu veux devenir mon disciple, ne me demande jamais aucune explication avant que je ne t'informe moi-même». Le personnage avait prévu que Moïse allait lui demander l'explication sur chacun de ses actes. C'est pourquoi il lui répondit : «Ne me demande jamais aucune explication avant que je ne t'informe moi-même» Et les incidents se succédèrent comme nous l'avons mentionné dans le récit précédent.

Verset 71

Le hadith précité nous montre comment Moïse et Al-Khadir s'étaient embarqués. Comme Al-Khadir pratiqua une brèche dans le navire, Moïse lui reprocha son action inouïe, et l'autre de lui rappeler la promesse qu'il lui a faite de ne plus l'interroger sur rien avant qu'il lui en donne l'explication. Tel le premier oubli de Moïse.

Verset 72

Al-Khadir rappela à Moïse sa promesse initiale de ne pas l'interroger, lui disant : « Ne t'avais-je pas dit que tu ne pourrais pas patienter avec moi ? »

Verset 73

Moïse reconnut son erreur et demanda pardon, disant : « Ne me blâme pas pour ce que j'ai oublié », c'est-à-dire pour le fait qu'il n'avait pas été attentif à se soumettre à lui en cette matière et à s'abstenir de manifester sa désapprobation.

Verset 74

Ayant rencontré des jeunes hommes, après avoir quitté la barque, le personnage choisit le plus beau d'entre eux et le tua en lui cassant la tête avec une pierre, d'après certains exégètes, ou en la lui arrachant selon d'autres. Et Moïse de s'exclamer toujours et l'autre de lui rappeler sa promesse.

Verset 75

Al-Khadir répéta son reproche à Moïse avec plus d'insistance : « Ne t'avais-je pas dit que tu ne pourrais jamais patienter avec moi ? » Cette fois, l'ajout de « à toi » rendait la réprimande plus sévère car il ne pouvait plus y avoir d'excuse.

Verset 76

Ibn Abbas rapporte d'après Oubay Ben Ka'b que, chaque fois qu'une personne demandait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de lui invoquer Dieu, il commençait d'abord de le faire pour soi-même puis pour l'autre. Un jour il a dit : « Que Dieu fasse miséricorde et à Moïse qui, s'il avait bien observé la compagnie du personnage sans le harceler par les questions, aurait vu des choses extraordinaires. Mais il lui a dit : « Si désormais je t'interroge sur quoi que ce soit, ne me considère plus comme ton compagnon ; reçois mes excuses ».

Verset 77

En poursuivant leur chemin et arrivés auprès des habitants d'un village, Moïse et le personnage leur demandèrent de quoi manger. Ceux-ci, étant des gens avares et malhonnêtes, leur refusèrent l'hospitalité. Al-Khadir aperçut un mur sur le point de s'écrouler, de sa main, il le redressa, et ce fut un miracle. Comme Moïse lui dit : « Tu pourrais, si tu le voulais, réclamer un salaire pour cela », le personnage lui répondit : « Voilà le moment de notre séparation, car lorsque tu m'as vu tuer le jeune homme, tu m'as promis de ne plus poser aucune question, et pourtant je vais te donner l'explication que tu n'as pas eu la patience d'attendre ».

Verset 78

Al-Khadir annonça à Moïse que c'était le moment de se séparer et qu'il allait lui donner l'interprétation de tout ce qu'il n'avait pas pu supporter avec patience.

Verset 79

D'après les Écritures (la Torah surtout) ce souverain portait le nom « Hadad Ben Badad », il s'emparait de toute bonne embarcation. Le personnage, par son acte, voulut endommager la barque pour la laisser entre les mains de leur propriétaire. Ils étaient des gens pauvres et la barque était le seul instrument de leur travail pour gagner leur vie.

Verset 80

Quant au jeune homme, sachant ses parents très pieux, j'ai craint qu'il ne les entraîne dans des fâcheuses aventures et ne les rende impies. D'après Oubay Ben Ka'b, Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit que le jeune homme qu'Al-Khadir a tué était un incrédule depuis sa naissance. C'est pourquoi Dieu a dit (par la bouche d'Al-Khadir) : « J'ai craint qu'il ne les entraîne dans des fâcheuses actions et ne les rende impies » car ses parents étaient des gens fidèles et pieux et leur amour pour leur fils pourrait les rendre incrédules. Et Qatada de commenter : « Les père et mère furent très réjouis à la naissance de leur enfant et très tristes à sa mort. S'il restait en vie, il aurait pu être la cause de leur perte. Que chacun de nous donc se soumette à la prédestination de Dieu, car tout ce que Dieu décrète pour son serviteur le croyant, même si c'est un malheur, lui sera bénéfique de toute façon. »

Verset 81

Quant au jeune homme, sachant ses parents très pieux, j'ai craint qu'il ne les entraîne dans des fâcheuses aventures et ne les rende impies. (80) J'ai voulu qu'Allah leur donne en échange un enfant plus soumis et plus respectueux de ses parents. (81). D'après Oubay Ben Ka'b, Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit que le jeune homme qu'Al-Khadir a tué était un incrédule depuis sa naissance. C'est pourquoi Dieu a dit (par la bouche d'Al-Khadir): «J'ai craint qu'il ne les entraîne dans des fâcheuses actions et ne les rende impies» car ses parents étaient des gens fidèles et pieux et leur amour pour leur fils pourrait les rendre incrédules. Et Qatada de commenter: «Les père et mère furent très réjouis à la naissance de leur enfant et très tristes à sa mort. S'il restait en vie, il aurait pu être la cause de leur perte. Que chacun de nous donc se soumette à la prédestination de Dieu, car tout ce que Dieu décrète pour son serviteur le croyant, même si c'est un malheur, lui sera bénéfique de toute façon. Dieu a dit à ce propos: «C'est ainsi qu'il vous arrive de détester ce qui vous convient» [Coran II, 216]. «J'ai voulu qu'Allah leur donne en échange un enfant plus soumis et plus respectueux de ses parents». Ils souhaitèrent que Dieu leur donne un enfant meilleur que celui-ci et eux seront plus tendres à son égard. Ibn Jouraij a dit: «Le jour où Al-Khadir avait tué ce jeune homme sa mère était enceinte et elle engendra plus tard un enfant soumis et vertueux.

Verset 82

Enfin, quant au mur, il appartenait à deux jeunes orphelins du village et recouvrait un trésor caché par leur père. Comme ce dernier était un homme de bien, ton Seigneur a voulu laisser atteindre à ses enfants leur puberté pour qu'ils déterrent eux-mêmes le trésor. Tous ces actes sont dus à la grâce de ton Seigneur et je n'y ai aucune initiative. Voilà l'explication des événements qui t'ont fait sortir de ta patience. (82). Le personnage expliqua à Moïse son dernier acte en redressant le mur qui menaçait ruine. Il savait qu'un trésor était destiné aux garçons orphelins et se trouve dessous le mur. Ce trésor, d'après Ikrima, était une somme d'argent enfouie. Quant à Al-Hassan Al-Basri, il a dit: «Ce trésor était une plaque d'or où fut inscrit «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux. Je m'étonne du fidèle qui croit à la prédestination comment il s'attriste, de celui qui croit à la mort pourquoi il se réjouit, de celui qui connaît les joies et les revers du bas monde comment il s'en fie. Il n'y a de divinité à part Dieu et Mohammed est l'Envoyé de Dieu». Ce trésor fut préservé, d'après les exégètes en vertu de la piété du père à savoir que ce père qui remontait à sept générations était un tisserand. «Comme ce dernier était un homme de bien». Ce père de ces deux orphelins était un homme juste. C'est une preuve que tout père juste et un homme de bien, sa descendance bénéficie de ce caractère. La bénédiction de ses bonnes actions et de son adoration enveloppe ses enfants dans les deux mondes ainsi que son intercession en leur faveur dans la vie future leur sera bénéfique, et ils pourront atteindre des degrés élevés au Paradis grâce à la piété du père et cela lui procurera la grande joie du cœur.

Verset 83

À ceux qui t'interrogent sur Dhoul-Qarnaïn, réponds: voici son histoire. (83) On a déjà rapporté que les idolâtres de La Mecque avaient chargé les gens d'Écriture de poser plusieurs questions au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, ils leur dirent: «Interrogez-le sur un homme qui a parcouru les pays, des jeunes hommes (les gens de la caverne) et l'âme». À cette occasion la sourate de la Caverne fut révélée. Selon Al-Azraqi et d'autres, Dhoul-Qarnaïn avait fait les tournées processionnelles avec Abraham le confident de Dieu -Que Dieu le salue- dès l'achèvement de la construction de la Maison, crut en lui et l'avait suivi. Son ministre était Al-Khadir. Quant aux gens du Livre, ils ont prétendu qu'il a été appelé ainsi parce qu'il a gouverné le pays des Romains et la Perse. D'autres ont avancé qu'il avait à la tête deux choses pareilles à deux cornes. Abou Al-Toufaïl a rapporté qu'on a demandé à Ali -Que Dieu l'agrée- à son sujet, il répondit: Il était un homme qui vouait un culte sincère à Dieu. En appelant son peuple à l'adoration de Dieu, les hommes le frappèrent sur sa corne et mourut. Enfin il fut nommé ainsi parce qu'il a atteint le couchant du soleil et son levant.

Verset 84

Nous avons affermi sa puissance sur terre et nous lui avons donné les moyens de réaliser tous ses projets. (84). «Nous avons affermi sa puissance sur terre» c'est à dire un grand royaume ainsi que tous les rois en ont besoin pour gouverner: armée, instruments de guerre et civilisation. Il a pu conquérir les pays de l'est à l'ouest en soumettant tous les peuples à son pouvoir. Toutes les nations étaient à son service, arabes et non arabes. Ceci a porté quelques uns à l'appeler Dhoul-Qarnaïn (l'homme à deux cornes) parce qu'il a pu atteindre les pays se trouvant entre les deux «cornes» du soleil (l'est et l'ouest). «... et nous lui avons donné les moyens de réaliser tous ses projets». D'après Ibn Abbas il s'agit de la science. Quant à Abdul Rahman Ben Zaïd, il a dit que Dieu lui a enseigné les différentes langues qui lui permettaient de s'entretenir avec tous les peuples. Habib Ben Hammad rapporte: «J'étais chez Ali Ben Abi Taleb -Que Dieu l'agrée- quand un homme lui demanda: «Comment Dhoul-Qarnaïn a pu atteindre l'est et l'ouest?» Il lui répondit: «Gloire à Dieu qui a mis à son service les nuages, lui a facilité tous les moyens et lui a donné la puissance.»

Verset 85

Il entreprit un premier projet, c'est à dire en suivant un chemin jusqu'à atteindre le pays le plus lointain du côté de l'occident qu'un homme puisse y arriver.

Verset 86

Quant à l'arrivée à l'endroit où le soleil se couche selon les présomptions de certains, est une chose vraiment impossible. Ceux qui ont raconté qu'il a pu traverser une grande partie de la terre en ayant toujours le soleil derrière lui, est une chose inouïe et ce n'est qu'une légende racontée par les gens du Livre et les athées. «Là il vit le soleil se coucher sur un étang d'eau boueuse» Ceci signifie qu'il a vu le soleil disparaître derrière l'océan et quiconque peut constater ce phénomène. Quant à l'expression «d'eau boueuse», on peut déduire de plusieurs interprétations faites par les exégètes, qu'il s'agit d'une eau bouillante et cela est dû à la vue de l'eau de l'océan envahie par les rayons solaires où rien ne s'y interpose, surtout quand le soleil commence à se coucher l'eau apparaît comme étant en ébullition. Là il trouva un certain peuple qui formait le reste des Thémoudites, selon les dires d'As-Souhaibi, ceux qui avaient cru en Saleh. Dieu lui donna la puissance sur eux et lui dit: «soit que tu les exécutes, soit que tu les prennes comme captifs, soit que tu acceptes des rançons pour les libérer».

Verset 87

À cette occasion Dieu constata sa justice et son verdict équitable: «Si ce peuple se comporte mal, décida-t-il, je le châtierai» c'est à dire s'il persévère dans son incrédulité et son idolâtrie. «Et lorsqu'il comparaîtra devant Allah, il subira un châtiment plus sévère encore» Cela est une affirmation du jour du rassemblement et du jugement dernier.

Verset 88

«Celui qui croira et aura pratiqué les bonnes œuvres» En n'adorant que Dieu seul «recevra la plus belle récompense» qui sera la demeure de la félicité «et trouvera un bon accueil auprès de moi» qui signifie suivant une autre interprétation: nous lui donnerons des ordres faciles à exécuter.

Verset 89

Il entreprit un deuxième projet. (89) Il suivit ensuite un autre chemin de l'occident à l'orient. Tout pays qu'il traversait son territoire put le vaincre et l'appela à l'adoration de Dieu seul. Si ce peuple se soumettait, il le laissait, mais s'il se montrait rebelle, il les humiliait, s'emparait de leurs richesses et obligeait les hommes à combattre à ses côtés contre un autre peuple, en rendant ainsi son armée très puissante.

Verset 90

Il engagea son armée jusqu'au point extrême de l'Orient. Là, il vit le soleil se lever sur un peuple qui était sans abri. (90) D'après les nouvelles rapportées par les fils d'Israël, Dhoul-Qarnaïn vécut 1600 ans en parcourant les pays de l'est à l'ouest. Quand il eut atteint l'endroit où le soleil se lève, il trouva un peuple qui était sans abri: ils n'habitaient pas dans des demeures, et il n'y avait plus d'arbres pour s'abriter de leurs ombres, et rien ne les protégeait contre la chaleur. Sa'id Ben Joubayr a dit qu'ils étaient de petites tailles, la peau rouge, habitaient dans des grottes et dont les poissons constituaient leur seule nourriture. Al-Hassan a dit que leur territoire était mou aucune construction n'était possible pour bâtir des demeures. Lorsque le soleil se levait ils se plongeaient dans l'eau et à son coucher ils sortaient pour brouter l'herbe à la façon des animaux. Quant à Qatada et Ibn Jarir, dont leurs commentaires étaient presque identiques, ces gens-là vivaient sur un terrain plat où aucune montagne n'existait. Une fois le soleil aura quitté le méridien, ils sortaient de l'eau ou des souterrains pour gagner leur vie.

Verset 91

Il entreprit un deuxième projet. (89) Il engagea son armée jusqu'au point extrême de l'Orient. Là, il vit le soleil se lever sur un peuple qui était sans abri. (90) Je traiterai ce peuple comme l'autre, dit-il. Nous étions informés de toutes ses décisions. (91). D'après les nouvelles rapportées par les fils d'Israël, Zoul Qarnaine vécut 1600 ans en parcourant les pays de l'est à l'ouest. Quand il eut atteint l'endroit où le soleil se lève, il trouva un peuple qui était sans abri: ils n'habitaient pas dans des demeures, et il n'y avait plus d'arbres pour s'abriter sous leurs ombres, et rien ne les protégeait contre la chaleur. Sa'id Ben Joubayr a dit qu'ils étaient de petite taille, la peau rouge, habitaient dans des grottes et dont les poissons constituaient leur seule nourriture. Al-Hassan a dit que leur territoire était mou, aucune construction n'était possible pour bâtir des demeures. Lorsque le soleil se levait ils se plongeaient dans l'eau et à son coucher ils sortaient pour brouter l'herbe à la façon des animaux. Quant à Qatada et Ibn Jarir, dont leurs commentaires étaient presque identiques, ces gens-là vivaient sur un terrain plat où aucune montagne n'existait. Une fois le soleil aura quitté le méridien, ils sortaient de l'eau ou des souterrains pour gagner leur vie. «Nous étions informés de toutes ses décisions». Moujahed et As-Souddy l'ont commenté en disant: Dieu connaissait parfaitement ce qu'il détenait et rien ne lui a été caché de ses intentions et ses actes ainsi que tous les mouvements de son armée.

Verset 92

Il entreprit un dernier projet.

Verset 93

Il arriva à une gorge formée par deux chaînes de montagnes. Il y trouva un peuple qui comprenait à peine le langage humain.

Verset 94

Ce peuple lui dit: «Ô Zoul Qarnaine, Gog et Magog dévastent la terre. Veux-tu accepter une somme d'argent pour élever un mur entre eux et nous?» Zoul-Qarnaine emprunta un chemin vers l'est qui le conduisit à un pays situé entre deux digues d'où sortait le peuple Yajouj et Majouj (Gog et Magog) pour attaquer les pays de turcs en les ravageant et tuant hommes et troupeaux. Gog et Magog est un peuple de la descendance d'Adam comme il est cité dans les deux Sahihs où il est rapporté ce qui suit: «Dieu interpellera Adam, il lui répondra: «Me voilà à Ton ordre Seigneur». Il lui ordonnera de faire sortir ceux qui sont destinés à l'Enfer. Adam de demander: «Quels sont les damnés de l'Enfer?» - De chaque mille personnes, 999 iront à l'Enfer et un seul entrera au Paradis, dira Dieu. À ce moment-là les nourrissons deviendront comme des vieillards et chaque femme enceinte avortera. Le Prophète poursuivit: «Deux nations seront parmi vous qui augmenteront votre nombre: Gog et Magog»» (- Rapporté par Boukhari et Mouslim). Samoura rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Noé avait trois fils: Sam le père des Arabes, Ham celui des Soudanais et Jafeth le père des turcs». Et les ulémas de conclure: Gog et Magog sont de la descendance de Jafeth. «Il y trouva un peuple qui comprenait à peine le langage humain» à cause de leur éloignement des autres peuples et dont leur langage était incompréhensible. Ils lui dirent: «Ô Zoul-Qarnaine, Gog et Magog dévastent la terre. Veux-tu accepter une somme d'argent...» Et Ibn Abbas de commenter: Les hommes voulurent lui assurer une grande somme d'argent de leurs propres richesses afin de leur construire une digue qui les séparerait du peuple Gog et Magog et leur épargnerait leurs méfaits.

Verset 95

L'assistance d'Allah, leur répondit-il, m'est un bien suffisant. Prêtez-moi votre collaboration et je dresserai entre ce peuple et vous un obstacle infranchissable. Mais Zoul Qarnaine répondit avec toute dignité et toute grandeur d'âme: La puissance que mon Seigneur m'a donnée est meilleure. Tout comme Salomon disait auparavant: «Vous m'apportez des présents? Allah s'est montré plus généreux envers moi» [Coran XXVII, 36]. Il leur demanda de collaborer avec lui avec tout ce qu'ils possédaient comme matériaux et instruments pour réaliser le projet qui consistait à créer un rempart entre les deux peuples.

Verset 96

Apportez des blocs de minerai de fer jusqu'à ce que la gorge soit comblée. Cet ordre exécuté, il dit: «Soufflez». Une fois le minerai en fusion, il ajouta: «Versez maintenant de l'airain fondu». Une fois l'espace compris entre les deux monts comblé, il leur ordonne de lui apporter des blocs de fer qu'il construisit comme un mur, et d'y souffler le feu afin qu'il puisse y verser de l'airain fondu pour consolider chaque bloc. À ce propos on rapporte que le calife Al-Watheq envoya certains commandants de son armée à la tête d'un régiment afin de visiter ce rempart et lui faire un compte rendu. Ils aperçurent une construction gigantesque faite de fer et de cuivre munie d'une grande porte sur laquelle il y avait de grandes serrures. Ils trouvèrent également le reste des briques qui formaient un haut tour gardé par quelques sentinelles appartenant aux rois dans les pays voisins. Puis ils retournèrent à leur pays après une absence de deux ans.

Verset 97

Les hommes de Gog et Magog se montrèrent incapables d'escalader le mur et n'arrivèrent même pas à le percer. À ce sujet l'Imam Ahmed rapporte d'après Abou Houraïra que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le peuple de Gog et Magog pratiquait chaque jour une brèche dans le rempart. Mais à peine virent-ils les rayons du soleil à travers ce trou, leur chef leur dit: «Assez, vous retournerez demain pour compléter votre travail». Mais en y revenant le lendemain, ils le trouvèrent de plus en plus solide, et ceci recommença chaque jour.

Verset 98

Ils sortiront vers la fin des temps, boiront toute l'eau qui s'y trouvera, et les gens se réfugieront dans leurs forteresses pour les éviter. Ils tireront des flèches vers le ciel qui leur retourneront comme trempées de sang et ils s'écrieront: Nous avons vaincu les habitants de la terre et nous voilà triomphons de ceux du ciel. Dieu à ce moment leur enverra des vers qui les attaqueront au cou et les tueront. Par celui qui détient mon âme, toutes les bêtes de la terre seront plus grasses qu'auparavant en se nourrissant de leur chair. «Ce mur est un don d'Allah» Après l'achèvement du mur pour épargner à ce peuple les méfaits de Gog et Magog, Zoul Qarnaine déclara: «C'est une miséricorde de mon Seigneur». «Quand la promesse d'Allah se réalisera, il sera réduit en poussière» Lorsque la promesse de Dieu viendra, ce rempart sera rasé et sera une plaine et un passage ordinaire comme d'autres. La promesse du Seigneur ne saurait que se réaliser.

Verset 99

Ce hadith, ajoute l'auteur, bien que nous le citons mais il est réfuté car, d'après les versets, ils ne pourront plus percer le rempart pour en sortir ni même l'escalader à cause de sa hauteur et sa solidité. Et ce qui est plus étrange, poursuit-il, le hadith que rapporte l'imam Ahmed d'après Zeinab Bint Jahch -l'épouse du Prophète- -qu'Allah le bénisse et le salue- dans lequel elle dit: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- se réveilla un jour de son sommeil, le visage empourpré en s'écriant: «Il n'y a de dieu qu'Allah! Malheur aux Arabes! Gog et Magog redoutent le mal qui s'approche d'eux. Aujourd'hui le peuple de Gog et Magog a réussi à faire une brèche dans le rempart de cette grandeur» -disant cela il fit un cercle avec son index et son pouce-. Je lui dis: «Ô Messager de Dieu! Allons-nous tous périr alors que parmi nous se trouvent des hommes vertueux?» Il répondit: «Oui, lorsque la perversité se répand partout». À ce moment-là, Dieu laissera les hommes s'agiter et fondre les uns sur les autres comme des vagues et s'empareront de leurs biens et détruisant leurs propriétés. Tout cela se produira avant le jour de la résurrection et après l'avènement de l'Antéchrist comme nous allons le montrer en interprétant la sourate des Prophètes, surtout les versets: «Lorsque Gog et Magog seront lâchés en liberté, ils dévaleront en masse de chaque crête. L'échéance fatale sera proche» [Coran XXI, 96-97]. «La trompette sonnera. Nous les assemblerons tous» Cette trompette, comme il est cité dans un hadith, est un grand cor qu'Israfel y soufflera quand il recevra l'ordre du Seigneur. Ibn Abbas et Abou Sa'id ont rapporté ces propos qu'ils remontent au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Comment pourrais-je être joyeux du moment qu'Israfel eut mis sa bouche sur le cor, incliné sa tête écoutant l'ordre pour y souffler». On lui demanda: «Qu'est-ce que tu nous conseilles de dire alors?» Il répondit: «Dites: Allah nous suffit. Il est le meilleur protecteur. Nous nous fions à Dieu». En ce jour-là, tous les peuples seront rassemblés dans un même endroit pour comparaître devant le Seigneur qui leur demandera compte de leurs œuvres. Personne n'y échappera.

Verset 100

Dieu montre le sort des impies en leur présentant la Géhenne sans toutefois qu'ils puissent voir ce qu'il y aura dedans comme supplices et châtiments en jetant ainsi dans leurs cœurs l'épouvante et l'angoisse. Cette Géhenne qui, d'après un hadith rapporté par Mouslim, sera traînée par soixante-dix mille brides et chacune tenue par soixante-dix mille anges.

Verset 101

«Les infidèles qui s'étaient voilé les yeux pour ne pas voir nos signes» qui n'ont voulu dans le bas monde ni écouter les enseignements du Seigneur, ni voir Ses signes ni penser à suivre la voie droite.

Verset 102

Ces infidèles comptent-ils donc pouvoir prendre pour maîtres les serviteurs de Dieu en dehors de Lui? Non car Il a dit ailleurs: «Quelle erreur! Ces divinités renièrent leurs adorateurs et se retournèrent même contre eux» [Coran XIX, 82]. Les incrédules auront la Géhenne comme séjour éternel pour prix de leur impiété.

Verset 103

Mouss'ab rapporte avoir demandé son père Sa'd Ben Abi Waqas au sujet de ce verset: «Voulez-vous que je vous indique ceux dont les œuvres auront été les plus vaines» S'agit-il des «Hourouria»? - Non, répondit-il, ils sont les juifs et les chrétiens car les premiers ont traité le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- d'imposteur et les autres ont renié la nature du Paradis en disant qu'il n'y aura ni nourriture ni boisson. Quant aux Hourouria, ils sont ceux qui violent le pacte de Dieu après avoir accepté son alliance. Sa'd les appelait: «les pervers».

Verset 104

Ali Ben Abi Taleb, quant à lui, a dit que ce verset désigne les Hourouria ainsi les juifs et les chrétiens et tous ceux qui ont adoré leur Seigneur à leur façon inconvenable croyant qu'ils sont dans le droit chemin. Ils pensent que leurs œuvres seront acceptées du moment qu'elles seront refusées et rejetées, comme Dieu le montre dans ce verset: «Nous irons droit à leurs œuvres et nous les réduirons en poussière» [Coran XXV, 23]. Dieu a dit ailleurs: «Les œuvres des infidèles ressemblent aux mirages du désert. Les prenant pour de l'eau, l'homme altéré les poursuit mais jamais ne les atteint» [Coran XXIV, 39]. Ceux dont les œuvres sont les plus inutiles sont, comme Dieu l'explique, ceux dont l'effort, dans la vie présente, s'égare, tandis qu'ils comptent bien faire!

Verset 105

Ceux-là n'ont pas cru aux signes de leur Seigneur ni à Sa rencontre. Ils n'ont pas cru en Son Unicité, ont traité les Prophètes de menteurs et ont mécru à la vie de l'au-delà. Aux œuvres de ceux-là Dieu, au jour de la résurrection, n'attribuera aucun poids étant dénuées de tout bien. Abou Houraïra rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour du jugement dernier, on amènera l'homme le plus corpulent qui ne pèsera auprès de Dieu même pas l'aile d'un moustique. Récitez si vous voulez: «Elles ne pèseront d'aucun poids au jour du jugement dernier» (Rapporté par Boukhari). Plusieurs hadiths ont été rapportés dans le même sens.

Verset 106

«Ils auront l'enfer en partage pour n'avoir pas cru». La rétribution accordée aux infidèles sera donc la Géhenne à cause de leur incrédulité et parce qu'ils se sont moqués des signes de Dieu et de Ses Prophètes.

Verset 107

Tels sont les bienheureux parmi les serviteurs de Dieu qui ont cru en Dieu et tenu pour véridiques les messages qu'ont apportés les Prophètes, ils auront le Firdaws qui est le milieu, l'endroit le plus haut et le meilleur rang du Paradis. C'est pourquoi le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit dans un hadith authentique: «Lorsque vous demandez à Dieu de vous accorder le Paradis, que ce soit le Firdaws son milieu et l'endroit le plus élevé et d'où prennent source les fleuves du Paradis.»

Verset 108

«Qu'ils ne voudront échanger contre aucun autre». Une incitation à convoiter cette demeure éternelle sans désirer aucun changement, car il est normal qu'un homme désire changer sa résidence après s'en être lassé et habitué. Quant au Paradis, il sera le séjour réservé aux fidèles où ils demeureront éternellement sans chercher à en bouger.

Verset 109

Dieu ordonne à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de dire aux hommes: que si la mer était une encre pour écrire les paroles de mon Seigneur comprenant Ses enseignements, décrets et signes qui affirment Son existence, la mer sera assurément tarie avant que ne soient épuisées Ses paroles, même si une autre mer venait la suppléer. Une réalité confirmée aussi par ce verset: «Quand bien même tous les arbres de la terre se changeraient en roseaux pour écrire, quand bien même l'océan serait un océan d'encre où conflueraient sept autres océans, qu'Allah aurait encore à écrire. Il est puissant et sage» [Coran XXXI, 27]. Al-Rabi' Ben Anas a dit: «Le savoir de tous les ulémas par rapport au savoir de Dieu ne dépasse pas une goutte d'eau dans toutes les mers du monde». Ainsi ont conclu les ulémas que les richesses et les plaisirs du bas monde ne représentent qu'un grain de moutarde comparés à ceux de l'au-delà.

Verset 110

Après avoir raconté l'histoire des gens de la caverne et de Zoul Qarnaïne à la demande des hommes et surtout ceux qui ont traité son message de mensonge, Dieu ordonne à Son Prophète de dire aux idolâtres: Je ne suis qu'un mortel semblable à vous. Ce que je vous ai raconté fut une révélation de mon Seigneur. Si vous n'y croyez pas, que l'un d'entre vous rapporte une chose pareille. Et je vous le répète que votre Dieu est un Dieu Unique, je vous appelle à son adoration. Que celui qui espère Sa rencontre, Sa rétribution et Sa récompense, qu'il fasse de bonnes œuvres conformes aux enseignements de Dieu, et qu'il n'associe personne dans l'adoration de son Seigneur. Des hadiths relatifs à ce sujet, on se limite à celui-ci qui fut rapporté par Taous qu'un homme vint trouver l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu! J'accomplis des bonnes œuvres remarquables ne désirant que me rencontrer avec Dieu, mais en même temps je cherche à ce que les hommes le sachent aussi» Il ne lui répondit pas et ce verset lui fut révélé aussitôt: «Celui qui espère se rencontrer avec son Seigneur, qu'il fasse œuvre pie et n'associe personne au culte de Dieu». Quant à l'association, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a mis sa communauté en garde contre elle. L'imam Ahmed rapporte que Chaddad Ben Aous pleura un jour. En lui demandant pourquoi il pleure, il répondit: «Des propos que j'ai entendus de la bouche du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- je l'ai entendu dire: Ce que je redoute pour ma communauté sont l'association et le désir latents» Je lui dis: «Ta communauté retournera-t-elle à l'idolâtrie?» - Oui, répondit-il, ils n'adorent ni soleil, ni lune, ni pierre, ni idole, mais ils accompliront leurs actes cultuels par vanité et pour être vus des hommes. Quant au désir latent, il se pourra que l'un d'entre eux qui jeûne, un certain désir lui viendra à l'esprit et alors il rompra son jeûne» (Rapporté par Ahmed et Ibn Maja). Abou Sa'id rapporte: Abou Foudala Al-Ansari, qui était un des compagnons, rapporte avoir entendu l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire «Lorsque Dieu rassemblera les premiers et les derniers en un jour sans aucun doute, un crieur interpellera: «Que celui qui a accompli une œuvre pour Dieu en lui y associant un autre, aille rechercher sa rétribution de cet autre. Car Dieu est le plus riche des associés et de ce qu'on lui associe» (Rapporté par Ahmed, Ibn Maja et Tirmidhi). Anas - que Dieu l'agrée - rapporte que l'Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque les œuvres des fils d'Adam seront exposées devant Dieu à Lui la puissance et la gloire - au jour de la résurrection, dans des livres scellés, Dieu dira aux anges: «Acceptez celles-ci et rejetez celles-là». Les anges s'écrieront: «Seigneur, par Dieu nous n'avons vu un tel que faire le bien?» Il leur répondra: «Ces œuvres ont été accomplies pour plaire à un autre que moi. Aujourd'hui, Je n'accepterai que les œuvres qui ont été accomplies en vue de Ma satisfaction» (Rapporté par Al-Hafez Abou Bakr Al-Bazzar).

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