La Lumiere
Sourate 24 · 64 versets · Revelation medinoise
Verset 1
Nous vous révélons une sourate que nous décrétons obligatoirement. Elle comporte des signes évidents. Peut-être comprendrez-vous. Dieu a fait descendre cette sourate et prescrit clairement les ordres et enseignements qu'elle comporte, en y montrant le licite, l'illicite, quelques sentences et la peine prescrite qu'on doit appliquer à un genre de coupables. Elle contient des ordres fondamentaux que les hommes doivent observer pour toujours.
Verset 2
«Administrez cent coups de fouet à l'homme et à la femme de mauvaise vie». Il y a là la peine qu'on doit appliquer aux fornicateurs hommes et femmes. À cet égard les ulémas distinguent entre ces gens-là en prenant en considération l'état civil de chacun: Ce fornicateur peut être célibataire ou marié suivant un contrat légal, adulte, libre et sensé. La peine qu'on doit appliquer au fornicateur célibataire consiste à le frapper de cent coups de fouet et de l'exiler en dehors de son pays une année, d'après l'avis unanime des ulémas, à l'exception de l'imam Abou Hanifa qui laisse la sanction de l'exil à la décision du gouverneur. Ils ont tiré argument du fait suivant cité dans les deux Sahih: «Deux bédouins vinrent trouver le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue-. L'un d'eux prit la parole et dit: «Messager de Dieu! Mon fils que voici était un salarié chez ce bédouin, il a commis l'adultère avec sa femme. J'ai racheté mon fils du châtiment de cent moutons et une esclave. En présentant son cas aux hommes versés, ils m'ont répondu que mon fils doit subir cent coups de fouet et un an d'exil, et que la femme de celui-là doit être lapidée (jusqu'à la mort)». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- répondit: «Par celui qui tient mon âme dans sa main, je vais décider d'après le Livre de Dieu: On doit te rendre les cent moutons en tant qu'esclave, puis ton fils mérite cent coups de fouet et l'exil d'un an». Ensuite il s'adressa à Ounaïs un homme de la tribu de Aslam, (un des compagnons qui était présent) et lui dit: «O Ounaïs, va trouver la femme de cet homme, et si elle avoue son péché, lapide-la» Ounaïs se rendit chez la femme qui avoua son péché, et il la lapida» (Rapporté par Boukhâri et Mouslim, d'après Abou Houraïre). Ceci montre que le fornicateur célibataire doit recevoir cent coups de fouet et l'exil d'un an. Quant à la personne mariée, on la lapide jusqu'à la mort. Ibn Abbas rapporte que Omar Ben Al-Khattab fit le discours suivant, après avoir loué Dieu: «Hommes! Dieu a envoyé Mouhammed -qu'Allah le bénisse et le salue- avec la vérité. Il lui a révélé le Livre où on y trouve le verset relatif à la lapidation. Nous l'avons lu et bien conçu. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a ordonné la lapidation et nous l'avons appliqué à notre tour. Ce que je redoute qu'un jour viendra où on dira: «Le verset qui consiste à lapider le fornicateur ne se trouve pas dans le Livre de Dieu» Ainsi les hommes négligeront une peine prescrite que Dieu a imposée. La lapidation existe dans le Livre de Dieu et doit être appliquée aux hommes mariés fornicateurs et aux femmes également en constatant ce péché par l'un des faits suivants: la preuve évidente, la grossesse et l'aveu personnel». Kathir Ben As-Salt rapporte: «Nous étions chez Marwane avec Zaïd Ben Thabet quand celui-ci dit: «Nous lisions dans le Livre de Dieu ce qui suit: «Les âgés (hommes et femmes), lapidez-les jusqu'à la mort quand ils commettent l'adultère». Marwane demanda alors à Zaïd: «- Pourquoi tu ne l'as pas écrit dans le Coran?» Et Zaïd de répondre: «- Nous avons discuté cela avec Omar Ben Al-Khattab qui nous a répondu: «Je vais vous présenter une solution satisfaisante. - Comment? demandâmes-nous. Il reprit: «Un homme vint trouver le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et, en évoquant devant lui le verset concernant la lapidation, lui dit: «Messager de Dieu, écris pour moi le verset de la lapidation». Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- lui répondit: «Je ne puis le faire pour le moment». Tout cela dénote que le verset concernant la lapidation existait dans le Coran, mais sa récitation fut abrogée et n'en resta que son exécution. Dieu est le plus savant. On trouve dans la tradition et les récits divers que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue- avait ordonné de lapider Ma'ez et la femme Ghamidiah, sans administrer les cent coups de fouet avant la lapidation. Et les ulémas, dans la majorité, de conclure: la personne mariée qui commet l'adultère doit subir cent coups de fouet selon le verset et la lapidation d'après la sunna. L'imam Ahmed et les auteurs des Sunan ont rapporté, d'après Oubada Ben As-Samet, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Retenez ce que je vais dire (deux fois): Dieu nous impose cette issue à tout fornicateur: Cent coups de fouet et un an d'exil à appliquer au célibataire, et cent coups de fouet et la lapidation pour les mariées». «Ne vous laissez pas apitoyer par eux. Car, c'est là une prescription d'Allah». Pour appliquer cette peine, on ne doit donc pas être pris par aucune pitié, sans user d'aucune indulgence envers eux, étant donné que l'homme de par sa nature, penche vers la pitié et la clémence. Même ceux qui sont au pouvoir doivent observer catégoriquement cette sentence. Il est dit dans un hadith: «Une peine prescrite appliquée sur terre vaut mieux à ses habitants que de recevoir une pluie continue durant quarante jours». D'autres ont interprété ce verset autrement. Ils ont dit: «- N'appliquez pas la peine avec brutalité en frappant avec violence». À ce propos Oubaidallah Ben Abdullah ben Omar raconte: «Une esclave appartenant à Omar a commis l'adultère. Omar la frappa aux pieds- et je crois, a dit le rapporteur et au dos aussi: Je lui dis: «ne vous laissez pas apitoyer par eux». Omar répliqua: «Fils, as-tu remarqué que j'ai eu pitié d'elle. Non, mais sache que Dieu ne m'a pas ordonné de la tuer ni la frapper à la tête, et pourtant je n'ai pas été indulgent envers elle». «Si vous croyez en lui et au jour dernier» C'est à dire: Si vous êtes des vrais croyants n'hésitez du tout à appliquer cette peine prescrite par Dieu et qu'elle soit une leçon pour les autres afin qu'ils s'en abstiennent. Ne le faites pas avec brutalité. À cet égard, l'imam Ahmed rapporte dans son Mousnad qu'un des compagnons dit: «Messager de Dieu, j'égorge le mouton ayant pitié de lui». Il lui répondit: «Tu en seras récompensé». «Que ce châtiment soit exécuté en présence d'un groupe des croyants». Car ce châtiment appliqué aux fornicateurs est aussi sévère et humiliant s'il sera exécuté et un groupe de croyants en sera témoin. Ceci pourrait réprimer les coupables pour ne plus récidiver et, dans de telle circonstance, la honte les couvrira et leur scandale demeurera un sujet de conversation entre les gens. Quant au nombre de ce groupe, il fut le sujet d'une controverse. Mais ce qui est logique, ils devront être quatre au moins, car pour constater l'adultère, il faut que le nombre des témoins soit quatre, comme nous allons le voir plus loin.
Verset 3
Ce verset signifie qu'un débauché n'ait des rapports charnels illicites qu'avec une débauchée ou une polythéiste qui consent à avoir de tels rapports et qui ne trouve aucun empêchement par manque de foi. Ibn Abbas l'a commenté et dit: Ce n'est pas un mariage légal mais un commerce charnel qui ne le pratique qu'un débauché ou un idolâtre». «Cela est interdit aux croyants de commettre un tel péché grave ou de donner en mariage des femmes chastes et pieuses à des hommes pervers ou de prendre comme compagne une débauchée si on est croyant. Même certains ulémas sont allés plus loin en interdisant catégoriquement aux croyants de se marier d'avec des prostituées, comme Qateda et Mouqatel Ben Hayyan. Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Assurez-vous qu'elles soient vertueuses, qu'elles ne soient pas livrées à la débauche et qu'elles n'aient pas eu de liaisons clandestines» [Coran IV, 25]. Ahmed a précisé: «L'acte du mariage conclu entre un homme vertueux et une prostituée n'est plus valable tant que celle-ci ne se repentisse, et dans ce cas le contrat devient valide, sinon on doit rejeter un tel acte». Ainsi il ne faut pas donner en mariage une femme chaste à un débauché tant qu'il ne se repente pas sincèrement. Abdullah Ben Amr raconte: «Une femme appelée Oum Mahzoul était une prostituée. Comme un des compagnons du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- voulut l'épouser, Dieu fit descendre ce verset: «Le débauché n'épouse qu'une femme débauchée...» jusqu'à la fin du verset. Amr Ben Chou'aïb rapporte d'après son père que son grand père a raconté: «Un homme du nom Marhad Ben Abi Marhad était chargé de porter les prisonniers de guerre de La Mecque à Médine. Il avait une maîtresse à La Mecque appelée 'Inaq. Marhad rapporte: «J'avais promis à un prisonnier Mecquois de le porter à Médine un certain jour. Arrivé avec lui auprès d'une palmeraie de La Mecque dans une nuit où la lune était pleine, je me reposai à côté d'un mur. 'Inaq, apercevant une silhouette, arriva pour l'identifier. En me reconnaissant, elle s'écria: «Marhad?» -Oui, Marhad, répondis-je. Elle me dit: «Sois le bienvenu, lève-toi et viens passer la nuit chez moi» -O Inaq, répliquai-je, Dieu a interdit l'adultère. Vexée, elle appela les gens: «Ô habitants de ces tentes, cet homme porte vos prisonniers». Huit hommes me poursuivirent et me contraignirent à entrer au jardin où je trouvai une grotte-ou une caverne- et j'y pénétrai. Les hommes se tinrent juste à l'entrée de la grotte, sans s'apercevoir que j'y étais, et urinèrent. Leur urine coula sur ma tête, et Dieu voulut à ce moment que je restasse inaperçu. Ils rebroussèrent chemin et je revins vers mon prisonnier et le portai, à savoir qu'il était très lourd. Nous arrivâmes à Al-Idzkher, et là, je le libérai de ses liens et je pus, tantôt en le portant, tantôt en le laissant marcher à mes côtés, arriver à Médine, et je l'amenai devant le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en lui disant: «- Messager de Dieu! Permets-moi de me marier d'avec 'Inaq» -deux fois-. Il garda le silence sans me répondre et ce verset fut révélé. «Le débauché n'épouse qu'un débauchée...» Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- me dit alors: «O Marhad! Le débauché n'épouse qu'une débauchée ou une polythéiste. Ne pense plus à ce mariage». L'imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben Yassar l'affranchi d'Ibn Omar a dit: «J'atteste que j'ai entendu Salem raconter que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois n'entreront plus au Paradis et Dieu ne les regardera pas au jour de la résurrection: Le désobéissant à ses père et mère, la femme hommasse qui imite les hommes et le proxénète». Suivant une autre version, il a dit: «Dieu a interdit le Paradis à ces trois hommes: Un buveur du vin invétéré, le désobéissant à ses parents et celui qui laisse sa femme forniquer». Au cas où le débauché -ou la débauchée- se repent, leur mariage devient licite, d'après Ibn Abbas qui a dit: «J'avais une maîtresse et la fréquentais souvent pour commettre avec elle ce que Dieu -à Lui la puissance et la gloire- a interdit. Dieu m'inspira le repentir. Voulant me marier d'avec elle, certaines gens s'écrièrent: «Le débauché n'épouse qu'une débauchée ou une idolâtre» Ibn Abbas de répliquer: «Ce cas n'est pas celui de l'un et l'autre. Je vais l'épouser et s'il y aura un certain péché, je le prendrai à ma charge». Certains ulémas ont avancé que ce verset a été abrogé. Sa'îd Ben Al-Moussaïab, en évoquant auprès de lui le verset précité, a dit: «Il a été abrogé par le verset qui s'ensuit: «Mariez les célibataires, ainsi que vos serviteurs vertueux des deux sexes» [Coran XXIV, 32] en y ajoutant: les musulmans.
Verset 4
Ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans produire les quatre témoins d'usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur témoignage n'est plus recevable. Car ce sont des méchants.
Verset 5
À moins qu'ils ne se repentent et ne se rachètent par une bonne conduite. Auquel cas Allah est tout pardon et toute mansuétude. Ce verset détermine la peine qu'on doit infliger à celui qui diffame la femme libre de condition, adulte et vertueuse, et qui consiste à lui administrer quatre-vingts coups de fouet. Cette même peine s'applique quand il s'agit d'un homme diffamé; aucune controverse n'existe entre les ulémas à ce sujet. Le diffamateur est exempt de cette peine s'il présente la preuve évidente. C'est pourquoi Dieu a dit: «Sans produire le quatre témoins d'usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur témoignage n'est pas recevable. Car ce sont des méchants» Donc tout diffamateur qui ne présente pas les preuves requises est soumis à ces trois sentences: 1 - Une peine de quatre-vingts coups de fouet. 2 - Refuter son témoignage. 3 - Être pervers qui n'est pas juste ni auprès de Dieu ni auprès des gens. Et pourtant il y a exception: «À moins qu'ils ne se repentent et ne se rachètent par une bonne condition» Cette exception porte-t-elle sur la troisième sentence pour exempter le diffamateur de la perversité tandis que les autres restent en refutant toujours son témoignage même s'il se repent? Ou bien il ne reste qu'à lui appliquer la première sentence?. Malek, Ahmed et Chafe'i ont jugé que s'il se repent, son témoignage sera accepté sans lui attribuer le titre: pervers. Quant à Abou Hanifa, il ne sera pas exempté que de la troisième sentence. Ach-cha'bi et Ad-Dahak, quant à eux, ont avancé qu'on acceptera son témoignage s'il condamne soi-même en avouant que ce qu'il a dit était purement une calomnie. Et c'est Dieu qui est le plus savant.
Verset 6
Ceux qui accusent leurs épouses d'adultère, sans pouvoir produire de témoins, jureront quatre fois devant Allah qu'ils sont sincères.
Verset 7
Par un cinquième serment, ils devront appeler sur eux la malédiction d'Allah pour le cas où ils mentiraient.
Verset 8
La femme se soustraira à la peine prévue en jurant quatre fois que son mari a menti:
Verset 9
Par un cinquième serment, elle devra appeler sur elle la colère d'Allah pour le cas où son mari aurait dit la vérité.
Verset 10
Ce verset procure aux hommes mariés un soulagement et aussi une issue si l'un d'entre eux accuse sa femme d'adultère sans pouvoir produire les quatre témoins, ou présenter les preuves requises. Dans ce cas il a le droit de faire un serment d'anathème comme Dieu -à lui la puissance- a ordonné. Pour cela, il la convoque et l'accuse devant l'imam -le gouverneur ou autre qui lui est similaire- par ce qu'il l'a diffamée. Le gouverneur lui demande de témoigner quatre fois devant Dieu qui tiennent lieu de quatre témoins que son accusation est vraie et qu'il est sincère. «Par un cinquième serment, ils devront appeler sur eux la malédiction d'Allah pour le cas où ils mentiraient». Si cet homme s'exécute, alors sa femme est considérée comme divorcée de sorte qu'il ne pourrait la reprendre -plus tard- que contre une dot, et elle lui deviendra interdite, voire illicite. Il lui verse sa dot et elle sera soumise à la peine prescrite. Ce châtiment ne sera détourné d'elle que si elle fait des exécrations réciproques, en témoignant quatre fois devant Dieu qu'il est menteur et qu'elle n'a pas commis l'adultère. Elle ajoute une cinquième fois en appelant sur elle la colère d'Allah pour le cas où son mari aurait dit la vérité. Il est normal que l'homme n'accuse sa femme d'adultère que lorsqu'il est sûr de sa trahison, autrement il ne préférerait jamais causer un tel scandale parmi les siens. Il est donc excusé, quant à sa femme qui connaît bien son péché, elle mériterait la colère de Dieu car, en témoignant le cinquième elle serait sujette à cette colère en reniant ce qu'elle a commis. Puis Dieu fait allusion à Sa pitié et Sa miséricorde envers Ses serviteurs en leur montrant la sanction qu'il faut prendre à l'égard des coupables et qui constitue pour eux une issue de cette situation critique et pénible. Il accepte le repentir même s'il est déclaré après les témoignages, car Il est sage en imposant de tels ordres et enseignements aux hommes et Il connaît bien leur intérêt. Ibn Abbas raconte: «À la suite de la révélation de ce verset: «- Ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans produire les quatre témoins d'usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur témoignage n'est plus recevable». Sa'd Ben 'Oubada -le chef des Ansariens- demanda: «C'est en ces termes que ce verset fut descendu ô Messager de Dieu?» Celui-ci s'adressa aux hommes: «O les Ansariens, n'entendez-vous pas ce que votre chef vient de demander?» On lui répondit: «O Messager de Dieu, ne le blâme pas, c'est un homme jaloux. Par Dieu, il ne s'est marié que d'avec des femmes vierges et n'a répudié aucune d'elles pour permettre à l'un d'entre nous d'oser et la demander au mariage à cause de sa forte jalousie». Sa'd objecta: «O Messager de Dieu, par Dieu je connais bien que ce verset est une vérité qui est parvenue de Dieu. Mais ce qui me fait étonner est le fait suivant: Si je trouve ma femme forniquer avec un homme devrai-je rester coi sans agir jusqu'à ce que je produise les quatre témoins et les laisser-ma femme et l'homme-assouvir leur désir sans les gêner?». Un certain temps s'écoula quand arriva Hilal Ben Omayya (l'un des trois que Dieu a accepté son repentir après avoir fait défection au Messager de Dieu lors de l'expédition de Tabouk). Hilal s'était rentré chez lui un soir et avait trouvé un homme commettre l'adultère avec sa femme. Il a vu de ses propres yeux ce qu'ils faisaient et entendait leurs propos d'amour. Il n'a pas réagi mais, le lendemain matin, il est venu raconter cet événement au Messager de Dieu. Celui-ci répugna à entendre une telle histoire et éprouva une grande gêne. Les Ansariens entourèrent Hilal et s'écrièrent: «Voilà que nous sommes éprouvés par ce que Sa'd a redouté. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- va maintenant frapper Hilal Ben Omayya et ne recevra plus jamais son témoignage». Hilal de riposter: «Par Dieu, j'espère que le Seigneur me trouve une issue et un soulagement». Puis en s'adressant au Messager de Dieu, il poursuivit: «J'ai bien remarqué que tu as été très ému; Dieu connaît que je suis sincère». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'apprêtait pour frapper Hilal mais il s'arrêta et reçut aussitôt une révélation. Les hommes remarquaient les traits que prenait son visage dans de tels moments. Ils gardèrent le silence. Une fois la révélation cessée, il leur récita: «Ceux qui accusent leurs épouses d'adultère, sans pouvoir produire de témoins, jurèrent quatre fois devant Allah qu'ils sont sincères». Le visage du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- s'éclaircit et il dit alors à Hilal: «Réjouis-toi ô Hilal, Dieu t'a trouvé une issue et une solution». Hilal de répliquer: «J'attendais cela de la part de mon Seigneur à Lui la puissance et la gloire». Aussitôt le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- convoqua la femme de Hilal. -Lorsqu'elle fut en sa présence, il récita le verset et rappela à Hilal et à sa femme que le châtiment dans l'au-delà est encore plus atroce que celui du bas monde. Hilal dit alors: «O Messager de Dieu, je jure par Dieu que je n'ai raconté que la vérité.» C'est un menteur, objecta la femme. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur ordonna alors de faire les serments d'anathème. Hilal jura «Je fais quatre fois ce témoignage devant Dieu» et arrivé au cinquième, on lui attira l'attention: «O Hilal, crains Dieu, le châtiment de ce bas monde est beaucoup moins facile que celui de l'autre. Ce cinquième témoignage t'implique». Il les interrompit en disant: «Par Dieu, Il ne m'infligera aucun châtiment et je ne mériterai plus les coups de fouet». Il fit le cinquième serment en appelant sur lui la malédiction de Dieu s'il est menteur. On demanda alors à la femme: «Jure par Dieu quatre fois qu'il est menteur». Elle s'exécuta, et à la cinquième fois on lui rappela: «Crains Dieu, le châtiment d'ici-bas est beaucoup moins facile que celui de l'au-delà, et ce cinquième serment t'impliquera». Elle hésita un bon moment, décida de dire la vérité, et dit: «Par Dieu, je n'ai pas l'intention de causer un scandale à ma famille». Elle fit le cinquième serment en appelant sur elle la colère de Dieu si son mari est sincère». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- la sépara de son mari, décréta que son enfant qu'elle va engendrer ne sera attribué à aucun père comme on ne devra pas, plus tard, accuser cet enfant d'adultérin. Quiconque fera l'un ou l'autre, sera soumis à la peine prescrite. Il décréta aussi que la femme n'a aucun droit ni à un gîte ni à une nourriture, parce que cette séparation n'est due ni à un divorce ni faite à la suite de la mort du mari. Il conclut enfin: «Si l'enfant que cette femme va mettre au monde aura le teint roux et les jambes grêles, il sera le fils de Hilal. Si par contre il aura le teint brun, les cheveux frisés, les jambes charnues, et aux grandes fesses il sera donc adultérin». La femme engendra un enfant qui répondit aux dernières descriptions, et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, mis au courant, déclara: «Si ce n'était pas le témoignage qu'elle avait fait, j'aurais agi autrement à son égard». Ikrima a rapporté que ce même enfant fut le gouverneur de l'Égypte et on lui donnait le nom de sa mère» (Ce récit fut rapporté par l'imam Ahmed et Abou Daoud). Un autre qui lui est analogue fut rapporté par Boukhari avec quelques légères différences).
Verset 11
Ce verset ainsi que les neuf qui s'ensuivent de cette sourate furent révélés à propos d'un fait survenu dans la vie du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-; il s'agit précisément de 'Aïcha, Sa femme -que Dieu l'agrée- qui fut calomniée par les hypocrites. Dieu révéla les versets pour l'innocenter. Le récit de la calomnie a été rapporté dans les deux Sahihs, en voilà la version de Boukhari: Aïcha -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Quand le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- voulait partir en expédition, il procédait au tirage au sort entre ses femmes, et celle dont le sort désigne, l'accompagnait. Dans une de ces expéditions, il faisait un tirage au sort et c'était moi qui devais partir avec lui. Je partis donc avec lui après que le verset relatif au voile était révélé, et on me fit installer dans un palanquin. Une fois l'expédition terminée, nous retournâmes et nous fûmes près de Médine, et la nuit le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ordonna de nous mettre en route. Après que cet ordre fut donné, je me levai pour aller satisfaire un besoin en dépassant le lieu du campement. En retournant, je m'aperçus que mon collier de verroteries fait à Zafar (au Yémen) fut détaché. Je rebroussai chemin vers le lieu où j'étais afin de le rechercher et je fus retenue sur place pour le retrouver. Les hommes qui étaient chargés de ma monture portèrent le palanquin et le mirent sur le chameau croyant que j'étais dedans, à savoir que les femmes à cette époque étaient légères et loin de l'obésité, car elles se contentaient de peu de nourriture. Les hommes en soulevant le palanquin ne firent pas attention à sa légèreté. J'étais alors une femme très jeune; ils firent lever le chameau et partirent, et à mon retour, je trouvai le collier, qui était sous l'animal, alors que l'armée avait déjà quitté le camp. Quand je trouvai mon collier, en revenant au lieu du campement, il n'y avait personne, alors je décidai de rester là où j'étais, croyant que, quand ils s'apercevront de mon absence, ils reviendront sûrement me chercher. Étant ainsi, le sommeil me gagna et je m'endormis. Safwan Ben Mou'attal As-Soulami puis Az-Zakwani, qui occupait l'arrière de la troupe, arriva le matin à l'endroit où je me trouvais et vit une silhouette d'une personne endormie, et il se dirigea vers moi. Il m'avait déjà vue avant que le verset du voile fut révélé, et je m'éveillai en l'entendant dire: «Nous sommes à Dieu et c'est vers Lui que nous retournerons». Il fit agenouiller sa monture pour me porter sur elle, nous nous mîmes en route, en la conduisant, jusqu'à ce que nous atteignîmes la troupe qui faisait la sieste au temps de la canicule du midi. C'était Abdullah Ben Oubay Ben Saloul qui avait répandu la calomnie. «Un groupe d'entre vous a répandu la calomnie» en créant des mensonges pour diffamer les autres injustement. «Ne croyez pas qu'elle vous nuise» ô la famille d'Abou Bakr dont Aïcha faisait partie; «elle vous sera profitable» pour vous dans les deux mondes: une sincérité dans la vie d'ici-bas et une grande considération dans l'autre, après le geste noble du Seigneur envers Aïcha, la mère des croyants -que Dieu l'agrée-, en révélant son innocence. «Tous les complices de cette calomnie seront punis» Celui qui a contribué à colporter cette calomnie et a diffamé la mère des croyants, recevra la part convenable du châtiment. Quant à celui qui s'est chargé de la plus lourde part, subira un châtiment douloureux. Il s'agit bien sûr de Abdullah Ben Oubay Ben Saloul -que Dieu le maudisse- comme on l'a montré au début du récit.
Verset 12
L'histoire de 'Aïcha -que Dieu l'agrée- constitue une discipline pour les hommes qui ont répandu la calomnie entre les gens en l'attaquant par des propos méchants. Pourquoi les croyants et les croyantes lorsqu'ils en ont entendu parler n'ont-ils pas pensé à bien, en eux-mêmes, et n'ont-ils pas dit: «C'est une calomnie évidente». S'ils étaient eux-mêmes le sujet de cette calomnie, ils auraient sûrement agi pour mettre fin à ce qu'on disait. Comment n'ont-ils pas trouvé cela inconvenable surtout que l'affaire concerne une mère des croyants qui devait être un exemple de chasteté et d'honnêteté pour eux! On a rapporté que Khaled Ben Zaïd Al Ansari (Abou Ayoub) sa femme lui a dit un jour: «Abou Ayoub, n'entends-tu pas ce que les gens disent de Aïcha -que Dieu l'agrée!» - Certes oui, répondit-il, et c'est pur mensonge. Dis-moi Oum Ayoub, as-tu pensé un jour à commettre une chose pareille?». Elle répliqua: «Non par Dieu, je ne la ferai jamais». Et Khaled de riposter: «Ainsi Aïcha qui est meilleure que toi». Après la révélation des versets relatifs à cette calomnie, et surtout ce verset: «Quand ils ont entendu cette calomnie, les croyants et les croyantes auraient dû garder leur confiance à ceux qu'elle atteignait et dire: «C'est là pure infamie», on a dit que ceci concerne Abou Ayoub et sa femme après leur conversation. «C'est là pure infamie» est une calomnie manifeste, car ce que les gens en pensaient n'avait aucun fondement. La preuve en est qu'Aïcha -que Dieu l'agrée- était sur la monture de Safwan et tous les hommes l'avaient vue au milieu du jour. Si elle avait commis un acte pareil, elle et Safwan, auraient dû rattraper la troupe clandestinement sans être vus par les hommes.
Verset 13
Pour affirmer cette réalité, Dieu a dit: «Que n'ont-ils appuyé leur accusation sur le témoignage de quatre témoins?» Comme ils étaient incapables de produire les témoins requis, ils sont donc, selon le jugement, des menteurs pervers.
Verset 14
N'était «la grâce de Dieu sur les hommes et Sa miséricorde» ici-bas et dans la vie future, et n'était-ce le repentir de ceux qui ont colporté et répandu la calomnie, «un châtiment implacable vous aurait punis pour les faux bruits». Ceci concerne ceux qui avaient la foi à cette époque et s'étaient repentis tels que Mistah, Hassan et autres. Mais ceci ne concerne plus les hypocrites comme Abdullah Ben Oubay Ben Saloul et ses semblables, car ils n'étaient du tout des vrais croyants.
Verset 15
«Quand vos langues accueillaient ces propos et que vos bouches les diffusaient» ce dont vous n'aviez science aucune «vous n'attribuiez qu'une légère importance à la chose, alors qu'aux yeux d'Allah elle est très grave» Vous parliez mal de la mère des croyants pensant que ce n'est rien. Même si elle n'était pas la femme du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, cela était énorme auprès de Dieu, qu'en serait alors si elle était l'épouse du dernier des Prophètes et Messagers. Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «L'homme profère parfois des paroles qui déplaisent à Dieu sans y attacher de l'importance, à cause d'elles, il sera précipité dans un Feu dont l'abîme est plus loin que la distance qui sépare les cieux de la terre».
Verset 16
En voilà une autre règle de discipline qui consiste à ne plus diffuser une nouvelle qu'on a entendue et à en parler aux autres. Dieu a exhorté les gens: «Quand vous avez entendu ces propos, que n'avez-vous dit: «Il ne nous sied pas d'aborder de pareils sujets» sans propager ce qu'on a entendu et de se taire à son sujet: «Grand Allah c'est une calomnie indigne» en accusant la femme de Son Prophète d'un péché ignominieux.
Verset 17
«Allah vous défend de retomber dans de telles erreurs si vous êtes croyants» Il vous interdit de commettre une chose pareille à l'avenir si vous croyez en Dieu, en ses lois et vénérez Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-.
Verset 18
«Allah vous commente ses enseignements» en vous expliquant et exposant ses signes, car «Il est savant et sage» Il connaît bien ce qui convient à Ses serviteurs et sage dans Ses lois et Sa prédestination.
Verset 19
Ceci présente aussi une troisième règle de discipline et d'éducation, adressée à celui qui, entendant de mauvais propos concernant autrui, en conçoit une partie, l'élabore et les répand. Dieu dans ce verset met en garde ceux qui propagent la turpitude parmi les croyants, qu'ils subiront un châtiment atroce dans les deux mondes: dans la vie d'ici-bas la peine prescrite, et dans l'autre un supplice douloureux. «Allah sait et vous ne savez pas». En d'autres termes rendez cela à Dieu l'Omniscient et il vous dirige. Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ne nuisez pas aux serviteurs de Dieu en les injuriant et en recherchant leurs défauts. Celui qui fait l'un et l'autre, Dieu le démasque et le déshonore même s'il se trouve chez lui» (Rapporté par Ahmed).
Verset 20
Et n'était-ce la grâce de Dieu et Sa miséricorde sur Ses serviteurs, l'affaire aurait pris un autre tour. Mais Il est clément et doux envers les hommes, Il accepte le repentir de qui Il veut s'il, vraiment, ne revient pas à une telle turpitude, et Il le purifie après avoir reçu la peine imposée qui lui est une purification.
Verset 21
O croyants, ne suivez pas les traces de Satan qui, par ses machinations et tentations, conduit à la perte et à l'égarement. Qui les suit, Satan l'entraîne dans les turpitudes. Ce verset est un avertissement et une mise en garde qui simplifie et réunit tout. On a rapporté qu'un homme dit à Ibn Abbas : « Je me suis interdit une telle nourriture. ». Et Ibn Abbas de lui répondre : « C'est une suggestion de Satan. Expie ton serment et mange-en ». Sans la grâce et la mansuétude d'Allah, aucun d'entre vous n'atteindrait l'état de pureté. En d'autres termes, si Dieu n'accorde pas le repentir à l'un de ses serviteurs qui revient vers Lui, ne purifie pas les âmes de leur idolâtrie, leur perversité et leur souillure qui entraînent dans la mauvaise moralité et la mauvaise vie, nul ne se serait purifié ni n'obtiendrait le bien. Dieu seul est celui qui purifie qui Il veut parmi Ses sujets, les dirige ou les égare. Car Il est Omniscient et sage.
Verset 22
Que ceux qui sont capables et aisés ne jurent pas qu'ils privent les proches, les pauvres et les émigrés dans le chemin de Dieu, de ce que Dieu leur a accordé. Ceci, en vérité, constitue une exhortation à être compatissant, indulgent et généreux envers les proches et les besogneux. Qu'ils se montrent, au contraire, indulgents et leur pardonnent leur nuisance et leur mauvaise conduite. Ceci émane de la mansuétude de Dieu, de son indulgence et de sa générosité malgré que les hommes se font tort à eux-mêmes. Comme nous l'avons montré auparavant dans le récit de la calomnie, ce verset fut révélé à propos d'Abou Bakr As-Siddiq qui a juré de ne plus dépenser pour Mistah, mais après l'innocence de Aicha -que Dieu l'agrée- et l'apaisement des âmes des croyants, le repentir des croyants reçu par Dieu et la peine appliquée à ceux qui l'ont mérité, Dieu le Très Haut exhorte les hommes à oublier le passé et à reprendre la dépense pour les proches nécessiteux. À savoir que Mistah Ben Oultatha était le cousin maternel de As-Siddiq et parmi les premiers qui ont fait l'émigration de La Mecque à Médine avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Une fois ce verset descendu, Abou Bakr s'écria : « Par Dieu, certes, je veux bien que Dieu me pardonne ». Et il continua ensuite à donner la pension nécessaire à Mistah en disant : « Par Dieu, je ne vais plus l'en priver ».
Verset 23
Dieu menace ceux qui calomnient les femmes honnêtes, insouciantes et croyantes. Qu'en sera-t-il alors de celui qui calomnie une mère des croyants, pure et honnête ? Les ulémas à l'unanimité, ont jugé d'après ce verset que quiconque la calomnie et la diffame aura apostasié en contredisant les enseignements de Dieu contenus dans le Coran. Ceux-là seront maudits dans ce monde et dans l'autre. Ce verset, les ulémas ont assimilé à celui-ci : « Ceux qui offensent Allah et son Prophète seront maudits... » [Coran XXXIII, 57] qui concerne Aicha en particulier. Elle a rapporté : « On m'a calomniée du vivant que j'étais insouciante et n'avais aucune idée de ce que les gens disaient de moi. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui était chez moi, s'accorda et commença à essuyer son visage. Il me dit : « Réjouis-toi ô Aicha ». Je lui répondis : « C'est grâce à lui et non pas grâce à toi ». Puis il récita : « Ceux qui calomnient les femmes vertueuses, fidèles à leur foi et insouciantes, à l'opinion publique... » jusqu'à : « Les bons seront innocentés des mauvais propos. À eux, le pardon d'Allah et une félicité infinie ».
Verset 24
Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de tous leurs actes. Il s'agit, d'après Ibn Abbas des idolâtres quand ils constateront que seuls qui ont observé les prières entreront au Paradis. Ils diront les uns aux autres : « Retenons tout ». Alors leurs bouches seront scellées, leurs mains et pieds témoigneront contre eux, et ils ne pourront rien cacher à Dieu de leurs propos. Anas Ben Malek raconte : « Étant assis chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand il se mit à rire à pleine gorge. Il nous dit : « Savez-vous ce qui me fait rire ? » - Dieu et Son Messager sont les plus savants, répondîmes-nous. Il reprit : « La discussion qui aura lieu entre le Seigneur et son serviteur. Celui-ci dira : « Seigneur, ne m'as-tu pas protégé contre l'injustice ? » - Oui, dira Dieu. - Je ne permets à aucun, à moins qu'il ne soit de moi-même, de témoigner contre moi. Dieu répliquera : « Il suffit aujourd'hui toi-même pour témoigner contre toi-même, et les anges nobles et scribes ». Alors on mettra un sceau sur sa bouche et dira à ses membres : « Parlez ». Ces membres parleront, puis on ôtera le sceau, il leur dira alors : « Malheur à vous ! c'est vous que je défendais » » (Rapporté par Mouslim et Nassaï).
Verset 25
Ce jour-là, Allah rétribuera leurs œuvres en toute justice et leur compte sera réglé en toute équité. Les hommes sauront alors, avec certitude, que Dieu est la vérité évidente. Dans le même sens, Qatada a dit : « Ô fils d'Adam ! Par Dieu, certains de tes membres témoigneront contre toi, observe-les. Crains Dieu en secret et en public. Rien ne Lui est caché - Les obscurités sont des lumières par rapport à Lui, le secret est public. Quiconque pourra trouver la mort en formant une bonne idée sur Dieu, qu'il le fasse. Il n'y a ni force ni puissance qu'en Dieu ». Les « femmes honorables » mentionnées ci-dessus sont les épouses du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- concernant lesquelles aucun repentir n'a été mentionné comme étant possible dans le cas de leur accusation ; ces femmes concernant lesquelles tout blasphème entraîne l'apostasie.
Verset 26
Ces bons et ces mauvais, furent interprétés de différentes façons : Ibn Abbas a dit : Les mauvais propos sont aux hommes mauvais, les mauvais hommes aux mauvais propos, tandis que les bons propos sont aux bons hommes, les bons hommes aux bons propos. Ceci fut révélé au sujet de Aicha et les hypocrites calomniateurs. Cette opinion fut soutenue par Ibn Jafir qui a ajouté que les bons propos sont propres aux bonnes gens, et les mauvais propos ne conviennent qu'aux mauvaises gens. Ce que les hypocrites ont attribué à Aicha leur convient seuls en dehors des autres. Quant à Abdul Rahman Ben Zaid Ben Aslam, il a dit : Les femmes mauvaises aux hommes mauvais, les hommes mauvais aux femmes mauvaises. Celles qui sont bonnes à ceux qui sont bons, ceux qui sont bons à celles qui sont bonnes. Visiblement il s'agit du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et sa femme Aicha. En d'autres termes, Dieu ne donne à son Prophète que la femme honnête, étant donné qu'il est le meilleur et le plus honorable de tous les hommes. Si elle était une femme mauvaise, elle ne lui conviendrait plus ni légalement ni par voie de prédestination, voilà le sens des dires divins : « Les bons seront innocentés des mauvais propos ». Ces bons et bonnes jouiront du pardon de Dieu et d'une grâce abondante. Il y a là une promesse divine que la femme du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- sera admise avec lui au Paradis. Aicha se sentit honorée par certaines des choses mentionnées dans ce verset à savoir qu'elle fut créée « une bonne femme » et qu'on lui promit « le pardon et une provision glorieuse ».
Verset 27
Ces dires divins sont une règle de conduite recommandée, voire imposée de Dieu. Elle consiste à ne pas entrer dans des maisons qui ne sont pas les siennes sans demander l'autorisation par trois fois, et sans saluer leurs habitants. Si cette autorisation est accordée, on y entre, sinon on doit se retirer. Cela vous est meilleur que d'entrer sans permission afin que vous puissiez vous rappeler la supériorité d'une telle conduite.
Verset 28
À ce propos, il est cité dans le Sahih qu'Abou Moussa demanda, par trois fois, l'autorisation d'entrer chez Omar Ben Al-Khattab. N'ayant pas reçu cette autorisation, Abou Moussa rebroussa chemin. On dit à Omar : « N'as-tu pas entendu la voix d'Abou Moussa qui demandait l'autorisation d'entrer chez toi ? » Il ordonna alors qu'on le recherche, mais Abou Moussa était déjà loin mais on l'attrapa en lui demandant de retourner. Quand Abou Moussa fut en présence d'Omar, celui-ci lui demanda : « Pourquoi t'es-tu retiré ? » - J'ai demandé par trois fois, répondit-il, l'autorisation d'entrer sans me l'accorder. Car j'ai entendu le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- dire : « Lorsque l'un d'entre vous demande trois fois l'autorisation d'entrer sans l'obtenir, il doit se retirer ». Et Allah sait ce que vous faites que vous entriez avec permission ou sans elle et Il vous en rétribuera.
Verset 29
Nul grief à vous d'entrer dans des maisons non habitées où se trouve un objet qui vous appartient. C'est une autorisation accordée d'avance aux hommes pour entrer dans de telles maisons, comme celle d'hospitalité si on a reçu cette autorisation pour la première fois. D'autres interprétateurs ont pris l'expression arabe contenue dans le verset à la lettre et ont dit : « Nul grief à vous d'entrer dans des maisons non habitées où se trouve un objet qui vous appartient ». Enfin d'autres aussi ont assimilé ces maisons aux auberges ou autres maisons consacrées aux voyageurs. Il sera mentionné sous peu qu'ils devraient se saluer la paix en entrant dans leurs propres maisons.
Verset 30
C'est un ordre divin donné aux croyants de baisser leurs regards et de regarder ce que Dieu a interdit de voir. S'il arrive qu'on regarde une chose interdite sans le vouloir, on doit dévier les regards aussitôt possible. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à Ali : « Ô Ali, ne suis pas le regard par un autre, le premier t'est permis mais l'autre constitue une faute ». Dans un hadith authentique, d'après Abou Saïd Al-Khoudri, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Évitez de vous asseoir sur les voies publiques ». On dit : « Mais nous n'avons pas d'autre lieu pour nous entretenir ». Il répliqua : « Dans ce cas respectez les droits des voies ». - Quels sont-ils ? reprirent-ils. Il dit : « Ils consistent à baisser le regard, s'abstenir de faire le mal, rendre le salut, ordonner le bien et interdire le répréhensible » (Rapporté par Boukhari). Comme le regard conduit à la dépravation, Dieu ordonne aux gens d'être chastes et ceci en baissant les regards qui sont à l'origine d'une telle corruption. Il dit : « Prescris aux croyants de tenir leurs regards baissés et de dominer leurs sens ». Dominer les sens consiste : tantôt à éviter l'adultère, tantôt à regarder les organes sexuels, comme il est dit dans un hadith : « Ne montre ton sexe qu'à ta femme et à l'esclave ou la captive de guerre que tu possèdes ». Cela les rendra plus purs. Soit que cette purification désigne le cœur soit la foi. L'imam Ahmed rapporte d'après Abou Oumama que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Tout musulman qui regarde les charmes d'une femme puis s'en détourne, Dieu lui accorde une pratique dont il y trouve sa douceur ». Ibn Massoud à son tour rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Le regard est une des flèches de Satan. Quiconque le laisse, de lui donnerai en échange une foi qu'il goûtera sa douceur dans son cœur ». Allah sait tout ce qu'ils font comme Il a dit ailleurs : « Allah surprend les regards indiscrets et les secrets des cœurs » [Coran XL, 19]. En vérité Allah est conscient de ce qu'ils font.
Verset 31
C'est un ordre adressé aux femmes croyantes par égard pour leurs maris les croyants, et pour les distinguer de celles qui vivaient à l'époque préislamique, les idolâtres. La raison pour laquelle ce verset fut révélé est ce récit raconté par Mouqatel Ben Hayyan. Il a dit: «Il nous est parvenu que Asma la fille de Marthad avait vécu dans le quartier de Bani Haritha. Les femmes entraient chez elle les jambes découvertes pour montrer leurs bracelets de cheville, ainsi que les poitrines et les têtes. Elle s'écria: «Que cela est mauvais». Dieu fit alors descendre ce verset: «Prescris aux croyantes de tenir leurs yeux baissés...». Ce verset interdit aux femmes de regarder avec volupté aux hommes qui ne sont pas leurs maris. Les ulémas ont tiré argument du récit suivant: «Oum Salama raconte: Étant chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avec Maïmouna, Ibn Oum Maktoum entra chez lui après que nous eûmes reçu l'ordre de nous voiler. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- nous dit alors: «Voilez-vous». Je lui répondis: «O Messager de Dieu, cet homme est un aveugle, il ne nous connaît ni nous voit». Il répliqua: «Et vous, êtes-vous aveugles? ne le voyez-vous pas?». D'autre part, il est permis à la femme de regarder les hommes sans les convoiter, comme il est cité dans le Sahih que Aïcha, la mère des croyants, regardait les Abyssins qui jouaient dans la mosquée en manipulant leurs sabres. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- se tenait devant elle pour la soustraire aux regards des hommes. «... et de dominer leurs sens» contre la turpitude ou l'adultère. En commentant ce verset, Abou Al-'Alya a dit: «Tous les versets, où il y a mention des parties génitales, mettent les gens en garde contre l'adultère à l'exception de celui-ci qui les exhorte à ne plus les montrer. «... de ne laisser paraître de leurs charmes que ce qu'elles ne peuvent dissimuler» Ces charmes, selon le texte, sont les atours qui paraissent malgré le voile, tels que: les vêtements comme a avancé Ibn Mass'oud, car la femme voulait paraître élégante en ornant les pans et les extrémités de sa robe, ce qui ne constituait aucune transgression aux enseignements; ou son visage, ses mains et les bagues qu'elle portait, selon Ibn Abbas. Les deux opinions se contredisent car Ibn Mass'oud a précisé: Les parures sont de deux sortes, la première est celle que seul le mari a le droit de la voir comme les bagues, les bracelets et similaires, et la deuxième ce que tout autre homme en dehors du mari peut la voir comme les vêtements. «... ce qu'elles ne peuvent dissimuler» il s'agit des bagues et les bracelets de cheville, et ceci soutient l'opinion d'Ibn Abbas qui s'est basé sur la règle générale que la femme ne peut découvrir que son visage et ses mains. On peut aussi se référer à ce hadith rapporté par Abou Daoud d'après Aïcha. Elle a dit: «Asma la fille d'Abou Bakr entra chez le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- en portant des vêtements minces et transparents. Il se détourna d'elle et lui dit: «O Asma, sache qu'une femme qui atteint l'âge de puberté, il ne lui convient de montrer que son visage et ses mains». «... de couvrir leur gorge d'un voile». Ce voile doit couvrir toute la poitrine pour se comporter à l'inverse des femmes à l'époque de la Jahiliah où la femme passait et marchait devant les hommes en montrant une partie de sa poitrine, la mèche de sa chevelure et les boucles d'oreilles. Dieu ordonne à la femme musulmane croyante d'être différente en couvrant tout cela; tout comme Il l'a ordonné au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Ô Prophète, recommande à tes épouses, à tes filles et aux croyantes de rabattre leurs voiles sur le front. Cela permettra de les distinguer et les mettra à l'abri de démarches incorrectes.» [Coran XXXIII, 59]. Toutefois ce verset comporte des exceptions. Les femmes peuvent montrer leurs parures: «à leurs époux, à leurs père et mère, aux père et mère de leurs époux, à leurs enfants, à leurs beaux-enfants à leurs frères, à leurs neveux» car ceux-là sont, par rapport à elles, des «Mahrams» c'est à dire que son mariage avec l'un d'eux est illicite et interdit. Mais, une femme en parfaite toilette ne peut se montrer ainsi que devant le mari seul. «à leurs amies» qui sont les autres femmes musulmanes croyantes, et non devant les femmes d'autres religions, étant donné que ces dernières pourraient décrire la beauté et les charmes de la musulmane à son mari. «à leurs esclaves» même si elles sont polythéistes. «à leurs domestiques dépourvus de besoin sexuel» Il s'agit des serviteurs et de la suite mâles qui sont incapables d'actes sexuels. «et aux enfants non initiés aux rapports charnels» c'est à dire les jeunes qui n'ont aucune connaissance sur les femmes quant à leurs parties intimes. «Prescris-leur de ne pas frapper du pied pour découvrir leurs bijoux cachés». Car la femme à l'époque préislamique marchait et frappait le sol de ses pieds pour faire retentir les bracelets de cheville et attirer l'attention des hommes. Les croyantes ont été interdites de faire une chose pareille. «Soumettez-vous tous à la loi d'Allah, ô croyants, si vous voulez faire votre salut». Faites ce que Je vous ordonne de faire qui consiste à pratiquer les bonnes mœurs, et laissez à part les traditions de la Jahiliah. Certes, on ne peut aboutir au salut et à la réussite qu'en obtempérant aux enseignements de Dieu et de Son Prophète, et s'abstenir de tous les interdits.
Verset 32
Ce verset comporte plusieurs sentences fondamentales. «Mariez les célibataires». Le mariage, selon l'avis d'un groupe des ulémas, est une obligation pour ceux qui en sont capables, en tirant argument des dires du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-: «O jeunes hommes! Que ceux qui, parmi vous, peuvent assurer le ménage, se marient, car le mariage est plus décent pour la vue et plus sûr de la chasteté. Quant à ceux qui ne peuvent pas entrer en ménage, qu'ils jeûnent, car le jeûne leur sera un calmant» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il est dit dans les Sunans: «Mariez-vous d'avec les femmes fécondes, car je m'enorgueillirai de vous devant les autres nations au jour de la résurrection». Le terme «célibataires» signifie ceux et celles qui sont comme tels et les hommes et femmes qui n'ont pas de conjoints soit à la suite du divorce soit à la mort de l'un d'eux. «Que la pauvreté ne soit pas un obstacle, car, par un effet de Sa grâce, Allah peut les enrichir» Que les hommes et femmes soient-ils libres de condition ou des esclaves, étant pauvres et désirant se marier, Dieu les enrichira par Sa faveur. Et à ce propos Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a trois individus qu'il incombe à Dieu de leur venir en aide: Celui qui veut se marier pour garder sa chasteté, un moukatab (un affranchi contractuel) voulant s'acquitter du prix de son affranchissement et un combattant dans le sentier de Dieu» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et Nassaï). Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a marié un homme qui n'avait que son izar qu'il portait et pour dot qu'une bague en fer, et un autre contre ce qu'il connaissait du Coran pour l'apprendre à sa femme. Car on espère toujours que Dieu pourvoie aux besoins des nécessiteux. «Allah est tout-puissant et embrasse tout». Dieu est Embrassant des besoins de Ses créatures, Connaissant d'eux.
Verset 33
«Que ceux qui ne trouvent pas à se marier vivent dans la continence jusqu'à ce qu'Allah pourvoie à leurs besoins». Dieu ordonne à ceux qui ne trouvent pas les moyens de se marier, de rechercher la continence et de s'abstenir de tout interdit, comme on a déjà cité dans le hadith prophétique: «Qu'il jeûne, car le jeûne lui sera un calmant». Ce verset a une portée générale, tandis que celui qui est cité dans la sourate des Femmes dit: «Et qui n'aura pas les moyens d'épouser des dames de bonne condition... jusqu'à si vous pouvez supporter l'abstinence du célibat, c'est préférable. Allah est miséricordieux et clément...» [Coran IV, 25] celui-ci est plus caractéristique; car s'abstenir d'épouser les esclaves est meilleur que d'avoir un enfant qui naîtra un esclave à son tour. «Affranchissez ceux de vos esclaves qui vous le demandent, si vous les en jugez dignes». Ceux qui possèdent des esclaves et que ceux-ci veulent être affranchis moyennant une «kitaba», c'est à dire une somme à payer contre cet affranchissement par acomptes, ils doivent leur accorder cette faveur si ces derniers sont capables de travailler et payer. D'après l'opinion de la majorité des ulémas c'est une recommandation et non un ordre catégorique. «Faites-les bénéficier des biens qu'Allah vous accorde» Il s'agit de remettre à ces esclaves une partie de leur prix d'affranchissement (kitaba) comme ont avancé certains ulémas. «N'obligez pas, par esprit de lucre, vos jeunes esclaves à se prostituer». On a rapporté qu'à l'époque préislamique les hommes contraignaient leurs esclaves (femelles) à pratiquer la prostitution en leur imposant un certain pourcentage chaque fois qu'elles la faisaient. L'Islam a aboli cette coutume, et les croyants sont ordonnés à s'en abstenir. «Si vous les obligez, en présence d'une telle contrainte, Allah se montrerait indulgent et compatissant». Dieu pardonne à celles qui ont pratiqué la prostitution par contrainte, et le péché retombe sur celui qui les a obligées à le faire.
Verset 34
«Nous vous avons révélé des versets clairs» Dieu a fait descendre le Coran qui comporte des versets clairs renfermant les enseignements. «Ce sont des leçons tirées de la vie des peuples passés», et ce qu'ils ont subi comme châtiments en enfreignant les ordres divins. C'était un exemple afin que les hommes le sachent et s'en souviennent. «Ce sont aussi des avertissements pour ceux qui craignent Allah». Seuls qui craignent Dieu en tirent un grand profit. Au sujet du Coran, Ali Ben Abi Taleb a dit: «Il tranche vos différends, raconte l'histoire des peuples passés et les événements à venir». Cette admonition est spécifiquement pour «ceux qui craignent Dieu» parce qu'ils sont ceux qui bénéficient d'une telle admonition.
Verset 35
En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Dieu dirige les habitants des cieux et ceux de la terre. Il dirige même les étoiles, le soleil et la lune.» Quant à Anas, il a avancé que Dieu veut dire par là: «Ma lumière est une guidée». Oubay Ben Ka'b a dit: «C'est le croyant que Dieu a mis la foi et le Coran dans son cœur. Il le présente comme exemple quand Il a dit: «Allah est la lumière des cieux et de la terre» Il a commencé par Sa propre lumière puis celle du croyant. Ceci signifie: Elle ressemble à la lumière de quiconque a cru en Lui, il est certes le croyant dont le cœur est rempli de la foi et du Coran. Enfin As-Souddy a dit: «C'est grâce à la lumière de Dieu que les cieux et la terre sont éclairés». Dans ce verset Dieu compare le cœur du croyant à une lampe faite en cristal pur et transparent, alimentée par ce qu'il a reçu du Coran comparé à une huile d'une bonne qualité et pure. Cette lampe se trouve dans un verre, et ce verre est semblable à une étoile brillante. «L'huile d'un olivier béni qui ne se trouve ni en Orient ni en Occident l'alimente». C'est à dire que cet arbre se trouve dans un endroit intermédiaire: ni à l'est où les rayons solaires ne l'atteignent pas au début de la journée, ni à l'ouest où l'ombre le couvre avant le coucher du soleil. Il se trouve au juste milieu, et donne une huile pure et claire. Car, comme on a dit à ce sujet, tout olivier dont le soleil l'atteint toute la journée, donne la meilleure qualité d'huile. «Peu s'en faut que cette huile ne s'enflamme d'elle-même.» Cette huile est près d'éclairer sans que le feu la touche. «C'est une lumière enveloppée de lumière» qui signifie, d'après Oubay Ben Ka'b: «Le croyant vit dans cinq phases qui sont toutes de lumière: Ses paroles sont de lumière, ainsi que ses œuvres, son entrée, sa sortie et son sort au jour de la résurrection qui sera le Paradis. «Allah dirige vers cette lumière qui Il veut» Dieu guide, vers Sa lumière, qui Il veut parmi ses créatures; comme il est dit dans un hadith: «Dieu créa Ses créatures dans une obscurité totale puis Il diffusa sur elles de sa lumière. Celui qui en a eu une partie, fut dirigé, et celui qui n'en a rien reçu fut égaré. «Allah cite des exemples aux hommes. Il embrasse tout». Après avoir présenté l'exemple du cœur du croyant, Dieu fait savoir aux hommes qu'Il est le seul à connaître ceux qui sont aptes à être dirigés.
Verset 36
«Par la volonté d'Allah, des temples se sont élevés» qui doivent être tenus propres de toute souillure provenant d'un acte ou d'une parole qui ne leur siéent pas. Ka'b Al-Ahbar disait: «Il est écrit dans le Pentateuque: (Dieu dit) que les mosquées sont mes demeures sur terre. Quiconque aura fait ses ablutions à la perfection et y viendra Me visiter, Je l'honorerai. Il est du droit des visiteurs d'obtenir les considérations du maître de la maison». «où l'on glorifie son nom» ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Relevez vos fronts au moment de chaque prière, invoquez-Le d'une foi pure» [Coran VII, 29]. Les mosquées sont établies pour adorer Dieu en glorifiant son nom et réciter son Livre. Dans les maisons, les glorifications se font selon la volonté de Dieu qui a permis qu'elles soient élevées comme maisons où Son Nom est mentionné et où Il est glorifié matin et soir.
Verset 37
«des fidèles» en désignant ceux qui ne cessent, grâce à leur foi profonde et ferme, de fréquenter les mosquées pour s'acquitter des prières, glorifier Dieu et exalter Son unicité. «que ni la passion du négoce ni le lucre ne détournent de la joie d'exalter Allah», tout comme Dieu a dit ailleurs: «Ô croyants, que le souci de vos richesses et de vos enfants ne vous détournent pas d'Allah» [Coran LXIV, 9]. Voulant dire par là: Que le bas monde avec ses clinquants, ses biens et ses plaisirs ne vous distraient pas du Souvenir de Dieu, car ce qui se trouve auprès de Lui est beaucoup plus meilleur de ce qu'ils possèdent. Ceux-là préfèrent l'adoration et l'amour de Dieu à quoi que ce soit du bas monde. On a rapporté qu'Ibn Omar se trouvait dans le marché quand on appelait à la prière. Les hommes fermèrent leurs boutiques et se rendirent à la mosquée. C'est à leur sujet que ce verset fut révélé. On a rapporté suivant plusieurs versions, que les hommes qui se trouvaient dans les marchés, lorsqu'ils entendaient l'appel à la prière, et même s'ils étaient en train de conclure des transactions très bénéfiques, ils laissaient tout et se rendaient aux mosquées pour s'acquitter de la prière à son heure déterminée. «Ils redoutent le jour où les esprits et les regards seront anéantis» c'est à dire au jour de la résurrection, les cœurs et les regards seront bouleversés à cause de la frayeur de ce jour, tout comme le Seigneur a dit: «Il retarde son verdict jusqu'au jour où tous les regards seront figés d'effroi» [Coran XIV, 42]. Ils craignent un jour où les cœurs et les yeux seront bouleversés de peur, les cœurs bouleversés entre l'espoir de délivrance et la crainte de destruction, et les yeux à droite et à gauche par peur.
Verset 38
Et ainsi Dieu les récompensera pour les meilleures de leurs actions. Il acceptera les bonnes actions en les décuplant et leur pardonnera les mauvaises. «Allah distribue sans compter à qui Il veut» car sa récompense est incommensurable. Dans un hadith il est dit: «Lorsque Dieu réunit les premiers et les derniers, une voix interpellera les hommes de sorte que toutes les créatures puissent l'entendre: «Les hommes sauront aujourd'hui ceux qui jouiront des plus grandes faveurs de Dieu. Que ceux dont nul négoce, nul troc ne les ont distraits du Rappel de Dieu se lèvent». Ils se lèveront, mais ils seront peu nombreux. Puis toutes les autres créatures seront jugées» (Rapporté par Ibn Abi Hatem). Ce jour-là Dieu récompensera les fidèles et augmentera Sa grâce envers eux. En commentant cela, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «La récompense sera le Paradis, quant à l'autre grâce, il s'agit de leur intercession en faveur de ceux qui lui ont fait un bien quelconque dans le bas monde. afin que Dieu les récompense pour le meilleur de ce qu'ils ont fait, c'est-à-dire les récompenser pour cela, et leur donne davantage de Sa faveur; et Dieu pourvoit qui Il veut sans mesure.
Verset 39
Ce sont deux exemples que Dieu donne pour distinguer deux sortes d'incrédules. La première: comprend les incrédules prétentieux qui se croient que leurs œuvres et leur croyance reposent sur une vérité alors qu'elles sont nulles. Leur cas ressemble à un mirage qui apparaît dans une plaine et sera vu comme de l'eau qui existe entre ciel et terre, tout altéré, le voyant, se rend pour se désaltérer mais en y arrivant, il ne trouve rien. Ainsi l'incrédule qui dans la vie d'ici-bas, a fait d'actions pensant qu'elles lui procureraient quelque bien et quelque récompense au jour de la résurrection, une fois comparu devant le Seigneur pour lui demander compte, il trouvera que ses œuvres étaient vaines et même nulles. Dieu affirme cette réalité quand Il a dit: «Nous irons droit à leurs œuvres et nous les réduirons en poussière» [Coran XXV, 23]. Dieu est prompt dans ses comptes. Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection on demandera aux juifs: «Qu'adoriez-vous (dans le bas monde)?» Ils répondront: «Nous adorions 'Ouzaïr le fils de Dieu» -Vous mentez -répliquera-t-on, Dieu ne s'est jamais donné un fils. Que désirez-vous?» Ils diront: «Seigneur, nous avons soif, abreuve-nous» On leur ripostera: «Ne voyez-vous pas?». Et alors on leur présentera les flammes du Feu sous forme d'un mirage, dont ses parties dévorent les unes les autres.» Les juifs accourront vers ce mirage et seront précipités dans le Feu» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). De même est le cas de l'incrédule qui suppose que ses actes tels que quelques aumônes volontaires lui profiteront; mais quand il meurt et vient devant son Seigneur il ne trouvera pas son acte, en d'autres termes cela ne lui sera d'aucun bénéfice.
Verset 40
La deuxième: comporte les ignorants et les naïfs qui imitent les incrédules, sourds et muets qui ne conçoivent rien. Ils sont semblables «à des ténèbres couvrant une mer houleuse où les vagues s'entrechoquent. Sur ces vagues, s'étend un épais brouillard et s'entassent des ombres. Si l'homme y tend sa main, il a peine à la distinguer». Tel est le cœur de l'impie, ignorant et naïf qui avait imité d'autres ne sachant où ils allaient le prendre et vers quoi ils le guidaient. L'épais brouillard cité dans ce verset, signifie d'après Ibn Abbas le sceau que Dieu pose sur le cœur, l'ouïe et la vue de l'impie, comme Dieu le montre dans ce verset: «... duquel Il endurcit l'ouïe et le cœur et sur les yeux duquel Il met un voile» [Coran XLV, 23]. L'incrédule vit dans cinq ténèbres: Ses paroles sont comme une ténébrosité, ainsi que ses actions, son entrée, sa sortie et son sort au jour dernier. «Celui qu'Allah prive de lumière ne la trouvera nulle part» Certes, celui que Dieu n'a pas dirigé, sera égaré et perdant. Nous implorons le Seigneur de mettre de la lumière dans nos cœurs, à nos droites, à nos gauches et d'assigner-nous de la lumière. Ou bien c'est que ceux qui mécroient, leurs mauvaises actions sont comme les ténèbres multiples sur une mer profonde couverte par une vague au-dessus de laquelle il y a une autre vague, au-dessus de laquelle il y a des nuages - ténèbres les unes au-dessus des autres. Et celui à qui Dieu n'a accordé aucune lumière n'a pas de lumière.
Verset 41
Ne vois-tu pas que toute la création, les cieux et la terre, chantent la gloire d'Allah, jusqu'aux oiseaux qui volent en file? Chaque être a une prière et un mode d'adoration qui lui est propre. Allah connaît les actions de chacun. Tout ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre, soient-ils des anges, des humains, de génies, d'animaux et des choses inanimées, glorifie Dieu et chante Sa pureté. Même les oiseaux lors de leur envol, adorent et glorifient leur Seigneur qui les guide vers quoi ils trouvent leur subsistance alors qu'Il connaît bien leurs actions. En guidant toutes les créatures, Dieu inspire à chacune d'elles son mode d'adoration et de louange, et connaît parfaitement comment ils se comportent et toutes leurs actions.
Verset 42
Allah est le Maître des cieux et de la terre et c'est à Lui que tout fait retour. La royauté des cieux et de la terre appartient à Dieu seul, Il est le seul à en disposer sans aucun associé, et nul ne doit être adoré en dehors de Lui ou s'opposer à Ses ordres. C'est à lui que tout fait retour au jour de la résurrection pour rétribuer chacun selon ses œuvres.
Verset 43
C'est Allah -ne le vois-tu pas? -qui crée les nuages, les groupe et les amoncelle. Ne vois-tu pas aussi qu'Il en tire une pluie abondante? C'est encore Lui qui précipite du ciel des avalanches de grêle dont Il accable ou préserve qui Il veut. Peu s'en faut que le feu de l'éclair ne ravisse la vue des hommes. Dieu crée d'abord les nuages minces et dispersés, puis Il les pousse pour les amonceler, ensuite l'ondée sort de leur profondeur. Certains, en traduisant textuellement l'expression arabe, ont avancé que Dieu fait descendre du ciel des montagnes pleines de grêle, d'autres ont dit que les montagnes citées dans le verset ne sont que les nuages amoncelés. Dieu en frappe qui Il veut en détériorant les plantations et les fruits comme un signe de Son châtiment et Sa vengeance, ou Il en préserve qui Il veut par un effet de Sa miséricorde. Car si on suit l'éclair et sous l'effet de son intensité, on craint d'être trop ébloui au point où on perd la vue.
Verset 44
Allah fait succéder le jour et la nuit. Tout ceci est sujet à méditation pour qui réfléchit. Il fait succéder le jour et la nuit, en allongeant ou raccourcissant l'un et l'autre selon les saisons. Il y a, en vérité, en cela un enseignement et un signe pour ceux qui voient et réfléchissent.
Verset 45
Dieu montre Son omnipotence dans les différentes sortes de ses créatures; quant à leurs formes, leurs couleurs, leurs mouvements et autres caractéristiques, à savoir qu'elles sont toutes créées à partir de l'eau. Les uns rampent tels que les serpents, d'autres marchent sur deux jambes tels que les humains et une catégorie d'oiseaux, d'aucuns sur quatre tels que les bestiaux et autres. Par Son pouvoir, Il crée ce qu'Il veut, car Il est capable sur toute chose.
Verset 46
Dieu, dans le Coran, a fait descendre des Signes et versets clairs, des exemples et des enseignements, pour ceux qui les comprennent, les perspicaces, et veulent être bien dirigés. Allah met qui Il veut sur le droit chemin.
Verset 47
Dieu parle des hypocrites qui divulguent autres choses que celles qu'ils couvrent. Ils disent: Nous croyons en Dieu et au Prophète et nous leur obéissons. Mais voilà que certains d'entre eux se détournent ensuite. Ils se contredisent: ils disent ce qu'ils ne font pas, et font ce qu'ils ne disent pas. Vraiment, ce ne sont pas là des croyants.
Verset 48
Quand ils sont cités au tribunal d'Allah ou de Son Prophète. En d'autres termes, s'ils sont appelés devant Dieu et Son Prophète pour que celui-ci juge leurs différends, ou encore suivant une autre interprétation: s'ils sont appelés à suivre le droit chemin et ce que Dieu a révélé, ils s'en détournent par orgueil, comme Dieu a dit ailleurs: Lorsqu'on les convie à se rallier aux révélations d'Allah et à son Prophète, on les voit, ces hypocrites, se détourner de toi. Al-Tabarani a cité le hadith suivant: Celui qui est appelé à comparaître devant un gouverneur et ne répond pas il est injuste et ne jouit d'aucun droit.
Verset 49
S'ils sont sûrs de triompher, ils s'empressent vers ce tribunal. Ils viendraient à lui, s'ils avaient le droit pour eux et se soumettraient, sinon ils ne répondraient pas, appelleraient à un autre que le droit et préféreraient s'en rapporter à d'autre que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Donc leur soumission n'est pas issue de leur croyance que c'était bien le droit, mais parce que le verdict serait compatible avec leurs penchants. C'est pourquoi ils s'en détourneraient s'il était autrement.
Verset 50
Leur cœur est-il infirme? ou bien leur cœur est atteint d'une maladie qui lui est inhérente, ou bien ils éprouvent un doute quelconque quant à leur foi, ou bien encore ils redoutent que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ne soit injuste envers eux. Quelle que soit leur attitude, leur comportement est une pure incrédulité, et Dieu connaît bien leur intention. Ils sont vraiment des injustes, car ni Dieu ni Son Prophète ne sauraient être inéquitables et sont loin d'être accusés d'une telle iniquité.
Verset 51
Quant aux croyants qui ont cru en Dieu et à Son Prophète, ils ne recherchent que le Livre de Dieu et la sunna du Prophète pour les suivre. Ils disent: «Nous avons entendu votre appel et nous nous y conformons» Ceux-là réussiront et seront les bienheureux. Abou Ad-Darda' a dit: «Il n'y a d'Islam qu'en obéissant à Dieu, et nul bien n'est acquis qu'en se trouvant en commun. On doit être sincère envers Dieu, Son Prophète, les califes et tous les croyants». Omar Ben Al-Khattab, quant à lui, disait: «L'anse de l'Islam est la profession de foi qui consiste à attester qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu, de s'acquitter de la prière, de verser la zakat et d'obéir à ceux qui détiennent l'autorité parmi les musulmans».
Verset 52
«Quiconque obéit à Allah et à Son Prophète,» en se conformant aux enseignements «craint Allah et le redoute» à cause des péchés qu'il a commis «celui-là est sûr de triompher» de se procurer du bien et d'être à l'abri du mal dans les deux mondes.
Verset 53
Ils affirment par le serment le plus solennel que si tu leur ordonnes de marcher au combat, ils y voleront. Dis-leur: «Votre serment est inutile, ce qui compte c'est l'obéissance même. Allah sait tout ce que vous faites» L'expression: «ce qui compte c'est l'obéissance même» signifie: l'obéissance est de règle qui n'exige aucun serment, car ceux qui ont cru et suivi le Messager ne l'ont pas fait. La manifestation de l'obéissance et le serment s'ils sont faciles à les montrer et les divulguer ne comptent pas si l'on n'est pas sincère, à ne pas oublier surtout que Dieu pénètre dans le tréfonds des cœurs et connaît les intentions mieux que quiconque.
Verset 54
Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au Prophète». Si vous refusez, sachez que le Prophète a sa responsabilité et vous la vôtre. Obéissez-lui et vous serez dans le droit chemin. Le Prophète n'a d'autre mission que de vous donner de clairs avertissements. «Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au Prophète» C'est à dire: prescrivez-vous de suivre le Livre de Dieu et la sunna de Son Messager sans s'en dévier. «Si vous refusez» en délaissant l'un et l'autre «Sachez que le Prophète a sa responsabilité». en divulguant le message et accomplissant la mission dont il est chargé «et vous la vôtre» en l'acceptant et en s'y conformant. Si vous le suivez, vous aurez suivi le droit chemin «la voie d'Allah, le Maître des cieux et de la terre» [Coran XLII, 53], car ce qui incombe au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- c'est de transmettre en toute clarté ses messages, sa principale mission.
Verset 55
Allah affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien, comme Il a affermi leurs prédécesseurs. Il assurera le respect de la religion qu'Il leur a choisie. Il transformera en paix leurs inquiétudes. Qu'ils M'adorent en ne m'associant personne! Ceux qui Me renieront après tous ces bienfaits sont des impies. (55). Dieu a promis à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- de faire de sa communauté Ses lieutenants sur la terre, grâce auxquels la vie en ce bas monde sera améliorée, les autres se soumettront à leur autorité. Il a promis aussi de changer leur inquiétude en sécurité, ce qui a été, en effet, réalisé surtout après la conquête de La Mecque, leur dominance sur toute la presqu'île arabique et quelques régions du pays de Cham, et les trêves conclues avec Héraclius le roi des Romains, Al-Mouqawqas le roi de l'Égypte, Négus le roi de l'Éthiopie et autres. Après le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, Abou Bakr, le premier calife, envoya Khaled Ben Al-Walid qui a conquis la Perse, Abou Oubaïda Ben Al-Jarrah qui a conquis le Cham et Amr Ben Al-'As qui a conquis l'Égypte. Son successeur au pouvoir, Omar, poursuivit les conquêtes pour arriver à Constantinople, en s'emparant des trésors de César et des Cosroès comme le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a prévu, et qui furent dépensés pour la cause de Dieu. L'Empire Ottoman après ses conquêtes célèbres, put étendre son pouvoir de l'Est à l'Ouest, pour réaliser aussi ce que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avait prédit en disant: «Dieu m'a plié la terre et j'ai pu voir ses orients et ses occidents. Le royaume de ma communauté occupera la partie de la terre qui a été pliée». Jaber Ben Samoura rapporte avoir entendu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- dire: «Ce pouvoir (du califat) ne sera déchu qu'après le douzième calife», puis il a débité des mots que je n'ai pas entendus. Je demandai à mon père: «Qu'est-ce qu'il a dit?» Il me répondit: «Tous ces califes seront des Qoraïchites» (Rapporté par Mouslim). Il s'avère de ce hadith qu'il y aura douze califes équitables qui sont autres que les douze imams chiites. Il n'est pas nécessaire que chacun succède à l'autre mais durant plusieurs intervalles. Ceux qui se sont succédés étaient: Abou Bakr, Omar, Othman puis Ali, Puis une période passa sans qu'il y eût de califes, ensuite ils apparurent l'un après l'autre. Mais vers la fin des temps le douzième surgira portant le surnom «Al-Mahdi» dont le nom sera celui du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Il établira la justice sur la terre après l'injustice qui aurait régné. Il a été rapporté que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Après mon départ, le califat durera trente ans puis il sera une royauté à laquelle s'attacheront les gouverneurs».
Verset 56
Observez la prière, faites la charité et obéissez au Prophète, si vous voulez obtenir la clémence d'Allah. Dieu ordonne à Ses serviteurs de s'acquitter des prières à leurs moments déterminés, de faire l'aumône aux nécessiteux et besogneux en se conformant aux enseignements et obéissant au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, peut-être Dieu leur fait miséricorde.
Verset 57
Ne croyez pas que les infidèles puissent tenir Allah en échec sur terre, eux qui auront l'enfer pour séjour. Affreux destin. Quant aux incrédules qui désobéissent à Dieu et à Son Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-, qu'ils sachent que sur terre, ils ne sauraient s'opposer à la puissance de Dieu qui est capable de les prendre à tout moment, et qu'Il leur inflige le châtiment le plus douloureux, «eux qui auront l'enfer pour séjour». Quelle détestable fin.
Verset 58
Ce verset concerne les proches et les esclaves qui vivent dans une même demeure et qui veulent entrer chez vous, à savoir qu'au début de la sourate on a parlé des étrangers. Dieu ordonne aux croyants, une fois leurs esclaves et leurs enfants impubères veulent pénétrer dans leurs appartements à trois moments de la journée de demander l'autorisation: 1 - Avant la prière de l'aube où les gens sont supposés être encore endormis. 2 - Au milieu du jour pour faire la sieste où ils se débarrassent d'une partie de leurs vêtements. 3 - Après la prière du soir ('Icha) où esclaves et enfants sont tenus de ne plus entrer, sans autorisation, car il se peut que l'homme et la femme soient dans une position intime. «Ce sont là des moments réservés à des soins intimes» c'est à dire trois occasions pour se dévêtir. Mais en dehors de ces trois moments, il n'y a aucun mal à pénétrer sans autorisation, étant donné qu'en ces moments-là les servants par exemple seraient en train de les servir et de faire le ménage. Les maisons à cette époque, comme a avancé Ibn Abbas, n'avaient pas de rideaux et ne renfermaient pas des chambres destinées aux parents seuls où ils pouvaient s'isoler pour avoir des relations intimes. Certains des compagnons attendaient ces moments pour avoir des rapports charnels avec leurs femmes afin qu'ils puissent faire après une lotion et être purs pour accomplir les prières. Mouqatel Ben Hayan a rapporté: «On m'a fait savoir qu'un Ansarien et sa femme Asma la fille de Marthad avaient préparé un repas pour le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Les gens entraient chez eux sans demander l'autorisation. Asma dit alors: «Ô Messager de Dieu, n'est-elle pas une mauvaise habitude qu'on entre sans autorisation et il se peut que l'homme et la femme soient dans une position intime». Dieu à cette occasion fit cette révélation: «Ô croyants, que vos esclaves et vos enfants impubères sollicitent votre permission...» Ceci dénote que ce verset est fondamental et n'est pas abrogé. C'est ainsi que Dieu expose ses signes. Il est celui qui sait, Il est sage.
Verset 59
«Quand vos enfants auront atteint leur puberté, ils seront tenus de demander la même autorisation qu'avaient avant leur puberté» ou suivant une autre traduction: avant d'entrer chez vous comme le font leurs aînés, à tout moment même dans les trois occasions qu'on a déjà citées.
Verset 60
«Les femmes qui n'enfantent plus» dont leurs menstrues ont cessé, c'est à dire à l'âge de la ménopause «et qui n'espèrent plus se marier» et n'ont plus envie des hommes, «peuvent se mettre en tenue légère mais sans sortir de la décence». C'est à dire, elles peuvent ôter leurs voiles de dessus, leurs vêtements de sortie sans laisser voir toutefois leurs parures du corps. À ce propos on rapporte que Oum Ad-Dia' entra chez Aïcha -que Dieu l'agrée- et lui dit: «Ô mère des croyants, que penses-tu du fard du visage, de la blouse, de la toilette parfaite, des boucles d'oreille, des bracelets de cheville, des bagues et des vêtements légers?» Elle lui répondit: «Ô femmes, votre histoire est la même, Dieu vous a permis toute la parure à condition de ne plus montrer tous vos atours». Ce qui signifie qu'il n'est pas permis à la femme de montrer une partie du corps qui est interdite aux hommes de la voir. «Il est préférable qu'elles évitent une pareille tenue» en se débarrassant de leurs vêtements, même si cela leur est permis. Dieu est celui qui entend et qui sait tout.
Verset 61
Ce n'est pas un péché pour l'aveugle, le boiteux et le malade de s'asseoir à vos tables. Ce n'est pas un péché pour vous de vous recevoir à la table les uns des autres ou de vous asseoir à la table de vos pères, de vos mères, de vos frères, de vos sœurs, de vos oncles et de vos tantes paternels, vos oncles et de vos tantes maternels, de ceux dont vous êtes les dépositaires et de vos amis. Il vous est loisible de manger en commun ou séparément. Quand vous pénétrez dans une demeure, saluez-en les maîtres. C'est là un usage agréable à Allah. C'est ainsi qu'Allah vous enseigne ses leçons. Le comprendrez-vous? (61). Les opinions sont divergées quant à la faute qu'on ne peut reprocher à l'aveugle, au boiteux et au malade et ses raisons, surtout que le sujet diffère de celui contenu dans ce verset. 'Ata Ben Aslam a dit: Ces infirmes sont exempts du combat dans le sentier de Dieu. Leur cas est aussi exposé dans le verset n°17 de la sourate de la victoire [Coran XLVIII]. Dieu a dit ailleurs: «Les faibles, les malades, ceux qui manquent de moyens pour s'équiper sont soustraits à l'obligation de combattre, à condition qu'ils se montrent dévoués à la cause d'Allah et de Son Prophète. On ne peut rien contre ceux qui sont avec Allah. Allah est clément et miséricordieux» [Coran IX, 91]. Sa'ïd Ben Joubayir et d'autres ont avancé: Les hommes s'abstenaient de mettre à table avec l'aveugle à cause de sa cécité, croyant qu'il ne peut pas distinguer les bons aliments et que l'un d'entre eux ne s'en emparât, ni avec le boiteux de peur que l'un des convives n'abusât de son infirmité pour le priver de ce qu'il désirait, ni avec le malade qui ne pouvait prendre de tous les aliments comme les autres. Dieu fit descendre ce verset afin que les hommes ne s'abstiennent pas d'avoir de tels infirmes comme des convives. Ad-Dahak a dit: «Avant le message les hommes s'abstenaient de prendre leur repas avec ces infirmes par dégoût ou par peur d'être injustes à leur égard en mangeant plus qu'eux». As-Souddy de sa part a dit: «L'homme entrait parfois dans la maison de son père, ou de son fils, ou de son frère et la femme de l'un de ces derniers lui présentait le repas, il n'en mangeait pas si le maître de la maison ne s'y trouvait pas». «Ce n'est pas un péché pour vous de vous recevoir à la table les uns des autres...» On remarque que ce verset n'a pas inclus la maison du fils, ce qui constitue un argument que le père a le droit de disposer des biens de son fils sans aucun inconvénient, et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a affirmé cela en disant à un homme: «Toi et tes biens appartenez à ton père». Quant aux autres maisons, il y a là une exhortation à dépenser pour les proches parents comme il est mentionné dans le verset. Telle était l'opinion de l'imam Ahmed et Abou Hanifa. «... de ceux dont vous êtes les dépositaires» ou suivant une autre interprétation: «ou dans celle dont vous possédez les clés». Il s'agit, comme ont avancé Sa'id Ben Joubayr et As-Souddy, du servant ou de l'intendant. À ce propos Aïcha -que Dieu l'agrée- a dit: «En partant dans les expéditions avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- les musulmans donnaient les clés à leurs dépositaires en leur disant: «Vous êtes autorisés à manger de la maison ce que vous voudrez». Et eux de répondre: «Non, cela ne nous est pas permis, car cette autorisation n'est pas accordée de bon gré, nous ne sommes que des dépositaires». Dieu fit cette révélation. «... et de vos amis» Cela signifie qu'il vous est permis de manger des maisons de vos amis si vous constatez que ceci ne leur cause aucune gêne et ne leur répugne pas». «Il vous est loisible de manger en commun ou séparément». En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Après la révélation du verset: «Ô croyants, ne vous appropriez pas vos biens les uns les autres, sans cause» [Coran IV, 29] les musulmans dirent: «Dieu nous a interdit de manger inutilement nos biens entre nous. Puisque la nourriture est le meilleur de nos biens, il ne nous est plus permis de manger en dehors de nos propres maisons» et ils s'abstinrent. Dieu fit alors descendre ce verset. Quant à Qatada, il a dit: «À l'époque préislamique, l'homme se sentait indigne et répugnait à manger seul, comme était l'habitude de Bani Kinan. Même l'un d'entre eux menait son troupeau, affamé et ne mangeait pas avant d'avoir un convive. On peut dire que ce fut une autorisation de Dieu pour manger seul ou en groupe, à savoir que le repas pris en commun est béni. À ce propos, on a rapporté qu'un homme a demandé au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-: «Nous mangeons sans nous rassasier». Il lui répondit: «Peut-être vous mangez séparément. Mettez-vous en groupe à table et invoquez le nom de Dieu sur votre nourriture et Il vous la bénira» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Ibn Maja). «Quand vous pénétrez dans une demeure, saluez-en les maîtres» c'est à dire échangez le salut parmi vous. Qatada a dit: «Quand vous entrez chez vous, saluez vos familles, et s'il n'y a personne, dites: «Que la paix soit sur nous et sur les saints serviteurs de Dieu». Anas Ben Malek a dit: «Le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- m'a recommandé cinq choses et dit: «Ô Anas, lorsque tu fais tes ablutions, qu'elles soient intègres car cela te donne une longévité; salue quiconque tu rencontres de ma communauté, et cela augmente tes bonnes actions; lorsque tu entres chez toi salue les tiens et le bien sera abondant chez toi; accomplis la prière de Ad-Douha (avant-midi) car cette prière est celle que faisaient ceux qui reviennent repentants vers Dieu. Ô Anas, sois clément envers le petit, vénère l'âgé et tu seras parmi mes compagnons au jour de la résurrection» (Rapporté par Al-Bazzar). «C'est là un usage agréable à Allah». On a rapporté qu'Ibn Abbas disait: «Je n'ai retenu le témoignage de foi que du Livre de Dieu. J'ai entendu Dieu dire: «Quand vous pénétrez dans une demeure, saluez-en les maîtres. C'est là un usage agréable à Allah» et le «Tachahoud» dans la prière: «Les salutations bénies et les bonnes prières sont pour Dieu». «C'est ainsi qu'Allah vous enseigne ses leçons. Les comprendrez-vous». Dieu, dans cette sourate, a montré tant de lois et d'enseignements qui sont fondamentaux. Il exhorte ses serviteurs à les méditer et à s'y conformer pour faire leur salut.
Verset 62
Les croyants, ce sont ceux qui croient en Allah et en Son Prophète, ce sont ceux qui ayant débattu une question d'intérêt général avec le Prophète, ne le quittent qu'avec son autorisation. Oui, ceux qui sollicitent ton autorisation, voilà ceux qui croient vraiment en Allah et en Son Prophète. S'ils te demandent une autorisation pour une affaire personnelle, accorde-la à qui tu voudras. Implore pour eux l'indulgence d'Allah, car Allah est clément et miséricordieux. (62). C'est une règle de conduite que Dieu ordonne à ses serviteurs et qui consiste à demander l'autorisation pour entrer chez autrui, et aussi quand ils veulent quitter une assemblée quelconque où on discute une affaire d'intérêt général, ou on accomplit une prière telle celle du vendredi ou d'une fête, ou même quand ils se réunissent pour échanger les avis sur une affaire importante. Il leur ordonne de ne plus quitter le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- avant de lui demander l'autorisation. Et au Prophète, Il ordonne de l'accorder à qui il voudra. À ce propos on rapporte que le Messager a dit: «Lorsque l'un d'entre vous veut assister à une réunion, qu'il commence par saluer, et quand il veut la quitter, qu'il salue aussi, car la première fois n'est pas plus d'obligation que l'autre».
Verset 63
Ibn Abbas a dit: «Les hommes interpellaient le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- par ces termes: «Ô Mohammed! Ô Aboul-Qassem!». Dieu leur interdit cette façon par vénération pour Son Messager. Ils devaient donc interpeller par: Ô Prophète de Dieu, ou: Ô Messager de Dieu. Pour affirmer cela, Dieu a dit ailleurs: «Ô croyants, ne couvrez jamais de votre voix celle du Prophète, n'élevez pas le ton avec lui comme vous le faites entre vous, si vous ne voulez pas perdre le bénéfice de vos œuvres à votre insu» [Coran XLIX, 2]. Tout cela comporte une règle de politesse à l'égard du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- quand on veut l'interpeller ou s'entretenir avec lui. Les hommes furent ordonnés aussi de faire un acte de charité si on voulait avoir une conversation en tête à tête avec lui. Une autre interprétation fut donnée à ce verset en traduisant le mot arabe cité dans le texte par «invocation» et non par «appel». Ce qui a porté les uns à le commenter de la façon suivante: «Ne croyez pas que son invocation est pareille à celle d'un autre que lui, car l'invocation du Prophète est toujours exaucée. Méfiez-vous donc qu'il n'appelle la malédiction sur vous, et alors vous serez perdants». Mais il s'avère que le premier commentaire est plus logique et correct. «Allah connaît ceux qui le trahissent en se dissimulant derrière les autres». En le commentant, Mouqatel a dit: «Il s'agit bien sûr des hypocrites qui, en assistant à la prière du vendredi, entendaient le prône du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- qui leur pesait lourd. Pour sortir de la mosquée d'une façon inaperçue, ils se cachaient derrière les compagnons pour trouver une issue. Et parfois l'un d'entre eux faisait signe avec son doigt au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- pour qu'il prenne congé». «Que ceux qui contreviennent à ses ordres se méfient» C'est à dire ceux qui s'opposent au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- en enfreignant ses ordres qui constituent sa voie, sa conduite, sa loi, et sa sunna. À cet égard il est cité dans les deux Sahihs que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui introduit des actes non-conformes à nos enseignements sont à rejeter» (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Donc que celui qui enfreint la voie du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- soit ouvertement, soit en cachette, prenne garde qu'une tentation ne l'atteigne, soit-elle une incrédulité, une hypocrisie ou une innovation, ou «Un malheur ou un châtiment terrible peuvent les frapper» dans le bas monde soit une exécution, soit une peine prescrite soit un emprisonnement. L'imam Ahmed rapporte, d'après Abou Houraira, que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ma situation (en tant qu'un Prophète qui invite les gens à la bonne direction) à l'égard des hommes, est celle d'un homme qui a allumé un feu où les phalènes et les autres insectes viennent y tomber bien qu'il les repousse pour ne pas y tomber. Je vous tiens par la taille pour ne pas être précipités dans le Feu, mais vous réussissez à me vaincre pour y tomber» (Rapporté par Boukhari et Mouslim).
Verset 64
Dieu, certes, est le Souverain du Royaume des cieux et de la terre, qui connaît le visible et l'invisible ainsi que tous les actes des hommes apparents et cachés. «Il connaît les moindres mouvements de chaque âme» c'est à dire Il connaît l'état dans lequel se trouvent les gens. Rien ne Lui est caché ne serait-ce qu'un atome, une réalité qu'Il confirme dans cet autre verset: «Ô hommes, il n'est pas d'état où vous vous trouvez, de lecture du Coran que vous ne fassiez, d'actes que vous n'accomplissiez, que nous n'en soyons pas témoins au moment même. Il n'est pas un atome sur terre ou dans les cieux qui soit soustrait à la puissance de ton Maître. Il n'est pas d'être dans la création, petit ou grand, qui ne soit signalé dans le Livre.» [Coran X, 61]. Il se tient auprès de chaque homme comme témoin de ce qu'il fait, que ce soit du bien ou du mal, comme Il connaît aussi ce que les hommes divulguent ou gardent en secret. «Le jour où les hommes comparaîtront devant lui» qui est le jour du jugement «Il leur redira tous leurs actes» qu'ils soient énormes ou insignifiants, comme Il a dit ailleurs: «Le compte de chacun sera apprécié. En lisant le leur, les coupables seront saisis d'effroi. Ils diront: «Malédiction! Ce compte énumère tout, de la plus petite à la plus grande action». Toutes leurs œuvres leur seront présentées. Ton Maître ne lèse personne.» [Coran XVIII, 49]. Ce jour-là, Il fera connaître aux hommes ce qu'ils avaient fait dans le bas monde. Il embrasse tout et rien ne Lui échappe.