الفتح

La Victoire Eclatante

Sourate 48 · 29 versets · Revelation medinoise

Verset 1

Cette sourate fut révélée quand le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- retourna de Houdaybya en l'an six de l'hégire, après que les polythéistes Mecquois l'aient empêché et les fidèles d'accéder à la Maison Sacrée dans le but d'accomplir la visite pieuse (Oumra). Puis les deux partis s'inclinèrent vers la réconciliation et la trêve et conclurent un traité qui permettait au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de revenir l'année suivante faire la visite. Il accepta cette clause mais ceci déplut à ses compagnons notamment Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l'agrée-. Après que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- ait immolé son offrande là où il fut empêché, et dans le chemin de son retour à Médine, Dieu lui révéla cette sourate. Ce traité de paix fut considéré comme une victoire pour les fidèles en vertu des clauses qu'il contenait. Al-Bara a dit: «Vous considérez que la conquête de La Mecque est la victoire la plus importante. Cette conquête était sans doute une victoire, quant à nous, nous considérions que le serment d'allégeance de «Ar-Radwan» le jour de Houdaybya révélait plus d'importance. Nous étions quatorze cents avec le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-. Al-Houdaybya est le nom d'un puits où nous puisâmes l'eau de sorte qu'il n'en resta aucune goutte. En informant cela au Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- il vint vers ce puits, s'assit sur sa margelle et demanda qu'on lui apporte un vase plein d'eau. Il fit ses ablutions, puis se rinça la bouche, fit une invocation et versa le contenu de ce vase dans le puits. En laissant ce puits un certain temps, nous y retournâmes et il nous fournit de l'eau autant que nous voulions pour nous désaltérer et donner à boire à nos montures» (Rapporté par Boukhari). Cette victoire éclatante était donc le traité de paix conclu entre les musulmans et les idolâtres grâce auquel les deux partis purent tirer un grand profit, et se réunir ensemble pour s'entretenir et ainsi la foi et la science utile trouvèrent la voie pour se répandre.

Verset 2

«Montrant ainsi que nous te pardonnons tes fautes passées et présentes» et cette grâce ne fut accordée qu'au Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- seul et un grand honneur pour lui pour prix de sa soumission aux ordres divins et à sa rectitude dans toutes ses affaires. Il est sans aucune contestation le maître des fils d'Adam dans les deux mondes. Pour montrer son observance des enseignements de Dieu en les appliquant à la perfection, on a raconté qu'à l'époque de Houdaybyia il partit dans une expédition. En route sa chamelle s'agenouilla et les hommes essayèrent en vain de la faire lever. Il dit alors: «Celui qui l'a immobilisée n'est autre que (Dieu) celui qui a immobilisé l'éléphant (quand les Éthiopiens voulurent attaquer la Ka'ba). Par celui qui tient mon âme dans Sa main ils (les Qoraïchites) ne me demanderont pas de respecter ce que Dieu a déclaré sacré sans que je ne le leur accorde». L'imam Ahmed rapporte que 'Aicha -que Dieu l'agrée- a dit: «Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- faisait ses prières de sorte que ses pieds s'enflassent. Je lui dis un jour: «O Messager de Dieu, tu pries de la sorte alors que Dieu t'a pardonné les premiers et les derniers péchés?» Il me répondit: «O Aicha, ne dois-je donc pas être un serviteur reconnaissant?» (Rapporté par Mouslim et Ahmed)».

Verset 3

En obtempérant aux ordres de son Seigneur il répondit aux idolâtres par le traité de paix, Dieu lui dit alors: «Nous t'avons donné une victoire éclatante, montrant ainsi que nous te pardonnons tes fautes passées et présentes. Nous te l'avons donnée, en outre, pour parfaire notre grâce envers toi» dans les deux mondes, «te mettre dans le droit chemin» en suivant ce que Dieu t'a choisi comme religion droite, «et prouver que désormais ta cause triomphera sans arrêt» pour prix de votre soumission à Dieu- à Lui la puissance et la gloire- qui te prête un puissant secours. Il est dit dans un hadith authentique: «Dieu n'accorde que la puissance à celui qui pardonne et l'élévation de degrés à celui qui s'humilie devant Lui».

Verset 4

C'est Lui qui a apaisé les cœurs des fidèles pour enraciner leur foi. Les forces des cieux et de la terre appartiennent à Allah. Allah est savant et sage. C'est Dieu qui fit descendre la paix et la confiance dans le cœur des croyants qui ont répondu à Dieu et à son Prophète et se sont soumis à leurs ordres. Une fois leur cœur apaisé, leur foi s'accroît. S'Il le voulait, Dieu se serait vengé des impies car «les forces des cieux et de la terre appartiennent à Allah». S'il envoyait un seul ange contre eux, celui-ci les aurait anéantis du premier au dernier, mais Dieu, par Sa sagesse, imposa aux croyants la lutte dans Sa voie. Il est savant dans Ses décisions et sage dans Ses actes et paroles.

Verset 5

Il les a apaisés pour rendre dignes les croyants et les croyantes de l'éternel séjour du paradis où coulent des eaux vives et pour absoudre leurs péchés. C'est là un immense bonheur de la part d'Allah. Cette lutte permettra aux croyants et aux croyantes l'introduction au Paradis pour y vivre éternellement. Il absoudra leurs fautes et péchés sans les punir, plutôt Il les effacera et les dissimulera aux autres. «C'est là un immense bonheur de la part d'Allah» tout comme Il a dit ailleurs: «Celui qui sera préservé du Feu et introduit au Paradis aura trouvé le bonheur» [Coran III, 185].

Verset 6

Allah punira les hypocrites et les idolâtres, hommes et femmes, et tous ceux qui le dénigrent. Le sort sera contre eux. Allah les poursuivra de son courroux et de sa malédiction et leur réserve l'enfer. Terme cruel. «Allah punira les hypocrites et les idolâtres, hommes et femmes, et tous ceux qui le dénigrent» c'est à dire qui se font une idée fausse de Dieu, portant atteinte à Ses lois, croient que le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons courent à leur perte. Ceux-là un sort malheureux les atteint, ils encourent la colère de Dieu et Il les maudit en les éloignant de Sa miséricorde. Il leur réserve, en outre, la Géhenne, quelle détestable fin.

Verset 7

Les forces des cieux et de la terre appartiennent à Allah. Il est tout-puissant et sage. Ensuite Dieu confirme Son pouvoir de vengeance contre Ses ennemis, les ennemis de l'Islam, parmi les hypocrites et les impies en faisant rappeler aux hommes que les armées des cieux et de la terre Lui appartiennent.

Verset 8

Dieu s'adresse à son Prophète: «Nous t'avons envoyé comme témoin» contre les hommes «et avec mission d'annoncer la bonne nouvelle» aux croyants et d'avertir les impies, afin que vous croyiez en Dieu et en Son Prophète, pour que vous l'assistiez, que vous l'honoriez en lui gardant un grand respect, que vous célébriez les louanges de Dieu à l'aube et au crépuscule.

Verset 9

afin que vous croyiez en Dieu et en Son Prophète, pour que vous l'assistiez, que vous l'honoriez en lui gardant un grand respect, que vous célébriez les louanges de Dieu à l'aube et au crépuscule.

Verset 10

Puis, pour montrer la haute considération et l'hommage qu'il lui réserve, Il lui dit: «Ceux qui te prêtent serment de fidélité te prêtent à Allah» tout comme Il a dit dans un autre verset: «Celui qui obéit au Prophète obéit à Allah» [Coran IV, 80] «La main d'Allah est posée sur la leur» Une expression qui signifie que Dieu est présent avec eux, entend leurs paroles, voit leur place, connaît leur pensée intime et leurs actions apparentes, car c'est à Lui que les hommes prêtent, en vérité, le serment d'allégeance par l'entremise de Son Messager. Ceci est pareil aux dires de Dieu: «Allah dispose des biens et des âmes des croyants et en compensation Il leur donne le Paradis. Ils doivent combattre pour Lui, tuer et se faire tuer» [Coran IX, 111]. Et le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque dégaine son sabre dans le chemin de Dieu, il Lui aura prêté un serment de fidélité». Ibn Abbas -que Dieu l'agrée- rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit au sujet de la Pierre Noire: «Par Dieu, Dieu la ressuscitera au jour de la résurrection munie de deux yeux par lesquels il voit et d'une langue pour parler et témoigner en faveur de ceux qui l'auront touchée (effectivement ou par un signe de leurs mains). Car celui qui l'aura touchée c'est comme il a prêté serment de fidélité à Dieu». Puis le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- récita: «Ceux qui te prêtent serment de fidélité te prêtent à Allah» (Rapporté par Ibn Abi Hatem). «Ceux qui violent leur serment, se feront tort à eux-mêmes» car par ce fait ils n'auront trahi qu'eux-mêmes et Dieu se passera d'eux. Quant à ceux qui tiennent leur engagement, Dieu leur apportera une récompense incommensurable.

Verset 11

Ceux des Arabes - les bédouins - qui sont restés à l'arrière, ont préféré demeurer avec les leurs sans sortir avec le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- pour participer au combat, s'excuseront auprès de lui en lui demandant de leur implorer le pardon de Dieu, prétendant qu'ils ont été préoccupés par leurs richesses et leurs familles. Ils présenteront une telle excuse par adulation et non pas par leur foi, voilà pourquoi Dieu a dit ensuite : « Ainsi leurs langues tiendront des propos qui ne sont pas dans leurs cœurs ». O Mouhammad, dis à ceux-là : qui donc pourra faire quelque chose pour vous auprès de Dieu s'Il veut vous faire du mal ou du bien ? Nul ne pourra l'empêcher, et Il connaît parfaitement ce que vous cachez dans votre for intérieur et ce que vous montrez au grand jour même si vous flattez. « Allah connaît toutes vos actions ».

Verset 12

Puis Dieu blâme ces bédouins et leur dit : « En vérité, vous avez cru que le Prophète et ses compagnons ne rentreraient plus dans leurs foyers » et ils seraient tués tous sans exception. En outre, vous vous êtes fait une mauvaise idée de Dieu et vous fûtes des gens perdus - ou corrompus -.

Verset 13

Ceux qui ne croient pas en Dieu et en Son Messager et ne vouent pas un culte sincère à Dieu, qu'ils sachent que Dieu a préparé un brasier pour les incrédules.

Verset 14

Certes la royauté des cieux et de la terre appartient à Dieu qui en dispose à sa guise. Il pardonne à qui Il veut et punit qui Il veut. Il est toute clémence envers ceux qui se soumettent à Lui et reviennent repentants vers Lui.

Verset 15

Ces bédouins étaient restés en arrière quand le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- comptait faire la visite pieuse l'an de Houdaybyia. Quand le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et les fidèles partirent pour conquérir Khaybar, les bédouins leur demandèrent de sortir avec eux pour acquérir une part du butin, alors que dans le temps où les musulmans avaient besoin de leur secours pour combattre leur ennemi commun, ils préférèrent rester en arrière. Dieu à ce moment-là ordonne à Son Messager de ne plus donner l'autorisation de combattre avec lui pour les punir, car Dieu avait promis au Messager et aux musulmans qui lui avaient prêté serment d'allégeance à Houdaybyia qu'ils auraient un grand butin en attaquant Khaybar sans que personne, à part eux, n'en obtienne une part surtout ces « traîtres ». Les bédouins cherchèrent « à enfreindre la volonté d'Allah » c'est à dire la dite promesse, ou selon le commentaire d'Ibn Zayd, il s'agit des dires de Dieu en s'adressant à Son Prophète : « Si Allah te ramène au milieu d'un groupe d'entre eux et s'ils te demandent à combattre avec toi, dis-leur : Vous ne m'accompagnez jamais et vous ne combattrez jamais avec moi. Vous avez préféré rester à vos foyers la première fois. Eh bien, continuez à y rester » [Coran IX, 83]. Ce commentaire d'Ibn Zayd demeure un sujet à discussion car le vers précité fut révélé à la suite de l'expédition de Tabouk qui avait lieu après la Omra de Houdaybyia. Quant au commentaire d'Ibn Jurayj, il a dit : « Ils voulurent détourner les fidèles du combat dans le chemin de Dieu. » O Mouhammad, dis à ces bédouins : « Non, vous ne venez pas avec nous. Allah a décidé autrement » car Il a déjà promis aux hommes de Houdaybyia avant votre demande de sortir avec eux. Ils diront : « Vous agissez ainsi par jalousie » Jamais de ça, mais ils ne comprenaient en réalité que peu, et leur accusation est à rejeter.

Verset 16

Dis aux Arabes restés à l'arrière : « Vous serez appelés à lutter contre un peuple doué d'une grande force. Vous les traquerez jusqu'à ce qu'ils se convertissent ». Si vous obéissez, Allah vous accordera une belle récompense. Mais si vous refusez comme vous l'avez déjà fait, Il vous infligera un châtiment douloureux. Plusieurs commentaires ont été donnés à l'expression : « contre un peuple doué d'une grande force » : - Il s'agit du peuple de Hawazin, selon les dires d'Ibn Jubayr et Ikrima. - Ce sont la tribu Thaqif d'après Ad-Dahak - D'après Juwaybar, Sa'id et Ikrima, c'est la tribu Banou Hanifa. - Enfin : Ce sont les perses selon les dires d'Ibn Abbas et Mujahid, ou les Romains d'après Ka'b Al-Ahbar, ou les Perses et les Romains d'après 'Ata et Al-Hassan. Dans le même sens, Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « L'Heure ne se dressera avant que vous ne combattiez un peuple aux petits yeux et aux nez très fins dont le visage ressemble au bouclier plat (batiq) ». « Vous les traquerez jusqu'à ce qu'ils se convertissent » C'est à dire : « Dieu vous permet de les combattre, et Il vous accordera la victoire sur eux, jusqu'à ce qu'ils se soumettent à Lui, ou bien ils se convertiront de leur propre gré ». « Si vous obéissez » en répondant à votre Seigneur, combattant pour sa cause et vous acquittant de cette obligation, « Allah vous accordera une belle récompense. Mais si vous refusez comme vous l'avez déjà fait » le jour Houdaybyia, « Il vous infligera un châtiment douloureux ».

Verset 17

L'obligation de combattre n'incombe ni à l'aveugle, ni au boiteux, ni au malade. Celui qui obéira à Allah et à Son Prophète sera reçu dans des jardins arrosés d'eau vive. Le réfractaire subira un châtiment douloureux. Puis Dieu mentionne les excuses valables qui dispensent les hommes du combat. Il s'agit de l'aveugle, du boiteux et du malade qui est considéré comme tel jusqu'à sa guérison. Puis Il exhorte les fidèles à se soumettre à Lui et à Son Messager et à lutter dans sa voie. « Celui qui se soumet à Allah et à Son Prophète sera reçu dans des jardins arrosés d'eau vive ». Mais celui qui fait défection et s'adonne à ses propres affaires dans le bas monde « subira un châtiment douloureux ». Dans la vie d'ici-bas, il sera frappé par l'humiliation et par le Feu dans l'autre.

Verset 18

Allah est satisfait des croyants qui t'ont juré fidélité sous l'arbre. Il savait de quels sentiments leur cœur était animé. Il leur a donné la paix de l'âme et une victoire rapide. Dieu a été réellement satisfait des hommes qui ont prêté serment d'allégeance à Son Messager sous l'arbre et qu'on l'a appelé « Al-Ridwan » (qui signifie la satisfaction de Dieu). Ils étaient au nombre de quatorze cents et l'arbre se trouvait à Houdaybyia. Al-Boukhari rapporte qu'Abdul Rahman -que Dieu l'agrée- a dit : « En partant pour accomplir le pèlerinage, je passai par des gens qui priaient dans un certain endroit. Je leur dis : Pourquoi avez-vous choisi cette place comme oratoire ? » On me répondit : « C'est ici que se trouvait l'arbre sous lequel les fidèles ont prêté serment d'allégeance (Al-Ridwan) au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- » Je vins trouver Sa'id Ben Al-Moussayab et le mis au courant de cet événement. Il me dit : « Mon père était parmi les hommes qui ont prêté ce serment. Il m'a raconté aussi que l'année suivante ils ont cherché en vain la place où se trouvait l'arbre ». Puis Sa'id de poursuivre : « Les compagnons de Mouhammad n'ont pas trouvé la place et vous, vous l'avez trouvée ? Seriez-vous plus informés qu'eux ? ». « Il savait de quels sentiments leur cœur était animé ». Ces sentiments de sincérité, de loyauté et de soumission. « Il leur a donné la paix de l'âme et une victoire rapide ». Il s'agit du traité de paix conclu avec les Qoraychites, de la conquête de Khaybar quelques mois seulement après cet événement, ensuite la prise de La Mecque et enfin la conquête d'autres régions et pays durant les années suivantes, et Dieu a accordé aux musulmans la puissance et la supériorité sur les autres peuples.

Verset 19

Suivie d'un riche butin. Allah est puissant et sage. Et comme Il leur a promis, ils ont acquis d'énormes butins, car Dieu est puissant et sage. Ibn Abi Hatim raconte que le père de Iyas Ben Salama a dit : « Tandis que nous faisions la sieste, l'héraut du Messager De Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue- s'écria : L'allégeance, l'allégeance, l'esprit saint est descendu. Nous nous dirigeâmes vers le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- qui se trouvait sous un arbre et nous lui prêtâmes le serment d'allégeance. Tel est le sens des dires de Dieu : Allah est satisfait des croyants qui t'ont juré fidélité sous l'arbre ». Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- fit ce serment à la place de 'Othman et posa une main sur l'autre. Les gens s'écrièrent alors : « Félicitations à Ibn Affan, il fait actuellement ses tournées processionnelles autour de la Maison alors que nous sommes ici ». Il leur répondit : « Si 'Othman demeurait telle et telle année il ne ferait jamais les tournées avant que je les fasse moi-même ».

Verset 20

Dieu promet aux fidèles un butin abondant dont ils s'empareront. Il a hâté pour vous le prix de celui-ci, c'est à dire de Khaybar comme a avancé Mujahid. Mais pour Ibn Abbas il s'agit du traité de paix de Houdaybyia. « Et Il a arrêté le bras de vos ennemis » sans qu'ils puissent vous atteindre par un mal quelconque malgré qu'ils couvaient l'intention de vous combattre. Ainsi Il a détourné de vous les mains de vos ennemis sans pouvoir nuire à vos familles que vous avez laissées derrière vous, afin que tout cela soit un signe pour les croyants, et pour être convaincus que Dieu les a secourus, aidés, gardés contre leurs ennemis qu'ils dépassaient en nombre et force. Qu'ils sachent aussi que Dieu connaît d'avance les conséquences de toutes les affaires et la bonne fin est toujours réservée aux croyants malgré qu'ils en éprouvent parfois de la répugnance en apparence. Pour confirmer cela on cite à l'appui cet autre verset où Dieu a dit : « Il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose, et elle est un bien pour vous » [Coran II, 216]. Et pour prix de votre soumission à Dieu et votre obéissance à Son Messager, Il vous maintient dans la voie droite.

Verset 21

« Il y a d'autres ennemis dont vous n'avez pas pu vous rendre maîtres » En d'autre terme : Il vous a promis d'autres butins et autre conquête que vous êtes actuellement incapables de réaliser, mais Dieu l'a entourés pour le moment par sa puissance, car Il accorde Ses bienfaits à Ses fidèles serviteurs par des moyens sur lesquels ils ne comptaient pas. Ces butins, s'agit-il de celui de Khaibar ou de la prise de La Mecque ou la conquête des pays des Perses et des Romains, selon les différents dires des exégètes, sont en effet, tout butin ou toute conquête jusqu'au jour de la résurrection.

Verset 22

« Si les infidèles vous menaçaient, leur déroute serait rapide. Ils ne trouveraient, en effet, ni patron ni alliés ». Dieu dans ce verset, rassure les croyants que si les idolâtres les avaient combattus, Il aurait accordé la victoire à Son Messager et aux fidèles et l'ennemi aurait pris la fuite devant eux. Car ces idolâtres avaient déclaré la guerre contre Dieu et contre son parti des croyants.

Verset 23

« Telle est la loi d'Allah, la loi qu'Il a appliquée aux générations passées. Loi immuable » Telle est l'ancienne règle de Dieu et Sa coutume envers Ses créatures, l'incrédulité et la foi ne se sont jamais affrontées sans que Dieu ne donnât la victoire à la foi en élevant la vérité et en faisant disparaître l'erreur. On cite à titre d'exemple ce qu'en fut le jour de Badr quand Dieu a fait triompher Ses serviteurs croyants, malgré leur petit nombre, sur les idolâtres.

Verset 24

« C'est Lui qui a arrêté le vôtre dans la vallée de La Mecque, après vous avoir donné la victoire. Allah voyait toutes vos actions ». Dieu rappelle à Ses fidèles serviteurs comment Il a écarté d'eux les mains des polythéistes sans pouvoir leur nuire ou leur causer aucun mal, et Il a aussi écarté les mains des fidèles des autres sans les combattre auprès de La Maison sacrée à La Mecque. Il a arrêté les bras des uns et des autres en leur inspirant la paix qui assurerait le bien aux croyants dans la vie présente et la bonne fin dans l'autre. A ce propos, l'imam Ahmed rapporte que Anas a dit : « Le jour de Houdaybya, quatre-vingt Mecquois idolâtres armés jusqu'aux dents descendirent du mont At-Tan'îm voulant attaquer à l'improviste le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons. Il invoqua Dieu contre eux et les musulmans les capturèrent. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- leur pardonna et les libéra et ce verset fut révélé aussitôt : « c'est Lui qui a arrêté le bras de vos ennemis comme Il a arrêté le vôtre dans la vallée de La Mecque... ».

Verset 25

Dieu parle des incrédules parmi les idolâtres de Quraych et de ceux qui les ont soutenus pour combattre le Messager de Dieu. Ce sont eux, en vérité, qui sont les impies, qui ont écarté les fidèles de la Mosquée Sacrée alors que ceux-ci en sont les plus dignes, et qui ont empêché les oblations de parvenir à l'endroit destiné pour y être immolées, à cause de leur injustice et leur obstination. A savoir que le nombre des animaux-offrandes était soixante-dix chamelles. « N'eût-ce été que des croyants et des croyantes » qui vivaient parmi vous mais dissimulaient leur foi par crainte de leurs concitoyens, nous vous aurions accordé une certaine puissance pour les exterminer, mais ils « étaient mêlés à votre insu », que vous auriez pu piétiner » - Ce qui vous aurait valu une honte imméritée » et un crime involontaire. Dieu retarde l'application de son châtiment pour que les croyants se séparent des incrédules et que, peut-être certains de ces derniers se convertissent. Puis Il dit : « Si, au contraire, croyants et idolâtres avaient été séparés, nous aurions infligé à ces derniers un châtiment sévère » Ou suivant une autre interprétation : Nous vous aurions accordé le pouvoir sur eux pour les anéantir. A cet égard, Jounaid Ben Soubay' a dit : « Au début de la journée, étant encore incrédule, j'ai combattu le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- et à sa fin j'ai combattu à ses côtés après ma conversion. Nous étions neuf personnes : Sept hommes et deux femmes, et c'est à notre sujet que ce verset fut révélé. « N'eût-ce été que des croyants et des croyantes... » (Rapporté par At-Tabarani, mais l'auteur de cet ouvrage précise qu'il s'agit de Habib Ben Siba' et non de Jounaid...).

Verset 26

« Les infidèles entretenaient dans leur cœur un fanatisme, un fanatisme barbare » et ceci, comme on a avancé, quand ils refusèrent d'écrire dans le traité : « Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux » et de reconnaître Muhammad comme étant l'Envoyé de Dieu. « Allah, au contraire, apaisa le cœur du Prophète et des croyants. Il leur recommanda le langage de la raison » ou suivant une autre traduction : la parole de la piété qui n'est autre que la profession de foi « Il n'y a d'autres divinités que Dieu ». Sa'd Ben Al-Moussayab a rapporté que Abou Houraira l'a informé que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu. Celui qui en témoigne son sang et ses biens seront préservés à moins qu'il ne soit coupable et Dieu a Lui la puissance et la gloire règlera son compte » (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Dieu, dans son Livre avait mentionné un peuple qui : « Quand ils entendaient dire : « Il n'y a d'autre dieu qu'Allah » ils souriaient de dédain » [Coran XXXVII, 35], et dans cette sourate Il a dit : « Il leur recommanda le langage de la raison. Ils étaient dignes d'une telle recommandation et préparés à la recevoir ». Mais les incrédules s'enorgueillirent comme les idolâtres se comportèrent le jour de Houdaybya. Ce langage de la raison, ou la parole de la piété, on lui a donné plusieurs interprétations : - Ata a dit : Cela signifie : Il n'y a d'autres divinités que Dieu, l'Unique, Il n'a pas d'associés, les louanges et la royauté lui appartiennent et Il est puissant sur toute chose. - D'après Ibn Abbas : C'est la profession de foi qui est la tête de la piété. - Selon Sa'id Ben Joubayr : c'est la profession de foi et le combat dans la voie de Dieu. Les musulmans étaient les plus dignes de cette parole de piété et les plus proches, car Dieu sait tout et surtout ceux qui méritent le bien et ceux qui méritent le mal.

Verset 27

Le Messager de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - avait vu en songe qu'il est entré à la Mecque et a fait les tournées processionnelles autour de la Maison Sacrée. Il a mis ses compagnons au courant de cette vision. L'an de Houdaybya, une grande partie d'entre eux ne doutèrent point que cette vision se réalisera cette année même. Mais à la suite du traité de paix conclu avec les idolâtres d'après lequel ils pourraient revenir l'année prochaine à La Mecque pour accomplir le petit pèlerinage, certains parmi eux doutèrent de cette possibilité, ce qui porta Omar Ben Al-Khattab à demander au Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- « Ne nous as-tu pas promis que nous allons visiter la Maison Sacrée et faire la circumambulation autour d'elle ? » Il lui répondit : « Si, mais vous ai-je promis que vous allez le faire cette année même ? » -Non, répliqua Omar. Et le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- de poursuivre : « Tu vas certainement la visiter et faire la circumambulation ». Ainsi fut la réponse à Abou Bakr qui lui posa la même question. Dieu, pour confirmer ce fait a dit à Son Prophète « Allah réalisa le songe qu'il avait envoyé à Son Prophète : « Vous entrerez sans le moindre risque dans le temple sacré par la volonté d'Allah » En effet, certains parmi eux se sont rasés la tête et d'autres ont coupé leurs cheveux. Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se rasent la tête » On lui dit : « Et ceux qui se taillent les cheveux ô Messager de Dieu ? » Il reprit : « Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se rasent la tête ». On lui dit de nouveau : « Et ceux qui se taillent les cheveux ô Messager de Dieu ? » A la troisième ou à la quatrième fois il dit : « Et ceux qui se taillent les cheveux » (Rapporté par Boukhari et Mouslim) « Vous y entrerez sans crainte ». Dieu les a rassurés qu'ils auront rien à craindre en entrant dans le temple sacré, et ce fut réalisé au cours de la 'Oumra dite « Al-Qada' » au mois de Zoul-Qi'da en l'an sept après l'Hégire. « Allah savait, en effet, ce que vous ignoriez et Il vous avait donné entre temps une précoce victoire ». Dieu - à Lui la puissance et la gloire- savait parfaitement votre intérêt en vous empêchant d'accéder à La Mecque en cette année-là ensuite votre entrée dans cette ville l'année suivante. Avant cette entrée promise qui fut la vision du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- il vous avait donné une prompte victoire qui n'était autre que le traité de paix entre vous et vos ennemis idolâtres.

Verset 28

Ensuite Dieu annonce la bonne nouvelle qu'il va accorder la victoire à Son Messager -qu'Allah le bénisse et le salue- sur ses ennemis et l'élever au-dessus des habitants de la terre, en le chargeant de la bonne Direction et de la religion vraie qui procurent la science utile et les bonnes œuvres étant donné que la loi religieuse comporte deux branches : La science et l'œuvre. « ... destinée à surpasser toutes les autres » et à faire prévaloir l'Islam sur toutes les religions de la terre pratiquées par les Arabes et non-Arabes, polythéistes et autres. « Le témoignage d'Allah suffit » que Muhammad est Son Envoyé et qu'Il est Son secoureur.

Verset 29

Muhammad est certes le Messager de Dieu sans aucun doute. Puis Dieu montre les qualités de ses compagnons et fait leur éloge : « - Autant sont implacables envers les infidèles, autant ils sont compatissants entre eux ». Comme Il a dit aussi dans ce sens : « Durs envers les croyants, durs envers les infidèles » [Coran V, 54]. Tels sont les caractères du croyant qui doit avoir un visage radieux et souriant en accueillant son coreligionnaire, et être violent envers l'impie afin que celui-ci le trouve dur. An-Nou'man Ben Bachir rapporte que le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « Les croyants dans leur affection, leur clémence et leur assistance mutuelle qu'ils portent, sont comparables à un seul corps lorsqu'un membre est affecté, c'est l'ensemble du corps qui ressent la douleur et s'enfièvre » (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Et dans un autre hadith, il a dit : « Le croyant est à un autre croyant ce que les pierres d'un édifice sont les unes aux autres, elles se maintiennent les unes les autres ». Disant cela, il entrelaça ses doigts. (Rapporté par Boukhari et Mouslim). « Ils se prosternent et s'agenouillent n'aspirant qu'à obtenir la grâce et l'assentiment d'Allah ». Ils observent les prières qui sont les meilleures des œuvres. Ils sont sincères envers Dieu en Lui vouant le culte car ils ne recherchent que Sa satisfaction et la belle récompense auprès de Lui qui n'est autre que le Paradis où ils trouveront ce qu'Il leur a promis comme félicité et un bien-être. La satisfaction de Dieu -à Lui la puissance et la gloire- est préférable et elle est le bonheur sans limites. « Leurs visages reflètent cet esprit de dévotion » ainsi que le recueillement et l'humiliation devant le Seigneur. On a dit : « Quiconque multiplie ses prières la nuit aura un beau visage le jour ». Cette beauté, comme on a dit aussi, procure de la lumière dans le cœur, une clarté du visage, une plénitude de biens et une affection dans les cœurs des hommes ». On a rapporté que 'Omar Ben Al-Khattab a dit : « Celui qui amende son for intérieur, Dieu le Très Haut amende son apparence ». Dans un hadith, il est dit : « La bonne direction, le bon caractère et la modération sont une des vingt-cinq parties de la prophétie ». (- Rapporté par Ahmed et Abou Daoud). En effet tous les compagnons -que Dieu les agrée- jouissaient d'une bonne et pure intention et leurs œuvres étaient bonnes. Quiconque les voyait, il les admirait. Et Malek, de sa part, a dit : « On m'a rapporté que les chrétiens disaient des fidèles qui ont conquis le pays de Chàm : « Par Dieu, ces gens-là sont meilleurs que les apôtres » Ils ont dit vrai car la communauté musulmane fut très complimentée et louée dans les livres déjà révélés, et les meilleurs de ses hommes étaient les compagnons du Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Dieu, dans ces livres a fait allusion à leurs bons caractères et leur bonne conduite quand Il a dit : « Ils suscitent les mêmes comparaisons dans le Pentateuque et dans l'Évangile. Tel le blé qui germe » et fait sortir sa pousse « se gonfle de sève et grandit » il devient robuste puis Il grossit « pour se dresser sur sa tige et réjouir les yeux du laboureur ». Ainsi étaient ces compagnons qui ont aidé le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-, l'ont secouru et combattu à ses côtés « tels ils apparaissent aux infidèles ». De ce verset nombre d'ulémas ont déduit que quiconque méprise ou dénigre ou injurie ces compagnons aura commis un acte d'incrédulité. « Allah promet à ceux qui croient et font le bien, le pardon de leurs péchés et une récompense magnifique » Ce que Dieu promet sera réalisé indubitablement, car Il ne manque jamais à Ses promesses. Et pour montrer les mérites et les fastes de ses compagnons, le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit : « N'injuriez pas mes compagnons, car si l'un d'entre vous dépense (en aumône) autant que le mont Ouhod, il n'atteindra plus le degré de l'un d'eux ni même la moitié du moud ». (Rapporté par Mouslim).

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